Halah'a (2ème partie)

           A (agrandir) ||| a (réduire)

 

Les  Halah'ot du site sont à terme pratique mais le

mieux est de questionner son Rav

Lois sur le repas et mayime a’haronime (ablution des mains)

> Nétilat yadayim (ablutions des mains) d’avant le repas

1. On doit se laver les mains avant de consommer du pain. Même si nos mains sont rigoureusement propres, on a l’obligation de faire ces ablutions car c’est un moyen de purification avant le repas.

2. La Nétilat yadayim d’avant le repas se fait uniquement à l’aide d’un ustensile et non directement du robinet. On doit se saisir de l’ustensile de la main droite pour le passer à la main gauche. On verse alors de l’eau à trois reprises sur la main droite, puis on en fait de même sur la main gauche (il est bon que la main droite ne prenne pas l’ustensile directement de la main gauche, mais qu’on le pose pour le saisir ensuite de la main droite qui versera sur la main gauche). Ensuite, on se frotte les mains (il est recommandé de le faire trois fois) et on les élève au niveau de la tête pour réciter la bénédiction “Baroukh […] achère qiddéchanou bémitsvotav vétsivanou ’al nétilat yadayim” (Béni Tu es Hachem […] qui nous as sanctifiés par Tes commandements et nous as prescrit l’ablution des mains). Enfin, on s’essuie les mains. (Il est bon d’ouvrir les mains encore élevées avant de les essuyer, en signe de réception de l’abondance et de la bénédiction).

3. On doit verser de l’eau sur toute la main jusqu’au poignet, tout en la faisant pivoter de part et d’autre, faute de quoi, l’eau ne parviendra pas sur toute la main, et on ne sera pas acquitté de l’ablution ; on aura alors récité une bénédiction en vain.

4. D’après le strict minimum, il suffit que l’ustensile contienne un révi’ite d’eau (81 ml) pour l’ablution des deux mains. C’est cependant une mitsva de verser l’eau en abondance et c’est aussi une ségoulapour la richesse.

5. Celui qui sort des toilettes et désire consommer du pain, doit d’abord se laver les mains directement du robinet (sans ustensile) trois fois alternativement, s’essuyer les mains et réciter Achère Yatsar. Ensuite, il pratiquera les ablutions d’avant le repas (avec un ustensile) et récitera “’al nétilat yadayim”.

6. Celui qui désire consommer moins d’un cabbétsa de pain (moins de 50 cm3), doit se laver les mains sans réciter “’al nétilat yadayim” ; et s’il consomme moins d’un kazaïte, il est totalement dispensé des ablutions selon certains avis. Pour d’autres, il devra quand même se laver les mains sans bénédiction. Il est bon de se montrer strict et de suivre ce dernier avis, d’autant plus que la mesure exacte dukazaïte est sujette à controverse. Par conséquent, on se lavera les mains quelle que soit la quantité de pain consommée, mais on ne récitera la bénédiction “’al nétilat yadayim” que si on a l’intention de manger au moins un cabbétsa.

> La bénédiction de hamotsi

7. Lorsqu’on récite la bénédiction de Hamotsi, on doit tenir le pain de ses dix doigts, en parallèle aux dix commandements qui sont accomplis lors du processus de fabrication du pain, depuis l’ensemencement des grains de blé jusqu’à la cuisson du pain. C’est aussi pour cette raison que la bénédiction de Hamotsi est composée de dix mots. On doit veiller à réciter la bénédiction à voix haute, mot à mot, surtout si on doit acquitter d’autres personnes par notre bénédiction.

8. Quand on récite “hamotsi lé’hème mine haarèç”, il faut marquer une légère pause entre “lé’hème” et “mine”, afin de ne pas omettre un des deux “Mèm” et dire “lé’hèmine”. Il faut aussi faire attention à lire “lé’hème” en prononçant un “’Hèt, “et non un “Khaf”. De plus, on doit dire le mot “mine” brièvement sans allonger la voyelle, sinon ce mot prendrait le sens de "catégorie ", au lieu de signifier "de" (le pain de” la terre).

9. L’idéal est de réciter la bénédiction sur un pain entier, quand cela est possible. S’il y a plusieurs pains entiers ou à l’inverse si aucun n’est entier, on doit choisir le meilleur d’entre eux. S’ils sont tous de qualité équivalente, on choisira le plus grand. (Les critères de préférence sont dans cet ordre: un pain entier, sa qualité, sa taille).

10. On ne commence à couper le pain qu’après que les assistants aient fini de répondre Amen. Cependant, si un des participants prolonge exagérément son Amen, on n’a pas besoin de l’attendre. On doit trancher le pain du côté le mieux cuit (non pas un côté brûlé, mais un côté bien cuit et doré).

> Déroulement du repas

11. Il faut s’attabler dignement et être correctement vêtu, puisque la table d’un Juif est comparée à l’autel des sacrifices (en particulier, quand on récite le Birkat hamazone).

12. On ne doit pas se hâter de mâcher ni d’avaler les aliments. Au contraire, il faut mâcher correctement et manger lentement et posément. On ne doit pas se lécher les doigts pendant le repas ni montrer de gourmandise excessive.

13. état de nervosité ou soucieux. On doit veiller à consommer des aliments sains et non ce qui est agréable à notre palais. Les Sages du “Moussar”(morale) ont écrit que si quelqu’un consomme un plat qu’il aime particulièrement, et qu’il s’interrompt au milieu en signe d’abstinence, cela lui est compté comme une réparation de ses fautes, de la même manière que celui qui jeûne.

14. Rabbi Chim’one disait: "Trois personnes qui ont mangé à la même table et n’ont pas mentionné des paroles de Torah, sont considérées comme ayant consommé des offrandes d’idolâtres, comme il est écrit: "En effet, toutes les tables sont couvertes de vomissures et d’immondices, sans présence de Dieu" (Isaïe 28,8). Mais si au contraire, trois personnes attablées ensemble parlent de Torah, elles sont considérées comme ayant mangé de la table de Dieu, comme il est écrit: "Il me dit: voici la table qui est devant l’Éternel" (“Ezéchiel” 41,22). C’est pourquoi, il faut veiller constamment (ou même les jours de la semaine) à dire des paroles de Torah à table (même simplement réciter un psaume) et que cela soit une habitude systématique. En cas d’impossibilité, on peut se suffire de ce qu’on dit à la fin “Mayime a’haronime ’hova”, comme nous le verrons.

> La table du Roi

Heureux est l’homme qui prononce des paroles de Torah à sa table et distribue aux pauvres les mets qui s’y trouvent. À la fin de son repas, deux anges se présentent, l’un à sa droite et l’autre à sa gauche. Le premier dit: "C’est la table de l’Éternel Saint, qu’untel a dressée, que cette table soit toujours pleine des bénédictions célestes et de grandeur suprême, et que la Présence Divine y réside à jamais". Et l’autre dit: "C’est la table de l’Eternel Saint, qu’untel a dressée. C’est la table que les êtres célestes et terrestres bénissent. Que cette table soit toujours dressée, dans ce monde et dans le monde futur!" La table d’un tel homme lui fait acquérir des mérites dans le monde futur, lui amène la subsistance dans ce monde, lui fait trouver grâce devant Dieu et lui permet de se renforcer et de se développer. Grande est la part d’un tel homme dans ce monde et dans le monde futur! (extrait du Zohar, section Térouma page 153b).

15. On doit faire très attention à ne pas marcher sur des miettes de pain et ne pas les mépriser, même s’il s’agit de toutes petites miettes. Le Zohar énonce: "Celui qui néglige les morceaux de pain et les jette à terre sera poursuivi par la pauvreté", à Dieu ne plaise. C’est pourquoi, après le repas, on doit s’empresser de ramasser les miettes éparpillées sur la table et celles tombées à terre, afin que nul ne les piétine. Il faut prévenir en particulier les femmes qui sont plus présentes à la maison de prendre garde à cet interdit. Toute femme qui est vigilante sur ce point, mérite la louange suivante (Proverbes 31,11) époux a toute confiance (puisqu’elle se soucie des miettes de pain) ; aussi les ressources ne lui font-elles pas défaut (car elle épargne son foyer du dénuement)".

> Ablution des mains après le repas

>> "Vous vous sanctifierez et vous serez saints!" (Lévitique 20,7)

- "Vous vous sanctifierez" – cela fait référence aux premières ablutions (lavage des mains avant de consommer du pain).- "Et vous serez saints" – ce sont les ablutions finales (mayime a’haronime après le repas)

- "Car Je suis Hachem votre Dieu" – c’est le Birkat hamazone.

16. L’ablution des mains après le repas est une obligation. Après avoir consommé du pain, on doit se laver les mains avant de réciter le Birkat hamazone. Les femmes et les jeunes filles aussi sont astreintes à cette obligation.

17. Ces ablutions ont été instituées par nos Sages pour plusieurs raisons. La première est qu’en général, les mains se salissent au cours d’un repas ; or, le Birkat hamazone doit être récité les mains propres. Une autre raison est donnée: nos Sages ont redouté que du sel de la région de Sodome ou un autre sel de même type, ne soit mêlé aux aliments. Or, celui qui a touché ce sel et porte la main à ses yeux, peut en perdre la vue. Il faut donc se laver les mains après le repas afin d’éviter ce danger. Pour cette raison, même si on a les mains propres, on a l’obligation de faire les ablutions d’après le repas avant de réciter le Birkat hamazone. De surcroît, d’après la Kabbalah ces ablutions d’après le repas ont une nécessité ésotérique et il faut veiller à les faire.

18. Avant de faire les ablutions, il est bon de dire: “Mayime a’haronime ’hova” (l’ablution des mains après le repas est obligatoire), cette phrase contenant des allusions mystiques liées à cette mitsva. De plus, cette phrase peut tenir lieu de paroles de Torah si l’on n’en a pas prononcé d’autres à table.

19. Après le repas, il suffit de se laver une seule fois les mains et non trois fois. De plus, on n’a pas besoin de verser la quantité d’un révi’ite (81 ml) comme pour les ablutions initiales. Au contraire, il faut veiller à verser peu d’eau sur ses mains, car d’après la Kabbalah ces eaux sont la part des forces impures. Il faut se rincer les doigts jusqu’à la paume de la main, en versant l’eau sur toutes les phalanges.

20. Si les mains sont très souillées suite au repas et qu’on doit les rincer abondamment, il vaut mieux les laver tout d’abord en ne pensant pas le faire en tant qu’ablutions finales, puis consommer un peu de pain et faire alors les ablutions d’après le repas. Selon notre maître le Richone létsiyone Rav ‘Ovadia Yossef, on n’a pas besoin de recommencer à manger. Il suffit que le premier rinçage n’ait pas été fait en guise d’ablutions pour pouvoir immédiatement se rincer à nouveau les mains pour effectuer les ablutions.

21. On peut faire ces ablutions directement depuis le robinet, sans utiliser d’ustensile. Cependant, il faut verser l’eau dans un récipient ou à l’intérieur de l’évier et ne pas la laisser s’écouler directement sur le sol, puisqu’un mauvais esprit repose sur ces eaux qui peut porter préjudice à celui qui marcherait dessus.

22. Celui qui se trouve en déplacement et ne dispose pas d’un récipient pour y verser l’eau des ablutions, devra se laver sur des brindilles ou tout autre matériau absorbant l’eau, ou le faire dans un endroit qui ne sera pas fréquenté le temps que l’eau s’évapore. (Certains permettent de verser l’eau sur un sol carrelé, puisque le mauvais esprit n’est présent que sur un sol nu. Mais il convient de se montrer strict même dans ce cas).

23. On a le droit de faire les ablutions d’après le repas dans une des assiettes utilisées pendant le repas sans craindre l’impureté. On pourra à nouveau utiliser l’assiette après l’avoir bien lavée. Il est bon de retirer l’assiette de la table pour réciter le “Birkat hamazone.

24. Nos Sages ont dit: “Tékhèf lanétila bérakha”, ce qui signifie: juste après les ablutions finales, on doit réciter le “Birkat hamazone, “sans interruption. On peut toutefois réciter des versets, comme le psaume de “lamnatséa’h binguinote” et les versets de “avarekha etc.”, qui sont une introduction auBirkat hamazone. On rapporte l’histoire d’un homme qui souffrait de douleurs à l’épaule et qui est venu consulter notre maître le Ari zal. Le Rav lui dévoila que ces douleurs étaient dues aux “michnayote” qu’il étudiait entre les ablutions finales et le Birkat hamazone. Ce faisant, il transgressait l’injonction de nos Sages: “Tékhèf lanétila bérakha”. Or, le mot “Tékhèf" “est composé des mêmes lettres que le mot “Katèf”, qui signifie l’épaule. Cela vient allusionner que celui qui s’interrompt entre les ablutions d’après le repas et le Birkat hamazone, souffrira de douleurs à l’épaule. 

Les lois du Zimmoune

> Le Zimmoune

1. Trois personnes qui ont mangé du pain ensemble ont l’obligation de réciter le Zimmoune (ce terme signifiant "invitation" pour se préparer à réciter le Birkat hamazone). On procède comme suit: avant de commencer à réciter le Birkat hamazone, une des assistants déclare: “Névarèkh chéakhalnou michélo" (Rendons grâce à Celui qui nous donne la subsistance). Les autres lui répondent alors: “Baroukh chéakhalnou michélo ouvtouvo ’hayinou” (Rendons grâce à Celui qui nous donne la subsistance et qui nous fait vivre). Le premier répète alors cette dernière phrase, puis on entame immédiatement le Birkat hamazone. Lorsque dix hommes au moins ont mangé ensemble du pain, ils doivent mentionner le nom de Dieu. Le premier doit alors dire: “Névarèkh Élohénou chéakhalnou michélo” (Rendons grâce à notre Dieu qui nous donne la subsistance). Les assistants répondent de même: “Baroukh Élohénou chéakhalnou michélo ouvtouvo ’hayinou” (Rendons grâce à notre Dieu qui nous donne la subsistance et qui nous fait vivre). Puis, le premier reprend: “Baroukh Élohénou etc.”.

2. Le Zimmoune n’est pas facultatif mais constitue une obligation. Si une personne a pris son repas avec d’autres, elle n’a pas le droit de faire le Birkat hamazone avant le reste des assistants, même si elle est pressée de vaquer à ses occupations. Si elle le récite malgré tout, elle aura transgressé un interdit. Cependant, elle peut demander aux convives de s’interrompre un instant pour répondre à sonZimmoune, et les autres reprendront ensuite leur repas. En cas de refus de leur part ou d’impossibilité, elle n’aura d’autre choix que d’attendre la fin du repas et le Zimmoune collectif. Celui qui sait par avance qu’il ne pourra pas rester jusqu’à la fin du repas, pourra penser expressément avant de réciter Hamotsi qu’il ne s’inclut pas dans le groupe des convives.

3. Dix personnes qui ont mangé ensemble, ont l’obligation de dire le Zimmoune avec mention du Nom de Dieu (“Élohénou”). Si trois d’entre eux sont pressées de partir, ils ne peuvent pas faire unZimmoune à part, car ils devraient alors le faire sans mentionner “Elohénou”. Ils doivent donc attendre que la majorité d’entre eux ait terminé de manger pour pouvoir dire le Zimmoune ensemble, ou demander aux sept autres participants d’interrompre leur repas un instant afin de faire le Zimmoune, pour le reprendre ensuite.

4. Dans tous les cas, la majorité des personnes attablées peut toujours contraindre la minorité à faire le Zimmoune. Ainsi, si trois personnes sont attablées ensemble et que deux d’entre elles aient fini leur repas, elles peuvent contraindre la dernière à faire le Zimmoune avec elles avant de continuer son propre repas. De même, si dix personnes ont mangé ensemble et que six d’entre elles ont terminé leur repas, elles sont en droit d’exiger des quatre restants de faire Zimmoune avant de continuer leur repas. Cependant, il est quand même préférable d’attendre que tous aient terminé de manger, pour réciter ensemble le Zimmoune et le “Birkat hamazone.”

5. Celui qui a interrompu son repas pour répondre au Zimmoune peut le poursuivre juste après avoir répondu “Baroukh chéakhalnou michélo ouvtouvo ’hayinou”. Selon certains avis toutefois, il doit attendre jusqu’à ce que celui qui a fait le Zimmoune ait terminé la première bénédiction (“hazane èt hakkol”). Celui qui fait cet effort sera béni. En tout cas, il ne doit pas refaire la bénédiction sur les aliments consommés.

6. Lorsque trois personnes ont consommé un kazaïte (26 cm3) de fruits ou d’autres aliments, ou encore ont bu un révi’ite de lait ou de jus de fruits, et doivent réciter la bénédiction finale, elles peuvent s’associer à sept personnes ayant mangé du pain pour faire le Zimmoune avec mention du nom de Dieu. Ces trois personnes doivent alors répondre avec les autres participants: “Baroukh Élohénou chéakhalnou michélo ouvtouvo ’hayinou”, puis elles réciteront la bénédiction finale sur ce qu’elles ont mangé, en l’occurrence “Boré néfachote”. Ne pourra cependant s’associer au Zimmoune qu’une personne n’ayant pas encore récité la bénédiction finale sur son repas. Celui qui n’a bu que de l’eau (ou une boisson essentiellement à base d’eau comme du Coca Cola ou de la limonade), ne peut pas s’associer au Zimmoune.

7. Cette règle n’est valable que pour le Zimmoune de dix personnes. Pour le Zimmoune de trois personnes, selon le Rambam et Marane l’auteur du Choul’hane ’Aroukh, il faut impérativement trois personnes ayant mangé du pain. D’autres pensent que si la troisième personne a consommé des aliments mézonote comme du couscous ou des pâtes, elle peut aussi s’associer. Suivant un troisième avis, même une personne qui a mangé des fruits ou bu une boisson peut compléter un Zimmoune de trois. En pratique, si deux personnes sont attablées et mangent du pain, et qu’une troisième les rejoint, elles doivent lui demander de consommer du pain, afin que tous puissent réciter le Zimmoune, conformément à l’avis du Rambam et du Choul’hane ’Aroukh. Mais si la troisième personne a mangé un kazaïte de fruits et ne désire pas consommer de pain, le Zimmoune se fera quand même, suivant la troisième opinion.

8. Une femme ne peut s’associer avec des hommes pour compléter le Zimmoune, pas même avec son mari ou ses fils. Cependant, si trois hommes sont présents, elle a l’obligation de répondre elle aussi auZimmoune. Il est courant, lors des repas de chabbat par exemple, que les femmes récitent le Birkat hamazone sans attendre le Zimmoune en pensant être exemptées, ce qui est une erreur. Néanmoins, les femmes pourront dans ce cas faire un Zimmoune entre elles, sans attendre les hommes. Par contre, s’il y a dix hommes attablés, elles devront attendre leur Zimmoune, récité avec la mention du nom de Dieu.

9. Trois femmes ou plus qui ont mangé du pain ensemble, ont la mitsva de faire le Zimmoune entre elles. Elles n’en ont toutefois pas l’obligation. Par contre, elles ne peuvent dire “Elohénou”, quel que soit leur nombre. C’est seulement dans le cas où elles répondent au Zimmoune fait par dix hommes, que les femmes disent “Elohénou”. Il convient que chaque homme initie sa femme et ses filles à faire le Zimmoune entre elles, quand elles forment un trio.

10. Un jeune enfant qui comprend à qui il prie, c’est-à-dire dès l’âge de six ou sept ans (selon sa maturité), peut s’associer au Zimmoune. Un mineur (religieusement) peut compléter aussi bien unZimmoune de trois qu’un Zimmoune de dix personnes. Par contre, on ne peut pas associer plus d’un mineur dans le Zimmoune.

11. Lorsqu’un mineur s’associe au Zimmoune, on ne peut lui donner à réciter le Zimmoune. Un des adultes officiera, et le mineur répondra avec le reste des participants.

12. C’est une grande mitsva de rechercher l’occasion de faire le Zimmoune en privilégiant de faire son repas en compagnie d’autres personnes, car le Zimmoune contribue à annuler les forces de l’impureté et à les repousser. Tout comme c’est une mitsva de chercher à former un groupe de trois pour réciter le Zimmoune, c’est encore mieux de rechercher un groupe de dix, afin de pouvoir le faire avec mention du nom de Dieu.

13. Celui qui n’a rien consommé et entend l’officiant dire “Névarèkh chéakhalnou michélo”, doit répondre: “Baroukh oumvorakh chémo tamid lé’olame va’èd” (Rendons grâce à Dieu et béni soit Son Nom à jamais). “[Rappel mnémotechnique: les initiales de cette phrase forment en hébreu les mots “bochète lo" – "honte à lui", c’est-à-dire honte à celui qui ne connait pas cette règle.] Dans le cas où dix personnes ont mangé ensemble, et que l’officiant dit “Elohénou”, il doit répondre “Baroukh élohénou oumvorakh chémo tamid lé’olame va’èd”. S’il n’entend que la réponse des participants disant “Baroukh chéakhalnou michélo etc.”, il répond après eux” "Amen”.

14. Selon certaines versions, l’officiant commence par: “Hav lane vénivrikh etc.” (Venons et récitons la bénédiction etc.). Il convient cependant d’omettre le mot “lane”, qui sous-entend la demande d’une coupe de vin pour réciter le Zimmoune, ce qui en général n’est pas le cas. Même lorsqu’on fait effectivement le Zimmoune sur une coupe de vin, la coupe est déjà entre les mains de l’officiant avant qu’il ne débute: “Hav lane vénivrikh etc.”, on dira donc seulement: “Hav vénivrikh etc.".

15. Lors d’un repas pris en présence d’un marié pendant les sept premiers jours, l’officiant ajoute dans le Zimmoune: “Névarèkh” (s’il y a dix personnes: “Elohénou”) chéhassim’ha bim’ono “chéakhalnou michélo” (Rendons grâce à notre Dieu qui fait régner la joie dans Sa demeure” et qui nous donne la subsistance), et les assistants répondent en conséquence. Cependant, lors d’un mariage avec danses mixtes, on ne rajoutera pas “chéhassim’ha bim’ono” car la Présence divine s’écarte d’un tel lieu, et mentionner que "Dieu fait régner la joie dans Sa demeure" n’est pas approprié.

16. Dans une maison d’endeuillés, l’officiant dit: “Névarèkh” (s’il y a dix personnes: “Elohénou”) ména’hème avélime “chéakhalnou michélo” (Rendons grâce à notre Dieu qui console les endeuillés” et qui nous donne la subsistance), et les assistants répondent en conséquence. On récite alors un Birkat hamazone particulier, comme nous le verrons dans les lois du deuil.

Birkat hamazone récité sur une coupe de vin

17. Lorsqu’il y a un Zimmoune, c’est une mitsva de réciter le Birkat hamazone sur une coupe de vin. Cependant, cette habitude n’est pas courante de nos jours. Il semble que cela tienne au fait que, du temps de nos Sages, les gens avaient coutume de boire du vin pendant le repas, et il convenait d’en conserver pour le Birkat hamazone. De nos jours, on boit plutôt des jus pendant le repas, et du café ou du thé pour le dessert, la consommation de vin étant peu répandue en raison de son effet enivrant ; cette coutume s’est donc perdue. Malgré tout, il est recommandé de réciter le Birkat hamazone sur du vin le chabbat, s’il y a un Zimmoune et si on a l’intention de faire une sieste après le repas. Lors des réceptions, où l’on sert du vin à table, il faut veiller à faire le Birkat hamazone sur une coupe de vin.

18. Lorsqu’on récite le Birkat hamazone sur une coupe de vin, on commence à le réciter sur du vin non coupé par l’eau de la mézigua. Puis, dans la bénédiction de “nodé lékha”, au niveau du verset: “véakhalta véssav’ata ouvérakhta èt etc.” (Tu mangeras, seras rassasié et béniras, etc.), en disant le mot “èt”, on ajoute trois gouttes d’eau à la coupe de vin.

19. La coupe utilisée lors du Birkat hamazone doit être bien lavée de l’intérieur et rincée à l’extérieur. En ajoutant les trois gouttes d’eau, on doit arriver à obtenir une coupe pleine, sans qu’il soit nécessaire de la faire déborder.

20. Il faut veiller à ce qu’on n’ait pas goûté de la coupe avant de réciter le Birkat hamazone. Si par erreur, un jeune enfant a bu de ce vin, il faut y rajouter un peu de vin de la bouteille, ou un peu d’eau.

21. Il faut veiller à ce que la coupe soit intacte ; on ne doit pas utiliser une coupe ébréchée même légèrement, ou fêlée, mais on prendra un autre verre même s’il est moins beau. Si on ne dispose que d’une coupe "défectueuse" (dont on a goûté ou qui est un peu ébréchée), ou à posteriori, si la bénédiction a déjà été récitée, on est acquitté.

22. La mitsva est embellie si un tiers prend la coupe de deux mains pour la tendre à l’officiant. L’officiant reçoit lui aussi la coupe de ses deux mains, puis l’élève face à la poitrine du côté gauche, pour la tenir ensuite de la main droite uniquement. La coupe doit être élevée d’au moins un téfa’h(huit centimètres) au-dessus de la table. Tout ceci se fera avant que l’officiant ne commence le verset: “vaydabère élaï etc.” qui précède le “Zimmoune.”

>> Les autres lois relatives à la coupe du Birkat hamazone seront traitées à la fin du chapitre 26.

Le Birkat hamazone

> Règles concernant le Birkat hamazone

>> Subsistance dans la dignité

Tout celui qui fait attention au Birkat hamazone, sera assuré d’avoir sa subsistance avec dignité toute sa vie.

1. On doit faire attention de réciter toutes les bénédictions avec concentration. En effet, comment peut-on bé? En particulier, il faut veiller à réciter le Birkat hamazone avec ferveur, puisque cette bénédiction est un commandement de la Torah (les autres bénédictions, par contre, ont été instituées par les Sages de la Grande Assemblée). De plus, le Zohar rapporte qu’un ange accusateur se trouve présent à table, prêt à accuser toute personne qui ne récite pas le Birkat hamazone avec ferveur ; c’est pourquoi il faut se préparer avant de faire le Birkat hamazone. On doit le réciter en posant la main gauche sur la poitrine, la main droite sur la gauche, et en fermant les yeux comme pour la‘Amida, si on se concentre mieux de cette manière. Par contre, si on préfère réciter le Birkat hamazone mot à mot dans le texte, ou si l’on craint de se tromper, on utilisera un siddour en prenant garde à ne pas lever les yeux.

2. Il est écrit dans le Zohar qu’il faut réciter le Birkat hamazone avec joie, sans aucun signe de tristesse. Plus on le récitera avec enthousiasme et contentement, plus notre subsistance nous sera accordée du Ciel avec bonté et largesse.

>> Bénir avec joie

Réciter le Birkat hamazone avec joie est une grande ségoula pour obtenir une bonne subsistance, comme dit le verset: "La bénédiction de Dieu enrichit". Cela fait référence au Birkat hamazone qui est la seule bénédiction ordonnée par la Torah. Et le verset se termine par: "Et nos efforts (littéralement: la tristesse) n’y ajoutent rien", c’est-à-dire que le Birkat hamazone est une ségoula pour la richesse lorsqu’il est récité sans tristesse mais avec joie.

3. Il faut réciter le Birkat hamazone d’une voix audible. Dans le cas contraire, on n’est acquitté duBirkat hamazone qu’à posteriori. Il est même souhaitable de le réciter à haute voix, ce qui permet d’éveiller la ferveur.

4. On doit réciter le Birkat hamazone au même endroit où l’on a pris son repas. Si par mégarde, on a déjà quitté cet endroit, on peut, d’après le Rambam, réciter le Birkat hamazone où que l’on se trouve, dès qu’on s’en rappelle. Selon le “Roch” par contre, il faut retourner à l’endroit où on a mangé ; dans le cas contraire, on est néanmoins acquitté si on déjà récité le Birkat hamazone. Il convient de se montrer strict et de suivre l’opinion du “Roch”. Si cela est difficile, on peut s’appuyer sur l’avis duRambam et faire le Birkat hamazone à l’endroit où l’on s’en rappelle. Tout cela à condition que l’on ait quitté le lieu d’origine par oubli ; mais, si on l’a quitté volontairement avant d’avoir récité le “Birkat hamazone, “on doit retourner sur ses pas selon toutes les opinions, afin de réciter le Birkat hamazone (si on ne l’a pas fait, on est quand même acquitté à posteriori du Birkat hamazone).

5. On doit réciter le Birkat hamazone assis, même si on a mangé debout ou en marchant. On y trouve une allusion dans le verset: “véssav’ata ouvérakhta etc.” (Tu seras rassasié et béniras etc.). On peut décomposer le mot “véssav’ata” en “véchèv ’èt”, ce qui veut dire "assieds-toi un instant", et bénis. On doit veiller à ne pas s’accouder ou s’affaler, mais s’asseoir avec crainte et respetc.

6. Il est interdit d’avoir une autre occupation lorsqu’on récite le Birkat hamazone. Même un acte banal, comme s’essuyer les mains, est interdit. Malheureusement, beaucoup de gens ignorants négligent le Birkat hamazone, le récitant rapidement ou en s’affairant à d’autres activités ; d’autres se permettent de faire des mimiques ou des gestes divers. Il convient de les réprimander avec tact, et seront bénis ceux qui écouteront et prendront la leçon .

7. Comme lors de la ‘Amida, on ne peut pas répondre au qaddiche, à la kedoucha et à “Barékhou” pendant les quatre bénédictions du Birkat hamazone. D’après l’avis du Richone létsiyone Rav ‘Ovadia Yossef, cet interdit ne s’applique que pour les trois premières bénédictions du Birkat hamazone. Lors de la dernière bénédiction (“Hattov véhammétiv”), on peut répondre au qaddiche et à la kedoucha, à l’instar de celui qui se trouve dans le Chéma’ et ses bénédictions. On ne peut cependant pas répondreAmen aux bénédictions. À partir de “Hara’hamane”, on peut répondre au qaddiche, à la kedoucha ainsi que Amen aux bénédictions d’après toutes les opinions.

8. Il faut aussi s’asseoir lorsqu’on récite la bénédiction de “mé’ène chaloche”. Il est interdit de s’interrompre pendant cette bénédiction, même pour répondre au qaddiche ou à la kedoucha.

> Rétsé véha’halitsénou et Ya’alé véyavo

9. Nos Sages ont institué de mentionner chabbatRoch ’Hodèche ou les fêtes, dans la troisième bénédiction du Birkat hamazone. Ainsi, le jour de chabbat, on ajoute “Rétsé véha’halitsénou” ; et les jours de Roch ’Hodèche et des fêtes on ajoute “Ya’alé véyavo”, comme cela est imprimé dans lessiddourim.

10. Chaque jour où on a l’obligation de consommer du pain, on a par conséquent l’obligation de réciter le Birkat hamazone et d’y mentionner le jour. C’est pourquoi, si on a omis cette mention ce jour-là, on n’est pas acquitté et on doit reprendre le Birkat hamazone depuis le début. Par contre, les jours où il n’y a pas d’obligation formelle de prendre un repas avec du pain (même si la chose est méritoire), on ne recommence pas le Birkat hamazone en cas d’oubli.

11. Lorsqu’il y a une controverse quant à l’obligation de consommer du pain, même si concrètement la loi retenue est de consommer du pain, on ne reprendra pas le Birkat hamazone en cas d’omission, puisqu’on ne récite jamais une bénédiction en cas de doute ou de controverse.

12. Ainsi, si on oublie “Rétsé véha’halitsénou” lors du premier ou du deuxième repas de chabbat, on doit recommencer le Birkat hamazone, puisque ces repas doivent être pris avec du pain d’après tous les avis. Mais, si on oublie “Rétsé véha’halitsénou” au troisième repas, on ne reprend pas le Birkat hamazone car certains pensent que l’on peut se contenter de consommer des aliments mézonote pour ce repas.

13. De la même manière, il y a une controverse quant à l’obligation de consommer du pain les jours de fêtes. C’est pourquoi, même si concrètement la règle est de manger du pain, on ne recommence pas le Birkat hamazone si on omet de dire “Ya’alé véyavo”. Néanmoins, une exception est faite pour la nuit du “Sédère” de Péssa’h (en diaspora, les deux nuits), puisqu’il est obligatoire d’y consommer de la maça (pour les hommes comme pour les femmes), ainsi que pour le premier soir de “Souccot” (en diaspora, les deux premiers soirs), durant lequel la consommation du pain est obligatoire (pour les hommes seulement). Celui qui oublie alors de mentionner “Ya’alé véyavo” devra recommencer leBirkat hamazone.

14. D’après toutes les opinions, il n’y a aucune obligation de manger du pain lors de Roch ’Hodèche ou les jours de “’Hol hammo’èd” (demi-fêtes), comme le prouve le verset: "Et [Jonathan, fils du roi Saül] ne toucha pas au pain le second jour de Roch ’Hodèche" (“Samuel I” 20,34). C’est pourquoi, si on oublie d’y mentionner “Ya’alé véyavo”, on ne recommence pas.

15. Si on oublie de mentionner “Rétsé véha’halitsénou “ou “Ya’alé véyavo”, et qu’on s’en rende compte après avoir conclu la bénédiction de “Boné Yérouchalaïme”, on peut se rattraper en intercalant une bénédiction supplémentaire, avant la quatrième bénédiction.

16. Ainsi, celui qui omet “Rétsé véha’halitsénou” le jour du chabbat, dira après “Boné Yérouchalaïme”: “Baroukh […] achère natane chabbatot etc." (“Béni Tu es Hachem […] qui, avec amour, as accordé des “chabbats” pour le repos à Ton peuple Israël, comme un signe d’alliance. Béni Tu es Hachem, qui sanctifies le chabbat). Celui qui, un jour de fête, omet “Ya’alé véyavo”, récitera la bénédiction: “Baroukh […] achère natane yamime tovime etc.” (Béni Tu es Hachem […] qui as accordé des jours de fêtes à Ton peuple Israël, pour la joie et l’allégresse, ce jour de … Béni Tu es Hachem, qui sanctifies Israël et les temps). (Si un jour de fête coïncide avec le chabbat et qu’on y omet “Rétsé véha’halitsénou “et “Ya’alé véyavo”, on ne rajoutera qu’une seule bénédiction pour les deux évènements, comme cela figure dans le siddour). Les jours des demi-fêtes, on dit (sans mention du nom de Dieu): “Baroukh achère natane mo’adime lé’amo Yisraèl léssassone oulsim’ha” (Béni est Celui qui a accordé des périodes à Son peuple Israël, pour la joie et l’allégresse). Le jour de Roch ’Hodèche, on dit (sans le nom de Dieu): “Baroukh achère natane raché ’hodachime lé’amo Yisraèl lézikarone” (Béni est Celui qui a accordé des néoménies à Son peuple Israël pour le souvenir). Puis, on poursuit la quatrième bénédiction.

17. Ce qu’on a vu au paragraphe précèdent n’est valable que si on n’a pas encore débuté la quatrième bénédiction. Cependant, si on prend conscience de son omission après avoir entamé la quatrième bénédiction, ne serait-ce que par le mot “Baroukh”, il est interdit d’intercaler ces ajouts. Les jours où cette mention est obligatoire (cf. paragraphes 12 et 13), il faut alors reprendre le Birkat hamazone à son début ; sinon, on poursuit. D’après notre maître le Richone létsiyone Rav ‘Ovadia Yossef, même si on a dit les mots “Baroukh atta A-donaï Élohénou mélekh ha’olame” de la quatrième bénédiction, on peut toujours se rectifier en poursuivant “achère natane". “Mais si on a continué” "la’ad”, on ne peut plus se rattraper de cette manière.Toutes ces bénédictions et leurs lois sont clairement détaillées dans le siddour Ich Maslia’h.

> Boire la coupe de vin

18. Quand on fait le Birkat hamazone sur une coupe de vin, l’officiant conclut, à la fin du Birkat hamazone: “Koss yéchou’ote éssa ouvchème A-donaï éqra. Savré maranane” (J’élèverai la coupe du salut et proclamerai le nom de Hachem. Avec votre permission, messieurs), et les participants répondent “Lé’hayyime”. Puis, il bénit “boré péri hagafène” et boit le vin.

19. Chaque fois que l’on doit réciter une bénédiction sur une coupe de vin (comme le kiddouch), l’officiant (ou par défaut, un des assistants) doit boire d’un trait une pleine gorgée de vin (41 ml). Cependant, si on se suffit de 41 ml pour la coupe du Birkat hamazone, on entre dans un doute quant à la récitation de la bénédiction finale de “’al haguéfène”: selon certains, celle-ci doit être récitée au-delà de 26 ml, selon d’autres, il faut au minimum 81 ml. C’est pourquoi, il convient à priori de boire 81 ml de vin (d’un trait), pour réciter ensuite “’al haguéfène” en se conformant à tous les avis.

20. Il est préférable que tous les participants goûtent de la coupe du Birkat hamazone. C’est unemitsva d’en donner un peu à sa femme même si elle n’a pas participé au repas, afin qu’elle reçoive aussi la bénédiction.

21. Durant les sept premiers jours du mariage, après le repas pris en présence des mariés, on rajoute les “Cheva’ Bérakhote” à la fin du Birkat hamazone. En Israël, on a l’habitude d’amener deux coupes de vin, une pour le Birkat hamazone et l’autre pour bénir les mariés. À la fin du Birkat hamazone, l’officiant ne récite pas immédiatement “boré péri hagafène” ; un des assistants ayant consommé du pain, soulève auparavant la deuxième coupe de la main droite et récite depuis la bénédiction de “chéhakol bara likhvodo “jusqu’à la dernière bénédiction (“méssamméa’h hé’hatane ’ime hakalla”). Puis, l’officiant dit alors “boré péri hagafène” en pensant à acquitter la seconde personne ainsi que l’assemblée, et les deux boivent un révi’ite (81 ml) de leur verre respectif. Nous avons la coutume d’ajouter une troisième coupe pour le marié lui-même. Puis, on mêle le vin des différentes coupes en disant: "que se multiplient les joies dans le peuple d’Israël".

Se préparer à recevoir le chabbat

> Chénaïm miqra véé’had targoum (Lecture de la section hebdomadaire avec la traduction en araméen)

1. Chaque homme a l’obligation de lire chaque semaine la section hebdomadaire de la Torahindividuellement, en sus de la lecture que l’on écoute à la synagogue. On lira deux fois le texte en hébreu et une fois sa traduction en araméen (“Chénaïm miqra véé’had targoume”). Nos Sages ont garanti la longévité à celui qui prend soin de lire la section hebdomadaire chaque semaine. Les femmes sont dispensées de cette mitsva.

2. La mitsva est embellie si on effectue cette lecture le vendredi matin, après la prière deCha’harite, encore paré de son Talit et de ses Téfilines. Telle était l’habitude du Ari zal. Cependant, d’après la loi stricte, on peut faire cette lecture dès le début de la semaine. C’est pourquoi, celui qui ne peut pas lire toute la section le vendredi, pourra commencer la lecture dès le dimanche et avancer un peu chaque jour, de manière à achever la lecture le vendredi ; telle était la coutume du Gaon de Vilna. Il faudra toutefois veiller à ne pas s’interrompre au milieu d’un sujet.

3. Si on n’a pu achever la lecture avant la prière du “chabbat matin”, on doit au moins la conclure avant le repas qui suit cette prière. Si les membres de la famille attendent pour prendre le repas, ou si l’heure est avancée et que l’on risque de dépasser la mi-journée, on doit commencer par prendre le repas, puis procéder ensuite à la lecture. On prendra alors soin de la terminer avant le début de l’heure de Min’ha, puisqu’à partir de cet horaire, on commence à lire à la Torah en public la section de la semaine prochaine. Le cas échéant, on fera en sorte de terminer sa lecture avant le mercredi qui suit. À posteriori, on pourra le faire au plus tard jusqu’à “Sim’hat Torah”, lorsqu’on achève la lecture de la Torah en public.

4. On ne doit pas lire la section hebdomadaire le vendredi matin avant l’aube, les disciples du Ari zalayant enseigné qu’on ne lit pas de passage en araméen la nuit. Heureux est celui qui accomplit toute chose au moment adéquat, et ne ménage pas de son temps pour le service de Dieu, car c’est pour cela que nous avons été créés.

5. Le mieux est de lire chaque verset deux fois en hébreu puis une fois en araméen, par exemple: “Vaydabbère A-donaï èl Moché lémor, Vaydabbère A-donaï èl Moché lémor, oumalil A-donaï ’im Moché lémémar” ; et ainsi de suite jusqu’à la fin de la section. Le dernier verset doit être lu deux fois en hébreu, une fois en araméen, puis de nouveau répété deux fois en hébreu.

6. Après avoir terminé de lire la section de la Torah, on doit lire la “Haftara correspondante (une seule fois en hébreu). Même si ce chabbat on doit lire en public une Haftara spéciale, comme celle de “Hachamayime kiss-i” si chabbat coïncide avec “Roch ’Hodèche”, ou bien celle de “chabbat chéqalime” ou de “chabbat zakhor”, malgré cela pour la lecture individuelle, on doit toujours lire laHaftara correspondant à la section.

7. Il convient de lire les versets avec les Té’amime, mais la traduction araméenne doit être lue sans mélodie, tout en respectant néanmoins la ponctuation des versets, afin de ne pas en modifier le sens. (Dans le “siddour Ich Maslia’h”, la traduction araméenne est ponctuée afin d’aider le lecteur). Il faut s’efforcer de comprendre ce qu’on dit, en hébreu comme en araméen, car c’est là le but de cette lecture.

8. Les kabbalistes ont écrit qu’il ne faut pas s’interrompre au milieu de la lecture, mais lire toute la section d’une traite ; il y a un sens ésotérique à cela. Ainsi notre maître Rabbi Maslia’h Mazouz éduquait-il ses enfants et élèves, à lire la section hebdomadaire sans interruption, immédiatement après la prière de Cha’harite de vendredi matin, étant encore parés du “Talit “et des Téfilines, comme le faisait le Ari zal. Evidemment, on peut néanmoins répondre Amen après une bénédiction, par exemple. De même, si on a très soif, on peut s’interrompre pour boire, en récitant les bénédictions initiale et finale.

9. Tout celui qui craint le Ciel prendra le temps d’étudier l’explication de Rachi chaque semaine (en plus de la lecture “Chénaïm miqra véé’had targoume”), afin de bien comprendre le sujet traité.

> Se préparer au chabbat

10. Il faut se lever tôt le vendredi matin afin d’effectuer les préparatifs du chabbat. Il est préférable de différer ses courses pour le chabbat jusqu’au vendredi, afin que la bénédiction du chabbat repose sur les achats effectués, comme il est écrit: "Le sixième jour, ils apprêteront ce qu’ils auront apporté" (Exode 16,5). Il y a un aussi nécessité mystique à la chose. Cependant, si les articles risquent de faire défaut ou d’être de moins bonne qualité, ou que les préparatifs du chabbat demandent du temps, on pourra faire ses achats dès le jeudi, ou même le mercredi s’il le faut, puisque l’émanation de la sainteté du chabbat commence dès le mercredi.

11. À chacune de nos acquisitions pour chabbat, il faut dire: "c’est en l’honneur de chabbat”. Par ces paroles, la sainteté du chabbat imprègne la marchandise achetée. De même, à chaque action que l’on accomplit pour chabbat, on dira: "c’est en l’honneur de chabbat. Lorsqu’on fait ses achats ou autres préparatifs en vue du chabbat, il est bon de dire: “Haréni etc.” (Voici, je m’en vais préparer lechabbat, comme il est écrit: "Le sixième jour, ils apprêteront ce qu’ils auront apporté", afin de restaurer la racine de cette mitsva dans les niveaux supérieurs. Que la bienveillance de Hachem etc.). Si on fait ses achats avant le vendredi, on ne mentionnera pas le verset "Le sixième jour etc.", on dira simplement: "Voici, je m’en vais faire des courses pour le “chabbat afin de “réparer “[…] Que la bienveillance de Hachem etc."

12. Toute la sueur de l’homme qui s’active aux préparatifs du chabbat est utilisée par Dieu pour effacer ses fautes, tout comme Il le fait avec les larmes versées par un homme sur ses péchés. C’est pourquoi il faut redoubler d’efforts en l’honneur du chabbat. Le “Midrache Tan’houma” statue que l’honneur donné au chabbat est préférable à mille jeûnes!

13. Le vendredi après-midi est un moment propice à la discorde, surtout entre un homme et sa femme. Le Satan s’efforce alors d’éveiller disputes et querelles. Toute personne craignant Dieu doit dominer son penchant, ne laisser germer aucune dispute ni irritation. À l’inverse, on devra rechercher la paix et la poursuivre. Nos Sages ont révélé qu’il n’y a pas pour le peuple d’Israël de réceptacle à la bénédiction [de Dieu] comme la paix.

14. On doit veiller à arriver à l’heure pour la prière de Min’ha de la veille de chabbat afin de prier posément, avec ferveur et tranquillité d’esprit, car c’est le moment de l’émanation de la sainteté duchabbat dans les Cieux.

15. Avant de recevoir le chabbat, il faut méditer au repentir et scruter les actes accomplis durant la semaine, car le chabbat a le pouvoir de pardonner les fautes de celui qui se repent. Cela permet aussi d’accueillir le chabbat pur et lavé de toute faute, et être ainsi prêt à recevoir l’âme supplémentaire en l’honneur de chabbat.

16. On veillera à se vêtir de beaux habits en l’honneur de chabbat. Celui qui réserve même des sous-vêtements pour le chabbat est digne de louanges ; telle était l’habitude du Ari zal. On doit se réjouir de la venue de chabbat, comme si on allait à la rencontre d’un roi, ou de mariés. On rapporte dans le Talmud que Rabbi ’Hanina s’enveloppait de sa tunique la veille de chabbat et disait: "Venez, sortons à la rencontre de la Reine chabbat. Rabbi Yanaï, quant à lui, disait: "Viens! Ô fiancée!"

Allumage des veilleuses de chabbat

1. Une veilleuse au moins doit être allumée le chabbat dans chaque foyer. Cette mitsva incombe d’avantage à la femme qu’à l’homme, puisque l’allumage des veilleuses du chabbat répare la faute de “’Hava” (Ève, la première femme) qui a "éteint le flambeau du monde" (en entraînant la mort de “Adam”, son mari, qui est ainsi qualifié dans le verset: "l’âme de l’Homme (“Adam”) est un flambeau divin" (Proverbes 20, 27). S’il n’y a pas de femme à la maison, c’est l’homme qui allumera les veilleuses en récitant la bénédiction.

2. Les veilleuses sont allumées par la femme, mais c’est l’homme qui doit les préparer. Ceci est allusionné dans la Michna (traité de chabbat): "…si elles [les femmes] ne sont pas vigilantes à l’impureté de la “Nida”, au prélèvement de la” ’Halla” et à l’allumage des veilleuses [du chabbat]": seul l’allumage incombe à la femme mais pas la préparation des veilleuses.

3. Il faut veiller à préparer de belles veilleuses en l’honneur du chabbat. D’après la Kabbalah, il faut allumer deux veilleuses, une par rapport au commandement de "Se souvenir du chabbat" et l’autre à celui de "Garder le chabbat". Certaines ajoutent et allument sept veilleuses ; chacune devra faire selon son habitude. D’après la Kabbalah, il est bon de donner trois pièces à la charité avant d’allumer les veilleuses.

4. Toute huile qui se consume bien peut être utilisée pour l’allumage des veilleuses du chabbat. Toutefois, la mitsva est embellie si on allume avec de l’huile d’olive. De nos jours où l’huile d’olive est largement accessible, on doit veiller à n’utiliser que cela. Ceci nous donne le mérite d’avoir des enfants brillants en Torah, et dont l’enseignement de la loi coulera comme de l’huile d’olive.

5. Il faut réciter la bénédiction avant d’allumer les veilleuses de chabbat. Une femme qui a oublié de faire la bénédiction avant d’allumer, pourra la réciter tant qu’elle n’a pas terminé d’allumer toutes les veilleuses. Mais si elle a terminé de les allumer, elle ne pourra plus réciter la bénédiction, celle-ci devant toujours être récitée avant d’accomplir la mitsva, et non après.

6. D’après le Choul’hane ’Aroukh, on ne peut réciter de bénédiction sur un rajout de luminosité. Ainsi, si une femme allume ses veilleuses de chabbat dans une pièce en récitant la bénédiction, une autre femme ne pourra allumer à sa suite ses propres veilleuses en récitant elle aussi la bénédiction, car l’endroit a déjà été éclairé en l’honneur du chabbat.

7. Par conséquent, si plusieurs familles se rassemblent pour manger dans un même endroit, comme dans un hôtel ou lors d’un “chabbat ’hatane”, il convient que chaque femme allume ses veilleuses avec bénédiction dans sa chambre. S’il est impossible de le faire (pour des raisons de sécurité, par exemple) et que toutes sont obligées d’allumer dans la salle à manger commune, seule une des femmes récitera la bénédiction et les autres l’écouteront et répondront Amen, puis allumeront immédiatement sans refaire de bénédiction. (Les femmes ashkénazes ont toutefois coutume que chacune récite la bénédiction sur ses veilleuses).

8. Bien qu’on ne doive pas réciter de bénédiction sur un ajout de luminosité, une femme peut réciter la bénédiction lors de l’allumage des veilleuses, même si l’électricité est allumée dans la pièce, puisqu’en général, l’électricité a été allumée pour les besoins de l’instant présent, et non en l’honneur du chabbat. En outre, même dans le cas où on a allumé cette lumière spécifiquement pour le chabbat, la femme est considérée comme achevant la mitsva en allumant ses veilleuses ; elle pourra réciter la bénédiction. Certaines femmes se montrent plus strictes et éteignent au préalable l’électricité, pour la rallumer après l’allumage des veilleuses du chabbat. Ainsi, la bénédiction récitée précède l’accomplissement de l’allumage de toutes les lumières, l’ampoule électrique étant alors considérée comme une veilleuse supplémentaire. Cette pratique est digne de louange. Cependant, il est préférable que ce soit le mari ou une autre personne qui rallume l’électricité après l’allumage des veilleuses par la femme.

9. Les jeunes filles qui vivent auprès de leur mère n’ont pas le doit d’allumer de veilleuses avec “bénédiction”, même dans leur propre chambre, car elles sont acquittées de la bénédiction récitée par la mère.

10. Lorsqu’une fille mariée ou une belle-fille dort chez sa mère (ou sa belle-mère), où elle dispose d’une chambre qui lui est réservée pour la nuit, il est d’usage que la mère récite la bénédiction dans la salle à manger, et que la fille allume aussi avec bénédiction dans sa propre chambre.

11. Les étudiants qui dorment à la Yéchiva (ainsi que les filles de séminaire) et qui mangent dans une salle à manger commune, doivent s’associer pour les veilleuses, que l’un d’entre eux allumera avec bénédiction dans la salle à manger. Si les dortoirs ne sont pas éclairés, ils doivent allumer en plus une veilleuse ou une lumière dans leur chambre ou dans le couloir, sans bénédiction.

12. Une femme non-voyante (à Dieu ne plaise) peut allumer les veilleuses de chabbat. Cependant, si elle a un mari qui est voyant, il convient mieux que ce soit lui qui allume.

13. On ne récite pas la bénédiction de “Chéhé’héyanou” sur les veilleuses de chabbat. Ainsi, une femme qui a fait téchouva ou une jeune mariée qui allument des veilleuses de chabbat pour la première fois”, ne doivent pas réciter “Chéhé’héyanou”.

14. Certains pensent que dès que la femme allume, elle reçoit la sainteté du chabbat et n’a plus le droit de faire de travail interdit. D’après cette opinion, la femme doit faire la prière de Min’ha avant l’allumage. Cependant, d’après la majorité des décisionnaires dont Marane l’auteur du Choul’hane ’Aroukh, recevoir le chabbat n’est pas dépendant de l’allumage des veilleuses. Néanmoins, il faut à priori tenir compte de la première opinion et chaque femme doit s’efforcer de terminer tous ses préparatifs (ainsi que la prière de Min’ha) avant l’allumage. Cependant, à posteriori, si une femme a allumé les veilleuses et se souvient qu’il reste un travail à faire pour le chabbat, elle a le droit de le faire, si personne d’autre ne peut le faire à sa place.

15. Le mieux est que chaque femme, avant l’allumage, pose la condition suivante: "Si je devrai faire un travail après l’allumage des veilleuses, alors je ne reçois pas le chabbat par l’allumage". Ainsi, d’après toutes les opinions, elle aura le droit d’accomplir un travail après l’allumage en cas de besoin. Il suffit d’exprimer cette condition une fois par an (par exemple, la veille de “Roch Hachanna”). De toutes les façons, chaque femme doit s’abstenir de faire tout travail interdit un moment avant le coucher du soleil, puisque c’est une mitsva d’étendre la sainteté du chabbat sur les jours profanes et rallonger ainsi le jour du chabbat (il faut donc arrêter d’accomplir tout travail interdit le vendredi un peu avant le coucher du soleil, ainsi que le samedi soir après la sortie des étoiles).

16. Par conséquent, après avoir allumé les veilleuses, la femme ne doit pas éteindre l’allumette utilisée, mais simplement la déposer pour qu’elle s’éteigne par elle-même. Cependant, celles qui ont l’habitude d’allumer l’électricité après l’allumage des veilleuses (cf. infra paragraphe 8) pourront aussi éteindre leur allumette, puisqu’elles ne reçoivent le chabbat qu’après l’allumage de l’électricité, qui fait alors partie intégrante de l’allumage des veilleuses.

17. Le moment de l’allumage des veilleuses est un moment de Grâce divine, c’est pourquoi il convient que chaque femme prie pour la longévité et le bonheur de son mari et de ses enfants. En particulier, il convient de prier pour que ses enfants deviennent des hommes sages et pieux. (Une prière à cet effet figure dans les siddourim après l’allumage).

>> Allumer les veilleuses dans la joie

"Chaque femme doit allumer les veilleuses de chabbat avec joie et enthousiasme, car c’est là un grand honneur pour elle. De plus, cette mitsva donne à la femme le mérite d’avoir des enfants saints, brillants en Torah, craignant le Ciel, répandant la paix dans le monde, et procure aussi la longévité à son époux. C’est pourquoi la femme doit faire très attention à l’allumage des veilleuses" (extrait du Zohar).

Accueil du chabbat & Prières du chabbat

> Accueil du chabbat

1. Les Anciens ont institué la coutume de lire intégralement le Cantique des Cantiques chaque veille dechabbat. Il faut veiller à ne pas s’interrompre au milieu de cette lecture, afin de ne pas déformer ou dénaturer (à Dieu ne plaise) le sens mystique qui y est contenu. On est néanmoins tenu de répondre auxAmen ainsi qu’aux diverses répliques de la prière.

> Saint des Saints

- Dix cantiques furent chantés dans ce monde, et le Cantique des Cantiques les surpasse tous. Rien au monde ne peut égaler le jour où le Cantique des Cantiques fut donné au peuple juif, car tous les Hagiographes sont saints, et le Cantique des Cantiques est Saint des Saints.> Pourquoi la veille de chabbat?

- Il fut institué de lire le Cantique des Cantiques le vendredi soir, parce qu’il fait référence au lien qui unit le peuple d’Israël à Dieu, à l’image d’une femme qui se languit de son mari bien-aimé. Le saint jour du chabbat lie également le peuple d’Israël à leur Père aux Cieux. C’est pourquoi, l’usage a été établi de lire ce cantique le chabbat, afin de renforcer la proximité [entre Dieu et Son peule]. La lecture du Cantique des Cantiques est une ségoula pour le pardon des fautes et le sincère repentir.

2. L’usage répandu dans la plupart des communautés est de lire le Cantique des Cantiques avant le “Mizmor lédavid” et le “Lékha dodi.” Cependant, si l’heure du coucher du soleil approche, il faut réciter le passage “Bo-i kala etc.” avant de lire le Cantique des Cantiques, afin de recevoir la sainteté du chabbat avant le coucher du soleil.

3. Lors de l’accueil du chabbat, il faut se tenir avec crainte et respect, comme on se tiendrait devant un roi. Il faut faire face àforcer de les réciter les yeux fermés, car cela est important selon laKabbalah. On pensera alors à recevoir la sainteté du chabbat.

> Celui qui se trompe dans les prières du chabbat

4. Lors de la ‘Amida du chabbat, si au lieu de mentionner la bénédiction du “chabbat Atta qiddachta”, on a commencé à réciter “Atta ’honène” comme un jour de la semaine, on doit terminer la bénédiction dans laquelle on se trouve, puis revenir à la ‘Amida de chabbat. Cependant, si on se reprend après avoir commencé la bénédiction de “Retsé”, on doit s’interrompre immédiatement et revenir à la bénédiction de chabbat pour continuer ensuite à partir de “Retsé.” Si on remarque son erreur après avoir conclu le dernier “yihyou lératsone (avant “’Ossé chalome”), on doit recommencer la ‘Amida depuis son début.

5. Tout ce qui a été mentionné précédemment est valable pour les prières de ‘ArvitCha’harite etMin’ha. Par contre, pour la prière de Moussaf, on doit s’interrompre immédiatement et revenir à “Tikanta chabbat”.

6. Lors de la prière de chabbat, il faut veiller à prier dans le siddour, afin de ne pas se tromper et commencer “Atta ’honène par inadvertance, car ce n’est pas de bonne augure.

7. Celui qui s’est trompé et a interverti les prières du chabbat, en récitant ‘Arvit de chabbat au lieu de Min’ha par exemple”, ou “Cha’harite au lieu de ‘Arvit, est acquitté et ne doit pas recommencer.

8. Certains disent que la prière de Moussaf diffère à ce propos des autres prières ; celui qui a priéMoussaf à la place d’une autre prière, ou à l’inverse une autre prière à la place du Moussaf, n’est pas quitte, et doit prier de nouveau la prière adéquate. Mais l’avis retenu est de ne pas recommencer, suivant la règle énonçant que dans le doute quant à la nécessité de réciter une bénédiction, on doit s’abstenir. Cependant, si on prie avec la communauté, on devra écouter en entier la répétition de la‘Amida de l’officiant, et penser à s’en acquitter. (Dans ce cas, on ne répondra pas “Baroukh hou ouvaroukh chémo”, mais simplement Amen et la kedoucha. On s’efforcera alors d’écouter attentivement chaque mot prononcé par l’officiant). 

Le kiddouch et les repas du chabbat

> Retour à la maison après ’Arvit

>> Un ange malfaisant répond "Amen" contre son gré

Rabbi Yossé ben Yéhouda enseigne: "Deux anges raccompagnent l’homme le soir de chabbat depuis la synagogue jusqu’à sa maison – l’un est bon et l’autre malfaisant. Lorsque l’homme rentre chez lui et trouve les lumières allumées, la table dressée et sa couche préparée, le bon ange dit: "Qu’il en soit ainsi le chabbat prochain" et l’ange malfaisant répond "Amen" contre son gré. Dans le cas contraire, c’est l’ange malfaisant qui annonce: "Qu’il en soit ainsi chabbat prochain", et c’est le bon ange cette fois qui répond "Amen", contre son gré.

1. Lorsqu’on rentre à la maison, il faut souhaiter à haute voix et avec joie “Chabbat chalome”. Puis, si ses parents sont présents, on embrasse leur main droite, en pensant accomplir par-là la mitsvad’honorer ses parents. De plus, selon la Kabbalah, embrasser la main de sa mère le soir du chabbatrevêt une signification particulière.

2. Après que les enfants aient embrassé la main de leurs parents, il est d’usage que le père pose ses mains sur leur tête et les bénisse: en effet, lors de la prière de ‘Arvit du chabbat soir, un flux de bénédictions se déverse sur l’homme, qu’il transmet ensuite à ses enfants en les bénissant. De surcroît, ces instants sont propices à la Grâce divine, et les deux anges qui accompagnent l’homme répondentAmen à ses bénédictions. Avant la bénédiction des enfants, le père doit veiller à dire: “Yéhi chèm etc.” (Que le nom de Dieu soit béni à tout jamais), puisqu’il faut toujours bénir Dieu avant de bénir les hommes. Puis, le père béénédiction s’accomplira, avec l’aide de Dieu. (Le texte de la bénédiction se trouve dans les siddourim).

3. Le soir de chabbat, il faut se hâter de faire le kiddouch ; en effet, il est bien que le kiddouch soit récité le plus proche possible de l’entrée de chabbat. Il ne convient pas de suivre l’habitude de certaines personnes incultes qui, dès leur retour à la maison, s’installent avec leurs amis, pour discuter de paroles futiles et profanes, et par cela dénigrent la sainteté du chabbat.

> Déroulement du kiddouch selon notre maître le Ari zal

4. Après avoir embrassé la main des parents, le maître de maison regarde les deux veilleuses allumées en l’honneur du chabbat. Il doit penser que l’une symbolise le commandement de "Se souvenir duchabbat et l’autre, celui d’"Observer le chabbat. En outre, on pense que l’une des veilleuses est liée au premier “Hé” du Tétragramme, et l’autre au second “Hé”. En fixant les veilleuses, on pense au fait que les lumières supérieures éclairent le monde.

5. Puis, il se tient à sa place à table, et prononce la phrase suivante: “Da hi sé’oudéta da’haqal tapou’hine qaddichine” (Voici le repas du Verger des Saintes Pommes [notion kabbalistique désignant la “Chékhina” - la Présence divine]), puis on tourne en silence autour de la table en partant de la droite. On revient ensuite à sa place et saisit deux branches de myrte tenues à l’endroit, l’une en rappel du commandement de "Se souvenir du chabbat", et l’autre, celui d’Observer le chabbat". Il les joints et récite la bénédiction: “boré ’atsé béssamime”. Après les avoir senties, il dit: “Zakhor véchamor etc.” (Les commandements de se souvenir et d’observer le chabbat ont été prononcés en même temps), puis le verset: “Réa’h ni’hoa’h etc.” (C’est un arôme d’agrément, une offrande par le feu pour Dieu), car ce verset contient toutes les intentions mystiques relatives à la bénédiction des “béssamime”. Puis, on tourne à nouveau autour de la table en silence, les branches de myrte à la main.

6. Après avoir rejoint sa place, on entonne avec joie le “Chalome ’alékhème” que l’on conclut par les versets: “Ki mal-akhav […] Hachem yichmor etc.” (Car Je t’adjoindrai des anges afin de te protéger dans toutes tes voies. Dieu te gardera dans tes allées et venues à tout jamais). Puis, sans aucune interruption, on chante le “Echète ’hayil”. Il faut penser que ce passage est composé de vingt-deux versets, correspondant aux vingt-deux conduits célestes, qui, le soir de chabbat, sont ouverts et déversent abondance et bénédiction sur le monde.

> Le Echète ’hayil

Le roi Salomon a consacré dans ses Proverbes un chapitre entier de vingt-deux versets ordonnés selon l’ordre alphabétique sur la femme vertueuse. C’est le Echète ’hayil, le célèbre chant par lequel tout juif reçoit le chabbat à son retour à la maison, afin de remercier sa femme qui a tout préparé et dressé en l’honneur de chabbat. Après avoir salué les anges qui nous accompagnent depuis la synagogue, on entonne le chant Echète ’hayil. Des chercheurs contemporains ont écrit que ce chapitre n’avait son équivalent chez aucun autre peuple: nul ne loue la femme diligente, emplie de crainte de Dieu, que "ses enfants ont glorifiée, son époux a louée".- Une raison supplémentaire, selon le sens mystique, est rapportée par le Ben Ich ’Haï: l’alphabet hébraïque est composé de vingt-sept lettres dont vingt-deux courantes et cinq finales (qui sont en fait doubles, car il y a deux manières d’écrire la même lettre selon qu’elle soit en milieu ou en fin de mot). Ces vingt-sept lettres correspondent aux vingt-sept conduits de bénédictions qui sont ouverts le jour du chabbat pour déverser l’abondance sur le monde. C’est pourquoi on récite les versets du Echète ’hayil lors du kiddouch du soir de chabbat, ordonnés selon l’alphabet hébraïque. Pour la même raison, l’office de Moussaf débute par le paragraphe Tikanta chabbat, écrit selon l’ordre alphabétique inversé.

7. Puis, on dit “Atkinou” et on chante “Assadère bichva’hine” de notre maître le Ari zal (Ce chant est imprimé avec de nombreuses erreurs dans les différents recueils de prières. Dans notre siddour, le chant est retranscrit d’après le manuscrit de Rabbi ’Haim Vital, dont une copie se trouve chez le RavIç’haq Barda). Ensuite, on récite le passage du Zohar et le “Léchème yi’houd”. Enfin, on fait lekiddouch.

8. Dans le “Chalome ’alékhème”, il faut faire attention à dire: “mélèkh malkhé hamélakhime” et non “mimélèkh”, comme il est écrit dans certains siddourim.

9. Rabbi Maslia’h Mazouz avait l’habitude de dire “barkhounou” (bénissez-nous) au pluriel et non “barkhouni” (bénissez-moi), afin d’inclure tous les membres de la maison, et en particulier les jeunes enfants qui ne récitent pas ce cantique.

10. Lorsqu’on dit “Bétsètkhème léchalome” (Lorsque vous sortez en paix), l’intention n’est pas de congédier les anges, à Dieu ne plaise. Ces derniers viennent d’entrer chez nous et nous souhaitons prolonger leur présence le plus possible! Cette phrase est simplement la suite logique des précédents couplets: “Barkhounou léchalome”, nous avons demandé aux anges de nous bénir, à présent nous précisons quand ils le feront: “Béchivtékhème léchalome” – lorsque vous séjournez en paix ; et “Bétsètkhème léchalome” – lorsque vous sortez en paix, c’est-à-dire au moment de partir, bénissez-nous à nouveau. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous disons: “Bétsètkhème léchalome” (lorsque” vous sortez en paix) et non “tsètkhème léchalome” (sortez en paix).

>> Il est à moi!

Viens et observe! Lorsque l’homme rentre de la synagogue en ce jour de chabbat, et que la Chékhina (Présence divine) constate que les veilleuses sont allumées, la table dressée, et que l’homme et sa femme sont heureux, elle s’exclame: "Il est à moi! Ce peuple d’Israël par lequel Je suis glorifiée". Dans le cas inverse, la Chékhina s’en va, et avec elle les anges, et le mauvais penchant arrive avec ses cohortes et s’attache à l’homme et à sa femme en disant: "Il est à moi et fait partie de mes troupes". Le mauvais penchant prend alors emprise sur l’homme et l’impurifie, à Dieu ne plaise.

> Les lois du kiddouch

11. Lorsque l’horaire du kiddouch arrive, c’est-à-dire dès qu’on a reçu le chabbat ou au plus tard après le coucher du soleil, il est interdit de goûter quoi que ce soit jusqu’au kiddouch. C’est pourquoi, il est bon de rappeler aux membres de la famille de boire avant de recevoir le chabbat, afin qu’ils ne soient pas assoiffés par la suite. Il est cependant permis de se rincer la bouche, puisqu’on n’a pas l’intention de boire.

12. Le jour du chabbat, il faut mettre un napperon en dessous et par-dessus les pains qui sont à table. Ceci en souvenir des couches de rosée qui étaient en dessous et au-dessus de la “Manne”, le pain descendu du ciel dont se nourrissaient les enfants d’Israël dans le désert. Une autre raison est rapportée: afin que le pain n’ait pas "honte". De quelle honte s’agit-il? Normalement, la bénédiction du pain, de par son importance, précède celle du vin. Or, ici, nous faisons précéder le vin du kiddouch. C’est pourquoi, nous recouvrons le pain pour dissimuler sa présence et ce, jusqu’à la fin du kiddouch. Pour cette même raison, il faut recouvrir aussi les gâteaux et autres aliments mézonote.

13. La coupe du kiddouch doit être bien lavée de l’intérieur et rincée de l’extérieur. Même si elle est déjà propre, il est bon de la rincer à nouveau avant le kiddouch. Il faut remplir toute la coupe de vin en laissant juste un peu de place pour la mézigua d’eau, comme nous le verrons plus loin.

14. Il faut veiller à ne pas boire du vin de la coupe avant le kiddouch, ce qui la rendrait "défectueuse". Si l’un des enfants en a bu par inadvertance, il faudra y rajouter un peu de vin ou d’eau.

15. Il faut faire attention que la coupe en elle-même soit intacte. Si elle est ébréchée même légèrement, ou fêlée, on ne l’utilisera pas pour le kiddouch; on prendra une autre coupe, ou même un simple verre. Cependant, si on ne dispose que d’une coupe "défectueuse", (dont on a bu ou qui est ébréchée), ou à posteriori que l’on a déjà fait le kiddouch dessus, on est acquitté.

16. Il est préférable qu’un des participants prenne la coupe des deux mains pour la tendre à celui qui va faire le kiddouch, qui la recevra aussi à deux mains, à hauteur de sa poitrine, du côté gauche. Ce dernier tiendra ensuite la coupe de la main droite, en l’élevant d’au moins un téfa’h (huit centimètres) au-dessus de la table. Puis, on coupe le vin avec un peu d’eau (mézigua) à trois reprises. Il est bon que celui qui a initialement transmis la coupe soit celui qui verse la mézigua.

17. Ensuite, la personne qui va faire le kiddouch observe le vin qui est dans la coupe. D’après laKabbalah, lorsqu’il observera avec son œil droit il pensera à la valeur numérique du mot “’Ayine” (« œil ») soit 130, qui correspond à cinq fois la valeur numérique du Tétragramme (26). On fera de même pour l’œil gauche. On pensera ensuite lorsque l’on observera son front dans le reflet du vin à ce que le mot « front » en hébreu « méça’h » a la même valeur numérique que le mot "réussite" (“hasla’ha”), soit 138.

18. La personne qui fait le kiddouch doit boire la quantité de “mélo lougmav” (de quoi bomber une joue, ce qui correspond à une pleine gorgée de vin), soit environ 41 ml ; il est toutefois recommandé de boire un révi’ite (81 ml). A défaut, si un autre membre de l’assistance a bu cette quantité, c’est aussi valable. Cependant, si aucun membre de l’assistance n’a bu “mélo lougmav” à lui seul, personne n’est acquitté du kiddouch. Certains soutiennent néanmoins que même dans ce cas, on est acquitté ; c’est pourquoi on ne refera pas le kiddouch, suivant le principe selon lequel il convient de s’abstenir de réciter une bénédiction en cas de doute. Toutefois, il est fortement recommandé d’écouter à nouveau le kiddouch d’une autre personne.

19. On ne récite pas la bénédiction finale de “’Al haguéfène” sur la coupe de vin du kiddouch, même si on a bu un révi’ite (81 ml), puisque le Birkate hammazone que l’on récite à la fin du repas acquitte aussi le vin du kiddouch.

20. Il est bien que tous les participants goûtent au vin du kiddouch. Ils doivent alors veiller à ne pas s’interrompre avant d’avoir bu.

21. Après avoir récité la bénédiction sur le vin, boisson par excellence, on est exempté de faire la bénédiction sur toutes les autres boissons. De ce fait, on ne récite pas la bénédiction de “Chéhakol” sur de l’eau ou un jus de fruit que l’on boit après le kiddouch. (Il faut toutefois veiller à ne pas boire un révi’ite avant d’avoir fait la bénédiction de Hamotsi sur le pain, comme nous le verrons.)

22. Celui qui a rangé la bouteille de vin après le kiddouch sans laisser de vin à table, et désire à présent boire de l’eau ou du jus, doit, selon certains décisionnaires, réciter auparavant la bénédiction appropriée, puisqu’il n’a plus l’intention de boire du vin. D’autres pensent qu’on ne doit pas faire de bénédiction. C’est pourquoi, il est recommandé de laisser la bouteille de vin sur la table, ou la coupe du kiddouch si elle contient encore un peu de vin, afin de maintenir un lien avec le vin, et être ainsi dispensé de faire la bénédiction initiale sur une autre boisson, suivant tous les avis.

23. Avant d’avoir fait le motsi, il faut veiller à ne pas boire en une fois un révi’ite (81 ml) d’eau ou de jus, et à ne pas manger un kazaïte (26 cm3) de fruits ou de gâteaux, afin de ne pas entrer dans une controverse quant à la nécessité de réciter la bénédiction finale.> Les repas du chabbat

24. À chaque repas de chabbat, on doit réciter la bénédiction de Hamotsi sur deux pains entiers (que ce soit des “’halot”, pitot” ou autre). Il n’y a pas de différence entre les hommes et les femmes sur ce point: une femme récitant la bénédiction du motsi devra aussi le faire sur deux pains.

25. Selon le Ari zal, il est bon de veiller à ce qu’il y ait douze pains lors des trois repas de chabbat. (Il est possible d’utiliser à cet effet des petits pains individuels ou des “pitot”). On dispose six pains comme suit>:.<TS>: “posés à l’envers sur la table, “et les six autres par-dessus, posés à l’endroit. En les disposants de la sorte, on obtient une forme de pain à double face, à l’image des pains de préposition dans le Temple. Avant de réciter la bénédiction de Hamotsi, on prend uniquement les deux pains supérieurs du milieu, et on les assemble dos à dos en les tenant des deux mains: la main droite attrape le pain de droite qui est en rappel de la lettre “Youd” du nom de Dieu (et le pain en dessous de lui est en rappel de la lettre “Hé”) et la main gauche tient le pain de gauche, qui est en rappel de la lettre “Vav” (le pain du dessous étant en rappel de la dernière lettre “Hé”). [Ainsi on obtient les quatre lettres du Tétragramme.]

26. Après avoir achevé la bénédiction sur le pain, on coupe pour soi-même un kazaïte (26 cm3) du pain de droite que l’on trempe trois fois dans le sel, tout en pensant à s’acquitter du commandement d’effectuer les repas de chabbat. Après avoir goûté son morceau, on coupe une tranche de pain pour sa femme d’un volume de cabbétsa (54 cm3). Durant tout ce temps, on ne doit pas poser le deuxième pain, mais le tenir lié au pain que l’on coupe.

27. Si on ne dispose pas de douze pains, on fera la bénédiction sur quatre pains, en les disposant par paire, de la manière décrite plus haut (paragraphe 25). De même, avant la bénédiction, on saisira les deux pains supérieurs dos à dos, et on récitera la bénédiction sur le pain de droite, comme mentionné précédemment (paragraphe 26).

> Celui qui veut être sauvé…

Rabbi Chim’one ben Pazi disait: Rabbi Yéhochoua’ ben Lévi rapportait au nom de Bar Qappara: celui qui accomplit les trois repas de chabbat sera épargné de trois afflictions: les douleurs de l’enfantement messianique (toutes les souffrances qui annonceront la venue du Messie sont comparées aux douleurs de l’accouchement), la peine de l’enfer, et la guerre de Gog et de Magog (guerre mondiale qui précèdera la venue du Messie).

28. Lors de chacun des repas de chabbat, on doit consommer au minimum un cabbétsa de pain, soit un volume de 54 cm3. À posteriori, si on a consommé seulement un kazaïte de pain (26 cm3) et qu’on a déjà récité le Birkate hammazone, on est acquitté. Une personne malade ou âgée pourra se contenter, même à priori, de consommer seulement un kazaïte.

29. C’est une habitude louable de lire chaque chabbat toute le traité de Michna de chabbat, qui comporte vingt-quatre chapitres, à l’instar des vingt-quatre ornements d’une mariée [suivant la coutume usitée du temps de nos Sages]. L’essentiel est cependant de comprendre ce qu’on lit ; le cas échéant, il est préférable d’étudier deux “michnayote” à chaque repas, accompagnées d’un commentaire, comme celui de “Barténoura” ou du Rav Qéhati, par exemple.

30. Le soir de chabbat, le Ari zal avait coutume de laisser la nappe sur la table, ainsi que la coupe de vin sur laquelle il avait récité le Birkate hammazone. Il laissait aussi un fond de vin dans la coupe, en symbole de bénédiction. Il rassemblait aussi les restes de pain du repas (mais pas de pain entier) sous un napperon. Celui qui n’a pas fait le Birkate hammazone sur du vin pourra laisser à la place le vin dukiddouch. On veillera à recouvrir la coupe afin de ne pas attirer les insectes, et aussi afin qu’il soit permis de boire le vin le lendemain. 

Chaharite de chabbat

> Cha’harite de chabbat

1. Le Ari zal avait coutume de lire les “Péssouqé dézimra” du chabbat matin de manière plus mélodieuse que durant la semaine, en l’honneur du chabbat.

2. La louange de “Nichmate kol ’haï” est très élevée, et il faut la réciter sur un ton mélodieux. On tient de Rabbi Yéhouda “Ha’hasside” que cette louange préserve de tout mal. Si une personne en détresse prend sur elle de lire le passage de “Nichmate kol ’haï” devant dix hommes lorsque viendra le salut, elle sera sauvée par ce mérite. Ceci a été vérifié avec succès par maintes personnes.

3. En disant “Nichmate kol ’haï”, il faut penser à recevoir l’âme supplémentaire du jour de chabbat. Il est bon aussi de penser que les premières lettres des mots “Nichmate kol ’haï” ont pour valeur numérique 78, soit trois fois le Tétragramme (26) ; et que les deux mots “kol ’haï” ont pour valeur numérique 68, tout comme le Tétragramme additionné du Nom divin “Éhyé” bissé, et tout comme le mot “’hayyime” (vie, en hébreu).

4. Celui qui, après avoir récité le passage de “Az yachir Moché”, a enchaîné par la bénédiction de “Yichtabba’h” à l’instar des autres jours de la semaine, en omettant d’intercaler le passage de “Nichmate kol ’haï”, doit achever le “Yichtabba’h”, puis réciter là-bas le “Nichmate kol ’haï”. S’il a déjà entamé le “Yotsère”, il ne s’interrompra pas et ne récitera le “Nichmate kol ’haï” qu’à la fin de la prière.

Se référer au chapitre vingt-neuf paragraphes 4 à 8, pour les règles de la ‘Amida de chabbat.

> Sortie du Séfère Torah

5. Le jour du chabbat, on récite avant l’ouverture de l’Arche sainte le passage “Atta hor-éta ladda’ate”, qui comporte sept versets, en rappel des sept personnes qui montent à la Torah en ce jour. Lorsqu’un jour de fête tombe en semaine, seules cinq personnes sont appelées à la Torah, c’est pourquoi on ne lit pas les deux premiers versets de ce passage”, et on commence par “Yéhi Hachem Élohénou ’imanou ect”.

6. Après avoir récité ces versets, on ouvre l’Arche sainte. La coutume à Tunis est d’ouvrir l’Arche sainte tout en disant le verset “Ba’avour David ’avdékha etc.” Cette coutume a sa source dans un passage du Talmud (chabbat 30,1).

7. Après l’ouverture de l’Arche sainte, on lit la prière de “Bérikh chéméh”, rapportée dans le Zohar. Celui qui ne comprend pas l’araméen demandera à un érudit de lui en explique le sens. (Dans les recueils de prière “’Téfilate Cha’harite”’ et “Echète ’hayil”’ imprimés par nos éditions, ce passage est traduit).

8. Il n’est pas nécessaire d’ouvrir “le Séfère Torah” posé dans l’Arche sainte pour réciter le “Bérikh chéméh”.

9. Lorsqu’on sort “le Séfère Torah”, l’officiant s’adresse aux fidèles en disant: “Gadélou la-donaï etc." (Magnifiez Hachem avec moi, ensemble célébrons Son Nom). Puis, tous entonnent les versets “Romémou A-donaï etc.” (Exaltez Hachem, notre Dieu etc.) en chantant.

10. La coutume de notre maître le Ari zal était d’embrasser “le Séfère Torah” lorsqu’on le sortait de l’Arche sainte et de le suivre jusqu’à l’estrade. Puis, il restait près de l’estrade jusqu’à ce que “le Séfère Torah” soit ouvert et exposé aux yeux des fidèles. Il observait alors attentivement les lettres du Séfère Torah, en se tenant suffisamment proche pour pouvoir les lire ; cela permet à l’homme de recevoir une grande lumière spirituelle, disait-il. Ensuite, il retournait à sa place et y restait assis jusqu’à la fin de la lecture de la Torah, contrairement à certains qui ont pris l’habitude de rester debout durant la lecture.

> Soulever le Séfère Torah

11. Certains ont l’habitude de réciter le chabbat, avant que l’on soulève “le Séfère Torah”, le verset de “Yismé’hou hachamayime” (Que les Cieux se réjouissent etc.). La raison en est la suivante: lorsque Dieu est descendu sur le Mont Sinaï, Il s’adressa aux enfants d’Israël en disant: "Si vous recevez laTorah, tant mieux ; sinon, Je ramène le monde à son statut originel de “tohu” et “bohu”. Lorsque les enfants d’Israël ont accepté de recevoir la Torah, les Cieux et la Terre se sont réjouis de ne pas avoir été réduits à néant. C’est pourquoi, lorsqu’on sort le Séfère Torah pour le lire, on prouve par là que l’on accomplit les préceptes de la Torah et assure la pérennité du monde ; c’est pourquoi "les Cieux se réjouissent". La Torah nous ayant été donnée un jour de chabbat, on mentionne donc ce verset précisément ce jour-là.

12. Celui qui a eu le mérite d’être désigné pour soulever le Séfère Torah, montre l’Ecriture aux fidèles, en tournant par sa droite, de l’Est au Sud. Tous, hommes comme femmes, doivent alors observer l’Ecriture, se prosterner et dire: “Vézote hatTorah” (Ceci est la Torah que Moché a placée devant les enfants d’Israël). Il est bon que chacun repère sur le parchemin un mot qui commence par la première lettre de son prénom.

13. Après avoir dit le verset: “Vézote hatTorah”, certains ont coutume d’ajouter: “’Al pi A-donaï béyad Moché” (Selon la parole de Hachem, par l’entremise de Moché), à deux reprises. Il sera permis de répéter ainsi le Nom de Dieu, même si on ne récite pas un verset en entier.

14. Les jours où on doit sortir de l’Arche sainte plusieurs “Sifré Torah”, on n’en soulèvera qu’un seul, celui dans lequel on doit lire en premier.

> Les montées à la Torah

15. La personne appelée à monter à la Torah doit emprunter le chemin le plus court, et retourner ensuite à sa place par le chemin le plus long. Si les distances de l’aller et du retour sont équivalentes, on monte sur l’estrade par la droite et on revient à sa place par l’autre côté.

16. Celui qui monte à la Torah, doit au préalable repérer le passage qui va être lu, puis recouvrir le texte (à l’aide d’un foulard), avant de réciter la bénédiction initiale (“Achère ba’har banou etc.”). Il découvre ensuite le texte, puis on entame la lecture. Une fois celle-ci terminée, il recouvre à nouveau le texte avec le foulard et récite la bénédiction finale (“Achère natane lanou etc.”).

17. Lorsqu’on récite la bénédiction, on doit tenir les rouleaux mêmes de la Torah de part et d’autre, à l’aide du foulard (et pas uniquement le boîtier extérieur). Après avoir terminé les bénédictions, on retire la main gauche mais on maintient la main droite sur le parchemin (par l’intermédiaire du foulard).

18. Celui qui monte à la Torah autant que celui qui lit la Torah doivent veiller à ne pas prendre appui sur l’estrade durant la lecture.

19. De nos jours, c’est en général un officiant préposé qui lit la Torah. Celui qui monte à la Torah doit néanmoins lire lui aussi les versets de la Torah en même temps que l’officiant, afin que ses bénédictions ne soient pas récitées en vain. Il doit cependant veiller à lire silencieusement, de manière inaudible, puisque deux personnes ne peuvent faire entendre la lecture en même temps.

20. Dans le cas où l’officiant désire monter lui-même, une tierce personne devra se tenir à ses côtés (“du côté gauche), puisque la Torah nous a été initialement donnée par Dieu au moyen d’un intermédiaire (car nous n’avons pas reçu la Torah directement de Dieu, mais par l’intermédiaire de notre maître Moché, comme il l’affirme dans le verset: "Je me tiens entre Dieu et vous"). “De même à présent, la lecture doit se faire avec un intermédiaire. Ainsi, lorsque celui qui monte à la Torah n’est pas l’officiant lui-même, il est considéré comme celui qui reçoit la Torah à l’image des enfants d’Israël, et l’officiant est tel notre maître Moché (le Séfère Torah représentant la parole même de Dieu). Cependant, lorsque l’officiant monte lui-même à la Torah, il est considéré comme celui qui la reçoit, d’où le besoin de lui adjoindre une tierce personne qui remplit le rôle de Moché, notre maître, que son âme repose en paix.

21. En récitant la bénédiction finale, il faut penser à faire allusion à la Torah écrite en disant “achère natane […] Toraht émète” (qui nous as donné Ta TorahTorah de vérité), et à la Torah orale, en disant “vé’hayyé ’olame […] bétokhénou” (et qui as implanté en nous une vie éternelle). Toute personne doit veiller à monter à la Torah au moins une fois par mois.

22. Celui qui est monté à la Torah ne doit pas descendre de l’estrade avant que le prochain appelé ne l’ait rejoint, en signe d’honneur envers la Torah, pour ne pas laisser le “Séfère” seul avec seulement l’officiant à ses côtés. On a même l’habitude d’attendre qu’il termine sa bénédiction, voire toute la lecture. Il est souhaitable d’agir ainsi et d’attendre la fin de la lecture, afin que les fidèles ne perdent pas un mot de la lecture, ce qui arrivera s’ils doivent souhaiter “’Hazaq ouvaroukh” à celui qui vient de terminer sa montée.

23. Un pécheur, qui ne pratique pas certaines mitsvot, peut monter à la Torah, mais ne peut lire comme officiant jusqu’à ce qu’il se repente (sauf s’il n’y a personne d’autre). Ceci est valable pour toutes les fautes, sauf celle de transgresser le chabbat en public: un tel fauteur ne peut ni compléter unminyane de dix personnes, ni monter à la Torah. S’il n’y a pas d’autre alternative et que cela risque d’éveiller des querelles, on le laissera monter. L’officiant devra dans ce cas se considérer comme étant celui qui monte à la Torah ; bien qu’il n’ait pas récité les bénédictions, cela ne fait pas obstacle à la chose.

24. À la fin de la bénédiction finale de la montée d’un marié, on a l’habitude de lire la section de “Véavraham zaqène” à partir d’un “’houmach”, en traduisant chaque verset en araméen sur un air mélodieux. Certains ont coutume de lire ce passage dans un Séfère Torah, en appelant le marié à lire la quatrième montée dans un second Séfère Torah tiré à cet effet. Le marié récite les bénédictions et lit la section mentionnée tandis qu’une autre personne récite la traduction araméenne. Ce rite date de l’époque des “Guéonim” ; elle est suivie à Tunis, Djerba et en Lybie, et est rapportée par plusieurs décisionnaires.

25. On a l’habitude de réciter la bénédiction du Gomèl après la lecture de la Torah. Les règles relatives à ce sujet seront détaillées dans le prochain chapitre. Nous préciserons seulement qu’il faut à priori réciter cette bénédiction dans un délai de trois jours, même en l’absence de Séfère Torah.

26. Le chabbat qui précède le début du mois du calendrier juif, l’officiant annonce après la lecture de la Torah, que “Roch ’Hodèche” sera tel ou tel jour, à l’exception du mois de Tichri (Certains ont l’habitude de ne pas annoncer le mois de Av non plus).

27. Certains ont l’habitude de se lever lorsque l’officiant annonce le début du mois, à l’image de la sanctification du mois par le “Bèt Dine”, qui se faisait debout. D’autres n’ont pas adopté cette habitude.

28. Lors de la tékoufa, il est dangereux de boire de l’eau ; cette transmission remonte à l’époque des “Guéonim”. Dans le chapitre 47, nous avons longuement expliqué ce qu’est la tékoufa et les règles qui lui sont relatives. Nous mentionnerons juste ici que le chabbat précédant la tékoufa, l’officiant doit annoncer après la lecture de la Torah, quel jour et à quelle heure va survenir la tékoufa, afin que les fidèles prenne garde à ne pas boire d’eau durant ce laps de temps. Que Dieu protège le peuple d’Israël de tous les mauvais décrets. Amen.

La bénédiction du Gomèl

1. Quatre types de personnes doivent particulièrement remercier Dieu et réciter la bénédiction duGomèl:

a. Ceux qui ont voyagé en mer et atteint la terre ferme.b. Ceux qui ont traversé un désert et sont arrivés en zone habitée.c. Ceux qui ont été malades et ont guéris [totalement].d. Ceux qui étaient emprisonnés et ont été libérés.Une allusion à cela est donnée: "Tout vivant te remerciera": ’vivant’ en hébreu se dit “’hayyime”, mot qui forme, en hébreu, les initiales des quatre cas mentionnés ci-dessus.

2. Celui qui voyage hors de la ville pendant une durée d’au moins soixante-douze minutes a l’obligation de réciter la bénédiction du Gomèl, à l’instar de ceux qui tRaversent le désert. Ceci est valable même si durant le trajet on passe par quelques zones habitées. Dans le cas où on retourne au lieu de départ le jour même, la durée du trajet de retour est cumulée à celle de l’aller pour le compte des 72 minutes. On associe également les trajets effectués de jour et de nuit.

3. Ceux qui ont l’habitude de voyager tous les jours, comme les chauffeurs de taxis ou les routiers, réciteront la bénédiction du “Gomèl de chabbat en chabbat.

4. Celui qui prend l’avion doit aussi réciter la bénédiction du Gomèl, tel celui qui voyage par la mer.

5. Un malade qui a dû s’aliter à cause de sa maladie (même pour moins d’une journée) doit réciter la bénédiction du Gomèl une fois guéri. Cette obligation concerne toutes les maladies, même celles où il n’y a pas de danger de mort, puisque toute personne qui est malade au point de s’aliter, peut voir son état empirer jusqu’en venir à un danger de mort, à Dieu ne plaise. Il est considéré, pour ainsi dire, comme une personne qui est montée à l’échafaud et qui a besoin de grands intercesseurs pour être sauvée ; et c’est la bonté de Dieu et Sa miséricorde qui ont rempli le rôle d’intercesseurs. C’est pourquoi, celui qui est tombé malade, même de la grippe, ou qui a subit un accident, et a dû s’aliter en conséquence, doit réciter la bénédiction du Gomèl une fois entièrement rétabli (mais pas avant cela, même s’il s’est levé de son lit de malade).

6. Il faut réciter cette bénédiction devant dix hommes, parmi lesquels se trouvent à priori deux érudits. Le cas échéant, on pourra tout de même la réciter, même en l’absence d’érudits. On a l’habitude de faire cette bénédiction après la lecture de la Torah, puisque cette dernière se fait toujours en présence d’au moins dix hommes. À priori, il faut s’efforcer de dire cette bénédiction dans un délai de trois jours, même si pour cela on devra le faire en l’absence de Séfère Torah.

7. Avant la bénédiction, il est bon de réciter les versets: “Halelouyah odé Hachem etc.” (Alléluia! Je louerai Hachem de tout mon cœur, dans le cercle des justes, dans l’assemblée) puis “Hodou lachème etc.” (Rendez hommage à Hachem car Il est bon, car Sa grâce dure à jamais), et enfin: “Yodou lachème etc.” (Qu’ils rendent grâce à Hachem pour Sa bonté, pour ses miracles en faveur des hommes), comme nous l’avons imprimé dans le siddour.

8. Après avoir répondu Amen, l’assemblée souhaite à celui qui a récité la bénédiction: “Haèl etc.” (Que Dieu qui t’a prodigué tout ce bien, te comble en tout, “Sélah”!). Et ce dernier dit en retour:Amen, qu’il en soit ainsi!".

9. Il faut avertir les fidèles de répondre Amen après le la bénédiction du Gomèl, avant qu’ils ne disent “Haèl etc.”. Il est bon que l’officiant ou celui qui se tient près de celui qui fait la bénédiction répondeAmen à haute voix, afin que l’assemblée ait soin de répondre elle aussi Amen.

10. Les femmes aussi doivent réciter la bénédiction du Gomèl devant dix hommes (dont à priori deux d’entre eux seront des érudits,). Cependant, elles ne doivent pas se montrer face à eux, mais se tenir dans un endroit retiré, comme la “’Ezrate Nachime” (galerie des dames).

11. Le mari ne peut pas réciter cette bénédiction à la place de sa femme. Si par contre il a (lui ou un autre homme) l’obligation lui aussi de dire la bénédiction du Gomèl, il pourra la réciter en pensant à acquitter sa femme, qui l’écoutera depuis la “’Ezrate Nachime” en ayant l’intention elle aussi d’être acquittée.

12. Une accouchée doit réciter cette bénédiction, après s’être entièrement remise de l’accouchement.

13. L’usage en Israël veut qu’un enfant de moins de treize ans ne récite pas la bénédiction du Gomèl. Cependant, une communauté où la coutume est de le faire pourra perpétuer son habitude. L’avis de notre maître le Rav Ovadia Yossef est d’apprendre aux enfants ayant atteint l’âge de l’éducation à réciter cette bénédiction, et c’est l’avis qu’il faut retenir.

14. Selon certains, celui qui était en danger et a été sauvé par miracle, d’une manière surnaturelle, doit également réciter la bénédiction du Gomèl. D’autres sont d’avis que la bénédiction du Gomèl n’a été prescrite qu’aux quatre types de personnes mentionnés plus haut. C’est pourquoi, il ne faudra pas réciter la bénédiction du Gomèl dans un pareil cas, suivant le principe énonçant qu’il faut s’abstenir de réciter une bénédiction en cas de doute. Il est tout de même bon de faire la bénédiction sans mentionner le Nom de Dieu. Si on peut demander à une autre personne qui doit faire le Gomèl de penser à nous acquitter, c’est encore mieux. (De toutes les façons, il faudra, dans ce cas, réciter à l’endroit même où a eu lieu le miracle, la bénédiction de “Ché’assa li nèss bammaqome hazzé” – Qui m’a fait un miracle en ce lieu).

> Explication de la bénédiction du Gomèl

 "Béni Tu es Hachem […] qui prodigues Tes bontés même à ceux qui en sont indignes,…"- - c’est-à-dire que Dieu dispense le bien même aux les impies, qui en sont indignes ;

"…bontés dont tu m’as comblé" - - moi aussi, j’ai bénéficié de la bonté divine, même si je ne le méritais pas.

Il convient de s’interrompre légèrement entre les mots "La’hayyavime" (à ceux qui sont indignes) et "tovote" (des bontés), car le mot "tovote" est le complément du verbe prodiguer. Il ne faut surtout pas adopter l’habitude de ceux qui "corrigent" la bénédiction et disent "La’hayyavime tovime" - aux bons impies…

kiddouch du matin & L’étude de la Torah le chabbat

 

> Lois du kiddouch du matin

1. Le chabbat matin également, après la prière de Moussaf, il est interdit de manger ou de boire quoi que ce soit jusqu’à ce qu’on fasse le kiddouch. Cependant, avant la prière de Cha’harite, il est permis de boire de l’eau (ou du thé ou du café), puisque l’obligation de faire le “kiddouch n’incombe pas encore.

2. Une femme qui a l’habitude de prier “Cha’harite tous les jours a le droit de boire de l’eau le chabbat” matin avant sa prière, puisque l’obligation de faire kiddouch ne vient qu’ensuite, comme mentionné. Si par contre une femme n’a pas l’habitude de prier “Cha’harite régulièrement (mais seulement Min’ha ou ‘Arvit), elle n’a pas le droit de boire à partir de l’aube, puisque dès ce moment, le kiddouch s’impose.

3. Le kiddouch du matin consiste essentiellement en la bénédiction de “Boré péri haguafène”. De nos jours où le jus de raisin est largement répandu, les femmes peuvent aisément faire elles-mêmes lekiddouch plus tôt sans devoir attendre que le mari rentre de la synagogue. Elles devront juste prendre soin de manger un kazaïte (26 cm3) “d’aliment mézonote après le kiddouch, car ce dernier doit être suivi immédiatement d’un repas. Cependant, dans le cas d’une femme malade ou âgée pour qui il est difficile de boire même du jus de raisin, on pourra se montrer indulgent et lui autoriser de manger le matin avant le kiddouch.

4. Certains pensent que l’obligation de faire le kiddouch incombe aussitôt après la prière deCha’harite, avant même d’avoir prié Moussaf ; il sera alors interdit de boire même de l’eau sans avoir fait le kiddouch. D’autres sont plutôt d’avis que la nécessité de faire le kiddouch ne vient qu’après la prière de Moussaf. C’est le premier avis qui est retenu, mais on pourra permettre à une personne malade ou faible de goûter un peu (du pain ou des gâteaux jusqu’à 54 cm3, et des fruits ou des boissons sans restriction) avant le Moussaf même sans kiddouch, si elle n’est pas en mesure de le faire ; mais lorsque cela est possible, elle devra réciter auparavant le kiddouch.

5. Celui qui récite le kiddouch avant la prière de Moussaf sur du vin, doit prendre garde à ne pas boire un révi’ite (81 cm3) de vin, car il lui sera alors interdit de prier Moussaf. Il se contentera donc de boire une gorgée pleine (41 cm3). Si par contre il fait le kiddouch sur du jus de raisin (qui n’est pas alcoolisé), il sera au contraire préférable qu’il boive un révi’ite, afin de ne pas avoir de doute quant à la bénédiction finale. Après le kiddouch, il doit manger au moins un kazaïte de gâteau (sans dépasser toutefois un cabbétsa), de sorte à juxtaposer le kiddouch et la « séouda ». Mais il ne faudra pas excéder la mesure de cabbétsa (54 cm3) de gâteau, car il est interdit de manger une grande quantité de mézonote avant la prière de Moussaf.

6. Suivant la Kabbalah, on se tient à l’endroit où l’on va réciter le kiddouch, et on effectue un tour autour de la table. On saisit ensuite deux branches de myrte (une en rappel du commandement de se souvenir du chabbat, et l’autre de celui de l’observer), on récite la bénédiction des “Béssamime” pour les sentir et dit: “Chamor etc.” (les commandements de se souvenir et d’observer le chabbat ont été énoncés en même temps), ainsi que le verset: “Réa’h etc.” (c’est un arôme d’agrément, une offrande par le feu pour Dieu). Puis on effectue un second tour autour de la table sans parler (si on ne dispose pas de branches de myrte, on utilisera une autre plante odorante).

7. Avant le kiddouch, il est bon de réciter les paragraphes de Michna relatifs aux dix degrés de sainteté (traité “Kélime” 1,6-9) ainsi que le passage du “Zohar Béyoma déchabbéta” traitant de l’importance des repas de chabbat. Ensuite, on prononce le “Atkinou” et le poème “Assadère liss’oudeta” rédigé par le Ari zal (on le trouve imprimé dans notre siddour).

8. Celui qui fait le kiddouch ainsi que l’assistance doivent être assis pour le kiddouch du chabbatmatin.

9. On procède au kiddouch comme suit: celui qui va le réciter prend place, reçoit la coupe à deux mains d’une autre personne qui la lui tendra aussi des deux mains, et l’élève au niveau de la poitrine pour la tenir ensuite de la main droite, un téfa’h (8 centimètres) au-dessus de la table. Puis, il coupe le vin d’eau à trois reprises (la mézigua). Il est bon que soit celui qui ait tendu la coupe qui fasse lamézigua.

> Etude de la Torah le jour du chabbat

>> Le chabbat et la Torah

Le Midrache rapporte: la Torah a dit devant Dieu: "Maître du monde, quand les enfants d’Israël prendront possession du pays [d’Israël], l’un ira s’occuper de sa vigne, l’autre de son champ, qu’adviendra-t-il de moi?" Dieu lui répondit: "Je t’ai associé un conjoint: c’est le chabbat, jour durant lequel les juifs ne travaillent pas et pourront s’adonner à toi".

10. Le jour du chabbat, il faut se fixer un temps d’étude (ou assister à un cours de Torah) après le repas du midi. Une fois l’heure de l’étude venue, il faut s’y rendre immédiatement et il sera interdit de poursuivre son repas. Les gens qui, toute la semaine, sont pris par leur travail doivent s’adonner lechabbat à l’étude, plus encore que les sages qui étudient en permanence durant de la semaine. (Ces derniers devront pour leur part marquer le chabbat par des mets raffinés, pour le différencier du restant de la semaine). Le Rav qui dispense le cours le chabbat doit mettre la priorité sur la conduite à suivre dans la pratique des mitsvot, en particulier les lois du chabbat, tout en enrichissant son propos par des paroles de “Aggada” (commentaires homilétiques), pour éveiller l’auditoire à la crainte du Ciel.

11. Les jours de chabbat et de fêtes n’ont été donnés au peuple d’Israël par Dieu que pour qu’ils puissent étudier la Torah. Les sages de la Kabbalah ont révélé que l’étude de la Torah le jour duchabbat a mille fois plus d’impact que l’étude des jours de semaine. C’est pourquoi, chaque personne doit faire de son mieux pour fixer des moments d’étude le chabbat, en choisissant un sujet qui l’intéresse et qui est à sa portée.

> Quand Je fixerai un mo’èd Je jugerai avec équité"

Nos Sages rapportent: "Lorsque, lors de Jugement dernier, Dieu jugera chaque personne sur le manque d’étude de la Torah, et demandera: "Pourquoi n’as-tu pas étudié la Torah?", chacun s’excusera: "j’étais absorbé par mes affaires". Dieu répliquera alors: "As-tu étudié la Torah les jours de chabbat et de fêtes, lorsque tu étais affranchi de tout travail?" Cette idée se retrouve dans le verset: "Quand Je fixerai un mo’èd: quand Dieu nous jugera sur le manque d’étude de la Torah, Il prendra à témoin les fêtes (mo’èd) et le chabbat qui sont des jours chômés, où on ne pourra avancer l’excuse de notre travail, et le jugement de Dieu- sera alors rendu avec équité".

Grâce à Dieu, dans notre génération nous bénéficions d’une immense diffusion de cours de Torah partout dans le monde, et les portes des synagogues et des salles d’étude sont ouvertes à tous.

Min’ha de chabbat & Séoudat chélichit

> Min’ha de chabbat

1. Avant l’ouverture de l’Arche sainte lors du Min’ha” de chabbat, on récite le verset “Vaani Téfillati etc.” (Ma prière s’élève vers Toi etc.), comme le rapporte le “Midrache” sur ces versets: "Ceux qui sont assis aux portes déblatèrent contre moi, les buveurs de liqueurs fortes me chansonnent. Toutefois, ma prière s’élève vers Toi, ô Eternel, au moment propice". Le roi David s’adressa à Dieu en disant: "Maître du monde! Les nations boivent jusqu’à se soûler, puis se réunissent et chantent sans évoquer Ton nom. Mais moi, bien que j’ai bu et mangé, je viens ensuite prier devant Toi. Je Te supplie de pardonner au monde en cet instant de miséricorde".

2. La Kabbalah surnomme l’heure de la prière de Min’ha du “chabbat ’idane ra’ava déra’avine”, c’est-à-dire un moment de miséricorde suprême (à l’inverse des jours de la semaine, où à cet instant prédomine la rigueur divine), qui se manifeste en particulier lors de l’ouverture de l’Arche sainte. C’est pourquoi notre maître le “Ben Ich Haï” a institué une prière particulière à lire ce moment, qui est imprimée dans notre siddour.

3. Après la répétition de la ‘Amida par l’officiant, on dit “Tsidqatekha”. Cependant, toutes les occasions qui exemptent de dire le Ta’hanoune en semaine, exemptent aussi de dire “Tsidqatekha” lechabbat ; on enchainera alors directement sur le qaddiche. Certains disent auparavant “Yéhi chèm Hachem mévorakh etc.” (Que le nom de Dieu soit béni etc.).

> Le troisième repas (sé’ouda chélichite)

4. Il faut veiller à accomplir le troisième repas de chabbat, qui est obligatoire au même titre que les premier et second repas. Si on manque d’appétit, on peut accomplir ce repas en mangeant seulement un cabbétsa de pain (54 cm3). Si même cela est difficile, on mangera un kazaïte d’aliments mézonote, ou tout au moins de la viande, du poisson ou des fruits. Si on ne peut rien avaler du tout, on n’a pas l’obligation de se faire souffrir pour prendre ce repas. Mais l’homme prévoyant prendra ses dispositions et ne s’emplira pas la panse lors du second repas, afin de pouvoir effectuer le troisième repas convenablement, car c’est une précieuse mitsva par le mérite de laquelle nous serons épargnés de la guerre de “Gog” et “Magog”.

5. Les hommes comme les femmes sont soumis à l’obligation de faire le troisième repas avec du pain. On dressera une belle table en l’honneur du chabbat, de la même façon que pour les premier et second repas. Il faut faire la bénédiction de motsi sur deux pains (selon le Ari zal, sur douze pains). Lorsqu’à la sortie du chabbat commence un jour de fête, il faut aussi effectuer ce troisième repas, mais en le prenant le plus tôt possible.

6. L’horaire du troisième repas débute dès que l’on peut prier Min’ha, c’est-à-dire une demi-heure après la mi-journée. Si on a pris ce repas avant cet horaire, on n’est pas acquitté. À priori, il faut le prendre après avoir prié Min’ha”, le Zohar insistant grandement sur ce point. Si toutefois par erreur on a pris ce repas avant d’avoir prié Min’ha” et qu’il nous est difficile de manger à nouveau, on est acquitté à posteriori. Dans le cas où on ne trouve un minyane pour Min’ha que tardivement, de manière à n’avoir pas le temps ensuite de prendre le troisième repas avant le coucher du soleil, il est préférable de le prendre avant la prière (il faudra alors demander à une autre personne de nous rappeler de prier) pour prier ensuite avec le minyane, plutôt que de prier seul pour manger après Min’ha”.

7. Avant le repas, il est conseillé de dire “Atkinou etc.” (retranscrit dans notre siddour). Durant le repas, il est bon de faire la bénédiction sur deux bouquets de myrte avant d’en respirer l’odeur, puis dire: “Chamor etc.” (les commandements de se souvenir et d’observer le chabbat ont été énoncés en même temps).

8. Même s’il n’y a pas de kiddouch institué pour le troisième repas, c’est une mitsva de boire du vin. Il est bon d’y consommer du poisson ; certains ont l’habitude de pré

9. Après le repas, il est bien de dire: “Ichlimou etc.” (Ainsi s’achèvent les repas de la Foi parfaite, de la sainte descendance du peuple d’Israël), annonçant la fin des repas pris le jour même du chabbat. Ce passage est rapporté dans notre siddour

La Havdala et la sortie du chabbat

> Le coucher du soleil

1. Il est interdit de manger ou de boire quoi que ce soit dès que le soleil s’est couché le samedi soir jusqu’à ce que l’on fasse la Havdala. Selon la loi stricte, il est permis de boire de l’eau seule, mais notre maître le Ari zal, a mis en garde de ne pas le faire car cela comporte un danger”.

2. Cependant, celui qui a entamé son repas avant le coucher du soleil (même s’il a seulement récité la bénédiction sur le pain et a mangé un petit morceau) a le droit de poursuivre son repas même jusqu’après la sortie des étoiles. Il aura alors le droit de consommer même des fruits, boire du vin, de l’eau et autres boisons. On a le droit de commencer à priori le repas avant le coucher du soleil en prévoyant de le faire durer jusqu’à la nuit tombée.

3. Tout ce qui a été dit précédemment ne concerne que celui qui a entamé son repas avant le coucher du soleil sur du pain (ou des pâtisseries mézonote en quantité de 216 cm3 de manière à réciter ensuite le Birkate hammazone). Cependant celui qui mange des mets mézonote [en quantité inférieure à 216 cm3] ou des fruits ou ne boit que du vin ou d’autres boissons, doit s’interrompre dès le coucher du soleil.

4. Celui qui a eu un empêchement et n’a pas pu effectuer son repas avant le coucher du soleil, pourra le commencer tout le temps de “ben hachmachot” (entre le coucher du soleil et la sortie des étoiles), et le poursuivre même jusqu’après la sortie des étoiles, selon les conditions énoncées plus haut. Cependant, nos Sages ont interdit de commencer à manger plus d’un cabbétsa (plus de 50 cm3) de pain ou d’aliments mézonote une demi-heure avant la sortie des étoiles. C’est pourquoi, même s’il convient à priori de consommer à chaque repas de chabbat plus d’un cabbétsa de pain, celui qui commencé le troisième repas dans la demi-heure qui précède la sortie des étoiles ne devra pas excéder un cabbétsa de pain (ou de gâteaux).

> La prière de ’Arvit de la sortie de chabbat

5. C’est une mitsva de retarder la prière de ‘Arvit, “afin de prolonger la sainteté du chabbat. À priori, on ne doit pas commencer à prier avant l’horaire de sortie de chabbat qui figure dans les calendriers, et de toute manière, jamais avant la sortie des étoiles (sauf en cas de force majeur).

6. Après la ‘Amida, on récite le passage de “Chouva” en se tenant debout. Beaucoup de communautés en diaspora ont l’habitude de ne pas dire “Chouva” lorsqu’un jour de fête tombe dans le courant de la semaine qui suit. Cependant, selon la Kabbalah, il convient de réciter ce passage dans tous les cas.

7. Il faut réciter le passage de “Chouva” suivi de la kedoucha de “Ouva létsiyyone” posément. En effet, à ce moment, dans les cieux, les anges attendent la fin de la dernière prière de ‘Arvit pour reconduire les impies en enfer, après le répit qui leur a été accordé durant le chabbat.

8. C’est une ségoula pour la réussite que de prolonger les mots “Baroukh A-donaï hamévorakh lé’olame va’èd” que l’assemblée répond dans ‘Arvit à l’issue du chabbat. Selon notre maître Rabbi Maslia’h Mazouz, cela s’applique au dernier “Baroukh etc.” que l’on récite avant “’Alénou léchabbéa’h” (le Ravavait pris l’habitude de chanter ces mots tant et si bien que le reste des fidèles, qui ignoraient cette coutume, avaient le temps de terminer le “’Alénou léchabbéa’h”). Celui qui prolonge aussi le premier “Baroukh etc.” du début de ‘Arvit, sera digne de louange.

> La Havdala

>> Ségoula pour avoir des garçons

Rabbi Yonatane disait: "Trois catégories de personnes auront part au monde futur. Celui qui habite en Israël, celui qui éduque ses enfants dans la voie de la Torah et celui qui récite la Havdala sur du vin à la sortie du chabbat. De plus, ce dernier sera gratifié de garçons". Rabbi Yéhochoua’ ben Lévi ajoutait: "Des garçons qui seront des maîtres en Torah".

9. Tout comme le kiddouch marquant l’entrée du chabbat se fait sur un verre de vin, ainsi faut-il faire pour la Havdala à l’issue de chabbat. L’ordre des bénédictions de la Havdala est le suivant: le vin, les plantes odorantes, la bougie, puis la Havdala proprement dite, comme nous allons le voir.

10. Pour la coupe de la Havdala, il faut suivre les mêmes règles que celles du kiddouch. Ainsi, la coupe doit être lavée de l’intérieur et rincée de l’extérieur ; elle doit être intacte, ni ébréchée ni fêlée, et doit être entièrement remplie ; enfin, il ne faut pas avoir goûté au vin avant la Havdala. La seule différence est la nécessité de couper le vin avec de l’eau: on ne verse pas de mézigua dans la coupe de la Havdala.

11. Après la bénédiction sur le vin de “boré péri haguafène”, on récite la bénédiction sur les plantes odorantes et on en respire l’odeur. Nos Sages ont institué cela à la sortie de chabbat afin d’apaiser l’âme qui est en peine que le chabbat ait pris fin.

12. On a coutume de prendre à cet effet des myrtes, dans la mesure du possible ; il y a une raison mystique à la chose. D’après la Kabbalah, il faut utiliser trois branches de myrte sur lesquelles on a récité la bénédiction durant le chabbat. Tout en respirant le parfum, on pense à conserver une partie des trois degrés de l’âme supplémentaire, reçue pendant le chabbat. Celui qui ne dispose pas de myrte fera la bénédiction sur une autre plante odorante. On tiendra en main trois branches uniquement, en parallèle aux trois degrés de l’âme.

13. On allume ensuite une bougie pour faire la bénédiction de “boré méoré haèche” ("Qui crée les lueurs du feu"). On récite la bénédiction sur le feu à l’issue du chabbat car le premier feu fut créé le samedi soir. En effet, après que Adam fut chassé du paradis, il eut l’idée, sous l’impulsion de Dieu, de frotter deux pierres entre elles pour en faire jaillir du feu. La mitsva sera embellie si on utilise un flambeau, ou une bougie à deux mèches dont les flammes se confondent.

14. À priori, tous doivent s’asseoir pendant la récitation de la Havdala, tant celui qui la récite que l’assistance, et ce à l’issue du chabbat comme des jours de fête. Toutefois dans certaines communautés l’usage est de rester debout lorsqu’elle est récitée à la synagogue ; on ne doit pas les reprendre sur cela, car ils ont sur qui s’appuyer.

15. Au début de la Havdala il faut tenir la coupe de vin de la main droite et les plantes odorantes de la gauche. Après avoir récité la bénédiction sur le vin, on contemple le reflet de son front dans le vin en pensant que le mot “méça’h” (front) en hébreu a la même valeur numérique (138) que le mot “hasla’ha” (la réussite). Puis, on fait passer les plantes odorantes à la main droite et la coupe à la main gauche pour réciter la bénédiction sur les parfums et en respirer l’odeur à trois reprises. On repose alors les plantes pour réciter la bénédiction sur le feu. On approche à cet effet la main droite de la flamme, les doigts repliés sur la paume et recouvrant le pouce, disposés face à soi. Après avoir récité la bénédiction, on observe ses ongles uniquement éclairés par la flamme.

16. Il faut prendre garde à ne pas poser la coupe sur la table tout le temps de la Havdala. On la conservera dans la main gauche lorsqu’on récite les bénédictions sur les parfums et la bougie.

17. Après avoir achevé la bénédiction sur le feu, on reprend la coupe de la main droite pour réciter la bénédiction de la Havdala. Puis, on boit un révi’ite (81 cm3) en une seule fois et on récite la bénédiction finale de “’Al haguéfène”.

18. Après que celui qui a fait la Havdala ait bu un révi’ite, il est bon que les hommes de l’assistance qui ont été acquittés, goûtent du vin de la coupe. Si celui qui a fait la Havdala ne peut boire lui-même un révi’ite de vin, il goûtera un peu du vin et passera la coupe à l’un des assistants qui boira lerévi’ite, puis les autres goûteront au vin restant. Celui qui a bu le révi’ite fera alors la bénédiction finale de “’Al haguéfène”.

19. Si on n’a bu qu’une pleine gorgée du vin de la Havdala (qui équivaut à une pleine joue, soit 41 cm3 pour un homme de taille moyenne), celle-ci est valable, mais un doute se pose quant à la récitation de la bénédiction finale (et on ne pourra pas alors la réciter). C’est pourquoi il est recommandé de boire un révi’ite en entier et de réciter la bénédiction finale comme il se doit.

20. Les femmes sont astreintes à l’obligation de réciter la Havdala comme les hommes. C’est pourquoi, il n’est pas souhaitable que le mari s’acquitte de la Havdala récitée à la synagogue, sans se soucier de l’obligation de sa femme. Il devra donc prendre soin de réciter la Havdala à la maison pour acquitter sa femme et ses filles, ou s’assurer que sa femme puisse la réciter par elle-même.

21. Les femmes ont l’habitude de ne pas boire du vin de la Havdala car l’Arbre de la connaissance dont 'Hava, la première femme, a fait goûter à Adam le fruit défendu, était la vigne (selon une opinion). Malgré cela, si une femme récite par elle-même la Havdala, elle est obligée de boire le vin (unrévi’ite, soit 81cm3, ou au minimum une pleine gorgée, soit 41 cm3).

22. Celui qui a oublié de faire la Havdala la nuit de samedi à dimanche, peut se rattraper durant la journée du dimanche tant qu’il n’a rien consommé depuis la fin du chabbat. Il ne récitera toutefois pas les bénédictions sur les plantes odorantes et la bougie. Cependant, s’il a goûté à une nourriture depuis la sortie du chabbat, il ne pourra pas rattraper la Havdala le dimanche.

>> Celui qui fait la Havdala sur du vin est un saint!

Rabbi Tsaddoq disait: Celui qui ne fait pas la Havdala sur du vin à la sortie de chabbat, ni ne se fait acquitter par autrui, ne verra jamais de bénédiction. Si par contre il le fait, Dieu l’appelle "saint" et le considère comme son joyau.

> Coutumes liées à la sortie du chabbat

23. On a l’habitude de réciter à la sortie du chabbat des versets de bénédiction comme “Véyitène Lékha etc.”, comme cela est imprimé dans les siddourim. Notre maître le Ari zal avait l’habitude de les lire juste après la Havdala. Ces versets sont une ségoula pour la bénédiction et la prospérité. Il est bon de les réciter à deux (l’homme et la femme ensemble, par exemple), de manière à se bénir mutuellement.

24. Après la Havdala, il faut s’empresser de plier le Talit avec lequel on a prié le chabbat (car il est interdit de le plier convenablement pendant le chabbat) pour ainsi débuter la semaine par l’accomplissement d’une mitsva. On veillera à ne pas laisser le Talit déplié jusqu’au lendemain. En cas d’oubli, on secouera le Talit avant de s’en envelopper.

25. Il faut prendre garde à ne pas accorder la moindre importance aux "mauvais présages", comme par exemple repousser le paiement d’une taxe, une dette ou un don aux pauvres qui se présentent à l’issue du chabbat, en suivant l’argument que c’est mauvais signe de commencer la semaine par une dépense. En le faisant, on transgresse le commandement divin: "Vous ne pratiquerez pas la divination et vous ne croirez pas au présage" (Lévitique 19,26). Il faut au contraire s’attacher à accomplir le commandement: "Tu seras intègre avec Hachem ton Dieu" (Deutéronome 18,13), tel que l’explique Rachi: "Il faut suivre Dieu avec intégrité et se reposer sur Lui, sans chercher à connaitre les prédictions futures". En étant confiants que Dieu ne nous envoie que du bien, on méritera d’être "avec Hachem ton Dieu" c’est-à-dire sous Sa protection et Sa tutelle, et Il nous préservera de tout mal.

26. À la sortie du chabbat, on a coutume de mentionner le souvenir du prophète Elie. En effet, c’est lui qui sera annonciateur de la Rédemption finale ; mais nos Sages ont dit que "le peuple d’Israël a reçu l’assurance que le prophète Elie ne viendra ni une veille de chabbat ni une veille des jours de fête, à cause des préparatifs liés à ces jours". Ainsi, lorsque le chabbat s’achève, on espère à nouveau la venue du prophète Elie pour annoncer la Rédemption finale. De surcroît, la Rédemption viendra par le mérite du respect du chabbat, comme nous ont révélé nos Sages: "Si les enfants d’Israël respectent deux “chabbats” consécutifs, ils sont immédiatement délivrés". Ainsi, après avoir respecté le chabbatdans ses détails, on rappelle le souvenir du prophète Elie, annonciateur de la Rédemption [dans l’espoir que ce moment soit arrivé].

27. Dans le livre “Eliya Rabba”, il est rapporté qu’à la sortie du chabbat le prophète Elie s’installe sous l’Arbre de Vie et inscrit les mérites de ceux qui ont respecté convenablement ce chabbat. C’est pourquoi on le mentionne en cette occasion, afin qu’il éveille la Miséricorde divine et prie pour nous.

28. Il est aussi recommandé d’étudier à l’issue du chabbat un passage du saint recueil “Tana dévé éliyahou”, attribué au prophète Elie. Ensuite, il est bon de répéter cinquante-deux fois les mots “Eliyahou hannavi” ("le prophète Elie"), cinquante-deux étant la valeur numérique du prénom “Eliyahou” en hébreu ; cela est propice à la réussite. Certains ont l’habitude de répéter cent trente fois: “Eliyahou hannavi zakhour latov”, ("Le prophète Elie de mémoire bénie"), ce chiffre correspondant à la valeur numérique des mots “Eliyahou hannavi” additionnés aux dix lettres qui composent ces mots en hébreu ; ce chiffre correspond aussi aux cent vingt combinaisons possibles des lettres hébraïques du prénom “Elyiahou”, additionnées aux dix lettres de “Eliyahou hannavi”. Ensuite, on récite le “Pata’h Eliyahou” jusqu’aux mots “Vélav mikol ilène middote kélal”.

29. Il est interdit de réciter le Vidouï la nuit de samedi soir avant la mi- nuit, puisque la sainteté duchabbat est encore effective. On pourra toutefois le réciter après cet horaire, la sainteté du chabbats’étant alors estompée.

Séouda réviit: Le quatrième repas de chabbat

>> La résurrection des morts grâce au mérite du quatrième repas

Il faut être très vigilant à accomplir ce repas de grande importance par le mérite duquel on méritera de se lever lors de la résurrection des morts. Nos Sages disent à ce propos: "Le corps humain comprend un os dénommé "niscoï" (ou "louze", ou "bètouèl" ou encore "qlivossète"), lequel ne tire profit d’aucun repas pris par l’homme, hormis le quatrième repas de l’issue de chabbat. Ne jouissant d’aucune autre nourriture, cet os n’a pas tiré profit du fruit interdit consommé par Adam, et le décret de mortalité ne l’affecte pas. Il n’est donc pas combustible, ne pourrit pas, ne peut être réduit en poussière ni être brisé, et c’est par lui que l’homme se reconstituera lors de la résurrection des morts.

1. Chacun a l’obligation de faire le quatrième repas à la sortie du chabbat. Les femmes aussi y sont astreintes.

>> C’est une bonne ségoula pour les femmes de faire ce quatrième repas, afin de mériter des accouchements faciles.

2. Les décisionnaires rapportent au nom du Zohar: "Tout celui qui n’accomplit pas le quatrième repas est considéré comme n’ayant pas effectué le troisième repas en l’honneur du chabbat". En négligeant de prendre ce repas, on montre que le troisième repas a été pris en tant que diner, comme tous les soirs, et non pas en l’honneur du chabbat. (On conservera néanmoins un certain mérite partiel à avoir pris le troisième repas).

> Des millions de vitamines

"On m’a transmis que l’alimentation de l’âme et du corps et toute la santé du corps humain, dépendent du quatrième repas, Elle est comparable à des millions de vitamines! Cela suffit à un homme sage pour qu’il comprenne de lui-même et agisse en conséquence". (le saint kabbaliste Rabbi Salman Moutsafi)

"Toute personne qui ne mange pas un kazaïte de pain au quatrième repas nourrira des regrets au monde futur!" (le ’Hazon Ich).

3. C’est du pain qu’il faut consommer pour accomplir ce quatrième repas. Si toutefois on est dans l’impossibilité de le faire, on consommera des pâtisseries ou autres mets mézonote. Si même cela est impossible, on mangera au moins des fruits et autres en l’honneur du quatrième repas.

4. À priori, il faut consommer un cabbétsa (54 cm3) de pain. Il est recommandé de manger un peu plus que cette mesure. À posteriori ou en cas d’impossibilité, on se contentera d’un kazaïte. Par une quantité inférieure à cela, on n’est pas du tout acquitté.

5. Il convient de préparer un repas copieux et savoureux en l’honneur de ce quatrième repas. Il est bon d’y consommer de la viande ou du poisson, et autres mets goûteux. On cherchera à consommer un aliment que l’on apprécie particulièrement, même s’il est onéreux. Certains s’efforcent de présenter un aliment nouveau, fruit ou confiserie, qui n’a pas été consommé durant le chabbat. De cette manière, nous montrons que nous honorons le chabbat en le raccompagnant dignement, et tout celui qui investit dans ce domaine mérite les louanges. Il est recommandé de faire la bénédiction du motsisur deux pains.

6. Avant de commencer le repas, on doit dresser la table, la recouvrir d’une nappe et l’apprêter comme on le fait pour un vrai repas, même si on n’a pas l’intention de consommer plus qu’un kazaïtede pain. Il est bon de s’efforcer de présenter différents plats, même si on ne compte en goûter qu’un peu. A priori, le maître de maison doit lui-même dresser la table et ne pas le laisser faire par des domestiques.

7. Il faut manger ce repas avec joie et appétit. L’homme avisé ne mangera pas trop au troisième repas ou le fera plus tôt, afin de garder de l’appétit pour le quatrième repas.

8. Le meilleur temps pour effectuer ce repas est dans l’heure qui suit la sortie du chabbat, ou tout au moins dans les quatre heures saisonnières qui la suivent. Si on n’y parvient pas, on peut le faire jusqu’à la mi- nuit. En cas de force majeure, on prendra ce repas même après cela, puisque certains sont d’avis qu’on peut le faire jusqu’à l’aube.

9. Il faut dire “Migdol” dans le Birkate hammazone récité à la fin du quatrième repas, à condition qu’il l’ait pris avant la mi- nuit. Dans le cas contraire, on dira “Magdil” puisque la sainteté de chabbat n’est plus effective à ce moment-là. Si on a commencé à manger avant la mi- nuit et terminé après, on dira “Migdol”, car c’est l’heure du début du repas qui est prise en compte. Certains ont l’habitude de dire “Magdil” à l’issue du chabbat dans tous les cas, et c’est l’opinion de notre maître le Richone létsiyone Rav ‘Ovadia Yossef.

10. Les décisionnaires ont écrit que c’est une bonne habitude de conserver ses habits de chabbatjusqu’après le quatrième repas afin d’honorer la sortie de chabbat, comme on escorterait un roi à son départ, en habits de cérémonie. Les hommes pieux les conservent jusqu’à la mi- nuit.

11. À la sortie de chabbat, il est recommandé de consommer des plats chauds ainsi que de boire une boisson chaude, On se lavera également à l’eau chaude. Cela constitue un remède pour le corps et l’âme, et préserve de la tristesse. Le verset des Psaume (147,3) y fait allusion: “oum’habèche” (initiales en hébreu des mots "le chaud à l’issue de chabbat est un remède") “lé’atsévotame” (à leur tristesse).

>> Celui qui nous écoute résidera en paix

- On rapporte l’histoire suivante: l’épouse du Gaon de Vilna avait décidé de prendre sur elle de jeûner d’un chabbat à l’autre sans interruption Ainsi, elle cessa de manger après le troisième repas, et après avoir écouté la Havdala, elle s’apprêta à aller dormir. Son mari, le Gaon, eût vent de la chose et lui fit savoir que tous les jeûnes qu’elle pourra s’imposer ne suffiront pas à pardonner la faute d’avoir manqué le quatrième repas du chabbat! À ces mots, elle s’empressa de se lever et d’accomplir cette mitsva.- On raconte aussi qu’un samedi soir, le Gaon de Vilna lui-même fut malade et pris de nausées, et ne pouvait effectuer le quatrième repas. S’étant quelque peu remis dans le courant de la nuit, il demanda aux membres de sa famille de vérifier que l’aube ne s’était pas encore levée, afin de pouvoir encore accomplir cette mitsva en ingurgitant un kazaïte de pain.- Notre maître le Richone létsiyone Rav ’Ovadia Yossef a rapporté ces deux histoires dans son livre de responsa "Yé’havé da’at", en concluant: "C’est un enseignement destiné à ceux qui ne s’attachent pas à accomplir le quatrième repas comme il se doit, en pensant que c’est seulement l’apanage des hommes vertueux. Ceci n’est pas l’avis de nos Sages […] et celui qui nous écoute résidera en paix!"

Plaque chauffante et Chabbat

> Poser un plat depuis la veille de chabbat

1. Il est interdit de laisser un plat sur un feu (comme la flamme du gaz) à l’entrée du chabbat, bien qu’on l’ait déposé avant l’entrée de la fête. On craint en effet qu’en venant se servir du plat, on remarque qu’il n’est pas parfaitement cuit, et que l’on augmente la flamme d’un geste machinal afin d’accélérer la cuisson, transgressant ainsi l’interdit d’allumer du feu pendant le chabbat, Dieu nous en préserve.

2. Si par contre on a recouvert la flamme, d’une plaque métallique par exemple, il sera permis d’y déposer la veille de chabbat tous types de mets, même un plat entièrement cru afin qu’il cuise pendant chabbat. En effet, en recouvrant le feu, on marque un signe distinctif destiné à nous rappeler que c’est chabbat et on ne risque plus de toucher à la flamme. Selon la loi stricte, même si on n’a pas recouvert la flamme mais seulement les boutons de la cuisinière (ou qu’on les ait ôtés), on a le droit d’y déposer un plat, puisqu’un signe distinctif du chabbat a été réalisé. Toutefois, à priori, il convient mieux de couvrir le feu lui-même.

3. Une plaque de chabbat (qui ne dispose pas de bouton de réglage) est considérée comme un "feu couvert", c’est pourquoi, il est permis d’y déposer avant chabbat tous types de repas. Si on possède une plaque munie d’un bouton de réglage, il faut le retirer ou le recouvrir avant chabbat pour pouvoir utiliser cette plaque.

4. Le four est considéré comme un "feu découvert", c’est pourquoi, il est interdit d’y déposer un plat avant chabbat pour qu’il y reste pendant chabbat. Ceci concerne même les fours qui disposent d’une fonction chabbat [que l’on peut trouver en Israël]. Il ne sera permis de déposer un plat dans un four depuis la veille de chabbat que si on en a retiré les boutons.

5. De nos jours, les fours sont équipés de thermostat. Ainsi, même si les boutons sont couverts ou retirés, il est problématique d’ouvrir le four pendant chabbat lorsque le thermostat est en pause. En effet, en ouvrant la porte du four, on provoque une entrée d’air froid dans le four qui entraîne sa mise en marche. C’est pourquoi il ne sera permis d’ouvrir la portière du four que lorsque les résistances sont en train de chauffer. De nombreux fours sont équipés d’un voyant lumineux qui s’allume lorsque le courant est en marche, et qui s’éteint lorsque le thermostat est coupé. Il sera dans ce cas permis d’ouvrir la porte du four tout le temps que le voyant lumineux est allumé.

6. Si le four n’est pas équipé de voyant lumineux (ou si ce voyant est cassé), il faut éviter de l’utiliser, sauf si on met en marche le “timer” qui éteindra le four complètement avant le début du repas. Par exemple, si on doit servir le plat à 19h00, on programmera la minuterie à 18h50. Ceci, en plus de l’obligation de couvrir ou retirer les boutons du four avant le chabbat.

7. Ce problème ne se pose pas si le four électrique dispose d’un mode chabbat qui neutralise l’action du thermostat. Dans ce cas, il sera permis d’ouvrir le four à volonté.28. Celui qui a ouvert la porte d’un four pendant chabbat de manière permise, et a constaté que le plat n’était pas entièrement cuit, ne pourra plus la refermer, car il activerait ainsi la cuisson du plat, transgressant ainsi l’interdit de cuire pendant chabbat. Mais dans le cas où le plat est déjà cuit convenablement (de manière à être apte à une consommation normale), il sera permis de refermer le four même si le plat continue à mijoter.

9. Il est permis de laisser un “Koumkoum” (bouilloire électrique disposant d’un mode chabbat) contenant de l’eau qui a atteint l’ébullition avant le chabbat, allumé pendant chabbat, sans qu’il soit nécessaire d’en recouvrir les boutons. En effet, puisque l’eau a déjà bouilli et est maintenue à une température suffisamment élevée permettant de préparer une boisson chaude, on n’a pas à craindre qu’on ne la refasse bouillir, puisque chaque ébullition supplémentaire détériore son goût.

> L’interdit « d’enfouir »

10. Il est interdit pendant le chabbat d’enfouir une marmite ou une casserole dans une couverture, une serviette ou un autre linge dans le but de conserver la chaleur du plat. Il est même interdit de déposer simplement la couverture sur le couvercle du récipient sans l’en envelopper.

11. Cependant, si un récipient était déjà enfoui dans une couverture depuis la veille de chabbat, il sera permis pendant “chabbat de la retirer puis de l’enfouir à nouveau, dans la même couverture ou dans une autre, et même ajouter des couvertures supplémentaires pour mieux conserver la chaleur. Tout cela est permis à condition que le plat soit entièrement cuit. Sinon, il est interdit de remettre même la couverture qui vient d’être retirée, car on active par cette action la cuisson du plat et on transgresse l’interdit de cuire pendant chabbat.

12. La permission d’enfouir un récipient avant le chabbat est valable à condition que ce récipient ne soit pas en contact avec une source de chaleur, comme une plaque de chabbat ou le gaz, par exemple. Si cette condition n’est pas remplie, il est interdit, selon l’avis de Marane l’auteur du Choul’hane ’Aroukh, de recouvrir le plat posé sur la plaque, même avant le chabbat. Il convient de se montrer strict et de respecter cet avis. Cependant, avant la rédaction du Choul’hane ’Aroukh, la coutume s’est répandue de le permettre ; c’est pourquoi celui qui veut le faire a sur qui s’appuyer, surtout s’il ne fait que couvrir la marmite par-dessus, sans l’envelopper entièrement.

13. Selon toutes les opinions, il est permis de déposer un repas sur une plaque chauffante déposée à l’intérieur d’un caisson en fer (“mé’hamit”) qui conserve la chaleur, car la marmite n’est pas considérée par cela comme "enfouie".

> Poser un plat pendant chabbat

>>Remettre un plat sur une source de chaleur afin qu’il reste chaud

14. Un plat déposé depuis la veille de chabbat sur une plaque chauffante, un gaz ou dans un four et qui en a été retiré pendant chabbat, pourra y être remis sous trois conditions:

a. Le repas doit être entièrement cuit. Si le plat contient de la sauce, il faut qu’il soit resté à une température supérieure à “yad solédète bo” [60 °C].b. Il ne faut pas avoir déposé le plat à même le sol, ou sur un plan fixé au sol (comme le plan de travail de la cuisine). C’est pourquoi on devra intercaler une assiette ou une serviette sous la casserole avant de la déposer sur le plan.c. Le feu ne doit pas être découvert. Il faut donc, dans le cas du gaz, que la flamme soit recouverte d’une plaque de fer. Le seul fait que les boutons soient couverts ou retirés n’est pas suffisant pour permettre dans ce cas.Réchauffer pendant chabbat un plat qui n’était pas déposé sur une source de chaleur depuis l’entrée de chabbat

15. Un plat contenant de la sauce ou un bouillon de température inférieure à 60°C ne peut en aucun cas être déposé sur une plaque ou dans un four pendant le chabbat.

16. Un aliment froid qui est sec et entièrement cuit peut être réchauffé pendant le chabbat, à condition qu’il soit ostensible que l’on veut seulement le réchauffer et non pas le cuire. Ainsi, il est permis de sortir du réfrigérateur des borékas” (feuilletés) cuits, et de les déposer sur le couvercle de la bouilloire pour les réchauffer, ou sur la plaque chauffante par dessus une assiette ou une poêle renversée. Le Richone létsiyone” Rav ‘Ovadia Yossef est toutefois d’avis qu’on peut les poser à même la plaque, mais le Roch Yéchiva Rav Méir Mazouz adopte l’avis plus rigoureux.

>> Toutes ces lois seront reprises plus en détail dans le chapitre suivant, qui traite de l’interdit de cuire le chabbat. 

La cuisson le chabbat

>> Parmi tous les trente-neuf travaux interdits le chabbat, l’interdit de cuire et celui de trier en sont les plus courants. En effet, tous ont soin de prendre leur trois repas du chabbat, et se trouvent confrontés, durant leurs divers préparatifs, à une multitude de cas où des questions relatives à ces travaux se posent, et le risque d’erreur est grand. Une personne qui n’a pas étudié correctement ces lois risque de manière quasi-certaine d’enfreindre chaque chabbat plusieurs interdictions de la Torah. C’est pourquoi, nous avons jugé utile de consacrer un chapitre entier à chacun de ces deux interdits.

1. Celui qui cuit pendant chabbat un corps cru qui n’a jamais subi de cuisson, même s’il ne le cuit que partiellement, transgresse un interdit de la Torah dès que cette cuisson le rend comestible, ce qui équivaut au tiers ou à la moitié d’une cuisson normale.

2. A l’inverse, il est aussi interdit par la Torah de continuer, même un peu, la cuisson d’un aliment cuit partiellement. Par conséquent, celui qui, avant l’entrée du chabbat, a posé une marmite ou un aliment qui n’étaient pas entièrement cuits au bord de la plaque électrique, n’aura pas le droit pendantchabbat de les rapprocher au centre de la plaque, car la chaleur à cet endroit est plus intense, et l’aliment cuit plus vite. De même, s’il a soulevé le couvercle de la marmite et a constaté que le plat n’est pas entièrement cuit, il lui sera interdit de reposer le couvercle, car il active par-là la cuisson.

3. Aucune distinction n’est faite entre le mode de cuisson: faire bouillir, griller, frire ou fumer”, toutes ces actions sont comprises dans l’interdit de cuire le chabbat. Ainsi, il est interdit de déposer pendant chabbat une tomate sur une plaque, puisqu’elle va griller.

4. Celui qui chauffe pendant chabbat de l’eau ou toute autre liquide, jusqu’à lui faire atteindre la température de “yad solédète bo” transgresse l’interdit de la Torah de cuire”.[“Yad solédète bo “signifie littéralement: "dont la main se retire", c’est-à-dire que la température est suffisamment élevée pour qu’une personne qui y porte la main, la retire par reflexe.]

5. Il est interdit mettre une serviette ou un vêtement mouillés (par de l’eau ou un autre liquide) à sécher à côté d’une source de chaleur s’ils y atteignent la température de “yad solédète bo”, car cela revient à cuire l’eau imprégnée dans le linge. Il est par ailleurs interdit de les étendre (même loin du feu) comme on étendrait une lessive mouillée, car il semblerait alors qu’on les ait lavés le jour duchabbat.

6. Il est permis de réchauffer légèrement de l’eau froide en la plaçant à côté d’une source de chaleur jusqu’à ce qu’elle devienne tiède, à condition de la placer à une distance suffisante pour qu’elle ne puisse jamais atteindre la température de “yad solédète bo”. Mais il sera interdit de la placer à un endroit où elle puisse atteindre le “yad solédète bo”, même si on reste à côté, prêt à la retirer avant qu’elle n’atteigne cette température.

7. Cependant, pour de l’eau, du lait ou une autre boisson qui ont déjà été chauffés à la température de “yad solédète bo” avant chabbat et qui se sont refroidis, on pourra se montrer moins strict en cas de besoin extrême, comme pour un malade ou un bébé ; il sera alors permis de la mettre à chauffer même à un endroit où elle peut atteindre la température de “yad solédète bo”, tout en veillant scrupuleusement à ce que cette température ne soit pas atteinte.

8. Ainsi, une purée (qui a été préparée avant chabbat avec de l’eau bouillante) ou une soupe qui ont refroidi, pourront être réchauffées pour un bébé ou pour un malade (en les posant sur une bouilloire, par exemple), à condition qu’on surveille qu’elles n’atteignent pas le “yad solédète bo”. Il sera toutefois interdit de poser tout aliment à réchauffer directement sur le feu ou la plaque de cuisson, même lorsqu’il n’y aucun risque de cuisson, comme pour un feuilleté déjà cuit par exemple (quant à le poser sur une plaque de chabbat, cf. supra paragraphe 43).9. Pour la mesure de “yad solédète bo”, on compte trois avis: certains disent que c’est la chaleur à partir de laquelle un homme moyen ne peut pas poser son doigt et l’y maintenir, même un instant ; d’autres pensent que c’est la chaleur au contact de laquelle la peau d’un bébé au niveau du ventre subit une brûlure ; un dernier avis enfin soutient que c’est la température à laquelle un homme s’abstient de manger ou boire d’une traite. Ce troisième avis correspond à le température la plus basse.

10. Concrètement, on doit se montrer strict et se conformer à tous les avis. C’est pourquoi, si on veut réchauffer de l’eau ou un autre liquide à proximité du feu, on doit les placer à une distance telle qu’ils ne puissent atteindre la température à laquelle on ne pourrait plus les boire d’une traite (qui est évaluée à environ 45 °C). Par contre, quand il s’agit de remettre le chabbat un plat (entièrement cuit) contenant de la sauce sur la plaque, on exige que ce plat soit à une température minimale telle qu’un homme ne puisse y maintenir son doigt.

11. Une chaleur créée à partir d’un courant électrique est soumise aux mêmes règles que le feu, pour tout ce qui est relatif à la cuisson le chabbat. Il est donc interdit de faire cuire un aliment le chabbatsur une plaque de cuisson, dans un four ainsi que tout autre appareil dont la chaleur est générée à l’aide d’un courant électrique. Il est de même strictement interdit de cuire à l’aide du micro-ondes, au même titre que sur un feu classique.12. Tout comme il est interdit de cuire directement sur le feu pendant chabbat, de même est-il interdit de cuire à l’aide d’un corps chauffé par le feu (en hébreu “toledote haour”). Par exemple, il est interdit de cuire un aliment dans une eau qui a bouilli sur le feu, même si le feu est à présent éteint. Ainsi, celui qui a retiré la bouilloire de dessus la plaque, n’a pas le droit d’y ajouter de l’eau froide, tant que la température de l’eau chaude est supérieure à “yad solédète bo”.

13. De même, celui qui avant chabbat a mis en marche le chauffe-eau électrique puis l’a éteint, ne pourra pas utiliser l’eau chaude pendant le chabbat, tant que la température de l’eau contenue dans le chauffe-eau est supérieure à “yad solédète bo”. En effet, en ouvrant le robinet d’eau chaude, on provoque une entrée d’eau froide dans le chauffe-eau, qui est alors réchauffée par l’eau chaude qui s’y trouve. (Il faut faire attention, si on dispose d’un robinet mitigeur, de laisser constamment le manche bien à droite. Afin d’éviter tout problème, il est recommandé de fermer l’arrivée centrale d’eau chaude à la maison). [Un chauffe-eau fonctionnant au gaz ou fioul, individuel ou collectif, est toujours interdit à l’utilisation pendant le chabbat.]

14. Celui qui, par erreur, a ouvert le robinet d’eau chaude pendant le chabbat, n’a pas le droit de le refermer aussitôt ; il devra attendre que toute l’eau chaude (à température de “yad solédète bo”) finisse de s’écouler, pour pouvoir le refermer. Ceci est valable lorsque que le chauffe-eau est éteint ; mais s’il est resté allumé, il est interdit de fermer le robinet jusqu’à la sortie du chabbat. On peut toutefois permettre de le refermer par l’intermédiaire d’un non-juif. Le mieux à faire est d’éteindre le chauffe-eau avant chabbat et de faire écouler toute l’eau chaude jusqu’à obtenir une eau de température inférieure à “yad solédète bo”, afin d’éviter tout problème, surtout en hiver où on utilise régulièrement l’eau chaude.

15. Tous ces interdits concernent une eau chauffée par un chauffe-eau fonctionnant à l’électricité ou avec une flamme (gaz, fioul). Par contre, il sera permis d’utiliser l’eau chaude provenant d’un chauffe-eau solaire, même si cela provoque une arrivée d’eau froide dans le ballon d’eau chaude. [Il est à noter que les chauffe-eaux solaires installés en France fonctionnent selon un principe différent de ceux utilisés en Israël ; se renseigner auprès d’un Rav compétent.]

16. Un corps qui était sur un feu jusqu’à atteindre la température de “yad solédète bo” a le pouvoir de cuire à son tour même après avoir été retiré du feu, tant qu’il conserve sa température de “yad solédète bo”. C’est ce que l’on appelle un “kéli richone” (premier récipient). Si par contre il n’est plus à la température de “yad solédète bo”, on peut y faire chauffer tout aliment, à condition qu’il ne soit pas posé sur un feu "découvert" (cf. supra, paragraphes 41 à 43).17. Pour cette raison, il est interdit de rajouter des épices dans un plat ou un bouillon qui est à la température de “yad solédète bo”, tant que le plat est dans la marmite qui a cuit sur le feu. Mais on pourra ajouter des épices dans un bol de soupe ou une assiette, car un “kéli chéni” (second récipient) ne cuit pas (cf. paragraphe 25).

18. Le sel lui-même ne cuit que dans un ustensile qui est au-dessus du feu ; il sera donc permis d’en rajouter dans un “kéli richone” retiré du feu.

19. Il faut faire attention à ce que la louche ou la cuillère utilisées pour servir un plat du “kéli richone” (qui est chaud à “yad solédète bo”) soient sèches sans trace d’eau. On a cependant le droit d’introduire la louche dans le bouillon à plusieurs reprises, même si elle est alors recouverte de bouillon qui se réchauffe lorsqu’on introduit de nouveau la louche dans le plat chaud.

20. Il est interdit de verser le contenu d’un récipient qui a chauffé sur le feu sur un aliment cru, tant qu’il est à la température de “yad solédète bo”, car cela a pour effet de cuire la couche extérieure de cet aliment cru. C’est ce que l’on appelle "’irouy mi-kéli richone”.

21. Cet interdit ne concerne que le cas où on verse sur un corps solide, qui est alors cuit par le contact ; mais on a le droit de verser depuis un “kéli richone” dans un liquide, car les deux liquides se mélangent, sans qu’il n’y ait de cuisson. Certains limitent cette permission au cas où le liquide froid est en quantité supérieure au liquide chaud versé, le mélange restant alors froid. Il est bon de respecter cette opinion et ne verser de l’eau chaude d’un “kéli richone” (à température de “yad solédète bo”) sur de l’eau froide que si l’eau froide est en quantité supérieure.

22. Par conséquent, on évitera de verser de l’eau chaude d’un “kéli richone” qui est “yad solédète bo”, sur un concentré de thé froid ou tiède, mais on versera en premier lieu l’eau chaude dans le verre, puis on y ajoutera le concentré de thé.

23. Il est toutefois permis de verser de l’eau chaude même directement du “Koumkoum” (bouilloire) dans un récipient qui est encore humide après le rinçage, et il n’est pas nécessaire de l’essuyer. Il convient cependant de bien le secouer auparavant pour en retirer l’eau.

24. Il est permis de verser de l’eau chaude d’une bouilloire sur les parois d’un biberon, afin d’en chauffer le contenu. A plus forte raison est-il permis d’introduire le biberon dans un “kéli chéni” (cf. paragraphe suivant) rempli d’eau brûlante. (On aura même le droit de le plonger entièrement dans l’eau, sans crainte de l’interdit de “Hatmana”.)

25. Un corps chauffé sur le feu jusqu’à la température de “yad solédète bo” qui a été transvasé dans un autre récipient non chauffé, perd sa capacité de cuire, même s’il est encore brûlant. La raison en est que les parois froides du second récipient contribuent à refroidir rapidement leur contenu. On peut donc y mettre des aliments à réchauffer même s’ils sont crus (à l’exception des aliments “qalé habbichoul”, cf. supra). Ce second récipient est appelé “kéli chéni”.

26. On peut donc ajouter des épices à une soupe qui a été servie dans une assiette ; même si la soupe est à température de “yad solédète bo”, elle n’a pas le pouvoir de cuire puisqu’elle se trouve dans un “kéli chéni”.

27. Certains aliments sont appelés “qalé habbichoul”: leur cuisson est très rapide et peut être réalisée même dans un “kéli chéni” ; c’est le cas d’un poisson salé et séché, ou de tout petits poissons. C’est pourquoi il est interdit de déposer ce type d’aliment dans un “kéli chéni” tant qu’il est “yad solédète bo”. Il est même interdit de verser sur eux depuis un “kéli chéni” présentant la température de “yad solédète bo” car un tel versement provoquerai leur cuisson. Il en va de même d’un œuf de poule cru , il est interdit de le tremper dans un “kéli cheni”.

28. Certains pensent que puisqu’il existe des aliments “qalé habbichoul” et qu’on en ignore la liste exhaustive, il convient d’interdire par défaut de réchauffer tout aliment dans un “kéli chéni”, hormis ceux qui sont explicités dans le Talmud comme n’étant pas des “qalé habbichoul”, tels les épices ou les liquides. L’avis des décisionnaires ashkénazes penche en ce sens ; ils permettent toutefois de le faire dans un “kéli chélichi” (troisième récipient), même si son contenu est encore “yad solédète bo”. Par contre, l’avis de la majorité des décisionnaires séfarades est de permettre le “kéli chéni” pour la plupart des aliments, en excluant seulement les aliments connus pour cuire facilement ; tel est aussi l’avis des premiers décisionnaires (“Richonim”). C’est pourquoi les communautés séfarades peuvent se montrer moins strictes à ce sujet.

29. Il est permis d’après la loi stricte de mettre un sachet de thé dans un verre qui est “kéli chéni”, même s’il contient de l’eau chaude à température de “yad solédète bo” ; selon les décisionnaires ashkénazes, ce sera interdit. Notre maître le Richone létsiyone Rav ‘Ovadia Yossef a écrit qu’il convient aussi aux séfarades de se montrer stricts dans ce cas. Il sera cependant permis de verser de l’eau d’un “kéli chéni” sur des feuilles de thé qui se trouvent dans un troisième récipient.

30. Certains pensent que la règle énonçant qu’un “kéli chéni” ne cuit pas ne s’applique que pour un corps liquide qui, une fois versé dans le “kéli chéni”, se refroidit aussitôt au contact des parois froides de l’ustensile, et perd sa capacité l’ustensile que sur un côté, et l’échange thermique est moindre. Il conserve donc son pouvoir de cuisson même après avoir été transvasé dans un “kéli chéni”, tant qu’il est à la température de “yad solédète bo”. D’autres ne font pas cette différence, et permettent le “kéli chéni” dans tous les cas. Le Rav Moché Lévi, dans son livre “Ménou’hate Ahava”, a écrit qu’il fallait se montrer strict et suivre la première opinion. Il convient donc de ne pas ajouter des éà température de “yad solédète bo” ; ceux qui le permettent ont toutefois sur qui s’appuyer. Le Richone létsiyone Rav ‘Ovadia Yossef, quant à lui, pense qu’on peut permettre cela même à priori.

31. L’eau chaude contenue dans un thermos, bien qu’étant un “kéli chéni”, a le pouvoir de cuire comme un “kéli richone”, car les parois du thermos ne la refroidissent que très peu. Il est néanmoins permis de verser de cette eau sur un aliment qu’on peut déposer dans un “kéli chéni” (cf. paragraphe 25).

32. Un aliment sec entièrement cuit avant chabbat, n’est plus sujet à l’interdit de cuire le chabbat. Il sera donc permis de le réchauffer même dans un “kéli richone”. (Si le récipient se trouve sur une plaque de chabbat, se référer au paragraphe 43.)

33. Il est ainsi permis de tremper des croûtons ou des pâtes déjà cuites dans une soupe bouillante posée sur un feu couvert. Etant entièrement cuits, ils ne sont plus sujets à cuisson. (Pour une soupe se trouvant sur la plaque électrique, se référer au paragraphe 43.)

34. Certains préparent le couscous de manière à ce qu’il ne devienne entièrement comestible qu’après avoir été en contact avec du bouillon brûlant. Si ce bouillon n’a pas été versé sur le couscous la veille de chabbat, il est interdit de verser du bouillon d’une température de “yad solédète bo” (même d’un “kéli chéni”) sur le couscous pendant chabbat, car bien que le couscous soit cuit, la phase terminale de la cuisson n’a lieu qu’avec le versement du bouillon. Si on a déjà versé du bouillon brûlant sur le couscous avant chabbat et qu’il a refroidi, il est permis de verser sur le couscous pendant chabbat du bouillon chaud, même d’un “kéli richone” à température de “yad solédète bo”, car il n’a pas de "cuisson après cuisson" pour un corps sec.

35. Le principe permettant de remettre à cuire un aliment déjà cuit s’applique sur toutes les formes de cuisson confondues, que ce soit par l’eau, le gril ou au four. C’est pourquoi on permettra de tremper du pain ou de la maça dans une soupe brûlante en “kéli richone”. De même, on peut réchauffer un morceau de poulet sec entièrement cuit dans l’eau en le plaçant à proximité d’un feu, même s’il va continuer à griller.

36. Toute la permission de cuisson après cuisson ne s’applique qu’à un aliment sec. Il est par contre interdit de réchauffer (jusqu’à température de “yad solédète bo”) un plat contenant une sauce, ou tout autre corps liquide, même s’il a déjà été cuit avant chabbat et porté à ébullition ; après avoir refroidi en dessous de “yad solédète bo”, il est considéré comme n’ayant jamais été cuit. Certains pensent qu’il est permis de réchauffer aussi un corps liquide déjà porté à ébullition, mais c’est la première opinion qui est retenue. Il est donc interdit le chabbat de réchauffer une soupe qui a refroidi.

37. Il est permis de décongeler un pain en le posant sur une bouilloire, une marmite ou un plateau qui se trouvent sur la plaque de chabbat. (Quant à le placer directement sur la plaque, se référer au paragraphe 43). Il faut toutefois retirer le givre qui recouvre le pain avant de le mettre à chauffer. De même, on a le droit de sortir du congélateur et de réchauffer des panés, des boulettes frites, du poisson, des pommes de terre, du riz, des feuilletés ou tout autre aliment sans sauce qui a été cuit avant le chabbat.

38. Certains interdisent de griller des tranches de pain déjà cuites pour en faire des biscottes ; d’autres le permettent. Mais il est permis selon tous les avis de réchauffer du pain, même si la croûte devient alors craquante, tant qu’on n’a pas pour but de faire des biscottes.

39. Il est interdit de réchauffer jusqu’à la température de “yad solédète bo” un plat entièrement cuit avant chabbat s’il comporte de la sauce. Par contre, des aliments qui sont juste légèrement humides ou huileux sont considérés comme des aliments secs, et il est permis de les réchauffer pendant lechabbat. Notre maître le Richone létsiyone Rav ‘Ovadia Yossef pense que si le plat ne contient qu’un fond de sauce, on pourra également le réchauffer. Par contre, le Rav Moché Lévi dans son livre “Ménou’hate Ahava” se montre plus sévère dans ce cas.

40. Selon toutes les opinions, il est permis de réchauffer de la viande cuite dont le gras s’est gélifié au réfrigérateur, même si sous l’effet de la chaleur le gras se liquéfie.

41. Même dans le cas où il est permis de chauffer un aliment, il sera interdit de le faire sur un feu "découvert", car on donnerait alors l’impression de cuisiner comme un jour de semaine. Cependant, on pourra le mettre à réchauffer à côté du feu, puisque nul ne cuit de cette façon, et l’intention de réchauffer est clairement établie. Pour cette même raison, il est permis de réchauffer un aliment en le posant sur une marmite ou une bouilloire déposées sur le feu.

42. Il est de même permis de réchauffer un aliment cuit et sec sur un gaz allumé dont la flamme a été recouvert d’une plaque de fer, car ce n’est pas une façon habituelle de cuire.

43. Certains permettent de réchauffer à même la plaque de chabbat un aliment cuit et sec, car il n’est pas habituel en semaine de faire usage de cette plaque pour cuire un repas. D’autres sont plus stricts et nécessitent de recouvrir la plaque, car alors on établit clairement qu’on ne veut pas cuire mais simplement réchauffer. Selon toutes les opinions, il est interdit pendant chabbat d’utiliser le four pour réchauffer même des aliments que l’on ne cuit pas habituellement dans un four, comme du riz, car on considère le mode de cuisson en lui-même, sans tenir compte de l’aliment réchauffé.

44. Celui qui remue un plat en train de cuire à l’aide d’une cuillère ou en agitant la marmite, transgresse l’interdit de la Torah de cuire, car en remuant, on transfère le contenu supérieur de la marmite vers le fond, proche du feu, ce qui en accélère la cuisson. C’est pourquoi, il est interdit de remuer un plat qui n’est pas entièrement cuit s’il est posé sur un feu ou s’il est simplement à température de “yad solédète bo”. Il est également interdit de se servir du plat, de peur d’en venir à remuer le contenu.

45. On peut par contre se servir d’un plat même qui se trouve sur le feu, si son contenu est entièrement cuit. Il est cependant interdit de le remuer si la marmite est posée sur un feu "découvert". Mais si le feu est couvert, ou si la marmite a été retirée du feu, il sera également permis de remuer.”

46. Il est interdit de recouvrir le chabbat une casserole dont le contenu n’est pas entièrement cuit, si le plat est à température de “yad solédète bo” ou s’il est posé sur une source de chaleur. En effet, en recouvrant la casserole, on empêche l’air froid de pénétrer, ce qui accélère le processus de cuisson. Même si le plat est déjà recouvert, il est interdit d’ajouter un second couvercle car la chaleur en est ainsi mieux conservée et la cuisson accélérée. C’est pourquoi, celui qui a retiré le couvercle d’une casserole posée sur le feu ou la plaque le chabbat, et s’aperçoit que le plat n’est pas entièrement cuit, n’a pas le droit de remettre le couvercle. Mais si le plat est entièrement cuit, il peut reposer le couvercle, même si le plat va ainsi mijoter et se bonifier.

47. De même, si on a laissé au four (de manière permise – cf. infra chapitre 37) un plat qui n’était pas entièrement cuit et la porte du four a été ouverte le soir de chabbat, il sera interdit de la refermer tant que le plat n’est pas cuit. Ainsi, celui qui conserve son repas du samedi midi dans le four doit faire attention à ce qu’il soit entièrement cuit depuis la veille de chabbat. Sinon, il n’ouvrira pas le four jusqu’au lendemain.

48. L’interdit de cuire s’applique aussi sur des feuilles de thé, bien qu’elles aient été grillées en usine, car elles n’en sont pas devenues comestibles. C’est pourquoi il est interdit de mettre des feuilles de thé ou un sachet de thé dans une bouilloire d’eau chaude à température de “yad solédète bo”, même si la bouilloire n’est plus sur le feu. Il est de même interdit de verser dessus de l’eau de cette bouilloire.

49. On a déjà vu (infra paragraphe 29) qu’on a le droit de mettre des feuilles de thé dans un “kéli chéni” même à température de “yad solédète bo”. Certains sont plus stricts et ne les mettent que dans un troisième récipient.

50. Des feuilles de thé qu’on a fait bouillir ou sur lesquelles on a versé de l’eau bouillante avant lechabbat, pour ensuite retirer l’eau et laisser les feuilles, certains permettent de verser à nouveau sur ces feuilles de l’eau bouillante le chabbat, même d’un “kéli richone”. Telle est l’opinion de notre maître le Richone létsiyone Rav ‘Ovadia Yossef. D’autres l’interdisent, et c’est l’avis retenu par l’auteur du “Ménou’hate Ahava”.

51. L’interdit de cuire ne s’applique pas sur du café moulu, puisqu’il a été grillé en fabrique. C’est pourquoi on a le droit de verser dessus de l’eau bouillante à température de “yad solédète bo”, même d’un “kéli richone” qui se tient sur le feu. Celui qui se montre plus strict et verse d’abord l’eau bouillante dans le verre avant d’y ajouter le café, est digne de bénédiction.

52. De même, le sucre et le café instantané sont cuits durant leur cycle de production. On peut donc les mettre dans un “kéli richone”, et à plus forte raison verser dessus de l’eau bouillante d’un “kéli richone” qui est sur le feu.

53. Les poudres instantanées pour soupe, même si elles ont été cuites durant leur fabrication sont sujettes à l’interdit de cuire, car elles sont impropres à la consommation telles quelles ; elles ne deviennent comestibles qu’après les avoir mélangées à de l’eau bouillante. C’est pourquoi, il est interdit de verser dessus de l’eau à température de “yad solédète bo”, même d’un “kéli chéni”. Mais on peut verser dessus de l’eau de température inférieure à “yad solédète bo”.

54. Il est interdit de préparer de la gelée [ou un flan] à partir d’une poudre, car on forme un corps compact et on transgresse l’interdit de pétrir.

Règles relatives à l’interdiction de trier le chabbat

1. Lorsque des déchets sont mêlés avec des aliments, qu’ils soient bien mélangés ensemble ou juste disposés pêle-mêle, il est interdit d’après la Torah de les séparer, même pour les besoins du chabbat. Celui qui agit ainsi transgresse l’interdiction de trier. Dans certains cas, lorsqu’on tri au moment du repas, le tri est autorisé, comme nous le verrons plus loin.

2. L’interdiction de trier s’applique également lorsque deux aliments différents sont mélangés l’un à l’autre et qu’on désire les séparer, puisque dans ce cas, l’aliment qu’on ne désire pas manger est considéré comme un "déchet" par rapport à l’aliment que l’on veut consommer.

3. Dans le cas d’aliments et de déchets (ou deux sortes d’aliments) qui ne sont pas mélangés mais simplement disposés côte à côte, l’interdiction de trier ne s’applique pas, et on peut les séparer à son gré, même dans l’intention de ne consommer que plus tard.

4. En ce qui concerne l’épluchure des fruits, certains sont d’avis que l’on ne transgresse pas l’interdiction de trier en la retirant, puisqu’elle n’est pas mélangée au fruit mais l’entoure simplement. D’autres pensent que l’épluchure étant attachée au fruit, ils sont considérés comme mélangés, et en épluchant le fruit on effectue un tri. Il faut se montrer strict et suivre le second avis. Les paragraphes vingt-huit et suivants expliciteront les règles relatives à la manière d’éplucher un fruit pendant lechabbat.

> Conditions pour autoriser le tri pendant chabbat

5. Il est permis de séparer un aliment des déchets si le tri se fait "tout en mangeant". Pour ce, il convient que soient remplies les trois conditions suivantes:

a. Le tri est pour un but immédiat, c’est-à-dire que l’on trie juste avant de consommer.b. La séparation se fait à la main et non à l’aide d’un ustensile.c. Il faut séparer l’aliment du déchet et non pas retirer le déchet de ce que l’on désire manger. Dans le cas de deux aliments, on doit prendre l’aliment désiré et non pas celui que l’on n’a pas l’intention de manger, qui est alors considéré comme un "déchet".Ces conditions vont être développées dans les paragraphes ci-dessous.

> Le tri à but immédiat

6. Si l’on n’a pas l’intention de consommer immédiatement l’aliment, il est interdit de trier, même en retirant l’aliment du déchet. En effet, la permission étant de trier "tout en mangeant", cela n’est valable que lorsqu’on le fait juste avant le repas, ce qui est assimilé au repas même. Mais lorsqu’on trie en vue de manger plus tard, on n’est pas considéré comme "en train de manger", c’est donc un tri qui est interdit le chabbat.

7. Lorsqu’on parle d’un but immédiat, cela ne signifie pas qu’il faille introduire l’aliment dans la bouche aussitôt après l’avoir séparé du déchet, mais on pourra le déposer le temps d’achever de trier la quantité souhaitée, ou même jusqu’au repas qui va suivre (nous définirons par la suite le temps d’intervalle maximal). En outre, il est également permis de trier pour le besoin d’autrui (qui va manger dans l’immédiat), bien que l’on ne mange pas soi-même.

8. Dans le cadre d’une préparation à un repas qui va suivre, il est permis de préparer et trier tout ce qui est nécessaire pour ce repas, même s’il va durer plusieurs heures.

9. Celui qui trie un aliment pour le consommer en dehors d’un repas est autorisé à trier dans l’heure qui précède sa consommation. Mais si on trie pour manger lors du prochain repas, certains décisionnaires pensent qu’il convient de trier juste avant le repas, de manière à commencer le repas sitôt le tri terminé. D’autres sont d’avis que dans ce cas aussi il est permis de trier dans l’heure qui précède le repas.

10. Il est permis de préparer une grande quantité en l’honneur d’invités, même s’il est évident que tout ne sera pas consommé, car la bienséance recommande de servir largement et non avec parcimonie (ce qui serait disgracieux). Ce tri est donc considéré comme nécessaire au repas et est autorisé. Notre maître le Richone létsiyone Rav ’Ovadia Yossef pense toutefois qu’il convient d’être strict et de ne trier qu’une quantité qui puisse être consommée au cours du repas.

> Le tri à l’aide d’un ustensile

11. La permission de trier un aliment d’entre les déchets pour un usage immédiat est valable uniquement si on le fait à la main, et non à l’aide d’un ustensile. En effet, le tri par un ustensile n’est pas considéré comme une façon de manger mais plutôt comme l’accomplissement d’un travail.

12. Si toutefois on utilise un couvert comme une cuillère ou une fourchette pour trier, cela a le même statut qu’un tri effectué à la main. En effet, puisqu’on utilise un ustensile avec lequel on a l’habitude de manger, cela est considéré comme trier en mangeant et non comme un travail.

13. Si un plat contient de la soupe avec des légumes, et qu’on désire se servir de la soupe uniquement sans les légumes, il est permis d’incliner le récipient de façon que la soupe uniquement se déverse dans l’assiette. Cela n’est pas considéré comme un tri à l’aide d’un ustensile mais comme un tri à la main, car c’est la conséquence de l’action de la main qui penche le plat ; et ce tri est permis puisque l’on prend l’aliment désiré en laissant le reste.

14. Il est autorisé de se servir d’un plat au moyen d’une louche, qui n’est pas considérée comme un ustensile pour le tri ; son utilisation étant courante, elle est assimilée à un couvert qu’il est permis d’utiliser (cf. infra paragraphe 12). Ainsi si on a une soupe qui contient des légumes comme des carottes, pommes de terre et oignons, ou encore une soupe enrichie avec des pâtes ou du riz, il est permis de se servir du bouillon uniquement en utilisant une louche.

15. Il est de même permis de remplir la louche de soupe avec des légumes ou des pâtes, puis de pencher la louche de façon à ce que la soupe uniquement se déverse dans l’assiette. Cependant, il est interdit de remplir la louche de bouillon uniquement en l’introduisant verticalement dans le plat et en l’inclinant légèrement de manière à empêcher le passage de légumes ou de pâtes. Cela revient en effet à trier à l’aide d’un ustensile, chose interdite même si l’on recueille l’aliment désiré et laisse le déchet.

16. Dans le cas où on désire uniquement les légumes ou les pâtes sans la soupe, il est interdit de remplir la louche de soupe avec les légumes ou les pâtes, puis de pencher la louche dans la casserole afin d’en extraire la soupe et conserver les légumes seuls ; on retirerait alors le déchet en gardant l’aliment, ce qui est interdit. (Pour cette raison également, il est défendu de verser l’eau contenue dans les boîtes de conserves de maïs, d’olives etc., car on extrait ainsi le déchet de l’aliment). On doit donc verser dans l’assiette tout le contenu de la louche puis manger ce qui nous intéresse.

17. Si on désire manger tant la soupe que les légumes mais en les consommant séparément, on a le droit de remplir la louche de soupe et de légumes et d’incliner la louche de façon à verser la soupe seule dans une assiette, puis les légumes restants à part. En effet, puisqu’on a l’intention de consommer les deux, cela revient à séparer deux aliments et non pas un aliment d’un déchet, ce qui est autorisé si on les consomme immédiatement.

18. Il est interdit d’utiliser pendant chabbat une écumoire pour se servir des légumes uniquement, puisqu’il s’agit d’un tri à l’aide d’un ustensile destiné à cet effet.

> La séparation des déchets d’un aliment

19. Lorsque des déchets sont mêlés à un aliment, il est interdit de séparer les déchets de l’aliment en les retirant, même si on ne retire qu’une partie des déchets. Cela est interdit même si on a l’intention de consommer l’aliment immédiatement, puisque la façon normale de manger est de saisir ce que l’on veut consommer ; mais retirer le déchet est une façon de nettoyer l’aliment pour le rendre apte à la consommation lorsqu’il le désirera, ce qui constitue l’acte même de trier.

20. Si quelqu’un au milieu de son repas trouve un déchet dans le morceau qu’il est en train de consommer, il a le droit d’extraire le déchet de l’aliment, puisque c’est la façon normale d’agir, que de retirer tout en mangeant un déchet qui nous empêche de poursuivre notre consommation. Néanmoins, celui qui se montre strict même dans ce cas est digne de bénédiction.

21. Il convient de prendre garde à priori de ne pas retirer les arêtes du poisson dès le début du repas, mais de commencer à manger et dès qu’on trouve une arête, la retirer. Malgré cela, les femmes qui ont pris l’habitude de retirer les arêtes du poisson avant le repas pour les enfants en bas âge (qui ne peuvent pas manger un morceau avec des arêtes), ont sur qui s’appuyer, et telle la coutume dans certaines communautés. Il faudra alors le faire juste avant le repas, comme nous l’avons expliqué au paragraphe 6. (Pour cette raison, les communautés ashkénazes ont la coutume de consommer lechabbat de la farce de poisson [“Guéfilte fish”] qui est dépourvue d’arêtes, afin d’éviter tout risque de trier.)

22. Pour le poulet, il faut séparer la viande de l’os et non l’inverse. S’il y a sur les os un peu de chair ou de la sauce, il est permis dans ce cas de les retirer tout en mangeant, c’est-à-dire sucer chaque os que l’on enlève, pour ensuite le jeter. Ceci est autorisé même si notre but est de retirer l’os et non de consommer les restes de viande qui s’y trouvent.

23. Des fruits qui ont un seul noyau attaché à la chair du fruit, comme les dattes, les pêches, les abricots, etc., il est permis d’en retirer le noyau avec la main pour consommer le fruit immédiatement. En effet, lorsqu’on enlève le noyau, on tient le fruit dans l’autre main et cela revient également à séparer l’aliment du déchet. De même est-il permis de retirer la tige du fruit qui le relie à la branche, lorsqu’on va le manger.

24. Lorsque des fruits contiennent plusieurs pépins tels les grains de raisins, il est interdit d’en extraire les pépins bien que l’on tienne le fruit dans sa main, puisqu’il faut retirer du fruit chaque pépin l’un après l’autre, et tant qu’on n’a pas enlevé le dernier pépin du fruit, cela est considéré comme si on séparait le déchet de l’aliment. On doit donc introduire le grain de raisin entier dans la bouche, pour en rejeter ensuite les pépins.

25. Il est interdit d’enlever les pépins de la pastèque avant de la consommer, même dans l’immédiat, puisqu’on sépare ainsi les déchets de l’aliment. Il faudra plutôt saisir la tranche de pastèque et la secouer avec force pour que les pépins tombent d’eux-mêmes. Pour le reste des pépins contenus à l’intérieur de la pastèque, on pourra les retirer au fur et à mesure, à la main ou à l’aide d’une fourchette. Certains décisionnaires permettent d’enlever les pépins de la pastèque comme on le désire, si cela est fait juste avant de consommer le fruit.

26. En ce qui concerne les pépins et autres déchets du melon, il est permis de les retirer si on veut consommer le melon immédiatement, de la même manière qu’il est permis d’éplucher des fruits dans ce cas, comme nous le verrons de suite.

27. Il est interdit d’éplucher pendant chabbat des fruits ou légumes dont l’épluchure n’est pas tellement liée àles consommer immédiatement. En effet, bien que l’épluchure n’est pas vraiment mêlée à l’aliment mais l’enveloppe plutôt, on la considère tout de même comme mêlée au fruit qui y est rattaché, et la retirer consiste à trier. Malgré cela, il est permis d’éplucher un tel fruit pour le consommer immédiatement, puisqu’il est impossible d’avoir accès au fruit sans l’avoir épluché au préalable ; ainsi, bien que l’on retire le déchet de l’aliment, cela est autorisé car c’est là la manière normale de consommer, au même titre que retirer l’aliment du déchet.

28. Il est permis d’éplucher des fruits dont la peau est fortement liée au fruit, même pour les consommer plus tard, puisqu’en épluchant le fruit avec un couteau, on retire aussi une partie de la chair du fruit avec la peau. Ainsi est-il autorisé d’éplucher des melons, des mangues ou tout autre fruit semblable pendant le chabbat, même si on n’a l’intention de les consommer que bien plus tard.

29. L’épluchure des fruits dont la peau est comestible n’est pas considérée comme un déchet, même si elle n’est que difficilement consommable. Il est donc permis d’éplucher des concombres, des pommes, des poires ou des carottes le chabbat, même pour une consommation ultérieure ; la peau étant elle-même consommable, la notion de tri ne s’applique pas. Il sera même permis d’éplucher ces fruits et légumes avec l’économe réservé à cet effet.

30. Si un insecte est tombé dans un verre rempli, certains permettent de le retirer, que ce soit à la main ou à l’aide d’une cuillère. D’autres décisionnaires l’interdisent sauf si on retire un peu de la boisson avec l’insecte. C’est l’avis le plus indulgent qui est retenu, à la condition que l’on boive le contenu du verre dans l’immédiat. Néanmoins, il est préférable de se montrer plus strict dans la mesure du possible et le retirer à l’aide d’une cuillère avec un peu de la boisson. On pourra alors le faire même dans l’intention de boire le verre plus tard, comme dans le cas du paragraphe 29.

31. Il est autorisé de rincer des fruits et légumes, que ce soit en les frottant à la main sous l’eau pour en enlever les saletés, ou bien en les passant sous un jet d’eau de façon à ce que les saletés tombent d’elles-mêmes. Il est cependant bien de le faire juste avant de les consommer. Par contre, il sera interdit de les laisser tremper dans un récipient rempli d’eau afin qu’ils se nettoient, même pour les consommer de suite, car cela revient à trier au moyen d’un ustensile (cf. paragraphe 11). Il est toutefois permis de mettre des raisins dans une passoire pour les rincer sous le robinet, bien que l’eau s’écoule alors par le bas.

32. Il est interdit à celui qui rince des raisins posés dans une assiette d’incliner ensuite l’assiette pour la vider de son eau, puisque cette eau est tout comme un déchet qu’il veut séparer des raisins. Il faudra donc retirer les raisins de l’assiette avant de la vider de son eau.

33. Il est permis le chabbat de vérifier des feuilles de salade ou d’autres légumes et de retirer les insectes qui s’y trouvent éventuellement. Cependant puisqu’il est notoire que les laitues et autres feuilles de salade (qui n’ont pas subi de traitement particulier) sont infestés de vers et d’insectes, et qu’on a coutume de les tremper dans de l’eau savonneuse ou de l’eau salée, il sera interdit de le faire, car on tue ainsi de façon certaine des insectes, chose qui est interdite le chabbat. Il faut donc les nettoyer avant l’entrée du chabbat.

34. Il est permis d’enlever les petits pucerons qui sont sur la peau des agrumes ou qui se sont déposés sur le fruit même, pour consommer le fruit de suite. De mê

35. Sur deux espèces d’aliments qui sont entremêlées, la notion de tri s’applique si on veut séparer une espèce de l’autre ; l’espèce que l’on ne veut pas consommer à présent est en effet considérée un "déchet" relativement à celle que l’on désire manger, comme nous l’avons mentionné au paragraphe 2. Il convient donc de prendre l’espèce qu’on a l’intention de consommer et laisser le reste, car retirer l’espèce qu’on ne désire pas reviendrait à trier le mauvais du bon, ce qui est interdit même pendant le repas.

36. Lorsqu’on a devant soi deux espèces de fruits mêlés les uns aux autres, chaque espèce est considérée comme un "déchet" par rapport à l’autre. Regrouper chaque espèce séparément revient à trier l’aliment du déchet. Aussi est-il interdit de le faire si on a l’intention de ne les consommer que plus tard. Si par contre on veut les manger dans l’immédiat, ce sera autorisé, puisque l’on désire consommer chaque espèce du mélange, et cela équivaut à trier un aliment du déchet, qui est autorisé pour un besoin immédiat, comme nous l’avons vu au paragraphe 5.

37. La permission qui vient d’être énoncée n’est valable que lorsqu’on a l’intention de manger des deux espèces. Si par contre on ne veut consommer qu’un seul type de fruit, il faudra prendre l’espèce que l’on désire et laisser l’autre dans la corbeille. Il sera toutefois permis de retirer la seconde espèce pour la donner à autrui qui désire en manger (dans l’immédiat), même si on le fait aussi dans le but de ne laisser dans la corbeille que l’espèce que l’on désire soi-même.

38. Lorsqu’on a un mélange d’éléments d’une même espèce, par exemple des pommes de tailles différentes mélangées dans une corbeille, il est autorisé de les séparer et en faire des tas en fonction de leur taille. En effet, puisqu’il s’agit d’une seule et même espèce, aucun fruit n’est considéré comme déchet et la notion de tri ne s’applique pas. Ceci n’est toutefois permis que si on le fait dans le seul but de les ordonner. Si en revanche on veut les séparer pour présenter devant des invités les fruits de belle taille uniquement, les fruits plus petits sont alors considérés comme du déchet et il faudra prendre soin à retirer les beaux fruits d’entre les petits et non l’inverse. De plus, il faudra le faire juste avant de présenter les fruits aux invités. De même pour un paquet de “Matsot” dont on veut tirer des “Matsot” entières pour faire dessus le motsi, on devra les prendre juste avant le repas (les “Matsot” brisées sont considérées comme un "déchet", la bénédiction devant être récitée sur deux “Matsot” entières). Certains décisionnaires se montrent plus indulgents et le permettent.

39. Ce qui vient d’être énoncé dans le paragraphe précédent n’est valable que lorsque les aliments sont tous de la même nature, et leur différence n’est que dans la taille. En revanche, si on a des fruits de goûts ou de variétés différents, ou bien des morceaux de poulets de parties différentes, ou même des morceaux de poulets identiques mais de préparation différente, certains étant cuits et d’autres grillés, dans tous ces cas l’interdiction de trier s’applique comme s’il s’agissait de deux espèces différentes.

40. L’interdiction de trier s’applique aussi lorsqu’on a plusieurs fruits de la même espèce dont certains sont gâtés et inaptes à la consommation, ou difficilement consommables. Il faudra donc dans ce cas retirer les bons fruits de ceux qui sont abîmés et non l’inverse.

41. Celui qui mange pendant chabbat une grappe de raisins doit prendre les grains qu’il désire consommer dans l’immédiat et laisser le reste, qui est considéré comme un déchet. Certains permettent cependant de retirer les mauvais grains qui sont visibles pour pouvoir présenter la grappe aux invités, juste avant de servir. Il n’est toutefois pas autorisé de rechercher des mauvais grains au milieu de la grappe pour les enlever. Celui qui se montre strict et amène la grappe telle quelle, est digne de bénédiction.

42. Des feuilles de laitue abîmées sont considérées comme un déchet. Ainsi, celui qui a devant lui un tas de feuilles de laitue ne peut pas en retirer les feuilles flétries, même si elles sont consommables. Il faut prendre uniquement les belles feuilles du tas, pour les consommer dans l’immédiat.

43. Si les feuilles sont encore attachéérieures abîmées, car cela est comparable à l’acte autorisé d’éplucher un fruit.

44. Une bouillie pour bébé dans laquelle se sont formés des grumeaux qui rendent le mélange inconsommable par le bébé, il est interdit de retirer les grumeaux qui sont alors considérés comme une espèce différente que la bouillie, n’étant pas consommables. Par conséquent, celui qui les retire sépare ainsi les déchets de l’aliment. Il faudra plutôt verser la bouillie seule dans un autre ustensile, sans les grumeaux. Il est également permis d’écraser les grumeaux pour les dissoudre, sans crainte de transgresser l’interdit de moudre.

45. Il est permis de verser dans un évier doté d’un filtre de l’eau ou de la soupe auxquelles sont mêlés des restes de repas, bien que l’eau s’écoulera alors que les restes d’aliments seront retenus par le filtre. La raison de cette permission est que l’on n’est intéressé à utiliser ni l’eau ni les restes de nourriture ; il n’y a donc pas d’"aliment" mais uniquement des déchets, sur lesquels l’interdit de trier ne s’applique pas.

46. Certains décisionnaires sont d’avis que l’interdiction de trier s’applique également à différents types de livres ou d’autres objets mêlés les uns aux autres, et leur statut est identique à celui de deux types d’aliments (cf. infra paragraphe 36). D’autres pensent que chaque objet est une entité distincte et repérable, et que l’on ne peut parler de mélange d’objets ; l’interdit de trier ne les concerne donc pas. En pratique, il convient d’être strict comme le premier avis. Toutefois, pour des objets de grande taille et discernables au premier regard, tel que des casseroles, des assiettes, ou des bouteilles différentes, on peut permettre de les trier même pour un besoin qui n’est pas immédiat. Celui qui s’abstient même de cela est digne de bénédiction.

47. e cuillères pour un usage immédiat, on peut uniquement retirer les cuillères du tas, et non l’inverse. Par contre, si on désire utiliser tous les types de couverts, il est permis de les trier, à l’image de deux types d’aliments (cf. paragraphe 36). Ainsi, lorsqu’on dresse la table juste avant le repas, on peut tirer les couverts pour les disposer à notre guise.

48. Il est par contre interdit d’ordonner des couverts pour ne les utiliser que plus tard, comme pour deux espèces d’aliments (cf. paragraphe 37). Ainsi lorsqu’on termine de laver la vaisselle, il est interdit de repartir les couverts à leur places respectives, mais on pourra ranger chaque couvert avant de le poser, juste après l’avoir rincé.

49. L’interdiction de trier s’applique également à des couverts mêlés à des épluchures ou des restes de nourriture, tant qu’ils ne sont pas facilement discernables. On ne pourra donc retirer les couverts du tas pour les laver que si on compte les utiliser immédiatement.

50. Lorsqu’on balaye la maison et rassemble les ordures dans un coin, et que des jouets ou autres objets se trouvent dans le tas, on ne pourra pas les ramasser pour les ranger à leur place. On devra auparavant éparpiller le tas de telle façon que les objets ne soient plus mêlés aux ordures, pour ensuite les ramasser et les ranger.

51. Si plusieurs vêtements sont empilés sur un porte-manteau, et que l’on désire porter un vêtement se trouvant en-dessous, il est permis de retirer les vêtements du dessus pour atteindre celui qu’on désire prendre, à condition de le faire juste avant de le vêtir. Il n’y a pas de différence si l’on sait déjà à l’avance où se trouve exactement le vêtement en question, ou si on retire les vêtements un à un afin trouver celui dont on a besoin ; dans tous les cas il sera permis de retirer ceux du dessus pour atteindre le vêtement désiré. Certains sont plus tolérants et permettent d’agir ainsi même si on ne désire pas se vêtir de l’habit en question dans l’immédiat, et ils ont sur qui s’appuyer.

52. Il est permis d’utiliser pendant chabbat une salière dans laquelle des grains de riz ont été mélangés au sel pour en absorber l’humidité, bien qu’en saupoudrant le sel on le sépare des grains de riz qui sont retenus dans la salière. En effet, la salière n’a pas pour fonction essentielle de trier ces grains de riz, mais bien de saupoudrer le sel au cours du repas, et cela revient à trier "tout en mangeant" qui est permis, d’autant plus que l’intention de la personne n’est pas de trier.

53. Il est permis de filtrer un liquide que la majorité des gens boivent sans le filtrer, même à l’aide d’un filtre.

54. Il est permis d’utiliser le chabbat un robinet pourvu d’un filtre. (Si le filtre tombe, il sera cependant interdit de le remettre en place, à cause de l’interdit de construire.)

55. Il est permis de verser un concentré de thé à partir d’une théière, bien qu’elle soit équipée d’un filtre qui retient les feuilles de thé. A plus forte raison cela est-il autorisé si les feuilles de thé reposent au fond de la théière.

56. Il est permis de retirer le sachet d’une tasse de thé, bien que ce faisant des gouttes coulent du sachet dans la tasse.

57. Si on a devant soi une assiette dans laquelle sont mêlés des aliments et des déchets, et qu’en étendant sa main pour saisir un aliment on a pris par mégarde un déchet qu’on a ensuite jeté de côté, on n’a pas enfreint l’interdit de la Torah de trier, puisque l’intention était de prendre un aliment et non un déchet. Cela reste toutefois un interdit d’ordre rabbinique. En revanche, si on repose aussitôt le déchet dans l’assiette d’où on l’a pris, on n’a commis aucun interdit puisque l’intention était permise, et qu’en outre le déchet est concrètement resté mélangé aux aliments.

58. En conséquence, il faut éviter de tendre la main vers une assiette sans faire attention à ce que l’on va prendre, même si notre intention est de saisir un aliment. En effet, si par mégarde on prend un déchet, on pourrait transgresser un interdit de nos Sages. Ainsi, si on a une assiette de pépites où sont mêlées des écorces, on doit regarder ce que l’on prend pour ne pas saisir par erreur une écorce. Si cela s’est tout de même produit, on reposera l’écorce dans l’assiette, comme cela a été expliqué dans le paragraphe précédent.

59. Si quelqu’un a délibérément enfreint le chabbat l’interdit de trier (par exemple en retirant des écorces mêlées à une assiette de pépites, ou même en retirant les pépites mais pas pour les consommer dans l’immédiat), l’aliment est interdit à la consommation, pour celui qui a transgressé l’interdit comme pour toute autre personne. Il ne sera possible de le consommer qu’après avoir mélangé de nouveau la nourriture au déchet, de manière à ne tirer aucun profit de la transgression. On procédera ensuite au tri de façon permise cette fois, c’est-à-dire en retirant la nourriture pour la consommer de suite. Cela n’effacera certainement pas la faute de la personne qui devra se repentir, mais l’aliment sera tout au moins permis à la consommation. Ce qui vient d’être énoncé n’est valable que pour une transgression volontaire. Dans le cas d’une transgression involontaire, on est plus tolérant et on autorise la consommation de ce qui a été trié, même pour l’auteur de la faute lui-même. (Ce dernier devra cependant se repentir sur cette transgression, bien qu’involontaire et non intentionnée). 

Règles concernant un objet mouktsé le chabbat

> Les règles du mouktsé

>> Introduction aux règles concernant le déplacement d’un objet mouktsé le chabbat

Nos Sages ont interdit de déplacer certains objets le chabbat. Quelle est la raison de cette interdiction?

1. Nous avons vu que les Prophètes (voir Isaïe 58,13) nous ont ordonné de veiller à ce que notre démarche le chabbat ne soit pas hâtive comme celle de la semaine, que nos sujets de conversation duchabbat soient différents aussi du reste de la semaine (ne pas parler de commerce, de travail etc.). Bien que ces choses-là ne demandent pas d’efforts et ne sont pas antithétiques au repos caractéristique du chabbat, elles ont tout de même été interdites. A plus forte raison, nos Sages ont vu la nécessité d’interdire le déplacement d’objets le chabbat de la même manière qu’en semaine, afin que le jour du chabbat n’ait pas pour nous la teneur d’un jour banal de semaine, et que l’on passe cette journée sainte à ramasser des objets divers et les transporter d’un endroit à l’autre, ou à faire du rangement. Ceci constituerait en effet un manquement à l’objectif même du chabbat, inscrit dans la Torah: "Afin que se repose etc." (Deutéronome 5,14).

2. Un autre raison est donnée: si on autorise le déplacement d’objets qui servent à un usage interdit lechabbat (comme un marteau et des clous, un stylo, ou encore des appareils électriques), cela peut nous amener par erreur à utiliser ces objets pour le travail interdit pour lequel ils ont été conçus et venir ainsi à transgresser le chabbat.

3. Une explication supplémentaire est que si l’on autorise le déplacement d’objets sans restriction, on pourra aisément en arriver par mégarde à les faire sortir du domaine privé au domaine public, et transgresser par-là même l’interdiction de la Torah de transporter d’un domaine à l’autre.Pour toutes ces raisons, nos Sages ont donc interdit de déplacer même des objets dont l’usage est permis (comme des chaises, un banc, un vêtements, des clefs), sauf si on désire les utiliser. En outre, les objets que la personne ne compte pas utiliser pendant le chabbat (ce qui peut être pour des raisons diverses, comme nous le verront plus loin) prennent le statut de mouktsé, et il est interdit de les déplacer même pour les utiliser (comme nous allons le développer).Il existe six catégories différentes demouktsé:

1. “Les objets servant à un travail permis.2. “Les objets servant à un travail défendu.3. “Les objets qui risquent de perdre de leur valeur lorsqu’on les utilise.4. “Les objets mouktsé par nature.5. “Les objets mouktsé à cause d’un interdit.6. “Les objets servant exclusivement à l’accomplissement d’unemitsva.

Nous allons expliciter ces différentes catégories dans les parties suivantes. Par souci de simplification, ce chapitre sera divisé en huit parties.

Partie 1. Les objets servant à un travail permis

1. Il s’agit d’un objet qui sert généralement pour un usage permis le chabbat, comme par exemple une chaise, une table, un banc, un coussin, des vêtements ou autre. Même si parfois cet objet est parfois utilisé pour un usage interdit le chabbat, il conserve néanmoins son statut d’objet à usage permis, comme nous le verrons dans la deuxième partie (au paragraphe 14).

2. Il est permis de déplacer pendant chabbat un objet à usage permis afin de l’utiliser, ou si l’on a besoin de l’endroit où il est posé. Il est en outre permis de le déplacer pour le protéger d’un vol éventuel ou d’une détérioration quelconque, ou même pour mettre simplement de l’ordre dans la maison en l’honneur du chabbat. En revanche, déplacer inutilement ces objets sans aucune raison est interdit.

3. Par conséquent, quelqu’un qui s’ennuie et cherche à s’occuper, n’a pas le droit de déplacer même des objets à usage permis s’il le fait sans but précis, juste pour passer le temps, ce qui n’est pas considéré comme un besoin. De même, celui qui a amené un objet, et après l’avoir posé, s’est rendu compte qu’il n’en avait pas besoin, n’a pas le droit de le remettre à sa place, sauf si c’est pour préserver l’objet ou ranger la maison.

4. Il est autorisé de déplacer le chabbat des aliments, des boissons et des livres saints, même sans nécessité.

5. Un éventail destiné à chasser les mouches ou s’éventer s’il fait chaud, est considéré comme un objet à usage permis.6. Un balai compte aussi dans la catégorie des objets à un usage permis, puisqu’il est permis de balayer un sol carrelé le chabbat. En revanche, une raclette pour le sol est un objet à usage interdit puisqu’il est interdit de laver le sol le chabbat, même carrelé.

7. Il est autorisé de déplacer à l’intérieur de la maison un bracelet-montre mécanique pour le protéger d’un vol éventuel ou éviter qu’il ne s’abîme, comme tout objet à usage permis le chabbat. Cependant si la montre est cassée et doit être réparée, ou même si elle a cessé de fonctionner parce qu’il faut la remonter, il sera interdit de la déplacer pendant chabbat.

8. Concernant un bracelet-montre à pile, certains autorisent de la déplacer le chabbat, à l’image des autres objets à usage permis, et tel est l’avis de notre maître le Richone létsiyone Rav ’Ovadia Yossef. D’autres interdisent puisque la pile et le courant sont mouktsé et interdits au déplacement autant qu’une bougie. C’est l’avis du Roch Yéchiva Rav Méir Mazouz.Deuxième partie”

Partie 2. Les objets servant à un travail interdit

1. Un objet servant à un travail interdit est un objet spécifiquement réservé à une utilisation interdite le chabbat ; par exemple: un marteau, des clous, un stylo, une aiguille à coudre, des ciseaux de couture, un porte-monnaie, un “shofar”, des instruments de musique, une casserole, une poêle, un téléphone, etc.

2. Il est autorisé de déplacer un objet servant à un travail interdit le chabbat uniquement si on a besoin de cet objet ou de son emplacement: il sera permis de déplacer l’objet pour en faire un usage permis le chabbat (par exemple déplacer un marteau pour casser des noix), ou si l’on a besoin de l’endroit où est posé cet objet (par exemple déplacer un marteau posé sur une table afin de pouvoir utiliser la table). Il sera défendu de déplacer un objet à usage interdit à une fin autre que celles-ci.

3. Comme cela a été dit précédemment, il est autorisé de déplacer un marteau pour casser des noix. De même, il est permis d’utiliser une aiguille pour extraire une écharde de sa chair, ou pour attacher les pans de son vêtement, puisqu’il s’agit d’un déplacement par besoin de l’objet.

4. Il est permis de déplacer un objet à usage interdit afin d’avoir accès à un autre objet posé en-dessous, cela équivaut au besoin de son emplacement.

5. Un pilon à ail est un objet à usage interdit. Cependant, s’il est suspendu à un clou sur un mur, et que par-derrière est suspendue une louche que l’on désire prendre, il est permis de retirer le pilon pour avoir accès à la louche.

6. Il est autorisé d’ouvrir la porte d’un lave-vaisselle qui ne fonctionne pas [si cela ne déclenche aucune action électronique] afin de se servir de la vaisselle qui s’y trouve. De même est-il permis d’ouvrir la porte d’un sèche-linge pour prendre un vêtement de l’intérieur.

7. Il est défendu de déplacer un objet à usage interdit uniquement pour le protéger et non par besoin de l’objet même ou de son emplacement. Ainsi, si un objet se trouve au soleil et que l’on craint qu’il ne se détériore, il est interdit de déplacer pour le mettre à l’ombre ; de même s’il se trouve dans un endroit non surveillé, il ne sera pas permis de le déplacer pour le mettre en lieu sûr.

8. Il sera permis de déplacer un objet à usage interdit qui se trouve dans un endroit où il est susceptible de se détériorer, en le prenant afin de l’utiliser ou d’utiliser son emplacement, même si son intention principale reste de le protéger. On pourra ensuite déposer l’objet où on veut, tant qu’on le tient en main

9. Certains décisionnaires permettent de déplacer un objet servant à un travail interdit même avec la seule intention de le protéger, en déposant dessus un autre objet qu’il est permis de déplacer comme un morceau de pain, ou une assiette ou autre ustensile permis. D’autres décisionnaires l’interdisent. En pratique, le Rav Moché Lévi a tranché qu’il convient de montrer strict, sauf dans un cas de force majeure ou de grande perte, auquel cas on pourra s’appuyer sur l’avis plus tolérant. L’opinion de notre maître le Richone létsiyone Rav ’Ovadia Yossef est de permettre même à priori.

10. Il est interdit de déplacer des objets à usage interdit dans la seule intention de mettre de l’ordre dans la maison, car ce n’est pas considéré comme avoir besoin de leur emplacement. On pourra cependant le faire avec un “chinouï”, c’est-à-dire d’une manière différente et inhabituelle.

11. Des Téfilines sont considérés comme servant à un travail interdit. Il sera donc autorisé de déplacer pour « eux-mêmes » (par exemple étudier la forme du “Chine”) ou pour utiliser la place qu’ils occupent (par exemple dans le cas où elle se trouve sur une table dont on a besoin). Par contre, s’ils se trouvent dans un endroit où l’on craint qu’ils ne s’abîment (au soleil par exemple), on ne pourra les déplacer, sauf si on pense aussi à utiliser leur emplacement (comme cela a été expliqué précédemment dans le paragraphe 8).

12. Si des Téfilines sont déposés sur un Talit que l’on veut prendre, il est permis de les retirer. Toutefois, s’il est possible de tirer le Talit de dessous les” Téfilines”, il sera interdit de les retirer, car cela reviendrait à les déplacer sans nécessité (comme nous le verrons plus loin au paragraphe 17).

13. Si des Téfilines sont posés de manière degradante, il est permis de les déplacer et les déposer autre part.

14. Un objet servant en général à un travail permis ainsi qu’à un travail interdit tout à la fois a le même statut qu’un objet à usage exclusivement permis. Il sera donc permis de le déplacer même pour le protéger. Tel est le cas par exemple d’une échelle de maison. En revanche, un objet que l’on utilise majoritairement pendant la semaine pour un travail défendu (comme une échelle de professionnel), il sera considéré comme un objet à usage interdit, qu’on ne pourra déplacer que pour l’utiliser ou pour son emplacement.

15. Une casserole est considérée comme un objet à usage interdit puisque sa fonction principale est de cuire, qui est un acte interdit le chabbat ; bien que les plats y sont en général conservés jusqu’à qu’on les serve, cela ne représente qu’une utilisation secondaire. Cependant si on a l’habitude d’en faire d’autres utilisations, comme y entreposer des fruits par exemple, on prendra en compte l’utilisation majoritaire: si on l’utilise la plupart du temps pour la cuisson, la casserole sera considérée comme objet à usage défendu. Le cas contraire, on lui appliquera les règles d’un objet à usage permis.

16. En tout état de cause, tant que le plat est encore à l’intérieur de la casserole, elle a le même statut que les aliments qu’elle contient et il sera permis de la déplacer même pour la protéger uniquement. En effet, tout le temps qu’elle contient le plat, elle lui est accessoire, lui servant de support. Il en est de même concernant un moule à gâteau. Le moule en lui-même est un ustensile à usage interdit, mais tant qu’il contient le gâteau, il a le même statut que le gâteau.

17. Il est interdit d’utiliser un objet mouktsé pour en faire un usage permis le chabbat, si on peut effectuer l’action désirée en évitant de l’utiliser, même si cela est moins aisé. Par conséquent, il sera interdit de déplacer un objet à usage interdit pour s’asseoir à sa place si on peut s’asseoir ailleurs, même si le siège où repose cet objet est un peu plus confortable.

18. Si on dispose de manière égale d’un objet à usage interdit et d’un autre objet à usage permis, certains sont d’avis qu’on peut utiliser celui que l’on désire, sans devoir préférer l’objet permis. D’autres pensent qu’il faut à priori utiliser l’objet permis, si cela ne nous occasionne aucun désagrément ou effort.

Partie 3. Les objets qui risquent de perdre de leur valeur

1. Un objet dont l’utilisation habituelle est l’accomplissement d’un travail interdit et dont le propriétaire veille à ne pas l’utiliser pour un usage autre que celui auquel il est d’ordinaire destiné par crainte qu’il ne se détériore est appelé mouktsé par crainte d’une perte d’argent". Il est mouktsé car son propriétaire le réserve à son utilisation interdite et ne pense pas du tout l’utiliser pendant chabbatpour tout autre usage, par crainte d’une perte de la valeur de l’objet.

2. Il est interdit de déplacer pendant chabbat un objet mouktsé qui risque de perdre de sa valeur quelle qu’en soit la raison, même si l’on veut l’utiliser ou utiliser son emplacement, et à plus forte raison si on veut le déplacer pour éviter qu’il ne s’abîme.

3. Voici quelques illustrations d’objets mouktsé par crainte d’une perte de leur valeur: un couteau utilisé pour l’abattage rituel ou pour la circoncision, un couteau de sofère (scribe) qui lui sert à aiguiser les plumes, des bougeoirs en verre, en argent ou en or (même si on ne les a pas utilisés cechabbat), du tissu que l’on veut utiliser pour confectionner un habit, du papier à lettres, le parchemin d’un scribe etc. Dans tous ces cas en effet, on prend garde à utiliser les objets uniquement pour l’usage auquel ils sont destinés. Il sera donc interdit de déplacer tous ces objets le chabbat (ni pour les utiliser pour un usage permis ni pour utiliser leur emplacement puisque l’usage habituel est interdit lechabbat). De tels objets sont considérés comme mouktsé par crainte d’une perte de leur valeur.

4. Il est interdit de déplacer le chabbat des factures importantes, des lettres d’affaire, et tout document de valeur. En effet, on veille à ne pas s’en servir pour n’importe quel usage, et on ne peut bien sûr pas les utiliser pour l’usage auquel ils sont destinés – puisqu’il est interdit de les consulter pendant chabbat. Ces documents sont donc considérés comme mouktsé par risque d’une perte de leur valeur.

5. Celui qui a des objets neufs chez lui qu’il ne compte pas utiliser à titre personnel mais qu’il désire par exemple vendre ou offrir, de tels objets sont interdits au déplacement si leur propriétaire veille à ne jamais les utiliser. Par contre, si le propriétaire ne voit pas d’inconvénient à ce qu’on les utilise même s’ils sont destinés à la vente, parce qu’ils ne subiront aucune détérioration suite à cet usage, il sera permis de les déplacer. Cela est valable même si avant chabbat il n’avait pas prévu de les utiliser.

6. Il est interdit de déplacer une montre-bracelet qui s’est cassée (même si on a l’intention de la réparer après chabbat). Elle est considérée comme un objet mouktsé par crainte d’une perte de sa valeur, puisqu’en général on veille à ne l’utiliser pour aucun autre usage et quelle n’est plus utilisable pour l’usage auquel elle était destinée. Dans son esprit, elle est donc classée hors d’usage pour lechabbat.

7. Des verres de contact qui sont tombés de la monture d’une paire de lunettes sont également considérés comme mouktsé par crainte d’une perte de leur valeur. Il sera donc interdit de les déplacer même si ils sont tombés pendant chabbat. En revanche, s’ils sont tombés dans un endroit où ils peuvent s’abîmer, par exemple s’ils sont tombés par terre et qu’il y a un risque que quelqu’un les écrase par inadvertance, il est permis de les déplacer et les ranger dans un endroit plus sûr ; ensuite, on ne pourra plus les déplacer à nouveau.

8. Il est interdit de déplacer pendant chabbat des fruits d’Israël dont on n’a pas effectué les prélèvements, puisqu’on a l’habitude de déplacer des fruits uniquement pour les consommer et non pour d’autres usages. Or il est impossible de consommer ces fruits pendant chabbat, puisque les prélèvements n’ont pas encore été effectués. Ainsi ils ne sont aptes à aucun usage permis et sont donc considérés mouktsé par crainte d’une perte de leur valeur. Il en est de même pour du pain dont la‘Halla n’a pas été prélevée avant chabbat.

9. Il existe une solution pour celui qui n’a pas pu prélever avant chabbat la dîme des fruits ou la ‘Halladu pain. On peut en effet dans ce cas faire avant l’entrée du chabbat un “ténaï”, c’est-à-dire une condition stipulant que ce que l’on prélèvera par la suite pendant chabbat sera considéré comme étant prélevé dès à présent. (Il sera ensuite permis de cette façon de prélever les dîmes et prélèvements nécessaires). Dans cette hypothèse, les fruits ou le pain ne seront pas considérés du tout commemouktsé, puisqu’on a la possibilité de les rendre aptes à la consommation pendant chabbat.

Partie 4. Les objets mouktsé par nature

1. Tout objet qui n’est pas un aliment comestible ni un récipient (ni même le débris d’un récipient), bien qu’il soit possible de l’utiliser pendant chabbat pour une fonction quelconque, il est interdit de le déplacer pendant chabbat, et ce même pour l’utiliser ou utiliser son emplacement. On désigne cette catégorie sous le nom de mouktsé par nature", c’est-à-dire qu’il est rendu mouktsé par le simple fait que de par lui-même il n’est destiné à aucune utilisation, et n’a pas le statut d’un ustensile.

2. Des pierres (même si elles pourraient être utilisées comme couvercle), du sable, des sas de ciment, des poutres et des briques réservées à la construction, des pièces de monnaie ou des billets font partie de cette catégorie de mouktsé. Il est donc strictement interdit de les déplacer pendant chabbat.

3. Si avant l’entrée du chabbat, on a destiné un objet mouktsé par nature à un usage précis, cet objet est considéré comme un ustensile et il est permis de le déplacer chabbat.

4. Quelle est la durée pour laquelle on doit réserver l’objet afin que le déplacement soit autorisé? Si on réserve un objet à un usage qui n’est pas habituel, comme utiliser une pierre comme couvercle ou toute autre fonction non commune pour une pierre, il faut réserver la pierre à cet usage pour une durée illimitée. Mais si on la réserve seulement pour un chabbat, cela ne suffit pas à changer son statut, et il sera interdit de la déplacer.

5. En revanche, si on destine un objet mouktsé par nature à un usage habituel et autorisé par exemple par exemple si l’on veut réserver une pierre pour caler une porte ouverte afin qu’elle ne claque pas sous l’effet du vent, on n’a pas besoin de la consacrer à cet usage pour une durée illimitée, mais il suffit de la réserver pour un seul chabbat pour qu’elle ne soit plus mouktsé.N.B.: Dans tous les cas précédents où l’on parle de réserver un objet mouktsé par nature, la pensée seule est suffisante, et il n’est pas nécessaire de le dire explicitement.

6. Dans l’hypothèse où il suffit de réserver l’objet pour un chabbat uniquement (cf. paragraphe 5), un acte qui n’est pas accompagné par une pensée suffit également. Cela signifie que si on a utilisé un objet la veille de chabbat pour un usage habituel, même si on n’a pas pensé explicitement utiliser cet objet pendant chabbat, il ne sera pas mouktsé. Ainsi, si on a placé une pierre pour caler une porte la veille de chabbat on sera autorisé à la déplacer pendant chabbat même si on n’a pas pensé à la réserver à cet usage pour chabbat.

7. Il est interdit de déplacer pendant chabbat des aliments destinés à la consommation mais non comestibles en l’état. Ces aliments sont en effet mouktsé par nature. Ainsi il est interdit de déplacer du poisson cru pendant chabbat. Il en est de même pour des amandes amères crues, non comestibles à cause de leur amertume, de la levure, farine, levure chimique etc.

8. Un aliment cru qui normalement n’est pas consommé tel quel, mais qui pourrait être tout de même comestible, est considéré comme tous les aliments, et il est permis de le déplacer pendant chabbat. Ainsi il est autorisé de déplacer le chabbat de la viande crue ou du poulet cru, des blettes ou autres légumes qui se consomment généralement cuits, puisque ces aliments sont comestibles même crus, quoique difficilement.

9. Un aliment qui n’est pas du tout comestible, mais qu’il est possible de rendre propre à la consommation de manière permise le chabbat, n’est pas mouktsé même si en pratique on ne compte pas le rendre consommable ainsi ce chabbat. Aussi de la viande congelée qu’il est impossible de consommer en l’état, s’il y a une possibilité de la décongeler chabbat, n’est pas mouktsé même lorsqu’elle est congelée, parce qu’on peut la rendre apte à la consommation pendant chabbat en la décongelant (cela est valable même si elle est crue, comme on l’a vu dans le paragraphe précédent). Cela reste autorisé même si pour la décongeler il y aurait besoin de la faire tremper dans de l’eau chaude d’un “Kéli chéni” par exemple.

10. De la viande qui ne pourra pas être décongelée pendant chabbat faute de temps suffisant (par exemple si on est dans l’après-midi du samedi, proche du coucher du soleil), reste” mouktsé” par nature et il sera défendu de le déplacer.

11. Lorsqu’on sort certains aliments du congélateur, il convient de prendre garde à ne pas déplacer du poisson cru qui est mouktsé comme cela a été mentionné précédemment. De même on prendra soin de ne pas déplacer de la viande congelée si on n’a pas le temps de la décongeler pendant chabbat, car elle est également mouktsé. Si on doit absolument les déplacer, on pourra le faire avec “chinouï”, c’est-à-dire d’une façon différente de celle qu’on utilise habituellement (cf. paragraphe 14 et suivants).

12. Il est permis de déplacer des aliments non comestibles par des hommes mais qui peuvent être mangés par des animaux ou des oiseaux, domestiques ou non, qui sont présents dans la ville. Et ce même si on n’a pas d’animaux à proximité et qu’il y en a uniquement dans des quartiers plus éloignés. Ainsi il est permis de déplacer des os comestibles par des chiens s’il y a des chiens dans certains quartiers de la ville, même s’il n’y en a pas à proximité.

13. Il est interdit de déplacer des os très durs, des noyaux d’olives, de pêches ou de prunes, et autres pépins qui ne sont pas comestibles par les animaux de l’endroit, puisque ces aliments sont “mouktsé“par nature de la même manière que les pierres. Cependant, si un peu de l’aliment est resté attaché au noyau ou à l’os, même si on n’a pas l’intention de sucer ce noyau ou cet os pour consommer les résidus d’aliments qui s’y trouvent, on pourra les déplacer pendant chabbat. En effet, les épluchures et noyaux ont le même statut que l’aliment tant qu’ils n’en ont pas été entièrement séparés.

14. Il est permis de déplacer les débris d’un objet mouktsé qui s’est cassé s’ils se trouvent dans un endroit où ils présentent un danger. Tel est le cas par exemple d’un ustensile en verre qui s’est cassé à table, ou dans un endroit où marchent des passants. En effet, en cas de danger ou de risque de blessure nos Sages ont autorisé de déplacer un mouktsé.

15. Il est interdit de déplacer pendant chabbat un animal, domestique ou non, ou un oiseau, même pour l’utiliser ou utiliser leur emplacement. Ils sont en effet considérés mouktsé par nature. Cet interdit reste également valable pour des oiseaux d’apparat ou que l’on élève par distraction.

16. Il est donc défendu de déplacer pendant chabbat une cage où se trouvent des perroquets ou canaris. Il en est de même concernant un aquarium avec des poissons, même des poissons d’agrément. En revanche, il est permis de déposer devant eux de la nourriture et si on doit les faire manger directement avec notre main, on peut les nourrir de cette façon, à la condition toutefois de ne pas les déplacer. (Précisons que nos Sages ont permis de nourrir des animaux du type de ceux que l’on vient de mentionner, que s’ils ne peuvent se procurer de la nourriture par leurs propres moyens. Dans ce cas on est obligé de pourvoir à leur nourriture. Il est cependant interdit de nourrir des animaux errants, ou qui nous appartiennent mais peuvent se débrouiller de la nourriture par leurs propres moyens).

17. Les jouets ne sont pas considérés comme des ustensiles puisqu’ils ne sont pas faits pour être "utilisés" mais pour jouer. Ainsi, il est interdit de déplacer des jouets le chabbat même pour les utiliser ou pour utiliser leur emplacement. Ils appartiennent en effet à la catégorie des objets mouktsé par nature. Certains décisionnaires l’autorisent. En pratique, il convient d’être tolérants envers les enfants jusqu’à leur majorité religieuse (“Bar Mitsva”) et les autoriser à utiliser des jouets pendant chabbat(sauf ceux qui marchent à l’électricité, évidemment) et à les déplacer à leur guise. Par contre, passé l’âge de la “Bar-mitsva” il faut les empêcher de jouer ou même de déplacer des jouets. Quant aux femmes qui jouent avec leurs enfants à toutes sortes de jeux pendant chabbat, on ne leur fera aucun reproche.

18. Tous les décisionnaires permettent néanmoins de déplacer des jouets réservés à des petits enfants jusqu’à l’âge de deux ans. L’objectif de ces jouets étant de calmer les enfants et les empêcher de pleurer, ils sont alors considérés comme des objets à usage permis le chabbat.

19. De même, selon tous les avis, il est autorisé de déplacer des jouets dont on fait une utilisation réelle, telles des voitures pour enfants sur lesquels les enfants s’assoient et roulent avec. En effet, le fait qu’ils s’assoient sur ces jouets est considéré, sans aucun doute, comme une "utilisation" et ils sont donc équivalents à des objets à usage permis le chabbat.

20. Si des personnes sont assises dans une pièce où se trouve une chose répugnante dont il n’est pas agréable de se trouver à proximité, par exemple du vomi ou des excrément (qu’il s’agisse d’excréments d’hommes ou d’animaux), il est permis de la ramasser et de la jeter aux ordures ou aux toilettes. Bien que ces choses soient mouktsé par nature, nos Sages ont permis de les déplacer par respect de la dignité de l’homme.

21. Si sur une table se sont amoncelés des épluchures et déchets de nourriture à tel point qu’il n’est pas agréable de s’y asseoir, on peut déplacer ces déchets même à la main et les retirer de la table. Cela est valable même si les déchets sont mouktsé, par exemple s’ils ne sont pas comestibles par des animaux. De même il est permis de débarrasser de la table les récipients qui sont sales et où se trouvent des restes de nourriture, et ce même si on n’a pas besoin de leur emplacement. Cette règle s’applique pour tous les exemples similaires.

22. Si un bébé a fait ses besoins dans un pot et que ce dernier se trouve dans une pièce où sont assis des gens, on peut le transporter et le vider aux toilettes. Cependant s’il est propre il est interdit de le déplacer pour faire de l’ordre dans la maison car il relève du statut d’un objet à usage interdit, que l’on peut déplacer uniquement pour s’en servir ou pour utiliser son emplacement.

23. Il est défendu de déplacer pendant chabbat une poubelle dans laquelle on jette les ordures si des aliments non comestibles par des animaux s’y trouvent également. En revanche si la poubelle est remplie et qu’il n’y a pas d’autres endroits pour jeter les déchets supplémentaires, on pourra transporter la poubelle et jeter le sac dans les ordures communes du bâtiment (à condition, évidemment, qu’il y ait un “érouv” valable qui permette de faire sortir des objets de la maison). Selon l’avis du Roch Yéchiva Rav Méir Mazouz, une poubelle dans laquelle se trouvent entre autre des aliments comestibles par des animaux peut être déplacée sans aucun problème.

24. La même règle s’applique si la poubelle n’est pas entièrement remplie mais qu’une odeur désagréable s’en dégage et cause un désagrément. On peut dans ce cas la vider et jeter le sac dans les poubelles communes.

25. Une poubelle dont on a vidé le contenu dans la poubelle commune pourra être ramenée vide à la maison.

Partie 5. Les objets mouktsé à cause d’un interdit

1. Il est défendu de déplacer le chabbat tout objet qu’il était interdit de déplacer à l’entrée duchabbat et pendant le crépuscule (c’est-à-dire de l’heure du coucher du soleil à la sortie des étoiles), même si la cause qui donnait le caractère mouktsé à cet objet à l’entrée du chabbat a disparu à présent. On nomme cette catégorie mouktsé à cause d’un interdit".

> Exemples

2. Des fruits qui sont tombés d’un arbre au cours du chabbat sont mouktsé et il est interdit de les déplacer. En effet, puisque pendant le crépuscule il était défendu de les déplacer (à cause de l’interdit de cueillir), ils ont le statut de mouktsé pour tout le chabbat.

3. Il est interdit de déplacer un verre dans lequel on a allumé une veilleuse, même après que la flamme se soit éteinte. En effet, le verre était pendant toute la durée du crépuscule le support d’un objet interdit (en l’occurrence la flamme qui est mouktsé), il est donc rendu interdit au déplacement pour tout le chabbat.

4. Cette règle s’applique pour tout objet à usage permis sur lequel était posé à l’entrée du chabbatquelque chose de totalement interdit au déplacement, tel qu’une pierre ou de l’argent, de manière à ce que l’objet permis en soit devenu le support (consulter à ce propos la partie sept). Il sera dans ce cas défendu de le déplacer pendant tout le chabbat, et ce même si la chose interdite a été par la suite retirée, par l’action du vent ou par un petit enfant.

5. Par contre, on peut avoir à l’inverse un objet qu’il était permis de déplacer au crépuscule, puis qui a été rendu interdit au déplacement pendant chabbat, et que la cause qui l’interdisait ait finalement disparu. Tel est le cas par exemple d’une bougie qui a été allumée par un non-juif pendant chabbat, puis qui s’est éteinte. Dans ce cas, tant que la bougie est allumée, on ne peut la déplacer ; mais une fois qu’elle s’est éteinte, il sera permis de la déplacer, car une chose ne peut devenir mouktsé au milieu du chabbat. Cela signifie qu’un objet qui a été rendu momentanément interdit pendant lechabbat, bien qu’à ce moment-là il soit mouktsé et ne peut être déplacé, il n’en restera pas pour autant mouktsé pour tout le chabbat, même après la cause qui l’interdisait ait disparu.

6. Prenons ainsi le cas d’un enfant qui a déposé pendant chabbat un objet interdit sur une chose permise, de telle façon que la chose permise soit devenue le support de l’objet interdit, puis après un certain temps l’objet interdit est tombé, il sera alors autorisé de déplacer la chose permise, bien que pendant une partie du chabbat elle était le support d’un objet interdit et qu’on ne pouvait la déplacer à ce moment-là.

7. Toute chose qui n’est pas utilisable pendant le crépuscule mais qu’il est évident qu’elle va d’elle-même par la suite devenir apte à une utilisation pendant chabbat, ne sera pas considérée mouktsé à cause d’un interdit. Ainsi, si on a déposé sur la plaque chauffante de chabbat un plat non cuit et qu’il était impropre à la consommation au moment du crépuscule, ce dernier ne sera pas pour autantmouktsé à cause d’un interdit, puisqu’il est clair qu’il va cuire peu à peu pendant chabbat jusqu’à être comestible. (Remarque: ce qui vient d’être dit concerne uniquement les choses que l’on n’est pas intéressé à voir demeurer dans leur état actuel, c’est-à-dire hors d’usage, comme l’aliment cru dont on désire la cuisson. Par contre une veilleuse qu’on a allumée en l’honneur du chabbat, on désire qu’elle demeure allumée toute la durée du crépuscule au moins. Ainsi, même s’il est certain que la flamme s’éteindra d’elle-même à un moment donné, le verre ou le bougeoir dans lequel elle a été allumée est malgré tout mouktsé à cause d’un interdit, et il est donc défendu de la déplacer pendant tout le chabbat). De même une chose qui n’est pas comestible ou utilisable pendant le crépuscule, mais qu’il est en notre pouvoir de la rendre apte pendant chabbat, n’est pas considérée mouktsé à cause d’un interdit. Ainsi, de la viande congelée au moment du crépuscule (donc impropre à la consommation) n’est pas mouktsé à cause d’un interdit, puisqu’on peut la décongeler (dans de l’eau chaude d’un “Kéli chéni”) et la rendre comestible pendant chabbat.

8. Des vêtements lavés la veille de chabbat, qui au moment du crépuscule étaient encore mouillés à un point qu’il était strictement impossible de les porter, et qui ont séché ensuite pendant chabbat, pourront être ensuite déplacés à la condition que l’on soit en été. En effet, puisqu’il est alors certain qu’ils sècheront au cours du chabbat par l’action du vent et du soleil, et qu’on désire qu’ils sèchent et non qu’ils demeurent mouillés, ils ne deviennent pas mouktsé. En tout état de cause, il est interdit de les déplacer lorsqu’ils sont mouillés par crainte d’en arriver à les essorer. En cas de besoin, le déplacement pourra être opéré par deux personnes à la fois même si le linge est mouillé, puisqu’elles pourront se rappeler mutuellement l’interdiction d’essorer.

9. Lorsqu’on a mis au sèche-linge du linge mouillé, un fois le sèche-linge éteint, il est permis d’en retirer les vêtements pendant chabbat [si l’ouverture de la porte ne déclenche aucune action électronique].

10. Si on a oublié d’éteindre la lumière du réfrigérateur et que quelqu’un en a ouvert la porte par erreur, les aliments qui s’y trouvent ne sont pas devenus mouktsé. En effet, bien qu’au crépuscule, il était pout nous interdit d’ouvrir le réfrigérateur, on aurait pu avoir recours à des moyens autorisés pour le faire, par exemple par un non-juif, et donc on n’a pas renoncé dans notre esprit à toute la nourriture qui se trouve au réfrigérateur.

Partie 6. Diverses règles se rapportant à l’interdiction de mouktsé

> Déplacement d’un objet mouktsé que l’on a saisi de façon permise

1. Un objet mouktsé que l’on a saisi de façon autorisée pendant chabbat, tant qu’on le tient encore en mains on peut le transporter et le déposer à l’endroit de son choix. En effet, à partir du moment où l’on saisit l’objet et jusqu’à qu’on le repose, on considère qu’il s’agit comme un seul et unique déplacement, et puisque le déplacement a commencé de façon permise, il reste dans sa permission jusqu’à ce qu’on lâche l’objet.

> Exemples

2. Par conséquent, si on a saisi un objet à usage interdit pendant chabbat pour s’en servir de façon autorisée ou pour utiliser son emplacement, même lorsqu’on a fini de s’en servir ou qu’on l’a retiré de l’endroit dont on avait besoin, il n’est pas nécessaire de le lâcher immédiatement, de là où on se trouve. Tant qu’il est encore entre les mains, il est permis de le transporter et le déposer comme bon lui semble. Certains décisionnaires pensent toutefois qu’il convient de prendre garde à ne pas faire passer l’objet d’une main à une autre mais plutôt le garder dans la main qui l’a saisi initialement, jusqu’à ce qu’on le pose à l’endroit désiré ; d’autres l’autorisent. Mais selon tous, il est interdit de faire passer l’objet à une autre personne.

3. Il en est de même si on prend chabbat un fruit dans la main pour le manger et qu’il reste en main le noyau, ou si on casse des noix ou des amandes pour en consommer les fruits et que les écorces nous restent en main ; dans ces cas-là, bien que les noyaux et écorces ne soient pas comestibles par des animaux et sont donc mouktsé, il n’est pas nécessaire de les jeter de notre main immédiatement. On peut les garder dans la main et les transporter jusqu’à la poubelle pour les jeter, même si elle se trouve dans une autre pièce.

4. Certains pensent que si on mange des olives ou des dattes et qu’il reste le noyau dans la bouche sans aucun reste de fruit dessus, il est interdit de faire sortir le noyau de sa bouche avec la main. On devra plutôt le jeter directement de la bouche à la poubelle ou dans une assiette. D’autres permettent néanmoins de faire retirer le noyau de la bouche avec la main.

5. Si, par oubli ou par mégarde, on a saisi dans sa main un objet mouktsé alors que c’était interdit, certains décisionnaires assimilent cela à un objet pris avec permission ; selon eux, il est donc permis de le déplacer et le déposer où bon nous semble, tant que l’objet est encore dans nos mains (et ce, parce qu’on a cru faussement qu’il était permis de prendre cet objet). D’autres ne suivent pas cette opinion et l’interdisent. On pourra se montrer tolérant en cas de risque de perte, ou pour les besoins d’une mitsva. Ainsi, si on a sorti par erreur son “Loulav” de l’eau pendant chabbat ou les jours de fête (de “Souccot”), on peut le remettre dans l’eau tant qu’on ne l’a pas lâché des mains.

> Déplacer un objet mouktsé par une de ses extrémités

6. Il est interdit de déplacer un objet mouktsé même en ne tenant qu’une de ses extrémités. Ainsi il est défendu de balancer un objet mouktsé ou d’en soulever une partie, même si on ne le déplace pas entièrement. C’est la raison pour laquelle il est interdit de bouger chabbat un membre du corps d’un défunt bien que l’on ne déplace pas le corps dans son intégralité.

7. Ce qui vient d’être énoncé concerne uniquement les objets mouktsé que l’on a l’habitude de déplacer dans leur intégralité. Par contre, un mouktsé qu’on ne peut ou qu’on n’a pas l’usage de déplacer en entier (comme un animal de grosse taille), pourra être déplacé partiellement.

8. Par conséquent, il est permis de conduire un animal par une laisse attachée à un collier, bien qu’il soit inévitable que l’on fasse bouger le cou de l’animal en tirant. On peut autoriser cela même pour des animaux de petite taille, puisqu’on n’a pas l’habitude de porter un animal par sa laisse.

9. On peut également déplacer par une extrémité un objet mouktsé qu’il est impossible de déplacer entièrement parce qu’une de ses extrémités est fixée à un mur ou au sol. Ainsi il est permis de saisir des herbes ou des fleurs pendant chabbat qui sont encore liées au sol afin de sentir leur odeur, à condition de veiller à ne pas les arracher.

> Toucher un objet mouktsé

10. Il est autorisé de toucher un objet mouktsé le chabbat à la condition de ne pas le déplacer par-là, même partiellement. Cependant, si on le fait pour les besoins de cet objet mouktsé, même le simple acte de toucher sera interdit, que ce soit directement ou par l’intermédiaire d’un autre objet. Ainsi, si on utilise un récipient pour recouvrir un objet mouktsé pour ne pas qu’il ne s’abîme, on doit prendre garde à ne pas toucher du tout l’objet défendu même indirectement avec le récipient. Certains décisionnaires permettent de toucher l’objet mouktsé même dans l’intérêt de cet objet, à condition de ne pas le déplacer en le touchant. Notre maître le Richone létsiyone Rav ’Ovadia Yossef est de cet avis.

11. Il est permis d’utiliser le chabbat un objet mouktsé de l’endroit où il se trouve, comme par exemple déposer sur lui des objets. Ce sera permis même si cela va faire vaciller l’objet mouktsé, car un déplacement de façon indirecte (c’est-à-dire sans toucher le mouktsé directement avec la main mais en le déplaçant par l’intermédiaire d’autre chose) dans l’intérêt d’une chose permise est autorisé.

12. De même est-il permis le chabbat de s’asseoir sur un objet mouktsé tant qu’il demeure à la même place, même si l’objet vacille par-là. En effet, on ne le fait pas bouger dans ce cas avec les mains mais par l’intermédiaire de notre corps. Or, il est permis de déplacer un objet mouktsé avec le corps même dans l’intérêt de l’objet interdit ; à plus forte raison est-ce autorisé dans l’intérêt d’une chose permise.

13. D’après ce qui vient d’être énoncé, il est permis de s’asseoir sur le capot d’une voiture le chabbatmême si elle est légèrement secouée en conséquence. Cependant s’il y a un risque que l’alarme se déclenche, il faudra évidemment s’en abstenir.

> Déplacement d’un objet mouktsé de manière inhabituelle

14. On a le droit de déplacer un objet mouktsé le chabbat par l’intermédiaire d’un autre objet permis: C’est ce que l’on appelle un "déplacement de façon indirecte", c’est-à-dire d’une manière quelque peu différente de la normale. Cependant puisqu’il ne s’agit pas vraiment d’un changement radical dans la manière de le déplacer (puisqu’on déplace finalement le mouktsé par l’action indirecte de ses mains), nos Sages ont autorisé un tel déplacement uniquement si c’est dans l’intérêt d’une chose permise. C’est le cas par exemple si on veut utiliser l’emplacement où se trouvait le mouktsé et que l’on déplace alors l’objet interdit indirectement, par l’intermédiaire d’un objet permis. Par contre, si on le fait dans l’intérêt de l’objet mouktsé, cela est interdit.

15. En revanche, il est permis de déplacer un objet mouktsé si on ne le fait pas par l’action de ses mains mais par l’intermédiaire d’un de ses membres qui n’est pas normalement utilisé à cet effet, ou bien en soufflant dessus. C’est ce que l’on nomme un "déplacement avec son corps", et cela est autorisé cette fois même si on déplace l’objet mouktsé dans l’intérêt de cet objet, comme pour ne pas qu’il se casse ou s’abîme. Nos Sages ont autorisé cela puisque le déplacement s’opère par un changement majeur par rapport à la façon dont on le fait le reste de la semaine, en l’occurrence en n’utilisant pas du tout ses mains.

> Exemples

16. Il est permis de pousser avec son pied une pièce d’argent le chabbat, même si on n’a pas besoin de son emplacement et que l’on craint simplement qu’elle ne se perde si elle demeure là où elle se trouve. En effet, comme on l’a dit, le déplacement à l’aide de son corps est autorisé même dans l’intérêt de l’objet mouktsé.

17. Il est permis pendant chabbat de débarrasser de la table des épluchures et des os qui ne sont pas comestibles par des animaux, en les poussant avec un couteau ou une fourchette, si l’on a besoin d’une table propre afin de pouvoir l’utiliser. Cependant, on ne doit pas les déplacer à l’aide d’un torchon avec lequel on débarrasse habituellement la table des déchets et miettes qui s’y trouvent, puisqu’il est destiné à cet usage et que l’on déplacerait alors un objet mouktsé de façon habituelle. En tout état de cause, si les déchets sont répugnants pour les convives attablés, on peut les déplacer, et ce même avec sa main.

18. Il est interdit de balayer des épluchures non comestibles par des animaux, puisqu’il est d’usage d’employer un balai à cet effet. On déplacerait alors un objet mouktsé de façon habituelle. Cependant certains décisionnaires l’autorisent et ceux qui sont tolérants et reposent sur cette permission ont sur qui s’appuyer. A nouveau, si cela est tel que les personnes présentes en sont indisposées, on peut les déplacer même avec la main.

19. Il est interdit (à un adulte) de pousser un ballon de football avec le pied. En effet, puisqu’il s’agit de la façon normale de le déplacer lorsque l’on joue au football, cela ne constitue pas un déplacement inhabituel et c’est donc défendu.

20. Il est défendu de porter un enfant qui tient en main un objet mouktsé, tant que l’objet se trouve entre ses mains. Cela n’est pas considéré comme un déplacement indirect du mouktsé, mais c’est un déplacement en bonne et due forme, l’enfant tenant le mouktsé dans ses mains comme à son habitude.

Partie 7. Le support d’un objet interdit

1. Il s’agit d’un objet qu’il est permis de déplacer, qu’il soit un objet à usage permis ou à usage interdit (que l’on peut déplacer pour s’en servir ou pour utiliser son emplacement), sur lequel est posé un objet mouktsé strictement interdit au déplacement (comme mouktsé par crainte d’une perte de sa valeur ou mouktsé par nature). Dans ce cas, l’objet autorisé qui sert de support devient lui aussi strictement interdit, tout comme l’objet qui est au-dessus de lui. On parle alors de "support d’un objet interdit", l’objet permis faisant office de siège et support de l’objet mouktsé se trouvant sur lui, et prenant son statut.

2. Si l’objet interdit a été déposé sur la chose permise de manière involontaire, cette dernière n’est pas considérée comme le support de l’objet interdit. Tel est le cas par exemple si on avait un objetmouktsé dans la main et qu’on l’ait jeté, et que l’objet ait atterrit fortuitement sur une chose permise: la chose permise ne devient pas le support du mouktsé. De même, si avant chabbat on a déposé l’objet interdit sur la chose permise même volontairement, mais sans penser explicitement à l’y laisser durant le chabbat, l’objet permis ne devient pas support au mouktsé, et il sera autorisé de le déplacer de la manière explicitée dans les paragraphes ci-après (paragraphes 8 à 10).

3. Cependant, un objet sur lequel il est courant de placer du mouktsé devient support du mouktsémême si on a y déposé le mouktsé sans penser explicitement à ce qu’il y reste à l’entrée du chabbat. Ainsi, même si en introduisant de l’argent dans un porte-monnaie on n’a pas pensé explicitement à ce qu’il y reste pour chabbat, le porte-monnaie devient malgré tout le support de l’objet interdit si on n’a pas retiré l’argent avant chabbat, puisqu’il est d’usage d’y déposer de l’argent.

4. L’objet permis ne devient support de l’objet interdit que si ce dernier a une certaine importance. Dans le cas contraire, l’objet permis ne sera pas considéré comme le support du mouktsé. C’est le cas par exemple du vin qui reste dans le verre duquel a bu un non-juif (qui est interdit à la consommation, donc mouktsé), ou d’os et épluchures qui ne sont pas comestibles par des animaux et qui sont bons à être jetés. (Certains sont cependant plus stricts, cf. paragraphe ci-dessous.)

5. Une poubelle de table dans laquelle on a déposé les os et autres déchets non comestibles par des animaux, ne devient pas support de ce mouktsé. (Les déchets uniquement seront donc mouktsé). Par conséquent, si on a besoin de l’emplacement du plat, ou si l’on est installé à table et que l’on veut avoir une table propre et il n’est donc pas possible de secouer les déchets sur place, on peut alors déplacer l’assiette avec les déchets mouktsé qui s’y trouvent, en accord avec ce qui a été vu au paragraphe 14 de la partie six (déplacement inhabituel dans un intérêt permis). Certains sont cependant plus stricts et pensent que le plat devient le support des déchets qu’il contient. Il est donc interdit selon eux de déplacer ce plat, sauf si on y dépose également un objet permis. En tout état de cause, si c’est un plat jetable ou un sac en plastique qu’on a l’intention de jeter avec les déchets à la poubelle, tous les décisionnaires s’accordent à dire que le plat ou le sac devient dans ce cas support dumouktsé comme nous le verrons plus loin (partie huit, paragraphe 5).

6. Un objet sur lequel sont déposées deux choses, l’une qu’il est permis de déplacer et l’autre interdit, si la chose permise a plus de valeur aux yeux du propriétaire que le mouktsé, alors l’objet du dessous ne devient pas support de l’objet interdit et il est permis de le déplacer. Cependant, si l’objetmouktsé est plus important pour lui que la chose permise, l’objet du dessous deviendra interdit en tant que support d’un objet mouktsé, et on ne pourra le déplacer.

7. Une chose permise qui était le support d’un objet mouktsé au crépuscule de l’entrée du chabbatdevient mouktsé pour tout le chabbat. Ainsi, même si on a retiré (volontairement ou non) le mouktséqui était placé sur le support, ce dernier restera mouktsé pour tout le chabbat. Par contre, si la chose permise n’est devenue support qu’après l’entrée du chabbat, puis l’objet mouktsé qui était déposé a été enlevé involontairement, l’objet permis n’est plus considéré comme un support et on pourra le déplacer.

8. Nous avons énoncé précédemment (cf. partie six paragraphe 14) la règle selon laquelle on ne peut déplacer un objet mouktsé par un intermédiaire (déplacement indirect) que si c’est dans un intérêt permis. Ainsi même dans les cas où l’objet permis du dessous n’est pas considéré comme le support dumouktsé, on ne pourra pas le déplacer librement avec l’objet mouktsé posé dessus. En effet, le déplacement de l’objet mouktsé lui-même n’est pas fait dans l’intérêt d’une chose permise. C’est pourquoi, avant de déplacer l’objet permis, on devra faire tomber le mouktsé qui se trouve au-dessus en penchant ou secouant l’objet permis, puis on pourra utiliser ce dernier librement.

9. Cependant, dans certains cas, il n’est pas possible de faire tomber le mouktsé, comme dans le cas où des objets en verre se trouvent à proximité et que l’on craint de les briser, ou que le mouktsérisque de s’abîmer en tombant, ou encore si on a besoin de cet emplacement. Dans tous ces cas, il est autorisé de déplacer la chose permise avec l’objet mouktsé posé dessus, et la déposer à l’endroit de son choix.

10. Tout ce qui vient d’être énoncé concernant le déplacement d’un objet permis n’est valable que si on a besoin de cet objet. En revanche, si on craint simplement que l’objet mouktsé ne s’abîme s’il demeure en place, il est interdit ne serait-ce que de le faire simplement tomber, puisqu’on déplacerait alors un objet mouktsé dans l’intérêt de cet objet. A plus forte raison est-il interdit dans ce cas de déplacer l’objet permis avec le mouktsé au-dessus. Cependant, on pourra déplacer l’objetmouktsé avec le coude par exemple, puisqu’un déplacement à l’aide de son corps est autorisé même dans l’intérêt de l’objet interdit.

Partie 8. Rendre un objet inutilisable

1. Il est interdit de déposer ou de faire tomber un objet interdit au déplacement le chabbat (même si on l’a saisi de façon permise) sur un objet qu’il est permis de déplacer, car par là-même l’objet permis devient interdit au déplacement, en tant que support de l’objet mouktsé. Par notre action, un objet permis au déplacement devient interdit à déplacer, et on le prive de l’usage qu’il aurait été à même d’avoir.

2. Par conséquent, il est interdit de mettre le chabbat un récipient sous une poule qui s’apprête àééplacement. Dans le même ordre d’idée, il est défendu de placer le chabbat un ustensile pour recueillir l’eau qui coule d’un climatiseur. En effet, cette eau est mouktsé puisqu’elle est nouvellement créée pendant chabbat (“Nolad”), et en tombant dans le récipient elle le rend interdit au déplacement.

3. Certains décisionnaires pensent qu’une assiette dans laquelle se trouvent des déchets devient support de ces épluchures. Selon eux, il est donc interdit de déposer des épluchures non comestibles par des animaux (telles des écorces de noix ou d’amandes) dans une assiette vide, puisqu’on rend alors l’assiette inutilisable. Il sera cependant possible de le faire en déposant auparavant un objet permis comme une cuillère, une fourchette ou un morceau de pain, puisqu’alors l’assiette ne devient pas le support des déchets, l’objet permis étant plus important que ces déchets. Cependant, la majorité des “Richonim” sont d’avis qu’une assiette où se trouvent des déchets ne devient pas le support de ces derniers (comme cela a été énoncé précédemment dans la partie sept paragraphe 5, excepté dans le cas d’une assiette jetable). Selon eux, si on mange des amandes ou des noix pendant chabbat et qu’on a gardé les coques en main, on aura donc le droit de les déposer sur une assiette vide qui est devant soi.

4. Même selon les décisionnaires plus tolérants mentionnés dans le paragraphe précédent qui pensent que l’assiette ne devient pas le support des déchets, il convient malgré cela de prendre garde de ne pas déplacer l’assiette avec les déchets qui s’y trouvent (même si on en a besoin), puisque ces déchets sont eux-mêmes mouktsé. C’est seulement si on a besoin de l’emplacement de l’assiette, ou si l’assiette se trouve là où des gens sont assis et que l’on veut que l’endroit soit propre, que l’on sera alors autorisé à déplacer l’assiette avec les déchets et la mettre autre part. Par conséquent, il est préférable de toujours veiller à placer dans l’assiette un couvert ou un morceau de pain, afin que les déchets, qui n’ont pas de valeur, soient "annulés" par rapport à ce pain ou cet ustensile, et il sera alors permis de déplacer l’assiette avec les déchets dans tous les cas. (Certains pensent que si on place un morceau de pain, il faut qu’il y ait au minimum un kazaïte, c’est-à-dire 26 cm3, en un seul morceau. En effet, si le morceau est plus petit, les déchets ne sont pas insignifiants par rapport au pain. D’autres disent que ce n’est pas nécessaire et que même un morceau plus petit suffit. Il est donc préférable de déposer une cuillère ou une fourchette afin de s’éloigner du doute).

5. Tous les décisionnaires sont unanimes pour interdire de placer des déchets non comestibles par des animaux dans une assiette en plastique ou un sac en plastique vide que l’on jettera aux ordures avec les déchets, car on aura rendu par-là l’ustensile inutilisable à tout jamais.

6. Certains interdisent de jeter des épluchures non comestibles par des animaux dans une poubelle vide puisqu’on la rend ainsi inutilisable. Ainsi, il convient d’y placer un ustensile quelconque, une pelle par exemple, et ensuite on pourra y jeter les déchets. On peut également prendre soin de jeter avantchabbat dans la poubelle un déchet non comestible par les animaux. Dans ce cas en effet, on rendra la poubelle inutilisable depuis avant l’entrée du chabbat, et il sera permis d’y jeter n’importe quel déchet pendant chabbat. D’autres décisionnaires permettent de jeter en toutes circonstances des épluchures mouktsé à la poubelle. Telle est l’opinion de notre maître le Richone létsiyone Rav ’Ovadia Yossef.

Autres règles concernant le chabbat

> Préparatifs pour la semaine pendant chabbat

>> Comment plier les vêtement

1. Il est interdit de faire de l’ordre et de préparer pendant chabbat toute chose qui est nécessaire à la sortie de chabbat ou au reste de la semaine. En effet, on porte ainsi atteinte à la sainteté du chabbat, puisqu’on se démène pendant ce jour saint pour des besoins de la semaine. Il est donc interdit de plier le chabbat des vêtements, serviettes, nappes ou autres pour la semaine.

2. Il est permis de plier de façon approximative des vêtements le chabbat, même si on le fait pour la semaine. En effet, puisqu’on ne les plie pas de façon convenable, cela n’est pas considéré comme un préparatif. Quant aux vêtements qui ont des marques au niveau des plis, on peut les plier même soigneusement, tant qu’on ne le fait pas sur les plis déjà existants.

3. Il est interdit de faire son lit le chabbat si on ne compte pas s’y allonger du tout pendant chabbat. De même, on ne peut étendre une nappe sur une table, ou débarrasser des ustensiles de la table pour préparer la sortie du chabbat. Cependant, si le lit ou la table sont dans un endroit fréquenté par les membres de la maison, et qu’il est dérangeant de voir le lit ou la table en désordre, on sera autorisé à les arranger en l’honneur du chabbat.

4. Il est interdit de ranger pendant chabbat des vêtements ou des objets divers (permis au déplacement) et de les déposer chacun à leur place. En revanche, si on les a saisis pour un besoin quelconque et qu’on les tient encore en main, on peut les ranger à leur place. Cependant, s’ils sont éparpillés dans la pièce où l’on se trouve, on pourra les ranger dans tous les cas, par respect pour lechabbat.

>> Faire la vaisselle le chabbat

5. Il est défendu le chabbat de faire la vaisselle d’ustensiles dont on n’aura pas besoin ce mêmechabbat. En revanche, si on doit s’en servir à nouveau pendant chabbat et qu’on n’a pas d’autre vaisselle propre à disposition, on a le droit de les laver. Dans le doute, c’est-à-dire si on ne sait pas si on en aura besoin ou pas, on pourra les laver à la condition qu’on n’ait pas encore fait le troisième repas de chabbat. Si on l’a déjà pris, il est interdit de laver les ustensiles de table comme les assiettes et les couverts, puisque normalement on ne mangera plus d’autre repas pendant chabbat. On pourra par contre laver les verres et les petites cuillères, puisqu’on a l’habitude de boire même après le troisième repas, jusqu’au coucher du soleil.

6. Dans les hypothèses où il est permis de faire la vaisselle chabbat (cf. paragraphe ci-dessus), il n’est pas nécessaire de faire attention à ne laver que la vaisselle dont on aura besoin. On pourra laver tous les ustensiles du type de ceux dont on a besoin. Par exemple, si l’on doit utiliser quatre assiettes pour le repas de chabbat et que l’on a dix assiettes sales dans l’évier, on peut laver toutes les assiettes. (Mais il reste interdit de laver les cuillères ou les fourchettes, à moins qu’on ait besoin de l’une d’elles au minimum).

7. Dans les cas où il est interdit de faire la vaisselle le chabbat, il est également interdit de remplir d’eau la vaisselle, afin de faciliter la tâche de la sortie du chabbat. Cependant, lorsqu’on débarrasse la table, tant que l’on tient encore en main la vaisselle, on peut la déposer dans l’évier même si c’est dans l’intention qu’elle se remplisse d’eau au fur et à mesure qu’on utilise le robinet pour des besoins divers et variés. En effet, dans ce cas, on ne fait pas d’acte supplémentaire pour les besoins de la semaine. Toutefois, si en débarrassant on a posé la vaisselle sur le plan de travail, on ne pourra pas la reprendre pour la déposer dans l’évier, puisqu’on ferait ainsi un acte en plus pour s’avancer pour la semaine. C’est seulement si on a besoin du plan de travail, ou si on a déposé la vaisselle trop en évidence sur le plan et qu’il ne relève pas de l’honneur du chabbat de la laisser ainsi, que l’on pourra alors la reprendre et la déposer dans l’évier.

8. Il est défendu d’essorer le chabbat, ainsi il sera strictement interdit de nettoyer la vaisselle avec une éponge ou un scocth-brite, puisqu’ils se pressent entre les doigts. Il est en revanche permis de faire la vaisselle avec une brosse synthétique qui n’absorbe pas de liquide, dans la mesure où ses fibres sont bien écartés l’une de l’autre, puisque l’on voit bien que l’eau s’écoule entre les fibres et n’est pas extraite de l’intérieur. Cependant, si les fibres sont très serrées et donnent l’impression que l’eau en est extraite lorsqu’on l’utilise, cela est interdit.

9. Une éponge ou une brosse faits en matière synthétique et qui ont un manche peuvent être utilisées pour nettoyer la vaisselle le chabbat, bien que les eaux savonneuses qu’elles absorbent soient essorées, à la seule condition qu’on les tienne uniquement par le manche réservé à cet effet.

> Presser des fruits le chabbat

10. Il est interdit de presser des fruits “chabbat “pour boire le jus qui en est extrait. Cet interdit concerne tous les fruits que l’on presse parfois tels que les fraises, les grenades, les pommes, les pêches, etc. Cependant, on peut presser des fruits qu’il n’est pas du tout d’usage de presser pour boire le jus extrait.

11. De nos jours où la majorité des citrons est destinée à être pressée pour en faire du jus, certains interdisent de les presser le chabbat. Tel est l’avis de Rav Moché Lévi, l’auteur du “Ménou’hate Ahava”. D’autres l’autorisent, car le jus de citron tel quel n’est pas propre à la boisson. Telle est l’opinion de notre maître le Richone létsiyone Rav ’Ovadia Yossef. Néanmoins, selon tous il est autorisé de presser du citron sur de la nourriture, comme nous le verrons plus loin.

12. On peut presser même des fruits qui sont parfois pressés, si l’on désire seulement les rendre plus tendres ou plus mous, et non utiliser le liquide extrait. Ainsi il est permis d’écraser une orange pendantchabbat pour un bébé (si ce dernier va la consommer immédiatement), bien que du jus en est extrait, puisque l’intention par-là n’est pas d’utiliser le jus mais de rendre l’orange plus tendre afin que le bébé puisse la manger. Il est toutefois interdit d’appuyer avec une cuillère sur une orange ou un pamplemousse pour en extraire du jus et le boire.

13. Il est permis de sucer avec la bouche des fruits ou bien du pain imbibé de soupe, puisque ce n’est pas une façon usuelle de presser. Il est toutefois préférable de se montrer plus strict pour les raisins et ne pas les sucer avec la bouche. On rentrera plutôt le grain entier dans la bouche, le sucera pour en extraire le jus, puis rejettera la peau et les pépins.

14. Il est permis de presser chabbat n’importe quel fruit si on le presse directement sur un aliment solide, à condition toutefois que la majorité du liquide soit absorbé dans l’aliment ou le cas échéant, que cela soit fait pour les besoins de cet aliment, comme lui donner du goût. La raison de cette permission est que le liquide qui est versé sur l’aliment solide prend le même statut que cet aliment, or l’interdit de presser est par définition extraire un liquide d’un aliment solide, mais extraire un aliment d’un aliment est permis. Tout cela n’est valable que lorsqu’on presse directement du fruit sur l’aliment ; mais on ne peut pas presser le fruit dans un récipient vide pour verser ensuite le liquide extrait sur l’aliment.

15. Il est permis de presser chabbat des légumes ou des fruits cuits ou en saumure, même dans un récipient vide, à la condition que l’intention ne soit pas d’utiliser le liquide extrait, mais de rendre le fruit ou le légume meilleur en le pressant. Si par contre, on désire utiliser l’eau qui en est extraite, il sera interdit de le faire, sauf sur un aliment solide, comme on l’a mentionné dans le paragraphe ci-dessus. Cette règle s’applique par exemple pour des poissons en saumure, des “Matsot” (pains azymes) imbibées d’eau, etc.

> La préparation de salades le chabbat

16. Si on découpe le chabbat des légumes ou des fruits avec un couteau en morceaux très fins pour les manger seulement après un certain temps, on enfreint l’interdiction de la Torah de moudre. En revanche, si on a l’intention de les consommer immédiatement après les avoir coupés, cela est autorisé.

17. C’est pourquoi celui qui veut découper pendant chabbat différents légumes tels que des tomates, des oignons, et des concombres pour faire une salade, le fera juste avant le repas. Certains décisionnaires pensent qu’en tout état de cause, il convient de veiller à les couper en morceaux légèrement plus gros que la taille habituelle en semaine, et il est préférable de se montrer stricts à ce sujet. (Ceux qui ont l’habitude de couper la veille de chabbat tous les légumes nécessaires pour lechabbat, puis les mélanger et assaisonner avant le repas, sont dignes de bénédiction).

18. Il est interdit dans tous les cas de couper des légumes (ou du fromage dur) en morceaux très fins avec un ustensile spécifiquement réservé à cet effet, comme une râpe par exemple, même juste avant la consommation.

19. Nos Sages ont interdit de mettre du sel sur plusieurs morceaux de radis à la fois même si on désire les consommer immédiatement. La raison à cela est que le radis est un légume habituellement mis en saumure, et lorsqu’on sale plusieurs morceaux de radis en même temps, on agit comme si on les mettait en saumure, même si telle n’est pas notre intention. Or, mettre en saumure est interdit lechabbat car cela est une sorte de cuisson. Certains pensent que la raison de cet interdit est que le sel durcit le radis et cela se rapproche donc de l’interdiction de "tanner".

20. Il est par contre permis de saler les morceaux de radis un par un, tout en les mangeant au fur et à mesure le morceau que l’on vient de saler. Cependant, si on a l’intention de laisser le radis dans le sel pendant un long moment, par exemple si on le sale au début du repas pour ne le consommer qu’à la fin, c’est interdit même pour un seul morceau de radis.

21. De manière générale, il est interdit de saler tout aliment sur lequel le sel entraîne un changement d’état, tel qu’un durcissement ou un ramollissement, ou encore une inhibition de son goût amer, comme des feuilles de laitue ou des morceaux d’oignons. De même il est interdit de saler tout aliment usuellement mis en saumure (variantes), par exemple des morceaux de carottes, de navet, des cornichons, de l’ail et des olives crues. Mais dans tous les cas il est permis de les saler un par un et de les manger, comme énoncé précédemment.

22. On peut saler des aliments, même plusieurs morceaux ensemble, si l’on n’a pas l’habitude de les mettre en saumure, et que le sel n’exerce pas sur eux de dénaturation, mais ajoute seulement du goûégumes cuits. Cela est autorisé à condition qu’on les sale pour les consommer au cours du repas à venir ; si c’est pour un autre repas, cela est interdit dans tous les cas.

23. D’après ce qui vient d’être énoncé, il est interdit de saler pendant chabbat de la laitue ou une salade de légumes composée qui contient des morceaux d’oignons ou de radis. Cependant, si immédiatement après avoir mis du sel, on met de l’huile dans la salade, cela est alors autorisé car l’huile annule l’action du sel. Celui qui est plus strict et qui veille à mettre l’huile avant le sel est digne de bénédiction.

24. Certains autorisent de saler des morceaux de concombres, même plusieurs morceaux en même temps, car il n’est pas d’usage de mettre en saumure des concombres en morceaux mais seulement des concombres entiers (cornichons). Tel est l’avis de notre maître le Richone létsiyone Rav ’Ovadia Yossef. D’autres l’interdisent tout de même, puisqu’au final le concombre est habituellement mis en saumure, donc il convient d’interdire son salage sous toutes ses formes. (Tous sont unanimes pour interdire de saler pour un repas suivant, autre que le repas à venir, comme on l’a susmentionné).

25. Il est permis de saler plusieurs morceaux de tomate ensemble ou une salade de tomates pour les consommer au cours du repas à venir, car le sel n’entraîne sur la tomate aucun changement d’état mais ne fait qu’ajouter du goût. Néanmoins, celui qui se montre plus strict et qui met de l’huile immédiatement après les avoir salées est digne de bénédiction.> Ouvrir des cacahuètes et des amandes

26. Dans le cas d’un aliment entouré d’une coque, et pour extraire le fruit il faut briser cette coque, il sera interdit de le faire le chabbat, même à la main, et même pour une consommation immédiate. Cet interdit ne s’applique qu’aux aliments qui sont débarrassés de leur écorce longtemps avant leur consommation, et qui sont entreposés ainsi sans écorce. Tel est le cas des amandes par exemple, qu’il est d’usage d’extraire de leur écorce dure et épaisse avant de les mettre en vente. Il est en revanche permis de retirer l’écorce d’un aliment que l’on extrait habituellement de son écorce que juste avant leur consommation, comme les pistaches, châtaignes, marrons, graines de tournesol, etc. Cela sera alors permis même avec un ustensile propre à cet effet, si c’est pour les consommer au cours du repas attenant.

27. Il ressort de ce qui a été dit, qu’il est interdit le chabbat d’enlever l’écorce dure des cacahuètes et des amandes, même avec la main et même juste avant le repas, car à notre époque, la majorité des cacahuètes et des amandes sont vendues dans les magasins sans leur écorce. Mais il est néanmoins permis de briser leur écorce avec “chinouï” (de manière inhabituelle), comme avec le bout des doigts. Par ailleurs, si on brise une amande ou une cacahuète et la mange immédiatement, puis qu’on recommence l’opération avec une autre pour la manger immédiatement et ainsi de suite, il est permis de briser l’écorce normalement des deux mains, ou même avec l’ustensile réservé à cet usage, car on n’accomplit pas par là un travail, mais un acte de consommation de la manière habituelle. Tout ceci s’applique pour l’écorce dure, mais l’écorce fine au-dessus des cacahuètes quant à elle peut être enlevée, même pour plusieurs cacahuètes à la fois et même sans “chinouï”. (On devra toutefois faire cela juste avant le repas). Notre maître le Richone létsiyone Rav ’Ovadia Yossef se montre plus souple, et permet de briser même l’écorce dure.

> S’oindre de pommades le chabbat

28. Il est interdit le chabbat d’étaler de la pommade (que ce soit à but curatif ou autre), ou même d’étaler une pommade jusqu’à ce qu’elle ait complètement pénétré et soit absorbée par la peau. En revanche, si la pommade est très liquide, à l’image d’un shampoing ou d’un savon liquide, de telle manière que si on en versait sur une surface droite elle s’étalerait, cela est autorisé. (Si toutefois on le fait dans un but curatif, cela n’est permis que s’il est autorisé de se soigner dans ce cas pendantchabbat).

29. Il ressort de là qu’il est interdit d’utiliser le chabbat une crème pour les mains qui n’est pas vraiment liquide. Il est de même interdit pour une femme de s’oindre le visage avec une crème. Mais si on a besoin de mettre une pommade sur une plaie ou sur la peau d’un bébé, ou dans des cas similaires, il y a lieu dans ce cas de faire sortir la pommade du tube directement sur la plaie ou la peau sans l’étaler (pour un enfant, la pommade sera étalée grâce à la couche). En cas de besoin, il est permis de se montrer souple et d’étaler la pommade sur le bébé à l’aide d’un bâtonnet.

30. Il est défendu d’étaler une crème sur ses cheveux. Il est également interdit de vaporiser sur ses cheveux pendant chabbat un spray qui les durcit et leur donne du maintien, comme une mousse coiffante.

> Nettoyage des habits le chabbat

31. Si un vêtement s’est sali, il est interdit par la Torah de mettre sur la tâche un peu d’eau, du talc ou du sel. (Il est d’ailleurs interdit de faire tremper un vêtement dans de l’eau, même propre). Cependant, il est permis de gratter la saleté avec son ongle ou un couteau.

> Nettoyage d’une table avec un chiffon

32. Il est interdit de nettoyer la table avec un chiffon mouillé, car on essore par là-même le chiffon. Mais il est permis de la nettoyer avec une éponge ou une brosse qui ont un manche, à condition qu’on les saisisse par le manche uniquement.

33. Il est défendu de rincer un chiffon sous l’eau, et il est également interdit de l’essorer s’il est mouillé.

> Se coiffer et faire des tresses

34. Il est interdit de se peigner les cheveux avec un peigne le chabbat. Il est aussi défendu de se tresser les cheveux, ou de défaire une tresse. Il est cependant autorisé de mettre de l’ordre dans ses cheveux et de les séparer avec la main.

> Se couper les ongles

35. Il est interdit de couper ses ongles ou des petits morceaux de peau qui commencent à se détacher. Il est également interdit de les arracher, avec la main comme avec la bouche. Cependant durant le crépuscule du vendredi, il est permis d’arracher à la main ou avec la bouche des bouts de peau qui nous dérangent.

> Les couches

36. Après qu’on ait retiré la couche d’un bébé, il est interdit de recoller ses côtés avec les scocths fixés à cet effet, comme on a l’habitude de le faire en semaine pour refermer la couche.

Bénédictions liées à la vue & Prières diverses

> Bénédiction sur l’éclair et le tonnerre

1. Celui qui voit un éclair doit réciter la bénédiction suivante: “Baroukh […] ’ossé ma’assé béréchite” (Béni Tu es Hachem […]qui réalise l’œuvre de sa création) ou indifféremment “Baroukh […] chéko’ho ougvourato malé ’olame” (Béni Tu es Hachem […] dont la force et la puissance remplissent l’univers). Nos Sages nous ont en effet laissé le choix entre ces deux bénédictions.

2. Celui qui entend le tonnerre doit réciter “Baroukh […] chéko’ho ougvourato malé ’olame”.

3. On doit réciter la bénédiction immédiatement après avoir vu l’éclair ; si deux secondes et demi (le temps de dire en hébreu “chalome ’alékha Rabbi”) se sont écoulées depuis l’apparition de l’éclair, on ne pourra plus réciter la bénédiction, jusqu’à apparition d’un autre éclair. Cette loi s’applique également pour le tonnerre.

4. Si on voit l’éclair et entend le tonnerre simultanément, on récitera une seule bénédiction pour les deux. S’il y a eu un bref intervalle entre l’éclair et le tonnerre et que le tonnerre s’est fait entendre pendant qu’on récitait la bénédiction sur l’éclair, certains disent que l’on doit réciter une nouvelle fois la bénédiction pour le tonnerre ; d’autres sont d’avis contraire. Il faudra donc s’abstenir de refaire la bénédiction en raison du doute. Telle est d’ailleurs la coutume répandue, de bénir sur l’éclair en pensant à acquitter le tonnerre à venir, et ne pas refaire de bénédiction pour le tonnerre.

5. S’il y a eu un laps de temps important entre l’éclair et le tonnerre, de telle sorte qu’après avoir récité la bénédiction sur l’éclair, se sont écoulées deux secondes et demi ou plus avant que le tonnerre n’ait retenti, la bénédiction que l’on a prononcée sur l’éclair n’englobe pas le tonnerre selon tous les avis, et il faut réciter à nouveau la bénédiction sur le tonnerre.

6. De la même manière, si une personne a entendu uniquement le tonnerre sans voir d’éclair et a récité la bénédiction, puis après un certain temps (plus de deux secondes et demi) aperçoit un éclair, tous les décisionnaires s’accordent à dire qu’elle devra réciter la bénédiction sur l’éclair. En effet, le principe général est qu’une bénédiction acquitte uniquement ce qu’on a vu ou entendu juste avant ou juste après l’avoir récitée.

7. Quand on récite une seule bénédiction pour l’éclair et le tonnerre à la fois (comme mentionné au paragraphe 4), certains ont l’habitude de réciter la bénédiction de “’ossé ma’assé béréchite”, et d’autres ont plutôt coutume de réciter “chéko’ho ougvourato malé ’olame” ; tel est l’usage à Djerba.

8. Après avoir récité la bénédiction sur un éclair, on n’est plus autorisé à la réciter à nouveau sur les éclairs qui suivent, car ils sont tous acquittés par la première bénédiction. Si notre attention s’est entièrement détournée de l’orage, par exemple si les nuages se sont dispersés et que le soleil est apparu, de telle sorte qu’on a alors pensé qu’il ne pleuvra plus, puis l’orage est revenu, on récitera une nouvelle bénédiction sur le prochain éclair que l’on verra. De même, si on est parti dormir pour la nuit, on doit réciter une nouvelle bénédiction sur l’éclair que l’on verra au réveil même si l’orage s’est poursuivi toute la nuit sans interruption, car le sommeil nocturne constitue une interruption. Cette règle est valable pour le tonnerre également.

> Bénédiction sur l’arc-en-ciel

9. Celui qui aperçoit un arc-en-ciel récite la bénédiction suivante: “Baroukh […] zokhère habbérite, néémane bivrito véqayame bémaamaro” (Béni Tu es” Hachem” […] qui te souviens de l’Alliance, y restes fidèle et accomplis Ta promesse). Il faut cependant savoir qu’il est interdit de contempler attentivement un arc-en-ciel, on se conténir.

10. Celui qui voit un arc-en-ciel peut le faire savoir à une autre personne, afin qu’elle puisse elle aussi réciter la bénédiction. Cela n’est pas considéré comme rapporter une chose négative.

> A la vue d’une église, une mosquée, ou de tombes de non-juifs

11. Celui qui voit une idole ou un lieu où est pratiquée l’idolâtrie (comme une église), doit réciter la bénédiction suivante: “Baroukh chénatane orekh appayime lé’ovré rétsono” (Béni soit Celui qui fait preuve de longanimité envers ceux qui enfreignent Sa volonté). On ne mentionnera pas le nom de Dieu, mais il convient toutefois de le penser mentalement.

12. Celui qui voit un endroit en Israël qui a servi autrefois à un culte idolâtre récite la bénédiction: “Baroukh […] ché’aqar ’avoda zara méartsénou” [en dehors d’Israël on conclut: “méhammaqome hazzé”] (Béni Tu es” Hachem” […] qui as éradiqué l’idolâtrie de notre pays [en diaspora: de cet endroit]). Et l’on ajoute ensuite cette requête: “Kéchème etc.” (De même que Tu l’as éradiqué de cet endroit, veuille l’éradiquer de chaque endroit, et ramèà Ton service). On ne peut réciter cette bénédiction sur un même endroit qu’une fois tous les trente jours.

13. Celui qui voit une mosquée ou un bâtiment appartenant aux non-juifs dans lequel ils se réunissent pour juger ou délibérer doit s’exclamer: “Bèt guéïme etc.” (Que l’Eternel démolisse la maison des orgueilleux). Si on le voit en ruines, on dit: “El néqamote etc.” (Dieu des vindictes est l’Eternel, Dieu des vindictes, apparais!).

14. Celui qui voit des tombes de non-juifs doit dire: “Bocha immékhème etc.” (Qu’elle éprouve beaucoup de honte, votre mère, blêmisse, celle qui vous a donné le jour. Telle est le sort des nations: abandon, ruine et solitude.).

Pour la bénédiction à réciter à la vue de tombeaux juifs, se référer au chapitre 51.

> Prières Diverses

15. Celui qui voyage hors de la ville (ou qui prend l’avion) pendant une durée d’au moins soixante-douze minutes, doit réciter la “Téfilate haddérekh” (Prière du voyage) en mentionnant le nom de Dieu dans la conclusion. Cependant, si on tRaverse sur la route des zones habitées (ce qui est fréquent), notre coutume est de conclure sans mentionner le nom de Dieu ; toutefois, l’avis de notre maître le Richone létsiyone Rav ‘Ovadia Yossef dans ce cas est de conclure en mentionnant le nom de Dieu.

16. Celui qui doit subir une opération chirurgicale ou toute autre intervention médicale importante, récitera auparavant cette prière: “Yéhi ratsone etc. [Les mots” "rofé ’hinname" (médecin bénévole) ont en hébreu la même valeur numérique que le mot “Chékhina” – la Présence Divine.] Après que l’intervention se soit achevée aves succès, on dira “Baroukh rofé ’holime” (Béni soit Celui qui guérit les malades), sans mention du nom de Dieu.

>>Prier de façon préventive

Tout homme doit toujours prier et supplier pour l’avenir, en implorant la miséricorde divine, et dispenser des remerciements pour le passé. Il remerciera Dieu et le louera de son mieux ; et tout celui qui multiplie les remerciements et louanges à Dieu est digne d’éloges.

> Hatavate ’halome – conjuration d’un mauvais rêve

17. Si une personne a fait un rêve et en est tourmenté, même si ce rêve n’est pas nécessairement mauvais, demandera à trois de ses amis de lui faire une “hatavate ’halome”. Il vaut mieux la faire selon la version de notre maître Rabbi ’Haïm Vital, d’après l’enseignement de notre maître le Ari zal(ce texte figure dans le “siddour Ich Maslia’h”).

18. Si un ami nous demande de lui faire une “hatavate ’halome”, on s’empressera de la faire, car on accomplit par là une mitsva en l’apaisant.

19. La “hatavate ’halome” peut se faire même le chabbat. Celui à qui il est difficile de la faire pourra dire pendant la “Birkate kohannime”: “Ribbono chèl ’olame etc.” (Maître du monde, je T’appartiens et mes rêves T’appartiennent etc.). Puis le samedi soir il donnera dix-huit pièces à la charité, et ne devra plus s’en soucier davantage.

Lois sur la cacheroute

> La cacheroute de la viande

1. L’usage des Sépharades et des communautés orientales en général est de s’abstenir de consommer de la viande d’une bête dans laquelle on aurait trouvé le moindre défaut dans les poumons, conformément à l’avis de Marane l’auteur du Choul’hane ’Aroukh et de la majorité des décisionnaires. C’est ce que l’on appelle de la viande “’halaq Beth Yossef”. Avant d’acheter de la viande, on est tenu de se renseigner auprès de son Rav pour savoir à quels certificats de “cacheroute” peut-on se fier ; malheureusement, la mention “’halaq Beth Yossef” est souvent apposée à tort. [Plusieurs communautés séfarades en diaspora ont cependant l’habitude de consommer de la viande non “’halaq”. Il est néanmoins recommandé de se montrer plus strict et de consommer uniquement de la viande “’halaq”, si elle est accessible et que la différence de prix n’est pas excessive.]

2. Lorsqu’on veut acheter de la viande chez un boucher, on doit vérifier qu’il dispose d’un certificat de “cacheroute” original (et non une photocopie), qui est en vigueur et non expiré. On ne doit pas se fier à la parole du boucher, car une personne ne peut témoigner sur sa propre marchandise.

3. Les lois du salage de la viande sont complexes et variées; si on achète (ou reçoit) une viande non-cachérisée, on se renseignera auprès de son Rav pour connaitre la procédure de cachérisation en particulier pour les parties intérieur de la bête comme le cerveau, le cœur, la rate. Dans le cas où elle aurait été cuite par erreur sans être cachérisée, on demandera à un Rav que faire.

4. Les cœurs de volailles sont en général destinés à être grillés exclusivement. On doit auparavant les entailler dans le sens de la longueur, et les rincer à l’intérieur afin d’en extraire le sang qui s’est accumulé ; après cela seulement il sera permis de les griller. Si on ne les a pas entaillés avant de les griller, on s’adressera à un Rav.

5. Il est interdit de cuire du foie, même après l’avoir salé, car le sel ne suffit pas pour en extraire tout le sang. Il faut donc l’entailler en long et en large puis le griller, le côté entaillé face au feu. (Les foies de poulet qui sont séparés en deux lobes, devront aussi être entaillés en long et en large.)

6. Après avoir grillé le foie jusqu’à ce qu’il soit propre à la consommation, on peut alors le cuire si on le désire, à condition toutefois que soixante-douze heures ne se soient pas écoulées (sans congélation) depuis l’abattage jusqu’à la grillade. Sinon, on ne pourra pas le faire cuire après l’avoir grillé: on le consommera tel quel.

7. Il est permis de griller le foie dans le four, à la condition d’avoir placé en-dessous un récipient rempli d’eau, pour y recueillir le sang qui s’écoule. Il est recommandé d’utiliser un ustensile jetable que l’on jettera ensuite, car il y a lieu de craindre que l’ustensile devienne interdit à cause du sang.

8. Quand on grille un foie sur un gaz, il faut prendre garde que le foie ne touche pas la grille. En effet, il peut arriver qu’une marmite de viande déborde lors de la cuisson, puis en une autre occasion du lait se renverse, ce qui donne alors aux grilles le statut de “Tarèfe” (non cachère). Il est recommandé de recouvrir les grilles de papier aluminium avant de griller du foie ou tout autre aliment directement sur le gaz.

9. Nos Sages ont interdit à la consommation de la viande qui a échappé à notre surveillance. On ne doit donc jamais laisser une viande sans surveillance, pas même à la maison si la porte ou les fenêtres sont ouvertes, car il y a lieu de craindre que des corbeaux aient pu échanger cette viande par une autre viande non cachère. Si on veut laisser de la viande décongeler sans surveillance, on doit lui apposer un signe distinctif ou être sûr de bien la reconnaître. Cette loi est à mettre en pratique particulièrement lorsqu’on fait des grillades (sur un barbecue) dans une cour ou dans un jardin public.

10. Il faut prendre garde à ne jamais laisser un non-juif (ou un juif qui profane le chabbat en public) seul à la maison, car il y a à craindre qu’il échange la viande ou le vin qui s’y trouve. Si toutefois des membres de la maison entrent et sortent sans prévenir, cela est autorisé, car dans ce cas le non-juif craint qu’on ne le surprenne. Ceux qui emploient chez eux du personnel non-juif doivent particulièrement être vigilants à cela ; s’ils doivent s’absenter, ils ne diront pas pour combien de temps, mais annonceront qu’ils rentrent aussitôt, et de cette manière il n’y a pas de problème à laisser la viande sans surveillance. Une viande laissée sans surveillance sera autorisée à postériori, car on considère que le non-juif, n’ayant aucun intérêt particulier dans un échange de ce type, ne le fera pas dans le seul but de faire fauter le juif.

11. Il est courant, lors des réceptions, que le cuisinier sorte la viande du congélateur dans l’après-midi pour qu’elle puisse être cuisinée en soirée, et pendant la pause du “machguia’h” (surveillant rabbinique), la viande est laissée sans surveillance. De surcroit, de nombreux problèmes se posent de manière générale quant à la “cacheroute” des salles de fêtes. Aussi toute personne craignant le Ciel doit prendre àégligent dans ce domaine, mais d’être au contraire pointilleux et ne célébrer des réjouissances que dans des salles qui bénéficient d’une surveillance rabbinique de qualité, sans prêter attention aux dépenses que cela entraine. En effet, il n’y a de joie authentique que dans l’observance de la Torah et l’accomplissement des mitsvot.

12. Lorsqu’on se fait livrer des repas par un traiteur, on doit veiller à ce que le livreur soit un homme craignant Dieu et digne de confiance concernant la “cacheroute”.

> Les Oeufs

13. Lorsque l’on retrouve du sang dans un œuf, si la tâche est dans le blanc de l’œuf, on enlève le sang et l’œuf est autorisé ; si par contre le sang est sur le jaune, l’œuf en entier est interdit. Cependant, pour les œufs commercialisés aujourd’hui (qui en majorité ne sont pas fécondés), certains décisionnaires se montrent plus souples et permettent dans tous les cas d’enlever le sang et de consommer le reste de l’œuf. D’autres sont strictes malgré tout. Dans tous les cas, si un tel œuf a été melangé à d’autres dans une omelette par exemple (de telle sorte que la majorité des œufs n’a pas de sang), il est permis de consommer l’ensemble selon tous les avis. (Il faut noter qu’il est préférable d’acheter des œufs blancs plutôt que marrons, car les œufs blancs sont mirés et il est moins fréquent d’y trouver du sang).

> Les vers

14. De nombreux problèmes de contamination par des insectes sont causés par le stockage des aliments dans des endroits chauds et humides, en particulier en été. Il convient donc à priori de conserver les épices, la farine, la semoule etc. dans le réfrigérateur ou le congélateur, l’aliment conservera ainsi sa qualité et sera préservé des insectes.Il faut vérifier avec une extrême vigilance l’absence de vers et d’insectes dans les aliments, car la consommation de chaque insecte entraîne la transgression de cinq interdits de la Torah. C’est pourquoi nous avons annexé à la fin du livre une liste détaillée, qui précise pour chaque aliment s’il est présumé être contaminé, auquel cas il est interdit de le consommer sans vérification, ou s’il est présumé propre, et il est alors autorisé de le manger sans avoir à le vérifier.

Règles concernant le lait et la viande

> Règles concernant le lait et la viande

1. Après avoir mangé de la viande ou du poulet, on doit attendre six heures avant de consommer des laitages. Toutefois, si on a des espaces entre les dents et que des résidus de viande peuvent s’y trouver, on devra en outre se brosser les dents avant de consommer les laitages.

2. Concernant les jeunes enfants (jusqu’à l’âge de neuf ans selon l’avis de notre maître le Richone létsiyone Rav ’Ovadia Yossef, et selon le Roch Yéchiva Rav Méir Mazouz jusqu’à six ans, à moins que l’enfant ne soit faible ou malade), on peut se montrer plus souple en cas de besoin et se contenter d’attendre une seule heure après la consommation de viande pour lui donner du lait. De même, on le peut permettre à une femme enceinte ou une accouchée dans les trente jours suivant l’accouchement, qui se sent faible et a besoin de boire du lait. Cependant, il faudra avoir récité la bénédiction finale sur le repas de viande, et s’être bien rincé la bouche, avant de pouvoir consommer le lait.

3. Même si on n’a pas consommé de la viande à proprement parler mais seulement un plat cuisiné avec de la viande (comme un bouillon de viande ou des légumes cuits avec de la viande), on devra également attendre six heures avant de consommer des laitages.

4. En revanche, après avoir mangé des produits laitiers, on peut consommer de la viande sans attendre. Il suffit de se laver soigneusement les mains après le fromage, de consommer quelque chose et de boire pour se rincer la bouche ; on pourra ensuite consommer la viande. Si on a des caries ou des trous, on doit d’abord se débarrasser des résidus de fromage, puis se rincer la bouche. Si on désire consommer la viande sur la table où on a mangé le lait, il faut en premier lieu nettoyer la table des restes de laitages, puis ôter le pain que l’on a consommé avec le fromage. Certains ont coutume de patienter une demi-heure après les laitages avant de consommer de la viande.

5. Il est interdit de cuire des mets lactés dans un ustensile dans lequel on a cuit de la viande, même après un laps de temps important. Si on a par mégarde cuisiné du lait dans les vingt-quatre heures suivant la cuisson de la viande, le lait est interdit et l’ustensile nécessite une cachérisation dans l’eau bouillante (“hag’ala”). Si le lait a été cuit plus de vingt-quatre heures après la cuisson de la viande, le lait est autorisé mais l’ustensile doit tout de même être cachérisé. La règle est la même si on a cuit de la viande dans un ustensile de lait.

6. Un ustensile qui a contenu du lait froid pendant plus de vingt-quatre heures consécutives est considéré comme un ustensile de lait. Par conséquent il est interdit d’y cuire de la viande. Si le cas s’est produit, on posera la question à un Rav.

7. Une cuillère de viande que l’on a introduit par erreur dans un met lacté froid, du fromage par exemple, ne nécessite pas de cachérisation. Il suffit de bien la laver.

8. Un plat neutre (ne contenant ni lait ni viande) comme du riz ou des pommes de terre qui a cuit dans une casserole dans laquelle on a cuisiné de la viande, même dans les vingt-quatre heures qui précèdent, il sera permis de consommer ce plat avec du lait, à condition que la casserole était parfaitement propre. C’est le principe du “Nate bar Nate” [“Ces mots sont en hébreu les initiales de "Notène ta’ame bar “Notène ta’ame”], soit un double transfert de goût. En effet, la viande ne donne pas du goût au riz de manière directe ; par contre, elle a laissé du goût dans les parois de la casserole, qui ont ensuite transféré ce goût au riz lors de la seconde cuisson. Ce goût atténué ne donne pas au riz le statut de met carné, et il est donc permis de le consommer même à priori avec du lait. Ce principe s’applique uniquement lorsque tous les aliments cuits sont permis à la consommation en tant que tel. En revanche, une casserole dans laquelle a été cuit un aliment interdit à la consommation (non cachère) rend interdit tous les aliments que l’on cuira dedans par la suite.

9. Selon certains décisionnaires, il est autorisé de cuire, même à priori, un plat neutre dans une casserole dans laquelle on a cuisiné de la viande dans les vingt-quatre heures, avec l’intention de le manger avec du lait. D’autres sont d’avis que c’est seulement si le riz a déjà été cuit que l’on peut alors le manger avec du lait ; mais il est interdit à priori de cuire dans une casserole de viande un aliment que l’on désire consommer avec du lait. Selon tous les avis, si la casserole n’a pas été utilisée pour cuire de la viande dans les dernières vingt-quatre heures, il est permis d’y cuire du riz pour le manger avec du lait.

10. Un aliment fort comme du piment piquant, du radis, du citron, des olives, des pommes acides, de l’oignon, du poireau, de l’ail et tout ce qui ressemble, que l’on a coupé avec un couteau viande reçoit lui aussi le statut d’aliment "viande" et il est interdit de le consommer ou de le cuisiner avec du lait. La règle est la même si on a coupé un de ces aliments avec un couteau de lait, on ne pourra plus le consommer ou le cuisiner avec de la viande. Si par mégarde on les a cuits avec de la viande, on posera la question à un Rav. Aussi est-il conseillé d’avoir chez soi un couteau neutre réservé à ce type d’aliments, pour qu’on puisse les consommer ensuite tel qu’on le désire, avec de la viande ou avec du lait. De même, il est préférable de réserver une planche à découper neutre, car en général, la planche sur laquelle on découpe la viande est pleine d’entailles dans lesquelles la graisse de la viande pénètre, et il est très difficile de la nettoyer convenablement ; en coupant ensuite de la salade, on risque de lui donner un statut "viande" à cause de cette graisse. Par conséquent, celui qui craint Dieu s’efforcera de couper ses salades et autres légumes avec un couteau neutre et sur une planche à découper neutre, et il sera digne de bénédiction.

11. Il est souhaitable de disposer de deux éviers, l’un réservé à la viande, l’autre au lait. Cependant, si on ne dispose que d’un seul évier, on pourra l’utiliser pour les vaisselles de viande et de lait, à condition toutefois de marquer nettement la différence. Ainsi on ne lavera pas des ustensiles de lait et de viande ensemble, mais après avoir terminé la vaisselle de viande, on nettoiera l’évier pour on y faire ensuite la vaisselle de lait, et inversement. Il faut surtout prendre garde à ne pas laver de la vaisselle à l’eau chaude avant d’avoir vérifié qu’il n’y a pas dans l’évier des ustensiles d’une autre catégorie (viande ou lait). En outre, il faut veiller à ne pas laisser des ustensiles viande et lait tremper en même temps [dans de l’eau froide] pendant plus de vingt-quatre heures.

12. Si on a lavé dans un lave-vaisselle des ustensiles de viande, et qu’on désire à présent l’utiliser pour une vaisselle de lait, ou inversement, on doit auparavant nettoyer le filtre des résidus de nourriture qui peuvent s’y trouver, puis on pourra l’utiliser. Quant à la vaisselle neutre, on pourra la laver avec la vaisselle du lait comme avec celle de la viande. Certains se montrent plus souples et permettent de laver de la vaisselle de viande et de lait ensemble (à condition de s’assurer que le produit soit introduit en début de cycle dans la cuve, avant l’eau bouillante). Celui qui se montre plus strict est digne de bénédiction.

13. Il est défendu de cuire des mets de lait et de viande en même temps dans un four, même dans des plateaux différents. Si par mégarde on les a cuits ensemble, on s’adressera à un Rav pour la démarche à suivre, pour le four et les plateaux comme pour les plats. Cependant, on peut cuire de la viande puis des plats lactés (ou inversement) successivement dans le même four, à trois conditions: a. que vingt-quatre heures se soient écoulées depuis la cuisson de la viande ; b. que le four ait été bien nettoyé ; c. qu’on ait laissé le four allumé pendant vingt minutes à la température maximale. Ensuite seulement, on pourra cuire des mets lactés dans le four. Cela n’est valable que pour la cuisson ou la grillade d’aliments solides ; par contre, il est interdit d’y cuire un bouillon, même si les trois conditions mentionnées sont remplies. Il est évident que l’autorisation d’utiliser le même four ne s’applique que si on utilise des plateaux différents ; un même plateau ne pourra en aucune façon servir pour la viande et pour le lait.

14. Cette permission de cuire, sous certaines conditions, de la viande puis du lait dans un même four, n’est valable que pour un four classique. En revanche, il est interdit d’utiliser un four à micro-ondes à la fois pour la viande puis le lait. En effet, lorsque la viande est réchauffée, l’intérieur du micro-ondes se remplit de vapeurs de viande qui en imprègnent les parois ; or il est impossible de les cachériser comme dans un four classique en les faisant chauffer à température maximale. On réservera donc le micro-ondes pour l’utilisation exclusive du lait ou” de la viande. Cependant, si le plat se trouve dans une boîte (ou un sachet en plastique) hermétiquement fermée, on peut réchauffer de la viande et du lait successivement l’un après l’autre, à condition toutefois que les parois intérieures du micro-ondes soient propres de toute trace de nourriture. (Si on désire réchauffer un aliment neutre sans le recouvrir, puis le manger avec de la viande ou du lait, se référer aux paragraphes 8 et 9 ci-dessus. Dans tous les cas, il faudra auparavant nettoyer les parois du micro-ondes avec un chiffon propre).

> Pétrir une pâte « lait » ou « viande »

15. Nos Sages, de mémoire bénie, ont interdit de pétrir une pâte à pain avec du lait ou avec des graisses animales. La raison à cela est que le pain constitue un aliment de base pour l’homme, et on peut donc aisément se tromper et le consommer de manière interdite avec de la viande ou du fromage. Par contre, ce sera permis si on a fait sur le pain un signe distinctif. Ainsi, si on veut faire une pâte pétrie avec du lait, on devra faire un signe distinctif dans la pâte afin de signaler que cette pâte est lactée (par exemple, les “borékas” au fromage commercialisés ont une forme triangulaire), ou on peut émietter du fromage sur le pain de manière clairement visible, tel que tout celui qui s’apprête à en consommer remarquera que le pain est lacté. Si aucun signe distinctif n’a été fait, il est interdit de manger un tel pain, même sans accompagnement.

16. Il existe une autre permission pour pétrir une pâte au lait ; elle consiste à n’en faire qu’une quantité limitée qui sera entièrement consommé au cours du même repas. Cela dépendra du nombre des convives ; on pourra donc en préparer même en grande quantité, si on évalue que tout sera consommé pendant le repas.

17. L’interdiction de pétrir une pâte avec du lait [ou du beurre] concerne aussi les “borékas” et autres types de feuilletés ; comme ils servent souvent de base au repas, il y a aussi lieu de craindre qu’on vienne à les consommer avec de la viande. Ce ne sera donc permis que si on ajoute un signe distinctif, ou si on prépare juste la quantité nécessaire à un seul repas, comme on l’a vu précédemment.

> Le poisson consommé avec du lait ou de la viande

18. Il est défendu de consommer de la viande avec du poisson, car nos Sages ont reçu par tradition que cela est susceptible de causer la lèpre. L’interdiction est en vigueur même à postériori: si par mégarde un morceau de poisson est tombé dans un plat de viande qui n’est pas soixante fois plus volumineux, tout le plat est interdit à la consommation. Aussi, lorsqu’on fait cuire en même temps une casserole avec de la viande et une autre avec du poisson, on doit veiller à ce que des gouttes ne jaillissent pas d’une casserole à l’autre. Il convient également de prendre garde à ne pas remuer les deux casseroles avec la même louche, sans l’avoir rincée soigneusement avant de l’utiliser pour la seconde casserole. De même, on prendra garde à ne pas cuire de la viande et du poisson ensemble dans un même four. Si cela s’est produit par erreur, on demandera à un Rav quelle conduite adopter.

19. Il faut éviter de manger du poisson mélangé à du lait, du beurre ou du fromage, car cela est nuisible pour la santé. Cependant, si par mégarde on a déjà cuisiné du poisson avec du lait, on pourra le consommer. Certains permettent le mélange entre le poisson et le beurre exclusivement, tandis que d’autres autorisent totalement le mélange de poisson avec des produits lactés. Chacun pourra se conduire selon sa coutume. Selon tous les avis, la gélatine cachère faite à base de poisson peut être mélangée à du lait. On pourra donc consommer sans problème les flans et autres yaourts, même s’ils contiennent de la gélatine de poisson. 

Mikvé (immersion rituelle) des ustensiles

1. Celui qui achète un ustensile de cuisine en métal ou en verre fabriqué par des non-juifs (comme la quasi-totalité de la production hors d’Israël), doit le tremper dans une source d’eau vive, dans la mer ou dans un miqvé (bain rituel). Il faut prendre garde au fait que la plupart des miqvé réservés aux hommes ne sont pas valables pour l’immersion rituelle des ustensiles.

2. Un ustensile en bois, en argile ou en plastique ne nécessite pas d’immersion rituelle. Cependant les ustensiles en porcelaine sont aujourd’hui recouverts d’une fine couche de verre et doivent être trempés. On le fera toutefois sans bénédiction.

3. Il faut immerger la totalité de l’ustensile en une seule fois, sans que la moindre partie ne reste hors de l’eau. Si on a trempé alternativement les deux moitiés de l’ustensile, l’immersion n’est pas valable et il faut la recommencer.

4. En immergeant l’ustensile, on doit le tenir sans exercer de pression, de telle sorte que l’eau atteigne aussi la partie de l’ustensile en contact avec la main. Cependant, on pourra tenir l’ustensile fermement dans le cas où on a trempé sa main dans l’eau du miqvé avant l’immersion.

5. On ne peut pas envoyer un enfant mineur (un garçon avant la “Bar-mitsva” et une fille avant la “Bat-mitsva”) faire l’immersion des ustensiles, car on ne peut se fier à eux dans ce domaine.

6. Avant d’effectuer l’immersion des ustensiles, on récite la bénédiction suivante: “Baroukh […] vétsivanou ’al tévilate kélime” (Béni Tu es Hachem […] qui nous as sanctifiés par Ses commandements et prescrit l’immersion des ustensiles). Si on trempe un seul ustensile, on conclura: “’al tévilate kéli” (l’immersion de l’ustensile). Si on s’est trompé dans la conclusion de la bénédiction, on est quitte dans tous les cas. 

Lois sur la Mézouza & lois sur le parapet

> La Mézouza

1. C’est un commandement positif de la Torah de fixer une Mézouza à chaque porte des pièces de notre résidence, comme dit le verset: "Tu les inscriras sur les poteaux de ta maisons et à tes portes". Aussi bien les hommes que les femmes doivent être très vigilants sur cette mitsva, car tous y sont astreints en permanence.

2. Les toilettes et la salle de bains sont dispensées de Mézouza, car ces lieux ne sont pas utilisés pour un usage digne.

3. Une petite pièce dont les dimensions sont inférieures à quatre coudées sur quatre, soit 184 centimètres de long sur 184 centimètres de large, est dispensée de Mézouza. Pour réciter la bénédiction, il faut toutefois que la pièce ait une dimension minimale de 188 centimètres sur 188 centimètres. Une pièce rectangulaire dont la largeur n’atteint pas quatre coudées mais dont la longueur est supérieure à cette mesure, de telle sorte que sa superficie dépasse 3.5 mètres carrés, nécessite que l’on pose une Mézouza, mais sans réciter de bénédiction.

4. Une pièce dont l’entrée comporte un linteau mais qui n’a pas de porte, nécessite une pose deMézouza sans bénédiction. Si on y ajoute ensuite une porte, il convient de retirer la Mézouza fixée et la faire vérifier, pour la fixer alors à nouveau en récitant la bénédiction.

5. Les décisionnaires sont partagés quant à la nécessité de fixer une Mézouza à l’entrée d’un entrepôt. L’avis de Marane dans le Choul’hane ’Aroukh est qu’il est nécessaire de la fixer. On s’abstiendra toutefois de réciter la bénédiction, comme pour toute bénédiction en cas de doute.

6. A l’entrée des magasins et des usines où les employés ne travaillent que de jour, ainsi que les écoles et les maisons d’étude qui ne sont fréquentées que durant la journée et pas la nuit, il convient de fixer une Mézouza sans réciter de bénédiction.

7. La cour d’une maison qui dispose d’un portail formé par un linteau et une porte, nécessite la pose d’une Mézouza avec bénédiction.

8. Il faut fixer la Mézouza du côté droit de la porte, en prenant comme référence une personne entrant dans la pièce. On prendra garde de la fixer à l’intérieur du cadre même de la porte, sous le linteau. Si la face latérale du poteau est large, on fixera la Mézouza dans les huit centimètres extérieurs du poteau.

9. A priori, il faut fixer la Mézouza au début du tiers supérieur du cadre de la porte (par exemple, si la hauteur du cadre est de 1,80 mètres jusqu’au linteau, il faut fixer le bas du boîtier de la Mézouza à une hauteur de 1,21 mètres). Si on a placé la Mézouza plus au-dessus, c’est aussi valable à condition qu’on ait laissé au minimum huit centimètres libres jusqu’au linteau. Par contre, si on a fixé laMézouza en dessous de la hauteur recommandée, la pose n’est pas valable ; il faudra immédiatement l’enlever pour la fixer comme il se doit. Si on se rend compte de l’erreur après un certain temps, on doit fixer à nouveau la Mézouza en récitant la bénédiction.

10. La Mézouza doit être posée à la verticale, parallèlement à la longueur du poteau, et non en diagonale. Si on l’a fixée en diagonale comme la coutume ashkénaze, c’est tout de même valable.

11. Avant de fixer la Mézouza, il est bon de réciter le passage “Léchème yi’houd […] haréni ba etc.” (Voici que je m’apprête à accomplir la mitsva de fixer la Mézouza, comme le prescrit le verset "Tu les inscriras sur les poteaux de ta maison et à tes portes". Que la bienveillance de Hachem notre Dieu soit sur nous etc."). Puis, on récite la bénédiction: “Baroukh […] vétsivanou liqboa’ mézouza” (Béni Tu es” Hachem” […] qui nous as sanctifiés par Tes commandements et prescrit de fixer une Mézouza). Si ce n’est pas le maître de maison lui-même qui fixe la Mézouza mais un émissaire qu’il a désigné, ce dernier conclura la bénédiction par "’al qévi’ate mézouza”(sur la fixation de la Mézouza). Après avoir posé la Mézouza, on doit l’embrasser et réciter le verset: “Zé hacha’ar etc.” (Voici la porte deHachem, les justes la franchiront).

12. Si on doit poser des Mézouzot pour plusieurs pièces de la maison et que l’on veut honorer différentes personnes à prendre part à la pose, celles-ci ne doivent pas réciter chacune la bénédiction ; seule la première d’entre elles fera la bénédiction, en pensant acquitter toutes les autres. (Il est toutefois préférable de poser soi-même toutes les Mézouzot de sa maison, car il vaut mieux faire unemitsva par soi-même que par un intermédiaire).

13. On doit faire vérifier ses Mézouzot par un sofère expérimenté et craignant Dieu, deux fois tous les sept ans (donc tous les trois ans et demi en moyenne).

14. Chaque fois que l’on sort de chez soi, il est bon de poser la main sur la Mézouza et de dire: "Que Dieu préserve mes allées et venues, en vie et en paix, désormais et à tout jamais ; que le Seigneur me bénisse et m’accorde Sa grâce".

15. Lorsqu’une personne déménage, elle ne doit pas prendre ses Mézouzot avec elle, Mais les laisser [si l’occupant suivant est Juif]. Le Talmud rapporte à ce propos l’histoire d’un homme qui avait retiré ses Mézouzot en quittant sa maison ; il enterra par la suite sa femme et ses deux enfants, que Dieu nous en préserve. Si les Mézouzot que l’on a fixées sont de qualité supérieure, et que le prochain résident refuse de nous en payer le prix, on pourra les retirer pour les donner à vérifier, et les remplacer aussitôt par d’autres Mézouzot plus simples (que l’on posera avec bénédiction). Les premières Mézouzot seront alors fixées dans la nouvelle maison. Il est préférable de procéder à cet échange quelques jours avant le départ.

16. Chaque fois que l’on entre dans une pièce ou que l’on en sort, il faut porter son regard sur laMézouza et se souvenir du texte qui y est inscrit: “Chéma ’Yisraèl etc." (Ecoute Israël, Hachem est notre Dieu, Hachem est Un). On éprouvera alors un élan d’amour envers Dieu, on s’extirpera de sa torpeur et de son enlisement dans les vanités de ce monde, et l’on songera que rien n’est durable, excepté la connaissance du Dieu immuable. Ainsi, notre esprit adoptera une pensée authentique, et on suivra toujours le chemin des Justes.

> - Tout celui qui se montre vigilant pour la mitsva de la Mézouza voit ses jours prolongés, ainsi que ceux de ses enfants ; sa maison est préservée des êtres malfaisants, des animaux sauvages et des maladies pernicieuses. (Néanmoins, il faut garder à l’esprit que l’on n’accomplit pas cette mitsva pour se préserver des catastrophes, mais uniquement parce que c’est une ordonnance du Saint béni soit-Il). Nos Sages ajoutent que tout celui qui porte des Téfilines sur la tête et le bras, des tsitsiot (franges rituelles) à son vêtement et une Mézouza à sa porte, a la présomption de ne jamais fauter, puisque de nombreux gardiens sont là pour le rappeler à l’ordre.

> Le parapet

17. C’est une mitsva positive de la Torah de faire un parapet à son toit comme il est dit: "Lorsque tu construiras une nouvelle maison, tu feras un parapet à ton toit" (Deutéronome 22,8). Cette obligation ne concerne que les toits à usage d’habitation [comme une terrasse] ; c’est pourquoi, les toits des maisons actuelles qui ne sont pas utilisés, et où on ne monte que très rarement pour des travaux d’entretien, sont exemptés de l’obligation d’installer un parapet. Il est cependant bien de le faire, sans réciter de bénédiction.

18. La hauteur du parapet doit être au minimum de dix “téfa’hime” (quatre-vingts centimètres). La barrière doit être suffisamment solide pour que quelqu’un puisse s’y appuyer sans risque de tomber.

19. Avant d’installer le parapet à son toit, on doit réciter la bénédiction: “Baroukh […] vétsivanou la’assote ma’aqé” (Béni Tu es Hachem […] qui nous as sanctifiés par Tes commandements et prescrit de construire un parapet). Il faut la réciter au moment où l’ouvrier est sur le point d’achever la construction, qui est considéré comme le moment où la mitsva s’accomplit. Il est toutefois préférable que l’ouvrier laisse une petite partie du parapet non achevée (en la construisant jusqu’à une hauteur de soixante centimètres, par exemple) afin que le maître de maison fasse la bénédiction avant de compléter lui-même le parapet (jusqu’aux quatre-vingts centimètres exigés) ; il aura ainsi achevé la construction personnellement, car il vaut mieux accomplir une mitsva par soi-même que par un émissaire. Même s’il n’a pas encore coulé le béton à la base du parapet, on peut réciter la bénédiction, car cette ceinture de béton a pour seul objectif de renforcer le parapet. Si c’est un ouvrier non-juif qui a construit le parapet dans son intégralité”, on ne récitera pas de bénédiction car il y a un doute sur la possibilité de pouvoir la réciter.

20. De manière générale, c’est une mitsva d’ôter tout obstacle qui peut entrainer un danger de mort, comme l’ordonne la Torah: "Prends garde à toi et préserve ton âme avec soin" (Deutéronome 4,9). Si on ne retire pas un tel obstacle, on annule une mitsva positive, et on transgresse en outre l’interdit de "Tu ne mettras pas de sang dans ta maison" (Ibid. 22,8).

Boire de l’eau pendant la Tékoufa

> Introduction

Nos Sages divisent l’année solaire en quatre périodes (Téqoufot), qui correspondent aux quatre saisons (avec un décalage de treize à dix-neuf jours par-rapport aux saisons civiles): la tékoufa de Nissane correspond au printemps, celle de Tamouz à l’été, celle de Tichri à l’automne, et enfin celle de Tévèt à l’hiver. Chaque tékoufa (période) dure quatre-vingt-onze jours et sept heures et demi ; les quatre périodes font donc un total de trois cent soixante-cinq jours et six heures. Le début de chaque période est également désigné sous le nom de tékoufa, et c’est à cette signification que nous faisons référence dans le présent chapitre.

1. Il faut s’abstenir de boire de l’eau au moment de la tékoufa, car à cet instant, l’autorisation est donnée aux esprits malfaisants de régenter l’eau ; boire de l’eau à ce moment représente donc un danger. Tel était l’usage répandu dans toutes les communautés juives, ainsi que le témoignaient déjà les “Géonim”, il y a plus de mille ans. De grands maîtres ont rapporté avoir vu et entendu de nombreux cas de personnes ayant souffert d’un gonflement du ventre après avoir bu de l’eau pendant la tékoufa, duquel certains ont guéri, et d’autres en sont décédés, que Dieu nous en préserve. Et qui sait combien de maladies sont apparues dans notre génération à cause d’un manque de vigilance dans ce domaine…

2. L’usage à Jérusalem était de payer un bedeau spécifiquement désigné pour la proclamation de latékoufa. Il devait faire le tour des maisons pour proclamer le jour et l’heure exacte de la tékoufa, afin que les gens soient avertis et ne boivent pas d’eau à ce moment-là. Dans les autres villes, la coutume était que, le chabbat précédant la tékoufa, l’officiant annonce à la synagogue le jour et l’heure de cette dernière, après la lecture de la Torah. Il convient de restaurer cet usage dans chaque endroit, d’annoncer en public après la lecture de la Torah quand tombera la tékoufa, et rappeler qu’il ne faut pas boire d’eau à ce moment-là. Il convient également de l’indiquer dans tous les calendriers. (Cela figure dans le calendrier de la Yéchiva de “Kissé Ra’hamime”, ainsi que dans d’autres calendriers).

3. Le calcul de la tékoufa se fait selon l’année solaire et non selon les mois lunaires. Ainsi elle n’a pas une date fixe dans le calendrier hébraïque, mais seulement dans le calendrier grégorien, en l’occurrence:

• La tékoufa de Nissane tombe le sept ou huit avril.• La tékoufa de Tamouz, le huit juillet.• Latékoufa de Tichri, le sept ou le huit octobre.• La tékoufa de Tévèt, le six ou le sept janvier.• De toute manière, on consultera à chaque fois le calendrier pour connaitre l’heure exacte de la tékoufa.

4. D’après la loi stricte, le moment en question ne dure qu’un court instant. Cependant, l’usage est de se montrer plus strict et de ne pas boire d’eau dans les demi-heures précédente et suivante, et tel est l’avis de notre maître le Richone létsiyone Rav ‘Ovadia Yossef. Tel était également l’usage à Tunis et Djerba pour les Téqoufot de Tichri et de Nissane. Quant aux Téqoufot de Tévèt et de Tamouz, la coutume à Tunis était de s’abstenir une heure avant et une heure après ; à Djerba, l’usage était de faire durer chaque tékoufa trois heures. (Dans le calendrier de la Yéchiva, l’horaire inscrit est calculé selon l’usage intermédiaire, c’est-à-dire une heure avant et une heure après).

5. L’interdiction de boire s’applique sur l’eau uniquement ; toutes les autres boissons sont autorisées, même une boisson essentiellement à base d’eau, si elle a été préparée avant la tékoufa. On a également l’usage de permettre de l’eau qui a été bouillie avant la tékoufa.

6. Même une fois la tékoufa terminée, il ne faut pas boire de l’eau qui était "isolée" pendant latékoufa, c’est-à-dire contenue dans un récipient. Même une eau qui était au réfrigérateur devra être renversée. On peut toutefois boire de l’eau qui était congelée pendant la tékoufa, ainsi que de l’eau minérale qui était dans une bouteille scellée.

7. Si on a déposé un morceau de fer, comme un clou par exemple, à l’intérieur de l’eau avant latékoufa, on pourra boire de cette eau par la suite.

8. Si on a utilisé par mégarde une eau qui est devenue interdite par la tékoufa comme ingrédient pour la cuisson d’un plat ou d’une soupe, on pourra à postériori consommer ce plat.

9. Si on est invité après la tékoufa chez une personne qui nous offre de l’eau à boire, il n’est pas nécessaire de s’enquérir auprès de son hôte si cette eau a été remplie avant ou après la tékoufa.

Loi sur la halla et autres prélèvements

> La ’halla

1. Une pâte qui contient 1560 grammes de farine ou plus nécessite le prélèvement de la ‘Halla avec bénédiction.

2. De nos jours où la “’halla “n’est plus donnée au Cohen (puisque nous ne sommes pas en état de pureté), il suffit de prélever un tout petit morceau de pâte comme ‘Halla. Ce morceau sera alors brûlé, sur le gaz par exemple. Si on ne peut pas la brûler, on doit l’enterrer ou bien la mettre dans un sachet plastique (il est préférable de l’envelopper dans deux sachets) et la jeter à la poubelle.

3. Une pâte pétrie avec du miel, du vin ou du lait, même exclusivement, nécessite également le prélèvement de la “’halla “avec bénédiction. Toutefois, sur une pâte péélèvement sans bénédiction.

4. Une pâte destinée à la cuisson par l’eau ou à la friture est dispensée de prélèvement. En effet, le verset dit: "Lorsque vous mangerez du pain de la Terre", or le terme "pain" désigne seulement ce qui est cuit au four. (Certains se montrent toutefois stricts et prélèvent la “’halla “sans bénédiction). Cependant, si une partie de la pâte est cuite au four, même si la majorité est destinée à être frite, on devra prélever la “’halla “avec bénédiction. De même, pour une pâte initialement destinée à être cuite au four et que l’on s’est ensuite Ravisé et l’a faite frire, on prélèvera la “’halla “avec bénédiction.

5. Si on pétrit une pâte avec l’intention de la partager alors qu’elle est encore sous forme de pâte, on est dispensé de prélever la “’halla “si la partie cuite individuellement ne contient pas 1560 grammes de farine. Ainsi, des femmes qui pétrissent ensemble une pâte pour prélever la ‘Halla avec bénédiction en grand public, et que chacune prend ensuite une partie de la pâte pour la faire cuire chez elle, elles doivent veiller à ce qu’il y ait chez une d’entre elles au moins la quantité de pâte requise.

> Prélèvements de la térouma et du ma’assère

Toutes les lois qui vont suivre concernent les fruits qui poussent en Israël. Lorsque ces fruits sont vendus sur le marché hors d’Israël, certains les dispensent totalement de prélèvement. C’est l’avis du Richone létsiyone” Rav ’Ovadia Yossef. D’autres sont plus stricts et nécessitent d’effectuer les prélèvements nécessaires. L’avis du “Roch Yéchiva” Rav Méir Mazouz est qu’il convient d’agir ainsi. [“Pour les oranges, on pourra prélever de la peau du fruit.]

6. Lorsque tout le peuple juif prit possession de sa terre, la terre d’Israël, il se vit ordonné de prélever divers prélèvements du produit de la terre, dans l’ordre suivant: tout d’abord, il y a la “térouma guédola “à donner au Cohen. La Torah n’en a pas fixé de mesure minimale et "un seul grain acquitte tout le tas", selon l’expression du Talmud. Cependant, nos Sages ont pour leur part institué de donner un cinquantième de la récolte (il y a allusion à cela dans le mot “térouma” qui peut être considéré comme l’abréviation des mots “tré miméa”, qui signifient deux pour cent). Le Cohen ne peut consommer cette “térouma” que s’il est pur et que la “térouma” elle-même est pure. De nos jours, la “térouma” est destinée à être détruite car on est tous en état d’impureté et on ne dispose pas de moyen de purification ; on se contentera donc de prélever une quantité infime.

7. Après avoir prélevé la “térouma guédola”, il faut prélever dix pour cent de la quantité restante ; c’est le “ma’assère richone” (la première dîme), que l’on donne au Lévi. De ce prélèvement même, on retire dix pour cent pour les donner au Cohen, c’est ce que l’on nomme la “téroumat ma’assère”(ou encore “ma’assère mine hama’assère”: la dîme de la dîme). La “téroumat ma’assère “correspond donc à un centième de la récolte initiale. Ce prélèvement également ne peut être consommé par le Cohenque s’il est pur et que les fruits eux-mêmes sont purs, tout comme pour la “térouma guédola”. Le restant du “ma’assère richone” (les neuf pour cent restés chez le Lévi), quant à lui, n’a pas de sainteté, et peut être consommé par tout un chacun (qui n’est ni Cohen ni Lévi), même en état d’impureté.

8. Après avoir prélevé le “ma’assère richone”, le propriétaire doit prélever, de ce qui lui reste, le “ma’assère chéni” (la seconde dîme). Il doit ensuite l’emporter à Jérusalem pour le consommer là-bas, en état de pureté. S’il lui est difficile de transporter les fruits jusqu’à Jérusalem, il les rachète contre de l’argent (en ajoutant un cinquième à leur valeur), qu’il emporte à Jérusalem et l’utilise pour acheter de la nourriture et de la boisson, qu’il doit consommer sur place. De nos jours, on ne peut pas consommer le “ma’assère chéni” à Jérusalem car nous ne sommes pas purs. On prélève donc le “ma’assère chéni” en disant: "le “ma’assère chéni” sera du côté droit des fruits", et immédiatement après cela, on rachète ce “ma’assère chéni” en rajoutant un cinquième de sa valeur sur l’équivalent d’une pérouta (comme cela sera expliqué dans le paragraphe 12 ci-dessous). Ce n’est qu’après cela que les fruits sont autorisés à la consommation.

9. Le “ma’assère chéni” susmentionné était prélevé les première, deuxième, quatrième et cinquième années dans le cycle du septennat de la Chémita. En revanche, les troisième et sixième années (ainsi que la septième année de la Chémita pour ceux qui s’appuient sur la "vente des terrains"), on prélève le “ma’assère ’ani” (la dîme du pauvre) au lieu du “ma’assère chéni”. Le pauvre qui le recevait pouvait le consommer là où il le voulait, même en état d’impureté. Un moyen mnémotechnique pour le retenir se trouve dans l’expression “avéda lé’ani” (perte pour le pauvre), le mot “avéda” étant composé des lettres qui ont pour valeur numérique respectivement 1, 2, 4, et 5, qui font référence aux années pendant lesquelles le “ma’assère “est "perdu" pour le pauvre, qui ne reçoit alors pas de dîme.

10. Pour les légumes et les fruits de la terre, la loi qui régit le “ma’assère chéni” est la suivante: s’ils ont été cueillis à partir de Roch Hachanna, bien qu’ayant poussé l’année précédente, on effectue le prélèvement correspondant à l’année présente, que ce soit le “ma’assère chéni” ou le “ma’assère ’ani”. S’ils ont été cueillis avant Roch Hachanna (comme les pommes de terre, les oignons ou la courge, qui sont cueillis bien avant leur commercialisation sur le marché), on effectue le prélèvement selon l’année précédente. En revanche, pour les fruits de l’arbre, l’année ne commence pas à Roch Hachanna mais à “Tou Bichvate”. En outre, ce n’est pas le moment de la cueillette qui détermine leur statut, mais le début de leur maturité. [“Du moment qu’ils sont aptes à la consommation, même s’ils n’ont pas encore atteint le terme de leur maturité.] Ainsi, s’ils ont commencé à mûrir avant “Tou Bichvate”, même s’ils ne sont cueillis qu’après, on prélèvera selon l’année passée ; si par contre ils ont commencé à mûrir après “Tou Bichvate”, on les prélèvera suivant la nouvelle année: les premières, deuxièmes, quatrièmes et cinquièmes années on prélèvera le “ma’assère chéni” ; les troisièmes et sixièmes années, le “ma’assère ’ani”. (Etant donné que la majorité des gens ne connaissent pas bien ces lois, et que même un connaisseur est susceptible de se tromper, nous avons opté dans notresiddour pour un texte compatible aux deux cas de figure).

11. Le “ma’assère ’ani” et le “ma’assère richone” (après en avoir prélevé la “téroumat ma’assère”) sont profanes: n’importe qui peut les manger, à n’importe quel endroit. Ainsi, si on a des fruits ou des légumes sur lesquels ces prélèvements n’ont pas été faits, on devra les effectuer et les donner respectivement à un pauvre ou à un Lévi, et ce même de nos jours. Par contre, si on a un doute si ces prélèvements ont été effectués, on devra réciter le texte du prélèvement mais sans les donner: c’est au récepteur qu’incombe de prouver qu’il est réellement bénéficiaire. C’est donc en l’occurrence auLévi ou au pauvre de prouver que ces prélèvements n’ont pas encore été effectués. Tant qu’ils n’auront pas apporté de preuve, le propriétaire est libre de les consommer.

12. Le “ma’assère chéni”, qui de nos jours ne peut être consommé, doit être racheté ainsi que son cinquième, par l’équivalent d’une pérouta. (Il est préférable de le faire par l’équivalent d’unepérouta un quart.) A cet effet, il convient de réserver une pièce de monnaie portant l’inscription “ma’assère chéni” que l’on mettra de côté, afin de ne pas venir à l’utiliser par erreur. Une fois que la valeur des prélèvements effectués atteint la valeur nominale de la pièce, il faut racheter sa sainteté, comme nous allons le voir par la suite. [“La “pérouta “correspond à la valeur marchande d’un quarantième de gramme d’argent pur. Cela varie donc selon le cours de l'argent.]

13. Les fruits d’un arbre qui ont commencé à mûrir durant la quatrième année de vie de l’arbre sont appelés “Néta’ réva’i” et il est interdit de les consommer jusqu’à ce qu’on les ait rachetés par l’équivalent d’une pérouta (comme pour le “ma’assère chéni”). Aussi convient-il d’ajouter dans la formule du prélèvement: "S’il y a dans ces fruits des fruits de la quatrième année, qu’ils soient ainsi que leur cinquième rachetés par l’équivalent d’une pérouta [un quart], que j’ai réservé à cet effet. (Cf. supra paragraphes 20-22.)

14. Les fruits de “ma’assère chéni”, une fois entrés à Jérusalem, ne peuvent plus être rachetés, sauf s’ils sont devenus impurs. C’est la raison pour laquelle quelqu’un qui veut prélever ses fruits à Jérusalem intra-muros (c’est-à-dire dans le quartier de la vieille ville), doit les rendre impurs en les mouillant avec de l’eau puis les touchant de la main, avant de commencer à prélever le “ma’assère chéni”.

15. Pendant l’année de la Chémita, les fruits en provenance du "dépôt du tribunal rabbinique" sont exempts de prélèvements. En revanche, il faudra effectuer les prélèvements des fruits provenant de la "vente des terrains", mais sans toutefois réciter de bénédiction, même si on est certain que ces fruits proviennent d’une récolte sur laquelle les prélèvements n’ont pas été faits.

16. De tout cela, il ressort que celui qui achète des fruits dans un magasin qui n’a pas de surveillance rabbinique valable, devra procéder comme suit: il prendra un pour cent de chaque espèce de fruits ou légumes en tant que “téroumat ma’assère”, en ajoutant un peu à cette quantité pour la “térouma guédola”. On récitera alors la formule rapportée dans le siddour, puis on mettra ce qui a été prélevé dans un sachet (il est préférable de l’envelopper dans deux sachets) que l’on jettera à la poubelle, et tout le reste pourra alors être consommé.

17. Quand on prélève un “ma’assère chéni” de fruits d’une récolte dont on est certain qu’elle provient d’une année où le “ma’assère chéni” doit être prélevé (cf. infra paragraphe 10), on doit réciter la bénédiction avant de racheter les prélèvements par leur équivalent monétaire: “Baroukh […] vétsivanou ’al pidyone ma’assère chéni” (Béni Tu es Hachem […] qui nous as sanctifiés par Tes commandements et prescris de racheter le “ma’assère chéni”). Immédiatement après cela, on dit: "Que ce “ma’assère chéni” soit racheté ainsi qu’un cinquième de sa valeur par l’équivalent d’unepérouta contenue dans la pièce de monnaie que j’ai réservée à cet effet".

18. Quand la valeur des prélèvements atteint la valeur nominale de la pièce, on doit la racheter par un aliment qui vaut une pérouta (on pourra même utiliser quelques cuillères de sucre, par exemple), ou par une autre pièce équivalente à une pérouta. On dira alors: "Que toute la sainteté du “ma’assère chéni” (et des fruits de la quatrième année) qui est contenue dans cette pièce (il est bon de rajouter: exceptée la valeur d’une pérouta du prélèvement de la sainteté la plus élevée) soit rachetée ainsi qu’un cinquième de sa valeur par ce fruit (ou: cette pièce)". Ensuite, on pourra à nouveau utiliser la pièce initiale pour racheter d’autres prélèvements. Quant au fruit ou à la pièce sur laquelle on a transféré la sainteté de la pièce initiale, il faut s’en débarrasser de manière respectueuse ; si c’était du sucre, on le versera dans l’évier sous le jet d’eau jusqu’à ce qu’il fonde (Il est également possible de transférer de nouveau la sainteté sur l’équivalent d’une pérouta de la première pièce de monnaie, sauf pendant l’année où on doit éliminer tous les “ma’assrot”, comme nous le verrons).

19. Le septième jour de Péssa’h pendant l’année d’élimination des “ma’assrot”, c’est-à-dire les quatrième et septième années du cycle de la Chémita, il est interdit d’avoir en sa possession de la sainteté de “ma’assère chéni” et de fruits de la quatrième année. Ainsi, la veille du septième jour dePéssa’h il faut racheter la pièce par un fruit ou une autre pièce et s’en débarrasser de manière respectueuse avant l’entrée de la fête. On ne rajoutera pas alors dans la formule "exceptée la valeur d’une pérouta etc.", puisque toute la sainteté doit être rachetée.

20. Il est interdit de consommer des fruits qui proviennent de la quatrième année de vie d’un arbre de façon certaine (et il faut poser la question à un Rav compétent pour savoir comment s’opère le compte des années) avant de les avoir rachetés sur l’équivalent d’une pérouta (tout comme pour le “ma’assère chéni”). Avant de les racheter, on doit réciter la bénédiction suivante: “Baroukh […] vétsivanou ’al pidyone néta’ réva’i” (Béni Tu es Hachem […] qui nous as sanctifiés par Tes commandements et prescrit de racheter les fruits de la quatrième année). Immédiatement après cela, on dira: "Que les fruits de la quatrième année qui sont là soient rachetés ainsi qu’un cinquième de leur valeur par l’équivalent d’une pérouta contenue dans la pièce de monnaie que j’ai réservée à cet effet".

21. Des fruits qui proviennent de façon certaine de la quatrième année de vie d’un arbre sont exempts des prélèvements de la “térouma” et du “ma’assère”.

22. Si il y a un doute si les fruits proviennent de la quatrième ou de la cinquième année de vie de l’arbre, on doit effectuer les prélèvements de “térouma” et du “ma’assère”, mais sans bénédiction. On devra en outre réciter la formule "Que les fruits de la quatrième année etc." sans la bénédiction du rachat.