Halah'a (3ème partie)

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Les  Halah'ot du site sont à terme pratique mais le

mieux est de questionner son Rav

Lois et coutumes du mariage juif

1. Dans certaines communautés, la coutume est que le marié jeûne la veille de son mariage ; dans ce cas il doit prendre sur lui le jeûne depuis la veille dans la prière de Min’ha. Il se repentira à cette occasion, et verra ses fautes pardonnées. (La mariée, quant à elle, ne jeûnera pas.) Cette coutume était pratiquée à Djerba. En Israël, toutefois, l’usage est que le marié ne jeûne pas, et telle était l’habitude à Tunis. En tout état de cause, ceux qui viennent de diaspora d’une communauté où la coutume était de jeûner et veulent poursuivre leur usage en Israël, sont dignes de bénédiction.

2. Il est bon de célébrer la ‘Houppa tant qu’il fait encore jour, avant le coucher du soleil, comme l’allusionne le langage de la Michna: "Une jeune fille se mariera le jour du mercredi". (Dans ce cas, on fera seulement six jours de réjouissances et non sept, car le jour même de la ‘Houppa compte pour un premier jour, et au coucher du soleil commence un nouveau jour.)

3. La mariée doit se tenir sous la ‘Houppa à la droite du marié. Le Rav prépare l’alliance du mariage, puis invite les deux témoins à se présenter. Ceux-ci doivent assister de près au déroulement de la cérémonie des “Qiddouchine” (ce sont eux qui signeront également la Kétouba). Il est bon que le marié leur dise auparavant: "Vous êtes mes témoins".

4. Lorsque l’alliance a été achetée par le père du marié, il doit la faire acquérir par une donation totale au marié avant la bénédiction en présence des témoins. Il faut veiller à avoir payé au bijoutier ce qui lui est dû, avant le mariage.

5. Notre usage est que le marié lui-même récite la bénédiction des “Éroussine”, suivant l’opinion duRambam et de Marane Rabbi Yossef Qaro. (Certains ont pour coutume que le Rav récite la bénédiction ; ce dernier devra alors penser en acquitter le marié, qui devra lui-aussi penser à être acquitté par leRav ; le marié ne répondra alors pas “Baroukh hou ouvaroukh chémo”, mais seulement Amen à la fin de la bénédiction). Après avoir terminé la bénédiction, le marié goûte un peu du vin (si c’est le Ravqui a récité la bénédiction, ce dernier goûtera du vin puis fera goûter au marié) ; il n’est pas nécessaire de boire une pleine gorgée de la coupe. Ensuite, le marié fait passer la coupe de vin à la mère de la mariée (ou à une parente), qui en fera goûter à la mariée.

6. Après la bénédiction des “Éroussine”, le Rav montre la bague aux témoins et leur demande d’attester qu’elle vaut bien une pérouta (on procède ainsi pour que la mariée n’évalue pas de son côté l’alliance à un prix supérieur au prix réel, ce qui pourrait remettre en cause la validité des “Qiddouchine”). Le marié consacre alors la mariée, en lui passant la bague à l’index de la main droite. Les témoins doivent veiller à avoir bien écouté le marié dire: “Haré ate méqouddéchète li etc.” (Voici, tu m’es consacrée etc.), et à l’avoir vu glisser la bague au doigt de la mariée.

7. Après cela, le marié s’enveloppe dans un Talit neuf, après avoir récité la bénédiction du Talit ainsi que celle de “Chéhé’héyanou”. En récitant cette dernière bénédiction, il pensera à inclure également la mariée elle-même, le nouvel appartement, les meubles etc. (S’il s’enveloppe du Talit après le coucher du soleil, il récitera uniquement la bénédiction de “Chéhé’héyanou”, et ne se couvrira pas la tête avec le Talit.). Ensuite, on étend le Talit et le déploie au-dessus des mariés.

8. Notre coutume est que le Rav pose sa main sur la tête du marié et dise “Bichmakh Ra’hamana etc.” (Au nom de Dieu etc.), puis il entame la lecture de la Kétouba. Dans certaines “Kétoubot”, un serment est mentionné dans le texte ; il convient fortement de le rayer, en ajoutant en bas du document que la correction a été faite devant témoins, qui devront signer (en plus de la signature sur la Kétoubamême). On fera de même pour toute autre correction que l’on devra ajouter à la Kétouba. Certains ont pris l’habitude de signer à côté de la correction dans la marge, comme il est usage de le faire sur les contrats ou autres documents officiels ; il ne convient pas d’agir ainsi.

9. Lorsque le Rav qui lit la Kétouba arrive au passage "Véqanéna miyyad hé’hatane", il demande au marié s’il prend sur lui toutes les obligations de la Kétouba, et ce dernier répond par l’affirmative, tout en faisant acquisition de son engagement sur le contenu de la Kétouba. Le Rav achève alors sa lecture, puis le marié signe, suivi des témoins. Tout ceci doit être accompli entre les “Qiddouchine” et la récitation des “Chéva’ bérakhote”, afin de marquer une pause entre ces deux cérémonies.

10. D’après la halakha, il est préférable de ne pas distribuer les sept bénédictions, mais une seule personne les récitera toutes. Tel était l’usage dans les communautés séfarades depuis toujours. Lors de la récitation des bénédictions, l’assemblé "Elohénou mélèkh ha’olame”, mais seulement “mélèkh ha’olame”.

11. Le Rav qui a récité les bénédictions boira un révi’ite (à priori) de vin, avant de donner à goûter au marié. Ce dernier fait ensuite boire la mariée.

12. La coutume est que le marié brise un verre, en souvenir de la destruction du Temple, qu’il soit reconstruit rapidement, de nos jours. Avant cela, il récite le verset: “Ime èchka’hekh etc.” (Si je t’oublie, ô Jérusalem, que ma droite m’oublie). Quant aux chanteurs et orchestres qui font retentir la musique juste au moment où le verre est brisé, ils agissent sottement: ceci est l’antithèse même de la pratique de briser le verre. Il convient d’attendre quelques secondes, pendant lesquels le marié et l’assemblée doivent se recueillir et s’attrister sur la destruction de Jérusalem et du Temple ; après cela seulement, la musique pourra commencer.

13. Les mariés ne doivent pas s’isoler juste après les “Chéva’ bérakhote”, mais seulement à la fin de la soirée. Telle était la coutume des communautés séfarades comme ashkénazes depuis toujours, et il ne faut pas y déroger.

14. Pour le Birkat hamazone, l’usage en Israël est de prendre deux coupes de vin, une pour le Birkat hamazone lui-même et l’autre pour la bénédiction des mariés. Une fois que celui qui a fait leZimmoune achève le Birkat hamazone, il ne doit pas enchaîner directement avec “boré péri haguafène” mais laissera d’abord le second officiant réciter les autres bénédictions jusqu’à la fin des “Chéva’ bérakhote”, sur la deuxième coupe de vin ; ce n’est qu’ensuite que le premier récitera la bénédiction de “boré péri haguafène”, en pensant à acquitter tous les convives, puis on goûte au vin. Nous avons la coutume d’ajouter une troisième coupe que le marié tient. On mélange ensuite le contenu des coupes en déclarant "Que se multiplie les joies dans le peuple d’Israël etc.".

15. Il est bon, lors des grandes réceptions, de convenir d’un horaire fixe pour réciter le Birkat hamazone en présence de tous les convives, avant que chacun ne se disperse sans avoir récité leBirkat hamazone ni écouté les “Chéva’ bérakhote”. Ensuite, on pourra poursuivre les chants et les danses.

La circoncision (brit milah) & Le rachat du premier-né

> La circoncision

>> Valeur de la mitsva.Grande est la mitsva de la circoncision, qui a été scellée par treize alliances, et qui est grandement précieuse aux yeux de Dieu. Toutes les créatures du monde, aussi bien hommes qu’animaux, bêtes sauvages, oiseaux et reptiles, toutes craignent le membre du peuple d’Israël, qui est circoncis (extrait du Midrache).

1. L’usage est de préparer une chaise en l’honneur de “Eliyahou Hannavi” (le prophète Elie), qui est surnommé "l’ange de la circoncision". On dira explicitement que cette chaise lui est réservée. Cette chaise sera en plus de celle où s’assoit le Sandaq, comme il est explicite dans le “Zohar: “on doit préparer un autre” siège en son honneur, et déclarer "ceci est la chaise “d’Eliyahou Hannavi” ; sinon, “Eliyahou” n’est pas présent à la cérémonie". On a l’habitude de recouvrir cette chaise d’un beau tissu.

2. Notre coutume est d’amener des braises incandescentes lors de la circoncision, et d’y déposer des herbes odorantes. Ceci d’après le livre “Or’hote ’Hayyime” qui écrit: "L’usage est d’apporter une pelletée de braises là où se fait la circoncision, et ce même en été, d’après ce que rapporte le “Midrache Rabba”: Lorsque notre Patriarche Avraham eut circoncis les membres de sa maison, tous les prépuces ont formé un tas ; lorsque le soleil a tapé sur eux, ils se sont décomposés. L’odeur est alors montée jusqu’au Saint béni soit-Il, qui l’a reçue comme un encens et un sacrifice. Dieu déclara alors: "Si Mes fils viennent à fauter, Je M’emplirai de miséricorde à leur égard".

3. Avant que le père ne remette le bébé au Mohel, il est bon qu’il récite la prière instituée par notre maître le “’Hida” dans son ouvrage “Sansane léyaïr” (et rapportée dans nos siddourim). Après la circoncision, l’assemblée bénit le père du bébé: “Kéchème etc.” (Comme vous l’avez fait entrer dans l’alliance de la circoncision, que vous ayez de même le mérite de le faire grandir jusqu’au mariage dans la Torah, les mitsvot et les bonnes actions). Si l’assemblée est dans la détresse, on récitera les Treize attributs avec concentration entre la circoncision et la “péri’a” (retournement de la peau), et verra une grande délivrance. Toutefois, on ne les récitera pas le chabbat et les jours de fêtes.

> Le rachat du premier-né

4. Une mitsva positive de la Torah incombe à tout père (s’il n’est ni Cohen ni Lévi), de racheter son fils qui est premier-né de la mère (qui, elle aussi, ne doit être ni Cohen ni Lévi d’origine), contre la somme de cinq “Séla’ime”, qui correspond à quatre-vingt-seize grammes d’argent pur. (L’usage en Israël est d’arrondir à cent grammes, ou encore de donner cent un grammes pour obtenir la valeur numérique du nom de l’ange “Mikhaèl”). Un fils qui n’a pas été racheté par son père étant petit doit se racheter lui-même quand il aura grandi.

5. On doit faire le rachat du premier-né la journée (ou la veille au soir) du trente-et-unième jour, à compter du jour de la naissance. (Il n’est pas nécessaire d’attendre que se soient écoulées exactement une lunaison – 29 jours 12 heures et 793”’halaqime “– depuis l’instant de la naissance). Si cela tombe un jour de chabbat ou de fête, on le repoussera au lendemain.

6. Après le rachat, le Cohen récite la bénédiction de “boré péri haguafène” sur une coupe de vin, puis récite la bénédiction sur des “béssamime” (herbes odorantes). Ensuite, il récite la bénédiction “Achère qiddèche ’oubbar etc.” (Qui a sanctifié l’embryon depuis le ventre de sa mère etc.), sans y mentionner le nom de Dieu. Enfin le Cohen place sa main sur la tête du bébé et le bénit de la bénédiction des “Kohannime”.

>> Rachète-nous de parmi les Nations!

- Lorsqu’un père rachète son fils, la miséricorde de notre Père qui est aux cieux s’éveille pour délivrer le peuple d’Israël. L’Assemblée d’Israël s’exclame devant Dieu: Tu nous as appelés "Mon fils, Mon aîné, Israël". Nous sommes Tes enfants et Tu es notre Père. Or un père a cinq obligations à remplir envers son fils, l’une d’entre elles étant de le racheter. Délivre-nous donc d’entre les Nations!

- Une histoire est racontée à propos d’un jeune homme qui était à l’article de la mort, et qui criait: "Rachetez-moi, rachetez-moi!", et personne ne comprenait ce qu’il voulait dire par cela. Un homme sage présent s’enquit: "est-ce un aîné?" ; la réponse fut affirmative. Il leur dit alors de le racheter et il se rétablira. On donna à un Cohen les cinq pièces, et le jeune homme vécut vingt-cinq ans de plus.

Lois sur le cimetière juif - Les lois du Onen

> Le cimetière

1. A priori, il est préférable d’éviter de se rendre au cimetière, sauf pour un enterrement. Cela est particulièrement valable pour une personne qui porte la faute d’émission vaine de semence, car l’esprit d’impureté s’attache alors à lui. En ce qui concerne le pèlerinage sur les tombes des Justes, ou celui qui se rend sur les tombes de ses parents en leur honneur, il n’y a rien à craindre, même si on doit passer par d’autres tombes, puisque celui qui accomplit une mitsva est préservé de tout mal.

2. Les femmes qui ont leurs menstruations ne doivent pas aller au cimetière. Pendant les sept jours de pureté en revanche, elle peut s’y rendre, bien qu’elle ne se soit pas encore immergée dans un miqvé. Cependant, même lorsqu’elle est pure il vaut mieux qu’elle évite d’entrer dans un cimetière, comme nous l’avons dit au paragraphe précédent, et en particulier si elle est enceinte.

3. La coutume à Jérusalem est que les femmes n’accompagnent pas du tout le défunt. Elles se tiennent à l’entrée de la maison lorsque l’on fait sortir le corps, et ne suivent pas le cortège.

4. Celui qui voit un cimetière juif qu’il n’a pas vu depuis trente jours, ou même dans les trente jours si on y a enterré entre temps un autre défunt (même si on n’aperçoit pas la nouvelle tombe), doit réciter la bénédiction: “Baroukh […] Achère Yatsar etkhème etc.” (Béni est Hachem […] qui vous a formés avec justice, qui vous a créés avec justice, qui vous a nourris avec justice, qui vous a fait mourir avec justice, qui connaît le nombre de vous tous avec justice, et qui vous ressuscitera et vous ramènera à l’existence avec justice. Béni est Hachem qui ressuscite les morts).

> Les lois du Onène

5. On ne prend le deuil que pour sept proches parents, à savoir: son père, sa mère, son frèégalement un demi-frèère ou par la mère. Il n’y a pas non plus de difféée ou célibataire.

6. Celui dont un proche est décédé mais n’a pas encore été enterré, est appelé Onène. Il est dispensé de toutes les mitsvot positives de la Torah, et ne récite pas les bénédictions d’avant ni d’après le repas. Il est toutefois astreint à se laver les mains avant de consommer du pain, sans bénédiction. UnOnène n’est pas autorisé à réciter le Chéma’ ou accomplir toute autre mitsva positive, même s’il le désire.

7. Un Onène ne récite pas les bénédictions du lever. Cependant après l’enterrement, il a toute la journée pour les réciter, jusqu’au coucher du soleil.

8. Un Onène ne mettra pas les Téfilines le jour du décès, même après l’enterrement. Même si le proche est décédé durant la nuit, et qu’il a été enterré la nuit même, il ne mettra pas les Téfilinestoute la journée du lendemain. Mais s’il est décédé par exemple un dimanche et a été enterré la nuit de dimanche à lundi, ou dans la journée du lundi, il ne mettra pas les Téfilines le dimanche, mais il est bien qu’il les mette le lundi après l’enterrement, en le faisant toutefois dans la discrétion et sans bénédiction, car il y a un doute à ce propos. Si cependant le décès a eu lieu un chabbat et l’enterrement à l’issue du chabbat, on ne mettra pas les Téfilines toute la journée du dimanche.

9. Celui dont un proche est décédé pendant chabbat, ou même vendredi mais n’a pas encore été enterré, ne prendra pas le statut de Onène ni n’adoptera pas en public les lois du deuil pendantchabbat ; Il les adoptera néanmoins en privé. Il pourra commencer à réciter le qaddiche le chabbat, sans toutefois faire de Hachkava, tant que l’on est avant l’enterrement. L’endeuillé devra prier ‘Arvitde la sortie de chabbat le jour même du chabbat lorsqu’il fait encore jour (après le “Pélag hammin’ha”), suivi de la Havdala qui sera récitée sans “béssamime” (parfums) ni bougie. S’il n’a pas fait la Havdala et que le chabbat est déjà sorti, il pourra manger sans Havdala.

10. Certains décisionnaires pensent que le Onène n’a pas le droit de se laver, de s’oindre, de saluer autrui, de se couper les cheveux, ni de travailler. D’autres permettent tout cela, et c’est cet avis qui est retenu.

11. Celui qui a perdu un proche qui fait partie de ceux pour lesquels on s’endeuille, doit faire la “Qéri’a” (une déchirure dans son vêtement). Les femmes également sont astreintes à cette obligation ; elles refermeront ensuite les bords de la déchirure avec une épingle à nourrice, par pudeur.

12. Ceux qui ont la coutume de faire la “Qéri’a” après l’enterrement ont sur qui s’appuyer. Cependant, il est préférable de faire la “Qéri’a” immédiatement après que l’âme ait quitté le corps, ou après avoir entendu la nouvelle du décès, ou tout au moins avant l’inhumation. Avant de procéder à la “Qéri’a”, il faut réciter la bénédiction: “Baroukh […] dayyane haémète” (Béni Tu es Hachem […] Juge de vérité).

13. Il faut faire la “Qéri’a” en position debout. Si on l’a fait assis, on n’est pas acquitté et il faut déchirer de nouveau, mais sans refaire la bénédiction.

14. La déchirure doit se faire sur le devant de l’habit ; si par erreur on a déchiré l’arrière de l’habit, ou bien le bas du vêtement au niveau du ventre ou en-deçà, ou encore sur le pan, sous l’aisselle, on n’est pas acquitté et on doit procéder à une nouvelle déchirure, mais sans bénédiction. La longueur de la déchirure doit être de huit centimètres pour tous les proches parents, sauf le père et la mère pour qui on doit déchirer son vêécessaire de déchirer en plus le tricot de peau, ni le pull-over, ni le manteau, ni le petit Talit. La coutume est de déchirer du côté gauche pour son père ou sa mère, et du côté droit pour le reste des proches.

Les lois sur le deuil juif

1. Un endeuillé qui rentre du cimetière ne peut pas consommer son premier repas de chez lui. Ce sont ses enfants ou voisins ou proches qui lui donneront un repas. Onés, ou du pain et des olives. Si ses voisins ne lui ont rien préparé, ou qu’il n’a pas de connaissances, il n’a pas besoin de se laisser souffrir, et pourra consommer quelque chose de chez lui. Ces règles s’appliquent uniquement au premier repas après l’enterrement ; à partir du deuxième repas il peut manger normalement de ce qui lui appartient.

2. Voici les choses interdites pour un endeuillé: faire un travail, se laver, s’oindre, faire sa lessive, porter des chaussures en cuir, avoir des relations conjugales, saluer autrui, étudier la Torah ; il lui est également interdit de s’asseoir sur une chaise.

3. Lors du chabbat de la semaine du deuil, l’endeuillé respecte tous les interdits qui sont en privé, tel que se laver, avoir des relations conjugales ou même étudier la Torah (des sujets qui réjouissent). Cependant il ne suivra pas les mesures du deuil en public. Ainsi, aussitôt le” chabbat” entré, l’endeuillé peut porter des chaussures en cuir et changer ses vêtements en l’honneur du chabbat. En tout état de cause, il est interdit aux endeuillés de se laver entièrement le corps même la veille de chabbat. Ils se rinceront uniquement le visage, les mains et les pieds, à l’eau froide.

4. A la sortie de chabbat, l’endeuillé doit retirer ses habits de chabbat après la prière de ‘Arvit, et revêtir à nouveau ses vêtements qui portent la “Qéri’a”. Il enlèvera aussi ses chaussures en cuir. S’il a prié ‘Arvit alors qu’il faisait encore jour, il devra retirer ses vêtements du chabbat immédiatement après la sortie des étoiles.

5. Lorsque l’on récite le Birkat hamazone chez un endeuillé, si trois personnes ont participé au repas, elles doivent réciter le Zimmoune. Celui qui le récite doit le formuler comme suit: “Névarekh mena’hème avélime chéakhalnou etc.” (Bénissons le Consolateur des endeuillés qui a pourvu à notre nourriture). Et les autres répondent: “Baroukh mena’hème avélime etc." (“Béni est le Consolateur des endeuillés qui a pourvu à notre nourriture, et qui par Sa grande bonté nous fait vivre). S’ils sont dix personnes, ils doivent ajouter dans le Zimmoune le mot” "Elohénou”.

6. Chez un endeuillé, on récite les première et deuxième bénédictions du Birkat hamazone comme à l’accoutumée. Ensuite on récite la troisième bénédiction jusqu’à “ta’hazirénna limkomah bimhéra béyaménou” (si c’est un jour de chabbat ou de Roch ’Hodèche, on intercale “Rétsé” ou “Ya’alé véyavo”) puis on ajoute le passage “Na’hème etc.”, (comme cela est rapporté dans les siddourim) ; On conclut la bénédiction par” "Ména’hème tsiyyone bévinyane yérouchalayime” (Qui console Sion par la réédification de Jérusalem). La quatrième bénédiction est également spécifique d’une maison de deuil ; elle figure dans les siddourim. L’usage est de ne pas réciter les “hara’hamane”, ni l’endeuillé ni le reste de l’assistance.

7. Pendant le chabbat, si les endeuillés sont attablés avec d’autres personnes, ils réciteront le Birkat hamazone comme à l’accoutumée, puisqu’on ne doit pas montrer de signes de deuil en public pendantchabbat. Ceci est valable même si chacun récite son Birkat hamazone individuellement, à voix basse. Cependant, si les endeuillés mangent en famille uniquement, ils réciteront le Birkat hamazonespécifique aux endeuillés, comme énoncé dans le paragraphe précédent.

8. La prière récitée chez des endeuillés est classique ; on omettra juste Ta’hanoune. Seules modifications: quand on arrive au passage de “Ouva létsione”, on saute les deux premiers versets pour commencer directement par “véatta qadoche” ; de plus, après le psaume du jour, on récite le psaume 49 “Lamnatséa’h livné qora’h mizmor etc.”.

9. S’il n’y a pas de minyane qui est organisé chez l’endeuillé mais c’est lui qui se rend à la synagogue, on fera Ta’hanoune comme à l’accoutumée, à l’exception de l’endeuillé lui-même qui ne le dira pas. Toutefois, lorsque l’endeuillé vient à la synagogue le dernier soir de la semaine du deuil et que le public se rassemble pour écouter les oraisons funèbres dites en l’honneur du défunt, tous les fidèles ne disent pas Ta’hanoune à Min’ha.

10. Les sépharades ont l’usage de réciter le “Hallel” chez un endeuillé le jour de Roch ’Hodèche, à l’exception de l’endeuillé qui ne le récite pas. Si le septième jour de deuil survient à Roch ’Hodèche, il convient que l’officiant et l’assemblée récitent juste après la répétition de la ‘Amida les versets de consolation tels que “Lo yavo ’od chimchekh etc.” (qui figurent dans les siddourim), et l’endeuillé pourra alors réciter lui-aussi le “Hallel”. Pendant ‘Hanouka, l’endeuillé récitera le “Hallel” en entier avec bénédiction.

11. C’est une mitsva que le fils du défunt officie la prière pendant l’année de deuil, dans la mesure où il sait le faire convenablement. De même, c’est une mitsva qu’il lise la Haftara le chabbat après la lecture de la Torah. Cependant, s’il ne sait pas la lire correctement, tant au niveau de la prononciation des lettres et des voyelles qu’au niveau des Té’amime (signes de cantillation), il est préférable qu’il prenne la montée précédente (“Machlime”) et récite le qaddiche. Dans tous les cas, il ne faut pas faire de disputes ni de querelles pour cela, car la recherche de la paix apporte de la satisfaction au défunt, plus que toutes les commémorations et les “qaddiches “récités.

12. Un orphelin doit dire le qaddiche pour l’élévation de l’âme de ses parents pendant les douze mois qui suivent le décès ; il le récitera même le chabbat et les jours de fête. Il fera cependant une pause d’une semaine au début du douzième mois, pour reprendre la récitation du qaddiche jusqu’à la clôture des douze mois. Par contre, le qaddiche qui suit une étude pourra être récité sans interruption tous les douze mois. Une fois les douze mois révolus, même si l’année est bissextile, l’endeuillé n’a plus le devoir de réciter le qaddiche ; il peut toutefois continuer s’il le désire.

13. Notre maître Rabbi ’Haïm Vital écrit au nom du Ari zal que, contrairement à l’opinion commune, la raison pour laquelle on récite le qaddiche n’est pas uniquement pour sauver l’âme du défunt de l’enfer, mais aussi pour l’élever de niveau en niveau au paradis. Se référer également à ce que nous avons rapporté à ce propos dans les lois de la prière du matin (chapitre dix-sept).

14. La première année de décès des parents ou de proches, il est très important de lire chaque jour ainsi qu’à l’issue du chabbat, le chapitre sept du traité “Miqvaot”, tout en tâchant d’en comprenant le sens. On fera de même tous les ans, lors de la semaine du décès. Dans notre siddour, ce chapitre a été imprimé agrémenté d’un texte explicatif (en hébreu).

>> Les trois choses auxquelles on tient

Un homme, dans sa vie, tient essentiellement à trois choses: ses enfants (et petits-enfants), son argent et ses bonnes actions. Lorsqu’il s’apprête à quitter ce monde, il réunit ses enfants et petits-enfants et leur dit: Sauvez-moi de cette sinistre fin. Et eux de lui répondre: "Tu sais pourtant que l’on n’a aucune emprise sur le jour de la mort, ainsi qu’il est écrit: "…pas un ne saurait racheter son frère…" (Psaumes 49,8). Ses possessions qui lui sont tellement chères ne peuvent non plus le sauver, comme le poursuit le verset: "…ni donner à Dieu le coût de sa rançon" (Ibid.) ; et pourquoi cela? Car "le rachat de leur âme est à trop haut prix" (Ibid. 9). Abandonne donc cette idée, et va reposer en paix jusqu’à ce que "tu te relèves pour recevoir ton lot, à la fin des jours" (Daniel 12,13). L’homme, voyant cela, s’en va réunir toutes ses richesses et leur dit: Je me suis tellement investi pour vous, nuit et jour sans arrêt! De grâce, délivrez-moi de cette fin et sauvez-moi! Et eux de répondre: Ne sais-tu pas que "la fortune ne sert à rien au jour de la colère" (Proverbes 11,4). Il s’adresse ensuite à ses bonnes actions en les implorant: Venez me sauver de la mort, soutenez moi, et ne me laissez pas quitter ce monde, puisque vous avez un intérêt à ce que je sois sauvé… Et eux de lui répondre: Va en paix, avant que tu ne sois parvenu là-bas, nous t’y aurons déjà précédé, ainsi qu’il est écrit: "Ta vertu marchera devant toi et derrière toi la majesté de l’Eternel fermera la marche" (Isaïe 58,8).

Les règles juives et coutumes du jour anniversaire du décès (hazkara)

1. La coutume est de commémorer le jour anniversaire du décès (Hazkara) pour l’élévation de l’âme du défunt, au terme de la semaine, du mois, de onze mois et d’un an après le décès ; puis tous les ans, au jour anniversaire du décès. (A Djerba, dans la “’Hara Çghira”, on ajoutait d’autres dates: au bout de trois mois, de six mois et de neuf mois après le décès).

2. La Hazkara de la semaine est célébrée la veille du septième jour au soir, ou la journée du lendemain avant le coucher du soleil ; c’est le jour même où il sort du deuil. (Par exemple si le défunt a été enterré un lundi, on fait la Hazkara le samedi soir, ou le dimanche avant le coucher du soleil). De même, les trente jours sont commémorés la veille du trentième jour depuis l’enterrement au soir, ou la journée du lendemain jusqu’au coucher du soleil. (Dans notre exemple, les trente jours sont commémorés lundi soir ou mardi jusqu’au coucher du soleil). De même, les onze mois sont commémorés le dernier jour des onze mois. Mais la commémoration de l’année n’a pas lieu le dernier jour de l’année écoulée, mais à la date même du décès.

3. Pour fixer les Azkarot pour les sept jours, le mois et les onze mois, on compte les jours depuis l’enterrement et non depuis le décès.

4. Par contre, en ce qui concerne la commémoration de l’année, il convient plutôt de la faire suivant le jour du décès, que ce soit pour la première année ou pour celles qui suivent. Il faut cependant avertir les endeuillés la première année de ne pas cesser les règles de deuil avant que ne soient écoulés douze mois depuis l’enterrement. Certains commémorent la première année suivant le jour de l’enterrement ; ils ont sur qui s’appuyer. (Il est évident que pour fixer toutes les dates de Azkarot, on prend en compte la date hébraïque uniquement).

5. Bien qu’il soit préférable de faire la commémoration de l’année selon le jour du décès et non de l’enterrement, dans le cas où le Rav redoute que les endeuillés ne cessent les lois du deuil des douze mois avec la célébration de la Hazkara, il est préférable qu’il leur fixe la date de la Hazkara en fonction de l’enterrement pour la première année ; pour les années qui suivent, ils tiendront compte du jour du décès.

6. Si l’enterrement a été différé de trois jours ou plus après le décès (s’il est décédé le dimanche, par exemple, et a été enterré le mardi), on fixe la Hazkara de l’année selon le jour de l’enterrement. Certains sont cependant d’avis que même dans ce cas, on compte suivant la date du décès.

7. Si quelqu’un ne veut ou ne peut célébrer deux Azkarot, à la fois celle des onze mois et celle de l’année, il est préférable de commémorer l’année, puisque c’est un jour de Jugement pour le défunt, et la Hazkara est un mérite en sa faveur qui l’aidera à sortir acquitté.

8. Si quelqu’un est décédé pendant “ben hachmachot” (entre le coucher du soleil et la sortie des étoiles), on considère qu’il est décédé avant le coucher du soleil pour fixer la date de la commémoration de l’année. En effet, puisqu’il y a un doute sur la détermination du jour de décès (et donc de la Hazkara), on suivra le premier jour, car il est préférable d’avoir devancé la célébration que de l’avoir retardée. Celui qui fera dans ce cas deux jours successifs de commémoration est digne de bénédiction.

9. Si quelqu’un est décédé aux Etats-Unis l’après-midi, ce qui correspond à la nuit en Israël, on fixera la Hazkara selon le jour aux Etats-Unis.

10. Si quelqu’un est décédé le trente ‘Hechvane ou le trente “Kislev”, et que la première année qui suit le décès ne compte que vingt-neuf jours dans le mois, on fera la Hazkara le vingt-neuf du mois, ainsi que toutes les années à venir, puisque le décès a eu lieu le dernier jour du mois. En revanche, si la première année d’après le décès comportait elle aussi trente jours dans le mois, puisque la Hazkaray est tenue le trentième jour du mois (qui est le premier jour de Roch ’Hodèche), ce sera la date retenue pour toutes les années suivantes, même celles qui ne comptent que vingt-neuf jours: laHazkara aura alors lieu à Roch ’Hodèche (qui est en l’occurrence le premier du mois suivant).

11. Celui dont le père ou la mère est décédé une année simple et que l’année qui suit est embolismique (par exemple il est décédé le premier Sivane 5773 qui est une année simple, et l’année 5774 est embolismique), la Hazkara de l’année doit se faire douze mois après le décès (soit le premierIyar 5774, puisqu’il y a eu deux mois de Adar cette année-là). Certains décisionnaires sont d’avis qu’il faut faire la Hazkara treize mois après le décès (le premier Sivane 5774), bien que les règles du deuil se terminent au bout de douze mois. D’autres ont la coutume de faire dans ce cas deux Azkarot, l’une au terme de douze mois à compter du décès, et l’autre au terme de treize mois ; c’est ainsi qu’il convient d’agir. Tout cela s’applique uniquement la première année après le décès. Par contre, en ce qui concerne les années suivantes, tous les avis sont unanimes pour fixer la Hazkara à la date du décès seulement.

12. Celui dont le père ou la mère est décédé en Adar d’une année simple (non embolismique) agira pour la première année comme énoncé dans le paragraphe précédent. Cependant toutes les autres années embolismiques qui suivront, il devra selon tous les avis, célébrer la Hazkara en “Adar II” et non en “Adar I”, puisque “Adar II” est le mois principal de Adar, alors que “Adar I” n’est qu’un ajout en cas d’année embolismique. A plus forte raison s’ils sont décédés lors d’une année embolismique pendant le mois de “Adar II”, il fera la Hazkara en “Adar II” toutes les années embolismique. C’est seulement s’ils sont décédés pendant le mois “d’Adar I” d’une année embolismique que l’on commémorera la Hazkaraen “Adar I”.

13. Celui qui a deux Azkarot à célébrer au cours d’une même semaine, peut les célébrer en même temps le chabbat qui précède. Toutefois, si elles tombent dans deux semaines distinctes, on ne peut les réunir.

14. Si un jour de fête survient durant la semaine ou les trente jours de deuil, on ne poursuit pas le deuil jusqu’à la fin de la semaine ou du mois, mais on l’interrompt la veille de la fête. Certains disent qu’on ne fait alors pas la Hazkara à la fin des sept jours ou du mois, mais plutôt lorsqu’on arrête le deuil. D’autres sont d’avis que même dans ce cas, on célèbre la Hazkara à la fin de la semaine et des trente jours, comme à l’accoutumée. Tel était l’usage à Djerba et c’est ainsi qu’il convient d’agir.

15. Si la Hazkara de la semaine, du mois ou de l’année tombe un jour de chabbat ou de fête, il faut à priori la célébrer le jour-même de chabbat ou de fête. A Djerba, l’usage était de la faire à Min’ha dechabbat, qui est un moment de grâce divine. Cependant, si cela n’est pas possible ou s’il y a un besoin spécifique (par exemple si doivent y assister des proches qui habitent une autre ville), on peut avancer la date de la Hazkara, tout en restant le plus proche possible de la date originelle.

16. En cas de nécessité extrême, si on ne peut faire la Hazkara du onzième mois en son temps (comme dans le cas où la famille doit se rendre à l’étranger, par exemple), on peut la devancer de trois ou quatre jours.

17. La Hazkara des trente jours peut être devancée au vingt-neuvième jour, et on fera poursuivre l’étude jusqu’au soir, après la prière de Min’ha et ‘Arvit. La même règle s’applique pour la Hazkara de l’année.

18. En tout état de cause, s’il n’y a pas de possibilité de commémorer la Hazkara en son temps, il est préférable d’avancer la date (tout en restant le plus proche possible de la date originelle), plutôt que de la retarder.

19. L’usage à Djerba est de rémunérer dix hommes (ou au moins deux ou trois, chacun selon ses possibilités), pour qu’ils étudient pendant les sept jours de deuil le recueil “Bèt Ménou’ha”, compilé à cet effet par notre maître le “’Hida”. Avant la mi-journée, ils étudient des “Michnayot” et du Zohar ; après cela, ils lisent des psaumes et prie Min’ha.

20. Pendant les Azkarot des sept et trente jours ainsi que des onze mois, l’usage est que la communauté étudie tout ensemble des passages de “Aggada” (récits homilétiques) du recueil “’Èn Ya’aqov”, et on récite après cela le “qaddiche ’Al Yisraèl”. La majorité des gens ont l’habitude d’étudier le passage talmudique du traité de “Kétoubot”: “Tanou Rabbanane”, “Bich’ate pétirato chèl Rabbi etc.”, qui traite du décès de Rabbi Yéhouda “Hannassi”. On poursuit ainsi l’étude pendant près d’une heure ou deux, selon le temps dont on dispose. Parfois, on étudie également dans le recueil “Bèt Ménou’ha”.

21. Le jour de la Hazkara annuelle de son père ou sa mère (ou d’un autre proche parent qui n’a personne pour lui commémorer la Hazkara), on a l’habitude de réunir dix hommes à son domicile ou à la synagogue, pour étudier le contenu du “Bèt Ménou’ha”. Certains ont l’habitude que chacune des dix personnes étudie la totalité de l’ouvrage, d’autres partagent l’étude entre tous les participants, dont chacun étudie une partie. Les éditions “Ich Maslia’h” ont réédité cet ouvrage, ponctué et expliqué, et divisé en vingt livrets.

22. Certains ont l’usage d’étudier des “Michnayot” le jour de la Hazkara, car le mot Michna en hébreu comprend les mêmes lettres que le mot “néchama” (âme) ; l’étude de la Michna épargne l’âme du défunt de l’enfer et lui fait hériter de la vie éternelle. Nombreux sont ceux qui étudient des chapitres de “Michnayot” commençant par les lettres qui forment le nom du défunt, et qui étudient également le chapitre “Yech ma’aline” (“Miqvaot” chapitre 7), pour l’épargner de la rigueur divine et l’élever de l’impureté à la pureté. (Ce chapitre a été imprimé avec ponctuation à la fin des “siddourim Ich Maslia’h”). D’autres lisent seulement un passage du Zohar, pour éclairer l’âme par les secrets de laTorah. D’autres enfin étudient un passage du Talmud. Chacun suivra son usage, puisque toute étude est profitable pour l’âme du défunt, tant qu’elle est récitée avec une intention pure (“Léchème chamayime”).

23. Certains ont l’habitude de lire des psaumes pendant la Hazkara, même si elle se fait en soirée. D’autres sont plutôt d’avis qu’il ne convient pas de lire des psaumes la nuit, excepté le vendredi soir, ou même en semaine après la mi-nuit, auquel cas cela est autorisé. L’usage s’est répandu d’agir selon ce dernier avis, et de ne pas lire les psaumes la nuit, même pour une Hazkara. C’est la raison pour laquelle il est préférable de commémorer la Hazkara en journée avant la tombée de la nuit, afin de pouvoir gagner la lecture des psaumes en plus.

24. Après l’étude, on a coutume de dire des paroles de Torah et de morale qui éveillent les gens au repentir, et donner par-là du mérite au défunt et une élévation à son âme. Ensuite, on sert un repas ou une collation qui comporte des aliments mézonote, des fruits et autres, sur lesquels on récite la bénédiction à voix haute, afin que les bénédictions et les Amen soient favorables à l’élévation de l’âme du défunt. Certains préparent un grand repas pour les sages et les pauvres, ce qui est une grande réparation pour le défunt, pour amender ses consommations ou autres profits superflus de ce monde, ou s’il a profité sans prendre soin de réciter la bénédiction. Grâce à cela, toutes ces imperfections sont réparées.

25. Lorsque l’on fait un repas pour une Hazkara, il faut expliquer et souligner que la nourriture n’est pas l’essentiel, mais plutôt l’étude, les discours, les paroles de morale et d’éveil au repentir que font entendre les “Rabbanim”, car c’est tout cela qui accorde du mérite au défunt, et élève son âme dans l’au-delà. Il convient de réciter les bénédictions sur la nourriture à haute voix et les participants répondent Amen, car tout cela est d’un grand profit pour l’âme du défunt.

26. S’il y a lieu de craindre que les participants mangent sans procéder à l’ablution des mains comme il se doit, il ne faut pas faire de repas à base de pain, mais plutôt servir des mézonote, des fruits et autre, pour éviter que la Hazkara ne devienne source de souffrance et tristesse pour le défunt, à Dieu ne plaise. On fera de son mieux pour que la Hazkara soit source de sanctification du Nom divin.

27. Si le repas n’est pas à base de pain et que les participants n’ont donc pas procédé à l’ablution des mains, on veillera à bien essuyer les fruits rincés, avant de les mettre à la disposition des convives. Il est en effet interdit de consommer des fruits mouillés sans s’être au préalable lavé les mains à partir d’un ustensile, sans bénédiction (de la même manière qu’on le fait le soir de Péssa’h, avant de manger le céleri trempé dans l’eau salée).

28. Il est permis de célébrer le repas de la Hazkara à la synagogue, à condition que tout se déroule avec la tenue et la dignité qui conviennent à la maison de Dieu.

29. Il convient d’augmenter l’étude de la Torah et multiplier la charité autant que faire se peut le jour de la Hazkara, afin que cela serve d’élévation pour l’âme du défunt.

30. Certains décisionnaires pensent qu’il est interdit à celui qui a perdu ses parents de se rendre à une réjouissance le soir et le jour de la Hazkara, chaque année. L’interdiction concerne uniquement des fiançailles ou un mariage ; il leur sera permis, par contre, de se rendre ce jour-là à une fête entre amis, une circoncision, un rachat de premier-né, ou la célébration du “Siyoum” d’un traité.

31. On a l’habitude d’allumer une bougie de vingt-quatre heures pour l’âme du défunt, qui brûlera du début de la soirée du jour anniversaire du décès, jusqu’au coucher du soleil le lendemain. Il est préférable, si possible, d’allumer une veilleuse , et tel est l’usage chez les Séfarades. (Certains préfèrent toutefois allumer une bougie de cire, le mot cire en hébreu (“cha’ava”) formant les initiales de “Haqiçou vérannénou chokhené ’afar” (Isaïe 26,19) – Réveillez-vous et entonnez des cantiques, vous qui dormez dans la poussière). Toutefois, d’après la loi stricte, il suffit même d’allumer une ampoule électrique. Combien est-il louable de prendre sur soi de financer l’éclairage dans les maisons d’étude où l’on s’adonne à la Torah, car ceci permet une grande élévation de l’âme du défunt, et intercèdera au Ciel en sa faveur, car "la mitsva est un flambeau, et la Torah une lumière" (Proverbes 6,23).

32. L’usage est de se rendre au cimetière pour la semaine, le mois, et l’année du décès (douze mois après le jour du décès). On le fera ensuite tous les ans, au jour du décès. La coutume à Jérusalem est de se rendre au cimetière également les veilles de “Roch ’Hodèche Nissane” et de “Roch ’Hodèche Eloul”. Certains ont aussi l’habitude de s’y rendre chaque veille de Roch ’Hodèche pendant la première année. Une personne faible pour qui il est difficile de se rendre sur la tombe de ses parents le jour de leur décès, étudiera depuis chez lui pour l’élévation de leur âme, ce qui donnera aussi du mérite aux parents défunts.

33. Quant aux femmes, il est préférable qu’elles évitent de se rendre au cimetière tout le temps, et en particulier lorsqu’elles sont en période d’impureté.

34. Les “Kohannime” ont également la coutume de se rendre au cimetière aux dates susmentionnées. Il est évident qu’il leur est interdit de pénétrer dans le cimetière, mais ils peuvent se tenir près du portail, à une distance minimale de quatre coudées des tombes. Ils doivent prendre garde également à ne pas passer sous un arbre qui déploie son feuillage sur les tombes. Bien qu’ils ne se soient pas rendus sur la tombe proprement dit, cela leur est considéré comme s’ils s’étaient recueillis sur la tombe. La même règle s’applique pour les personnes auxquelles il est difficile de se rendre jusqu’à la tombe. S’ils se tiennent à l’entrée du cimetière et prient, cela leur est considéré comme s’ils s’étaient recueillis sur la tombe même.

35. Si le septième jour de deuil tombe un chabbat, on n’avancera pas la visite au cimetière au vendredi, puisque les endeuillés ne doivent pas sortir de chez eux pendant la semaine de deuil pour ce motif ; ils se rendront au cimetière le dimanche. (Toutefois si les endeuillés viennent de l’étranger et doivent rentrer le dimanche au matin, ils pourront se rendre au cimetière le vendredi). De même, si le septième jour de deuil tombe un jour de fête, ou si la semaine de deuil prend fin prématurément la veille de la fête (dans le cas où le septième jour survient pendant les demi-fêtes), ils ne se rendront au cimetière qu’après les deuxièmes fêtes.

36. Si le septième jour tombe un Roch ’Hodèche, on ne se rend pas au cimetière ce jour-là, mais seulement le lendemain. La même règle s’applique si le septième jour tombe pendant ‘Hanouka ou “Pourime”, qui sont des jours pendant lesquels on ne va pas au cimetière. Si l’endeuillé veut tout de même se rendre seul sur la tombe, il le peut (à la condition qu’il soit certain ne pas en venir à ressentir de la peine ou à pleurer). Si le septième jour tombe pendant le mois de Nissane, ou dans les jours qui séparent Kippour de “Souccot”, on peut aller au cimetière et il n’est pas nécessaire de repousser cela.

37. Ce qui vient d’être énoncé dans les paragraphes ci-dessus (35 et 36) est valable également pour la montée du trentième jour. La seule différence est que, dans ce cas, il pourra avancer la montée au cimetière comme la repousser, selon sa convenance. La règle est la même pour la Hazkara de l’année.

38. On a l’habitude, lors de la montée au cimetière, de réciter des psaumes près de la tombe, ainsi que les versets du psaume 119 qui commencent par les lettres en hébreu du nom du défunt, ainsi que du mot” "Néchama” (âme). Si dix hommes adultes sont présents, on récite le “qaddiche Yéhé chélama” après les psaumes. Il est bon de demander pardon à l’âme du défunt pour le tort que l’on a pu lui causer durant sa vie, ou pour ne pas avoir pris garde de l’honorer comme il se devait.

39. Pendant toute la première année, il convient de prier uniquement pour l’élévation de l’âme du défunt, et ne pas invoquer et supplier en faveur de personnes encore en vie, puisque le défunt est encore en suspens dans son jugement. Après la fin de la première année, on peut prier pour des vivants en invoquant son mérite.

40. Lorsque l’on doit s’en aller, on pose sa main gauche sur la tombe et on dit: “Véna’hakha Hachem ect”. – En permanence l’Eternel te guidera ; Il assouvira ton âme en période de sécheresse, et affermira tes os. Tu seras comme un jardin bien arrosé, comme une source jaillissante dont les eaux ne tarissent jamais. Couche en paix, repose en paix jusqu’à l’arrivée du consolateur qui fera entendre la paix". Certains ajoutent d’autres versets puis concluent: “Véatta lekh ect”. – Et toi, marche vers la fin ; tu entreras dans le repos, puis tu te relèveras pour recevoir ton lot, à la fin des jours" (Daniel 12,13). Il est d’usage que ceux qui visitent la tombe déposent une pierre ou de l’herbe sur la sépulture pour marquer leur visite, en honneur au défunt. Il est bon aussi d’embrasser la pierre tombale, en signe de respect pour le défunt.

41. C’est une mitsva de jeûner le jour anniversaire du décès de son père ou sa mère. On doit jeûner à la date du décès, et non de l’enterrement. Le jour du jeûne, lors de la prière de Min’ha, on doit réciter “’Anénou” dans la bénédiction de “Choméa’ téfila”. Il convient de prendre sur soi le jeûne depuis la veille dans la prière de Min’ha, comme pour tout jeûne individuel. (Le texte d’engagement au jeûne se trouve dans les livres de prière, à la fin de la ‘Amida de Min’ha. Dans les “siddourim Ich Maslia’h” se trouve également une version d’engagement au jeûne spécifique au décès des parents, institué par notre maître le Ben Ich ’Haï). Si on n’a pas pris sur soi le jeûne à la prière de Min’ha, on peut le faire à postériori jusqu’à la nuit selon l’opinion de Rabbénou Tam (consulter le calendrier). Une fois cet horaire dépassé, on ne pourra plus prendre sur soi le jeûne. Tout cela concerne uniquement les trois premières années qui suivent le décès ; à partir de la quatrième année, si on a oublié de prendre sur soi le jeûne à Min’ha, on pourra tout de même jeûner le lendemain.

42. Pendant la semaine de la Hazkara chaque année, un fils doit officier la prière (à condition qu’il sache le faire convenablement, et qu’il prononce les lettres correctement), ainsi que réciter leqaddiche pour l’élévation de l’âme de ses parents. Il commence à le réciter à partir de la prière de‘Arvit de l’entrée du chabbat qui précède la Hazkara, jusqu’après Min’ha du jour de la Hazkara. Certains ont l’habitude de commencer à Min’ha de la veille du chabbat précédant la Hazkara. Si laHazkara tombe un chabbat, il commencera depuis la veille du chabbat précédent. En tout état de cause, l’essentiel est de dire le qaddiche la veille au soir et le jour même de la Hazkara, et telle était d’ailleurs la coutume de notre maître le Ari zal, de réciter le qaddiche pour son père uniquement le soir et le jour de la Hazkara. Si le fils prie dans une synagogue où c’est un officiant régulier qui dirige la prière, il lui demandera de penser pendant sa prière à l’élévation de l’âme du défunt.

43. Si dans une même synagogue deux hommes se retrouvent avec une obligation d’officier, l’une pour qui c’est le jour de l’an d’un de ses parents décédé depuis plusieurs années, et l’autre qui se trouve dans l’année du décès d’un de ses parents, le premier a la priorité. Toutefois, si ce n’est pas le jour même de la Hazkara de l’année, mais un des jours de la semaine où tombe la Hazkara, c’est le second qui aura la priorité.

44. Il est bon également qu’un fils soit appelé au “Maftir” le chabbat qui précède la Hazkara (à condition qu’il sache lire la Haftara avec la bonne prononciation et les Té’amime). Si la Hazkaratombe un chabbat même, il est préférable de lire la Haftara de ce chabbat, et, dans la mesure du possible, de lire également celle du chabbat précédent. S’il n’a pas pu acheter la montée de “Maftir” (ou qu’il ne sait pas lire convenablement), il peut acheter la montée précédente, celle de “Machlime”. S’il n’a pas pu le faire non plus, il achètera une autre montée, et après avoir été appelé au “Séfère Torah”, il demandera à l’officiant de faire une Hachkava pour le défunt. Et il peut en outre réciter leqaddiche après la montée de “Machlime”, avec celui qui a été appelé à cette montée.

45. Il est bon qu’un petit-fils également monte à la montée de “Maftir” ou “Machlime” pour l’élévation de l’âme de son grand-père, surtout s’il n’a pas laissé de fils qui puisse réciter le qaddiche et prier pour l’élévation de son âme. Cependant, il n’a pas d’obligation véritable à le faire au même titre qu’un fils. Il est bon également que le petit-fils récite le qaddiche le jour anniversaire du décès, même si son père est encore en vie ; il doit toutefois en demander auparavant la permission à son père. Si ce dernier refuse par superstition (comme le pensent communément la majorité des gens), il doit se plier à la volonté de son père et s’abstenir de réciter le qaddiche.

46. Il est possible de réciter le qaddiche même après que la première année se soit écoulée, car même après que son père ait mérité le paradis, il le fait par-là progresser de degré en degré. En particulier s’il n’y a pas à la synagogue quelqu’un d’autre pour réciter le qaddiche, il est évident qu’il doit le faire, et tout celui qui donne du mérite à la communauté, le mérite du public repose sur lui.

47. Il ne faut pas faire de disputes ni querelles à propos de l’office de la prière ou la lecture de laHaftara, même si d’après la loi stricte sera que on a la priorité. Le mérite de la paix et du respect de la synagogue profitable pour l’élévation de l’âme de ses parents, bien plus l’office de la prière ou la lecture de la Haftara, car grande est la force de la paix.