Halah'a

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Les  Halah'ot du site sont à terme pratique mais le

mieux est de questionner son Rav

Le lever et l’ablution matinale des mains

Lois 2

> Le lever

1. Lorsqu’on se réveille le matin, on doit prendre de suite conscience de la « bonté » de Hachem, béni soit-Il, qui nous a rendu notre âme après le sommeil. Pour ce, sur son lit encore, avant même d’avoir procédé à l’ablution des mains, on remercie Hachem en récitant avec joie le” "Modé Ani" (“Je Te suis reconnaissant, Roi vivant et éternel, de m’avoir rendu mon âme avec miséricorde ; grande est Ta fidélité”).

>> Grande est Ta fidélité

Pourquoi dit-on cela le matin? Parce que tous les soirs, en allant dormir, l’homme remet son âme entre les mains de Dieu et dit: " Entre Tes mains, je dépose mon souffle" (prières du coucher). Puisque l’homme a commis de nombreuses fautes au cours de la journée, il aurait été juste que Hachem ne lui rende pas son âme. Malgré cela, Hachem est fidèle et lui rend son âme chaque matin. De plus, Hachem reçoit une âme affaiblie et sans force, et dans Sa grande miséricorde, Il la renouvelle et rend à l’homme une âme forte et apaisée, remplie de forces nouvelles et rafraîchie. C’est pour tout cela que nous nous exclamons "grande est Ta fidélité".

2. Après avoir récité le “Modé ani”, il est bon de prier et dire: “Yéhi ratsone etc.” (Que ce soit Ta volontéêt et soumis, que je ne me mette point en colère ni ne provoque Ta colère).

3. Ensuite, on ne traînera pas dans son lit inutilement, mais on se lèvera comme un lion, avec zèle, pour se préparer à la prière du matin.

>> Conseil pratique

S’il nous est difficile de nous lever le matin, par fatigue ou par paresse, on pensera: si on me proposait une bonne affaire qui me ferait gagner beaucoup d’argent, je me lèverais promptement. A plus forte raison doit-il en être ainsi pour le service du Maître du monde, Roi des rois, dont la valeur est bien plus élevée… C’est un principe connu que si l’on s’habitue quatre ou cinq fois à se lever rapidement du lit, cette conduite se transforme en seconde nature et on n’aura plus de difficulté dans ce domaine. De plus, "celui qui vient se purifier reçoit une aide particulière du Ciel".

> L’ablution des mains au lever

4. Après s’être levé de son lit, on se lavera immédiatement les mains à partir d’un kéli (un ustensile, que ce soit une tasse de “Nétila” ou un verre, mais pas directement du robinet) à trois reprises et alternativement sur chaque main, afin d’ôter l’impureté de ses mains. L’ordre de la Nétilat yadayim(ablution des mains) du lever est le suivant :  on prend le récipient rempli d’eau de la main droite et on le transmet à la main gauche, qui verse de l’eau sur la main droite une première fois. Puis, c’est au tour de la main droite de verser sur la main gauche. On répétera cette opération une seconde puis une troisième fois. C’est uniquement de cette manière que disparaît définitivement l’impureté de la nuit présente sur les mains.

5. Avant de s’essuyer les mains, on récite la bénédiction de ”’Al nétilat yadayim” (Qui nous as sanctifiés par Tes commandements et nous as prescrit l’ablution des mains), puis on s’essuie aussitôt les mains. Il faut veiller à ne pas s’essuyer en même temps que l’on récite la bénédiction, puisqu’il est interdit de faire tout travail en récitant une bénédiction, y compris un simple geste. C’est uniquement après avoir terminé de réciter la bénédiction que l’on commence à s’essuyer les mains.

6. Il est interdit à quelqu’un qui éprouve la nécessité de faire ses besoins de réciter une bénédiction. Par conséquent, si en se réveillant on ressent l’envie de faire ses petits besoins, il est recommandé de se soulager en premier lieu, et ensuite de faire la Nétilat yadayim avec bénédiction. Cependant, dans le cas où il s’agit des grands besoins, on ne retardera pas l’ablution des mains, mais on se lavera tout d’abord les mains sans bénédiction” (même si le besoin n’est pas très urgent), puis on ira se soulager. Ensuite, on procèdera à une seconde ablution des mains, avec bénédiction cette fois. Cependant, celui qui ne ressent pas vraiment le besoin d’aller aux toilettes fera la bénédiction dès la première ablution.

7. Il est interdit d’après le Zohar de marcher plus de quatre coudées (deux mètres environ), sans avoir fait Nétilat yadayim auparavant. C’est la raison pour laquelle il est bon de préparer auprès de son lit un récipient rempli d’eau ainsi qu’une bassine pour y pratiquer l’ablution. Dans ce cas, il vaut mieux ne pas réciter la bénédiction ni étudier auprès des eaux impures de l’ablution sans les avoir recouvertes ou y avoir ajouté un révi’ite (81 ml) d’eau.

8. Si on n’a pas de kéli à disposition près de son lit, on parcourt une distance inférieure à quatre coudées (deux mètres environ) puis on s’arrête un court instant, on parcourt à nouveau moins de quatre coudées pour s’arrêter encore, et ainsi de suite jusqu’à arriver au robinet. On se conduira ainsi même si le robinet se trouve dans la même pièce. Tout cela s’applique uniquement si on était endormi à l’heure de ‘Haçote (la mi-nuit). Par contre, si on s’est réveillé avant ‘Haçote, ou que l’on est allé se coucher après ‘Haçote, l’esprit d’impureté n’a pas autant d’emprise, et il est permis de marcher plus de quatre coudées avant d’avoir procédé à l’ablution des mains.

9. Celui qui se réveille pendant la nuit pour aller aux toilettes ou pour boire par exemple, avec l’intention de retourner dormir jusqu’au matin, fera la Nétilat yadayim trois fois alternativement avec un kéli, pour faire disparaître l’impureté de ses mains (et être en mesure de réciter la bénédiction deAchère Yatsar après ses besoins ou “Chéakol” avant de boire de l’eau). Il ne récitera toutefois pas de bénédiction sur cette ablution. Lorsqu’il se réveillera le matin, il fera de nouveau la Nétilat yadayim à partir d’un kéli, en récitant cette fois la bénédiction de “’Al nétilat yadayim”.

10. Il faut veiller à ne pas se toucher la bouche, le nez, les yeux (même se frotter les paupières), les oreilles, ou tout autre orifice du corps, avant la Nétilat yadayim, car l’esprit d’impureté qui plane sur les mains peut porter nuisance à ces organes.

11. Il convient également de prendre garde à ne pas toucher tout aliment ou boisson pour ne pas les impurifier. A postériori, si on a touché des aliments avant l’ablution des mains, cela dépend: s’il s’agit d’aliments qu’il est possible de rincer comme des fruits ou des légumes, il faudra les rincer sous l’eau à trois reprises; si par contre ce sont des aliments mous qu’il est impossible de rincer sans les abimer, comme du pain par exemple, on pourra, d’après la loi stricte, autoriser ces aliments à postériori, à plus forte raison si ce sont des petits enfants qui les ont touchés. Malgré tout, celui qui s’abstient de les consommer sera digne de bénédiction. Si c’est un non-juif qui a touché les aliments ou les boissons, on pourra les consommer sans aucun problème.

12. Il est permis de méditer de paroles de Torah avant l’ablution matinale des mains.

13. Si, après avoir fait la Nétilat yadayim, on touche la main de quelqu’un qui ne l’a pas encore faite, on doit procéder à une nouvelle ablution, mais sans bénédiction. Cette règle s’applique uniquement pour la Nétilat yadayim du matin ; par contre, si on touche la main d’une personne qui ne s’est pas lavé les mains après avoir été aux toilettes, on n’aura pas besoin de se laver les mains.

14. On doit s’efforcer de procéder à l’ablution des mains des petits enfants et même des bébés, puisqu’ils peuvent en venir à toucher des aliments et les rendre impurs. En outre, c’est une ségoulapour que les enfants grandissent dans la pureté et la sainteté. Toutefois, celui qui touche la main d’un enfant qui n’a pas encore fait la Nétilat yadayim, n’a pas besoin de procéder à une nouvelle ablution des mains.

15. Après s’être lavé les mains, c’est une mitsva de se laver également le visage et de se rincer la bouche, afin d’être propre en l’honneur du Créateur. De plus, cela contribue à se maintenir en bonne santé.

Bénédictions du matin/ Bénédictions de la Torah

> Intentions à avoir dans les bénédictions et la mention du nom de Dieu

1. On ne doit réciter aucune bénédiction avec rapidité ou sans concentration ; il faut prendre le temps de prononcer chaque bénédiction mot à mot et à haute voix, en pensant à la signification de ce que l’on dit. En outre, lorsqu’on mentionne le Tétragramme, on doit penser à la signification du Nom tel qu’on le prononce”: “A-donaï” – Maître de tout, ainsi qu’à la signification du Nom tel qu’il est écrit: Y-H-V-H – Il était, Il est et Il sera (par combinaison des lettres du Nom divin, nous obtenons ces trois temps du verbe être, témoignant de la présence divine dans l’éternité). Quand on mentionne le nom “Elohim”, on doit penser au fait que Dieu est Tout-Puissant et Maître de toutes les facultés et forces. Enfin, en disant “Elohénou” (notre Dieu), on doit penser au fait que Dieu veille et protège individuellement chaque membre du peuple d’Israël, et qu’Il est Tout-Puissant et Maître de toutes les facultés et forces. Tout cela concerne uniquement celui qui récite une bénédiction ; en revanche, lorsque l’on récite un verset, il suffit de comprendre le sens simple des mots.

2. C’est lorsqu’on prononce le Nom lui-même qu’on doit avoir toutes ces intentions ; on prolongera donc l’énonciation du mot de façon à avoir le temps de se concentrer comme il se doit. Cependant, si cela nous est difficile, on peut penser au sens du mot immédiatement après l’avoir prononcé, dans un laps de temps d’environ deux secondes, ce qui revient au même, d’autant plus que certains font attention de ne pas trop allonger la prononciation du nom de Dieu de peur de déformer la signification du mot.

3. Celui qui ne peut pas se concentrer comme mentionné, pourra se contenter de penser au fait qu’il mentionne le nom du Maître de tout, Saint béni soit-Il. On devra toutefois, dans le premier verset du “Chéma’ Yisraèl”, s’efforcer de penser en prononçant le nom de Dieu qu’Il est "Maître de tout, Qui était, Qui est et Qui sera". Malgré cela, si on a pensé uniquement qu’Il est "Maître de tout", on est acquitté à postériori.

4. Comme il peut arriver de ne pas se concentrer de manière adéquate à chaque récitation du nom de Dieu, il est recommandé de réciter au début de la journée la déclaration de “Gilouï da’at” rapportée dans certains livres de prière ; on y déclare par avance notre volonté d’avoir les intentions nécessaires. Cependant, cela ne dispense pas à priori d’avoir les intentions requises, en particulier dans le premier verset du “Chéma’ Yisraèl” et la première bénédiction de la ‘Amida.

5. Il convient de veiller à bien prononcer chaque mot et chaque lettre des bénédictions. Malheureusement, de nombreuses personnes récitent hâtivement les bénédictions, en omettant certaines lettres ou en n’articulant pas correctement les mots (par exemple en prononçant “Baroukhatta” au lieu de “Baroukh Atta”, en deux mots distincts).

6. Lorsque l’on dit “Baroukh Atta”, il faut prendre soin de prononcer la lettre “Tav”- "t" du mot “Atta” de manière accentuée. Sinon, le sens du mot (qui est le pronom "Tu") serait le verbe "venir", comme dans le verset “Véata mérivévot qodèche” – Il est venu avec Ses saintes myriades" (Deutéronome 33,2).

7. Lorsqu’on récite une bénédiction, il est interdit de vaquer à une quelconque occupation, puisque ce serait là un manque de respect et de considération pour le Roi, à qui s’adressent nos louanges. De plus, cela empêche de se concentrer convenablement. Même faire des actes simples qui ne demandent pas d’efforts particuliers, est interdit. Ainsi, par exemple, il est interdit de réciter une bénédiction tout en conduisant.

> Bénédiction de « Achère Yatsar » et bénédictions du matin

8. On s’efforcera de réciter la bénédiction de “Achère Yatsar, “en se concentrant sur le sens des mots.Marane, dans le Choul’hane ’Aroukh, y a consacré un long paragraphe pour expliquer le sens de cette bénédiction. (De même, dans notre siddour, cette prière est assortie d’une explication détaillée). Tout celui qui fait attention à réciter cette bénédiction avec concentration se préserve de nombreuses maladies.-

9. A priori, on doit réciter la bénédiction de “Elohaï Néchama” immédiatement après celle de Achère Yatsar, sans aucune interruption.

10. A partir de ‘Haçote (la mi-nuit), il est possible de réciter les bénédictions du matin”. En cas d’empêchement, celui qui n’a pas pu réciter ces bénédictions avant la prière du matin peut le faire plus tard, durant toute la journée, avec deux exceptions. Tout d’abord, il ne prononcera pas le nom de Dieu dans la conclusion de la bénédiction de “Elohaï Néchama”, puisque certains sont d’avis qu’il a été acquitté de cette bénédiction par celle de “Méhayé hamétime”, récitée dans la ‘Amida. De plus, il ne récitera pas les bénédictions de la Torah, ayant déjà été acquitté dans la prière par la bénédiction de “Ahavat ’olame”.

11. Notre maître le Ari zal avait coutume de dire les bénédictions du matin à la maison, avant de se rendre à la synagogue. L’ensemble des communautés sépharades a adopté cette coutume. Il est préférable d’agir ainsi, puisque si on n’a pas encore récité les bénédictions du matin et ni par conséquent les bénédictions de la Torah, on ne pourra pas dire le verset de “Vaani bèrov ’hasdékha” en entrant dans la synagogue. De même, pendant la période des “Seli’hote”, il sera interdit de lire les psaumes et versets contenues dans ces suppliques avant d’avoir récité les bénédictions du matin. En tout état de cause, il est évident qu’il ne faut pas repousser volontairement la récitation des bénédictions du matin après la prière, car on bouleverse l’ordre établi par nos Sages pour la prière du matin.

12. La bénédiction de “Hamma’avir ’hevlé chéna” ne se termine pas avec les mots “outnouma mé’af’apaï”, mais se poursuit avec le “Vihi ratsone” qui suit se terminant par les mots “Gomèl ’hassadime tovime lé’amo Yisrael” ; tout ce texte forme une seule bénédiction. Ainsi, on ne répondra pas Amen après les mots “Outnouma mé’af’afaï”, mais uniquement à la fin de la bénédiction toute entière.

> Les bénédictions de la Torah

13. Il convient d’être très vigilant à propos des bénédictions de la Torah, et de ne rien étudier avant de les avoir récitées au préalable. Même pour un verset contenu dans la prière ou une supplication, on s’abstiendra de le dire avant d’avoir récité ces bénédictions. Par conséquent, ceux qui se lèvent à l’aube pour réciter les “Seli’hote” doivent réciter auparavant toutes les bénédictions du matin, bénédictions de la Torah comprises.

14. C’est une mitsva de réciter les bénédictions de la Torah avec une joie profonde. On remercie par-là Dieu de nous avoir choisis d’entre toutes les nations et nous avoir donné Sa Torah. Cette Torahn’est pas, à Dieu ne plaise, une science comme une autre, qu’il est intéressant et utile de connaitre, mais elle est l’essence même de notre vie et de notre longévité. On récitera donc ces bénédictions avec une grande ferveur, et par ce mérite, on aura des enfants érudits en Torah ; on méritera aussi d’être doté d’une bonne mémoire. On doit avoir l’intention d’acquitter par ces bénédictions l’étude de toute la journée et de la soirée, jusqu’au coucher.

15. La bénédiction de “’Al divré Torah” est considérée comme une bénédiction à part entière (qui n’est pas liée à celle de “Véha’arèv na”), et on est tenu d’y répondre Amen comme après toute bénédiction.

Tikoun ‘hatsot (les supplications de la mi-nuit)

1. Marane Rabbi Yossef Karo écrit dans le Choul’hane ’Aroukh: il convient que toute personne dotée de crainte du Ciel s’afflige sur la destruction du second temple. Notre maitre le Arizal a établi une compilation de prières selon la Kabbalah ; c’est ce qu’on appelle le Tikoun ‘hatsot. Le moment pour le réciter est de la mi-nuit jusqu’à l’aube.

2. Si quelqu’un est réveillé après la mi-nuit et ne dispose que de peu de temps, et qu’il hésite entre réciter le Tikoun ‘hatsot ou étudier, le “Tikoun ‘hatsot “a la préséance. De même, pendant la période des “Seli’hote”, on donnera la priorité à la récitation du “Tikoun ‘hatsot “même aux dépens des “Seli’hote “car le premier revêt une plus grande importance”.

3. Le Tikoun ‘hatsot est composé de deux parties:

le “Tikoun Ra’hel” et le” Tikoun Léa” (cette dénomination n’est pas fondée sur nos Mères” Ra’hel “et” Léa”, mais d’après les concepts mystiques qui ont donné leur nom aux Matriarches).

En règle générale on lit ces deux parties, excepté certains jours particuliers où l’on récite uniquement le “Tikoun Léa”: les jours de” Roch ’Hodèche” (dès que le “molad” est passé, même si on a récité leTa’hanoune ce jour-là) ; toute la période du “’Omer” ; les dix jours de pénitence ; les jours de “’Hol Hammoèd” (demi-fêtes) de “Souccot” ; l’année de la Chémita (année sabbatique) si on se trouve en Israël ; tous les jours où l’on ne dit pas Ta’hanoune ; dans la maison des jeunes mariés ou dans celle de l’endeuillé ; la veille d’une circoncision, pour le père du nouveau-né, le Sandaq, et le Mohel (les assistants, eux, devront réciter le “Tikoun ’Haçot” en entier).Une fois par an, on récite uniquement le “Tikoun Ra’hel”: “la nuit du jeûne du neuf Av.

4. Durant la période des trois semaines séparant le jeûne du dix-sept Tamouz de celui du neuf Av(même pendant l’année de la Chémita), on récite également le “Tikoun Ra’hel” durant la journée, entre la mi-journée et le coucher du soleil.

5. Voici les jours durant lesquels on ne récite aucune partie du “Tikoun ’Haçot”: les veilles de chabbatet de fêtes, les jours de “’Hol Hammoèd” (demi-fêtes) de Péssa’hRoch Hachanna et Yom Kippour.

6. Avant de réciter le “Tikoun ‘hatsot”, on s’assoit par terre, à l’entrée de la pièce, du côté de laMezouza (il vaut mieux ne pas s’asseoir directement par terre, mais plutôt sur un tissu ou un coussin).

Il est bon de laisser la porte ouverte.

On enlève ses chaussures pour s’asseoir déchaussé, la tête baissée.

On commence par réciter “’Al naharot bavel”, en s’efforçant de pleurer sur la destruction du Temple.

On poursuit avec le psaume “Mizmor Léassaf “, en s’affligeant sur la mort des Justes.

Ensuite on achève le “Tikoun Ra’hel” et le “Tikoun Léa”, tel que cela figure dans les livres de prières.

Quant au psaume “Bévo élav natane hannavi” à la fin du “Tikoun Léa”, on doit le réciter d’une voix suppliante et en pleurs, en demandant pardon à “Hachem “pour ses fautes.

Les jours où on ne dit pas le “Tikoun Ra’hel”, il n’est pas nécessaire de s’asseoir par terre, et on pourra réciter le “Tikoun Léa” assis normalement.

7. On a l’habitude de réciter le Vidouï avant le Tikoun ‘hatsot. Par contre, celui qui n’a pas dormi après avoir dit le “Vidouï dans la prière du coucher, ou qui récite le Tikoun ‘hatsot juste avant de se rendre aux” Seli’hote”, ne récitera pas à nouveau le “Vidouï “avant le “Tikoun ‘hatsot”.

8. Entre les psaumes “Odé A-donaï” et “Lamenatséa’h mizmor lédavid”, on intercalera les versets “No’a tanou’a érèç”, et “vehaya bayyome hahou”, comme le mentionnent les anciens rituels de prières. (Ces versets ont été supprimés dans les livres de prières contemporains, mais nous les avons rétablis dans le “siddour Ich Matsliah”).

9. Après avoir terminé le “Tikoun ‘hatsot”, il est bon de lire le premier chapitre du traité “Tamid” (comme cela figure dans notre siddour). On poursuit avec la “Peti’hate Eliyahou”.

10. Celui qui n’a pas eu le temps de conclure le Tikoun ‘hatsot avant l’aube peut terminer le “Tikoun Léa “dans les cinq minutes suivant l’aube. Par contre, il n’est pas possible de réciter le “Tikoun Ra’hel” après l’aube.

11. Un homme vint exposer son problème au Ben Ich ’Haï: il ne parvenait pas à s’affliger sur la destruction du Temple, ni avoir aucune intention requise (comme mentionné dans le paragraphe 6).

Pire encore, lorsqu’il lisait le Tikoun ‘hatsot, son esprit était distrait par toutes sortes de pensées, et il ne prêtait guère attention aux mots qu’il prononçait. Il en était venu à la conclusion qu’il était préférable de ne pas réciter le Tikoun ‘hatsot du tout. Le Maître lui répondit que cette logique, en apparence justifiée, était en réalité un stratagème du mauvais penchant ; ce dernier, tel le cochon qui montre ses sabots pour faire croire qu’il est cachère, a pour seul but de détourner l’homme du service divin, à l’aide d’arguments fallacieux. Il est évident qu’on est tenu de s’efforcer de ressentir de l’affliction pour la destruction du Temple et la mort des Justes, mais le fait de ne pas y parvenir n’est pas une raison suffisante pour se dispenser de réciter le Tikoun ‘hatsot, puisque le principal dans lesmitsvot est leur accomplissement pratique.

>> Le Tikoun ‘hatsot de notre maître le Rachach

- Le saint kabbaliste Rabbi Chalome Char’abi, de mémoire bénie, prenait soin de réciter toutes les nuits le Tikoun ‘hatsot près du Kotel. Une nuit, alors que le Rav se lamentait devant le Kotel sur la longueur de l’exil, il laissa échapper une plainte amère et perçante, telle qu’elle épouvanta les riverains arabes.

- Ces derniers décidèrent de se venger contre le Rav, et la colère du Mufti était sans bornes. Le lendemain, dans la nuit, le Mufti envoya ses serviteurs se poster en embuscade afin de rouer de coups le Rav, jusqu’à le tuer. Ils se tinrent debout, des deux côtés du chemin, des gourdins à la main.

- Au milieu de la nuit Rav Chalome se dirigea, comme à son habitude, en direction du Kotel, son fidèle serviteur lui ouvrant la route. Presque arrivé à destination, le Chamach aperçut les arabes assoiffés de violence, et fut pris de terreur. Il prévint immédiatement son maître, mais celui-ci le rassura: il n’y avait aucune crainte à avoir. En effet, stupeur! Tandis que le Rav et son Chamach passaient près des voyous, aucun d’entre eux ne parvint à lever la main sur eux, comme s’ils étaient paralysés! Rav Chalome récita le Tikoun ‘hatsot de se manière habituelle et s’en retourna vers la maison d’étude.

- Au petit matin, lorsque les gens se dirigèrent vers le Kotel, la stupéfaction les saisit devant la scène qui s’offrait à leurs yeux: les serviteurs du Mufti et leurs acolytes étaient figés sur place, dans l’impossibilité de faire le moindre mouvement. La nouvelle parvint rapidement au Mufti, qui se rendit alors chez Rav Chalome pour le supplier de pardonner à ses serviteurs, et de les délivrer de l’état dans lequel ils se trouvaient. Rav Chalome accepta d’intercéder en leur faveur, à condition qu’ils ne portent plus jamais atteinte à des juifs se rendant au Kotel pour prier et réciter le Tikoun ‘hatsot, quelque que soit l’heure. Alors seulement, il pria pour eux et ils furent délivrés.

Règles relatives au Tsitsit (franges rituelles)

>> Equivalent aux 613 mitsvot

Nos Sages ont vanté tant et plus la mitsva des tsitsit, jusqu’à dire qu’elle est équivalente aux 613 mitsvot. Ils ont ajouté: tout celui qui pratique scrupuleusement la mitsva des tsitsit méritera d’être servi par deux mille huit cents serviteurs. Ils ont encore enseigné: celui qui prend soin d’accomplir la mitsva des tsitsit méritera des vêtements d’apparat.

> Règles relatives au Tsitsit (franges rituelles)

1. Il faut séparer les fils du tsitsit les uns des autres, de façon à ce qu’ils ne soient pas emmêlés. On rapporte au nom du Ari zal l’allusion suivante :  en hébreu, le mot tsitsit forme l’acrostiche de la phrase "Le juste sépare en permanence ses franges". Le chabbat également, il est permis de séparer des fils du tsitsit qui sont emmêlés. (Cependant, après avoir noué les fils au Talit, il sera interdit de les séparer pour la première fois un chabbat, car c’est assimilé au travail interdit de faire la finition d’un objet).

2. A chaque fois que l’on se revêt du Talit, il convient de vérifier qu’aucun fil du tsitsit n’est déchiré (de telle manière que cela le rend inapte à la mitsva), car dans ce cas on porterait un habit à quatre coins sans tsitsit valables, et on prononcerait de plus une bénédiction en vain. Cependant, si quelqu’un arrive en retard à la synagogue, il peut s’appuyer sur sa précédente vérification sans procéder à un nouvel examen, afin de ne pas manquer certains passages de la prière. Un Talit” qui est toujours rangé dans sa pochette ou dans un endroit protégé n’a pas besoin d’être vérifié du tout.

3. La règle est que "l’accomplissement des mitsvot nécessite une intention particulière", ce qui signifie que chaque fois que l’on pratique une mitsva, on doit la faire dans l’intention d’accomplir l’ordre de Dieu. Ainsi, en s’enveloppant du Talit, il faut penser à accomplir la mitsva des tsitsit. Il faudra aussi avoir comme intention supplémentaire que l’on porte un Talit afin de se souvenir et d’accomplir toutes les mitsvot de Dieu, comme le dit le verset: "Dis-leur de se faire des franges aux coins de leurs vêtements […] Ainsi vous vous rappellerez et vous accomplirez tous Mes commandements". Celui qui n’a pas eu cette intention particulière est acquitté de la mitsva des tsitsit a fortiori seulement. C’est la raison pour laquelle il est recommandé de lire le “Léchème yi’houd” avant la bénédiction sur leTalit, dans lequel cette intention est mentionnée explicitement.

4. Lorsqu’on récite la bénédiction sur le grand Talit le matin, on doit penser à acquitter également leTalit katan avec lequel on a dormi pendant la nuit.

5. La mise du Talit s’effectue comme suit :  on saisit le Talit avec les deux mains et on récite la bénédiction de “Léhit’atèf bétsitsit”. Immédiatement après la bénédiction, on s’enveloppe la tête avec le Talit de façon à ce que les quatre coins pendent par devant, deux coins de chaque côté. On prend ensuite tout le pan du Talit se trouvant du côté droit et on le jette en arrière, sur le dos, par-dessus l’épaule gauche, puis on saisit le pan gauche et on le fait également passer en arrière, du même côté. Les quatre coins du Talit se trouvent ainsi à l’arrière (à la manière des bédouins). On demeure dans cette position le temps qu’il faut pour parcourir quatre coudées, soit environ trois secondes. Enfin, on fait descendre le Talit sur le corps, de façon à ce qu’il y ait deux coins du Talit à l’avant et deux coins à l’arrière, afin d’être entouré par des mitsvot. (Dans le “siddour Ich Maslia’h”, des photos ont été jointes pour illustrer la mise du Talit).

6. Lorsqu’on s’enveloppe la tête du Talit comme décrit précédemment, il ne faut pas se recouvrir les yeux avec le Talit. Ceux qui ont pris cette habitude font une erreur car ceci n’est pas une façon de s’envelopper. Il faut aussi prendre soin de ne pas se couvrir la bouche à la manière des endeuillés, Dieu préserve. Ainsi, lorsqu’on jette le pan droit du Talit du côté gauche, on le fait passer autour du cou uniquement.

7. Après cela, on étend le Talit le long du corps. Ceux qui le portent autour du cou uniquement, comme une écharpe, ne sont pas acquittés de la mitsva de tsitsit, et la bénédiction qu’ils ont prononcée sera vaine. En effet, se revêtir du Talit consiste essentiellement à s’en couvrir le corps.

8. Après avoir fait descendre le Talit sur soi, il est bon de réciter certains versets: “Ma yaqar ’hasdékha etc.”, mentionnés dans le siddour.

9. Il est bon de se couvrir la tête avec le Talit jusqu’à la fin de la prière afin de prier avec recueillement, car se couvrir ainsi incline l’homme à l’humilité et à la crainte du Ciel. Selon l’avis de notre maître le Ari zal, il faut également recouvrir les Téfilines de la tête avec le Talit.

10. Il est bon de regarder régulièrement les fils des “tsitsit, “comme il est dit: "Vous le verrez et vous vous souviendrez [de tous les commandements de Hachem]". Cela a également pour vertu de préserver l’âme de la tentation. En particulier, il faut regarder les franges lorsqu’on récite la bénédiction, avant de s’envelopper du Talit.

11. Si le Talit est entièrement tombé à terre par inadvertance, il est nécessaire, selon l’avis de Marane Rabbi Yossef Qaro, de réciter une nouvelle fois la bénédiction avant de s’en envelopper à nouveau. Cette opinion est cependant controversée. Dans la pratique, on ne récitera pas la bénédiction, suivant le principe qu’en cas de doute concernant une bénédiction, on s’abstient.

12. Si on a retiré son Talit avec l’intention de le remettre peu de temps après, par exemple pour se rendre aux toilettes, on ne doit pas réciter la bénédiction lorsqu’on revêt le Talit de nouveau. Par contre, s’il s’est écoulé plus d’une demi-heure après qu’on l’ait ôté, on considère que notre esprit s’est détourné de la chose (“hésséa’h hadda’at”), et on devra réciter la bénédiction une nouvelle fois.

> Talit katan

13. Il est recommandé de porter un Talit katan sous ses vêtements durant la journée. En effet, le but de la mitsva de tsitsit est de nous rappeler les commandements divins, ce qui s’applique à chaque instant de la journéèlement aux cinq livres de Torah. De plus, il y a quatre coins dans le Talit afin de nous rappeler les mitsvot quelle que soit la direction que l’on prend. Quant à celui qui peut embellir lamitsva en portant un “Talit katan “en laine, heureux est son sort! Il accomplit un commandement positif de la Torah à chaque instant, et son salaire est infini.

14. Certains décisionnaires pensent qu’on récite la bénédiction “Léhit’atef bétsitsit” sur le Talit katan. D’autres sont d’avis que l’on doit plutôt réciter “Al mitsvat tsitsit”. En pratique, l’habitude s’est répandue de ne pas réciter du tout de bénédiction sur le “Talit katan “lorsqu’on s’en vêt le matin, mais on pense à s’en acquitter lorsqu’on récite la bénédiction sur le grand Talit. Cela est dû au fait que, bien souvent, le Talit katan n’a pas les mesures minimales permettant de réciter la bénédiction selon tous les avis. Cependant, celui qui ne compte pas revêtir par la suite le grand Talit, par exemple s’il a changé de Talit katan en milieu de journée, ou s’il remet son Talit katan après l’avoir ôté pour la sieste, pourra dans ce cas réciter la bénédiction de “’Al mitsvat tsitsit" “sur le Talit katan. Il faudra toutefois s’assurer que le Talit katan ait les mesures requises pour s’acquitter de lamitsva selon la majorité des décisionnaires, c’est-à-dire une longueur de deux coudées (96 centimètres), sur une largeur d’une coudée (48 centimètres), sans compter l’ouverture du col. Celui qui veut également s’envelopper la tête du Talit katan de la même manière que pour le grand Talit(cf. paragraphe 3), doit alors réciter la bénédiction de “Léhit’atef bétsitsit”, selon tous les avis. Notre maître le Ari zal avait coutume d’agir ainsi.

> Quelques-unes des vertus de la mitsva de tsitsit:

- Elle préserve de la faute.

- Elle préserve du mauvaise oeil.- Elle protège des anges accusateurs et malfaisants.

- Elle préserve de la colère.

- Elle sauve de l’enfer.- Par son mérite, on reçoit la longévité.

- Elle fait mériter la résurrection des morts.

Règles relatives aux Téfilines (phylactères)

>> Mise en balance entre le salaire de la mitsva et la pénalisation

1. La mitsva des Téfilines est de haute importance et n’a pas son équivalent dans toutes les mitsvot de la Torah. Cette mitsva a été comparée à la Torah toute entière comme le dit le verset "Ce sera un signe sur ta main […] afin que la Torah de Dieu soit dans ta bouche" (Exode 13,9). Tout celui qui prend soin d’accomplir cette mitsva verra ses jours rallongés. Nos Sages ont encore dit: celui qui se pare des Téfilines, s’enveloppe du Talit et procède ainsi à la lecture du Chéma’ et à la prière, est assuré d’avoir une place au monde futur. De plus, il est épargné des affres de l’enfer et toutes ses fautes sont pardonnées.2. A l’opposé, celui qui ne met pas des Téfilines appartient à la catégorie de ceux du peuple juif qui "fautent avec leur corps". Ainsi, même quelqu’un de "moyen", à l’égard duquel Dieu se montre en général clément, si parmi ses fautes se trouve celle de ne pas mettre les Téfilines, l’accusation l’emportera et il ira en enfer ; et si ses fautes sont plus nombreuses que ses mérites, il sera condamné à l’enfer pour douze mois, pendant lesquels son corps sera détruit, son âme consumée, et ses cendres dispersées. En outre, il ne méritera pas de se lever lors de la résurrection des morts. (Tout ceci n’est bien sûr valable que si la personne ne s’est pas repentie. Si quelqu’un se repent et commence à mettre les Téfilines, son repentir efface tout).3. Tout celui qui ne met pas les Téfilines transgresse chaque jour huit commandements positifs de la Torah. En effet, chaque boîtier renferme quatre parachiyot (sections de la Torah), et il y a deux boîtiers, un pour le bras et un pour la tête. A l’inverse celui qui met les Téfilines mérite d’accomplir ces huit commandements positifs.

>> Que chacun prenne ce message à cœur

4. Etant donné la grandeur de la récompense de celui qui met les Téfilines, et à l’inverse de la pénalisation de celui qui la néglige, chacun doit veiller à acheter des Téfilines provenant d’un scribe expert diplômé, érudit en Torah et craignant Dieu. En effet, celui qui met des Téfilines défectueux, non seulement n’accomplit pas de mitsva, mais en plus récite à chaque fois la bénédiction en vain, ce qui est une faute très gRave. Et lorsqu’on recherche des Téfilines au prix le plus bas, la probabilité de recevoir des Téfilines non valables est élevée. Toute personne craignant Dieu doit prendre cela àêtements et objets personnels on veille à acheter le meilleur, à plus forte raison pour les objets de culte on ne lésinera pas sur les dépenses, et on se procurera une paire de qualité, même si le prix est plus élevé. On gardera également à l’esprit que l’on n’achète pas des Téfilines tous les jours, ni tous les ans, mais une fois pour de nombreuses années…

> Règles relatives aux Téfilines (phylactères)

1. Après s’être enveloppé du Talit, on pose les Téfilines. On ne met pas ses Téfilines avant de s’être préalablement enveloppé du Talit, en vertu du principe que l’"on progresse dans la sainteté". On commence donc par la sainteté qui est inférieure, en l’occurrence les tsitsit, pour s’élever ensuite vers une sainteté qui lui est supérieure, les Téfilines. En outre, selon les notions spirituelles auxquelles sont rattachés les tsitsit et les Téfilines tel que nous le révèle la Kabbalah, les tsitsit doivent précéder aux Téfilines. Nos maîtres ont allusionné cela dans le verset :  "Les tardifs (en hébreu: “ ’atoufime” qui signifie aussi enveloppés, faisant allusion au Talit dont on se revêt) étaient pour Lavan…" et seulement ensuite "…et les précoces (en hébreu “qéchourime”, qui signifie aussi noués, faisant allusion auxTéfilines que l’on attache) étaient pour Yaacov". En tout état de cause, si on n’a pas de Talit à sa disposition, on mettra les Téfilines seuls, puis on s’enveloppera du Talit dès que possible.

2. On ne doit pas laisser passer une mitsva ont enseigné nos Sages. Cela signifie que si l’opportunité d’accomplir une mitsva se présente on ne doit pas la laisser passer pour en accomplir une autre. C’est pourquoi il convient de prendre garde à ne pas déposer la sacoche des Téfilines au-dessus du Talit, car les Téfilines seraient alors premiers à portée de main, et lorsqu’on viendra prendre le Talit, on sera obligé de mettre de côté la mitsva de Téfilines. Mais par ailleurs, il est interdit de déposer le Talit sur les Téfilines, car la sainteté de ces derniers est supérieure. On devra donc les déposer côte à côte, ou bien placer les Téfilines au-dessus mais enfouis au fond du sac, de manière à saisir le Talit en premier. En tout état de cause, si à postériori on a saisi les Téfilines en premier, on les mettra de côté pour s’envelopper d’abord du Talit, puisque d’après la Kabbalah il faut toujours veiller à s’envelopper duTalit avant la mise des Téfilines.

3. Le moment à partir duquel on peut mettre les Téfilines le matin est lorsqu’il fait assez jour pour reconnaître une personne qui nous est vaguement familière à une distance de quatre coudées. En France, cela varie entre une heure et une heure et demie avant le lever du jour, selon la saison ; il faut consulter le calendrier.

4. La meilleure façon de procéder est de mettre les Téfilines chez soi à la maison, pour se rendre ainsi à la synagogue enveloppé du Talit et paré des Téfilines. Il convient de noter que si la rue est polluée de saletés ou qu’il y a des containers de poubelles ouverts, on a l’obligation de recouvrir ses Téfilinesavec le Talit ou avec un chapeau.

5. Les Téfilines du bras doivent être placés sur le bras gauche, qui est le bras le plus faible. Un gaucher devra lui placer ses Téfilines sur son bras droit, puisque c’est son bras faible (le nœud du Téfilines du bras sera alors adapté pour le bras droit). Si un gaucher a mis les Téfilines sur son bras gauche, il n’est pas acquitté de la mitsva, pas même à postériori. Un ambidextre qui se sert de ses deux mains avec une égale habileté doit mettre les Téfilines sur son bras gauche. Quant à celui qui écrit de la main droite mais utilise sa main gauche pour tout le reste, ou l’inverse, l’écriture sera le facteur déterminant: la main avec laquelle il écrit est considérée comme la main dominante, et il met alors sesTéfilines sur le bras du côté opposé.

6. Le Téfilines du bras doit être attaché autour de l’avant-bras, posé sur le biceps. A priori, il faut veiller à le poser sur la moitié inférieure de l’avant-bras, du côté du coude. Il ne faut pas non plus l’attacher trop proche du coude, car il n’y a pas encore de muscle. (Ainsi, si on divise l’avant-bras en quatre parties, l’endroit convenable pour la mise des Téfilines est la deuxième partie en partant du bas, ce qui correspond environ à une distance de deux doigts à partir du coude). Si on a posé ne serait-ce que l’extrémité de la base du Téfilines (la Titora) hors du biceps, que ce soit du côté du coude ou de l’épaule, on n’a pas accompli la mitsva et la bénédiction aura été récitée en vain. On inclinera le boîtier sur le côté intérieur du muscle, de manière à ce qu’il soit placé face au cœur, pour accomplir le verset: « Et ses paroles seront (…) sur ton cœur » (Deutéronome 6,6).

7. On doit attacher le Téfilines sur son bras de manière à ce que le petit nœud (en forme de “youd”) soit situé sous le boîtier, proche du cœur. Il est bon aussi de veiller à cela même lorsque les Téfilinessont rangés dans leur sac. C’est la raison pour laquelle on a coutume de lier ce nœud au boîtier à l’aide du fil utilisé pour coudre le boîtier, ou avec un élastique. (De plus, en attachant le Téfilines sur le bras, il faut enrouler la lanière autour du boîîtier, il doit être disposé tel que la Ma’abarta (orifice où est insérée la lanière) soit du côté de l’épaule, et le boîtier lui-même du côté du bras.

8. Un gaucher qui n’a provisoirement à sa disposition que des Téfilines de droitier, ou inversement un droitier qui utilise les Téfilines d’un gaucher, devront enfiler le Téfilines à l’envers dans le bras. LaMa’abarta sera alors du côté du bras, et le boîtier du côté de l’épaule. De cette façon le “youd” sera maintenu toujours du côté cœur.

9. L’emplacement adéquat pour les Téfilines de la tête commence à partir de la racine des cheveux jusqu’à l’extrémité de la fontanelle. Le boîtier du Téfilines doit entièrement reposer à cet endroit, et s’il dépasse – ne serait-ce que très peu – sur le front, on n’a pas accompli la mitsva. L’erreur est répandue de penser qu’il suffise que l’extrémité du boîtier repose sur le cuir chevelu, même si la majeure partie du boîtier repose sur le front. De cette façon, n’a pas accompli du tout la mitsva desTéfilines, car tout le boîtier, y compris la base (Titora), doit reposer sur l’endroit convenable. Celui qui a des cheveux longs qui lui tombent sur le front devra bien localiser la racine de ses cheveux, afin que son Téfilines repose sur le cuir chevelu seulement. Il est préférable de poser le Téfilines un peu plus haut que l’extrémité de la racine des cheveux, pour qu’il reste toujours posé à un endroit convenable, même s’il venait à glisser. Tout le monde doit veiller à attirer l’attention sur cela à son prochain, afin qu’ils ne trébuchent pas dans ce domaine, et ne soient pas considérés comme ceux qui "fautent avec leur corps".10. Le nœud arrière du Téfilines de la tête doit être posé sur le haut de la nuque, là où les cheveux poussent. Il ne doit pas dépasser, même partiellement, sur le bas de la nuque. L’idéé au-dessus de la nuque, sur l’extrémité de l’os crânien, au-dessus du trou occipital.

11. Le boîtier du Téfilines de la tête doit reposer bien au milieu de la tête, entre les yeux. Il en sera de mêé à l’arrière sur la nuque.

12. Il convient de veiller à ce que la lanière du Téfilines qui entoure la tête soit bien ajustée et serrée autour de la tête. Ce, pour deux raisons: la première pour respecter l’injonction du verset: "Et vous les attacherez […] en tant que signe" – or ils ne sont attachés que s’ils sont bien serrés ; en second lieu, si la lanière est trop large, la base du boîtier (Titora) retombera sur le front, ou bien c’est le nœud qui tombera sur le bas de la nuque, et la mitsva ne sera pas accomplie. (Pour serrer la lanière autour de la tête, on l’écartera bien de part et d’autre, de manière à élargir le périmètre). Il convient également de ne pas prendre des Téfilines à boîtier trop grand, car il sera alors presqu’impossible de bien les serrer autour de la tête tout en les posant à l’endroit convenable. Il est bon d’avertir tout particulièrement à ce sujet ceux qui achètent des Téfilines pour des jeunes bar- mitsva.

13. Aucun objet ne doit faire séparation (“‘hatsitsa”) entre les Téfilines et le corps, pour les Téfilinesdu bras comme pour ceux de la tête.14. Il convient d’être strict et de retirer sa montre du bras sur lequel on va mettre les Téfilines (et la placer sur l’autre bras), pour ne pas qu’elle fasse une séparation entre les lanières et la peau. Le” Richone létsiyone Rav ’Ovadia Yossef est plus souple à ce propos.

15. Le principe est que si une mitsva se présente devant soi, on ne peut la laisser passer pour accomplir une autre. Par conséquent, on doit prendre garde à ne pas saisir le Téfilines de la tête avant d’avoir mis celui du bras, afin de ne pas être dans la nécessité de laisser passer cette mitsva. En tout état de cause, si par erreur on a saisi le Téfilines de la tête en premier, on le laissera de côté pour mettre celui du bras en premier, et ensuite seulement celui de la tête.

16. Les hommes pieux ont coutume d’embrasser les Téfilines avant de les mettre et après les avoir retirés, pour montrer par-là leur attachement à cette mitsva.

17. On récite la bénédiction sur le Téfilines du bras et on le pose tout en étant assis, puis on se lève pour mettre le Téfilines de la tête. Au moment de la pose du Téfilines du bras, il est bien de se recouvrir le bras du pan du Talit, afin que la mise des Téfilines du bras se fasse dans la discrétion. On veillera à le faire même si personne n’est présent, car cela a une signification selon la Kabbalah.

18. La bénédiction avant la mise des Téfilines se récite après avoir posé le boîtier sur le bras, avant de les attacher et les ajuster. En effet, c’est un principe concernant toutes les mitsvot, de réciter la bénédiction juste avant leur accomplissement, sans laisser de temps d’intervalle. Or l’accomplissement concret de la mitsva des Téfilines est l’action de les nouer autour du bras, on doit donc réciter la bénédiction après avoir posé le boîtier mais impérativement avant de le serrer.

19. Celui qui a mis les Téfilines, puis s’est souvenu qu’il a oublié de réciter la bénédiction, pourra la réciter tout le temps que les Téfilines sont encore sur lui. En effet, pour toute mitsva qui perdure, tel que le port du Talit ou des Téfilines, ou encore résider dans la “soucca”, on peut, en cas d’oubli, réciter la bénédiction tant qu’on est encore en train d’accomplir cette mitsva.

20. Après avoir ajusté la lanière, on l’enroule autour du boitier et du “youd”, puis on la fait passer autour du bras (selon la Kabbalah, il est préférable de ne faire aucun tour supplémentaire autour du biceps).

Puis on enroule la lanière à sept reprises autour du bras, de manière à former sept tours entiers, sans prendre en compte le demi-tour de lanière qui provient de l’avant-bras, ni le dernier qui se poursuit sur la main.

21. Après avoir posé le Téfilines du bras et effectué les tours de lanière, on rabat la manche de sa chemise pour le recouvrir. (Ce n’est pas considéré comme une interruption entre la mise des Téfilinesdu bras et de la tête, puisque selon la Kabbalah il y a nécessité à le faire. Notre maître le Richone létsiyone Rav ’Ovadia Yossef ne partage toutefois pas cet avis ; selon lui, on ne rabattra la manche qu’après avoir posé le Téfilines de la tête. En tout état de cause, on ne s’interrompra pas pour refermer le bouton de la manche). On se lève ensuite immédiatement pour mettre le Téfilines de la tête. Avant de le poser, on observe la lettre “chine” à quatre branches, puis celle à trois branches, qui sont sur les côtés du boîtier, chose qui une grande signification d’après la Kabbalah.

On embrassera aussi le boîtier, comme nous l’avons mentionné au paragraphe 16.

22. Immédiatement après avoir posé le Téfilines de la tête, toujours debout, on enroule la lanière autour du majeur, en faisant un premier tour sur la phalange médiane puis deux tours sur de la phalange inférieure, du côté de la main. Tout en effectuant ces tours, on doit récite les versets “Véérastikh li lé’olame etc.”.

23. Selon Marane l’auteur du Choul’hane ’Aroukh, il est bon que le Téfilines de la tête reste visible. Notre maître le “Ari “zal “pense quant à lui qu’il faut recouvrir le Téfilines de la tête avec le Talit. Puis notre maître Rabbi Maslia’h Mazouz de conclure: puisque selon le Choul’hane ’Aroukh il s’agit juste d’une “bonne pratique” de le laisser découverts, tandis que selon le “Ari zal il est nécessaire” de le recouvrir, on suivra ce dernier avis.

24. Il est interdit de s’interrompre entre la mise des Téfilines du bras et de la tête, même sans mot dire. A plus forte raison est-il interdit de faire un acte, comme donner de l’argent à son ami, ou même de la charité à un nécessiteux. Il est à fortiori interdit de parler, pas même pour répondre au qaddicheou à la kedoucha. Si on s’est interrompu verbalement pour un sujet qui n’a pas de rapport avec lesTéfilines, on doit réciter une autre bénédiction sur le Téfilines de la tête”: Baroukh […] vétsivanou ’al mitsvat Téfilines”, que l’on récitera après avoir posé le Téfilines sur la tête, avant de serrer la lanière. Si on s’est interrompu par un acte uniquement sans parler, ou que l’on a parlé en rapport avec les Téfilines, ou encore que l’on a répondu par erreur à un qaddiche ou à une kedoucha, dans tous ces cas on ne récitera pas de nouvelle bénédiction.

25. Il faut prendre garde de ne pas détacher un instant son esprit des Téfilines que l’on porte sur soi. On pourra le faire uniquement pendant la ‘Amida, ou lorsqu’on étudie la Torah. (Dans le “siddour Ich maslia’h”, nous avons à cet effet imprimé le mot Téfilines en en-tête de chaque page, en guise de rappel).

26. De manière générale, lorsqu’une personne accomplit une mitsva, elle doit le faire dans l’intention d’accomplir l’ordre de Dieu. En ce qui concerne la mitsva des Téfilines, il y a une intention supplémentaire, à savoir que l’on porte les quatre sections de la Torah qui mentionnent l’unicité du nom de Dieu et qui relate la sortie d’Egypte, sur le bras prèête au-dessus du cerveau, afin que soient gravés, dans son esprit et dans son cœur, les miracles et les prodiges que le Saint béni soit-Il a fait en notre faveur lors de la sortie d’Egypte. Ces derniers sont la preuve de Son unicité, et que la force et la royauté Lui appartiennent, aussi bien dans les mondes supérieurs que sur la Terre, et qu’Il agit partout selon Sa volonté. On pensera également à soumettre à Hachem son âésirs et plaisirs corporels. En gardant cela à l’esprit, on se souviendra de son Créateur béni soit-Il, et on se détachera des attirances de ce monde. Si on n’a pas pensé à tout cela, on est acquitté à postériori seulement de la mitsva lesTéfilines. C’est pourquoi il est recommandé de réciter avant de mettre les Téfilines le passage “Léchème yi’houd” rapporté dans les siddourim, qui mentionne les intentions nécessaires.

27. Il est bon de lire chaque jour les quatre sections de la Torah contenues dans les Téfilines, tant que l’on porte les Téfilines sur soi. Il est recommandé de les lire dans l’ordre dans lequel elles sont écrites dans la Torah, c’est-à-dire “Qaddèche li”, “Véhaya ki yéviakha”, “Chéma’” et “Véhaya ime chamoa’”. Pour cela, on prendra soin de lire les deux premières sections (“Qaddèche li” et “Véhaya ki yéviakha”) avant la prière. Si on n’a pas le temps de le faire avant, on les lira après la prière, avant de retirer lesTéfilines.

28. Celui dont les Téfilines sont tombées, même d’une hauteur peu élevée, devra tâcher de jeûner une journée pour réparer cette faute. Il est bon alors de s’engager au jeûne le jour même, dans la prière de Min’ha, afin de pouvoir jeûner le lendemain. Si le lendemain est un chabbat ou un jour de fête, on prendra sur soi le jeûne pendant la prière de Min’ha du chabbat, et on jeûnera le dimanche. De nos jours où les natures sont généralement faibles, si le jeûne lui est très difficile, ou si cela lui causera du relâchement dans son étude de la Torah, ou encore si c’est un salarié et que le jeûne diminuera l’efficacité de rendement de son travail, dans tous ces cas, il rachètera son jeûne par un don de charité aux pauvres, de l’équivalent du prix des repas de la journée, et il lui sera pardonné. Il convient de noter que si les Téfilines étaient à l’intérieur de leur pochette lorsqu’elles sont tombées, il suffira dans tous les cas de donner simplement une pièce à la “tsédaka”.

29. Si on voit des Téfilines tomber des mains de quelqu’un, on n’a pas besoin de jeûner. Il est tout de même bon de donner une pièce à la “tsédaka”.

>> Le peuple d’Israël s’adressa au Saint béni soit-Il en disant:

Maître du monde! Nous voudrions tellement être immergés dans Ta Torah jour et nuit, mais nous n’en avons pas le temps!

Le Saint béni soit-Il leur répondit: Accomplissez la mitsva des Téfilines, et Je vous considère comme si vous étiez plongés dans la Torah jour et nuit…

Les Téfilines de Rabbénou Tam

1. Il y a une divergence d’opinion entre Rachi et Rabbénou Tam rapportée dans les Tossafot du traité talmudique de “Ména’hote”, à propos de la disposition des “parachiyot” (sections de la Torah inscrites sur les parchemins) dans les boîtiers des Téfilines. Selon Rachi, les “parachiyot” doivent suivre l’ordre de leur écriture dans la Torah, à savoir: “Qaddèche li”, “Véhaya ki yéviakha”, Chéma’et “Véhaya ime chamoa’”. D’après Rabbénou Tam cependant, les “parachiyot” qui commencent par “Véhaya” doivent être au milieu, ce qui donne”: “Qaddèche li”, “Véhaya ki yéviakha”, “Véhaya ime chamoa’ “et enfinChéma’. Beaucoup de grands décisionnaires se rangent à l’avis de Rabbénou Tam, mais beaucoup également pensent comme Rachi. Chacune de ces deux opinions rend défectueux des Téfilinesconfectionnés selon la seconde opinion.

2. En pratique, c’est l’avis de Rachi qui a été adopté. Cependant, Marane dans le Choul’hane ’Aroukhécrit que toute personne craignant Dieu devra s’acquitter des deux avis et se pourvoir de deux paires de Téfilines, une selon l’opinion de Rachi, et une autre selon celle de Rabbénou Tam, afin de ne pas être, ne serait-ce que dans le doute, une personne ne mettant pas les Téfilines. Mais, pour ne pas enfreindre d’un autre côté l’interdit d’ajouter aux commandements de la Torah, on pensera en les mettant que l’on veut s’acquitter de la mitsva par la paire de” Téfilines” qui est valable, et que l’autre n’est que de simples lanières.

3. A priori, il convient de mettre les deux paires de Téfilines en même temps, afin de réciter la bénédiction sur les deux, et en être paré lors de la récitation du Chéma’et de la ‘Amida. Les boîtiers des Téfilines du bras devront à cet effet être particulièrement petits, de manière à ce que la taille des deux boîtiers réunis n’excède pas huit centimètres, pour que tous les deux soient posés sur la partie inférieure du biceps (cf. infra chapitre cinq, paragraphe 6). Cependant, à postériori, si les boîtiers des Téfilines sont un peu grands et dépassent sur la partie supérieure du biceps, il reste tout de même préférable de poser les deux paires en même temps, puisque d’après la loi stricte, tout le biceps est convenable pour la mise des Téfilines. Toutefois, notre maître le Richone létsiyone Rav’Ovadia Yossef pense que, dans ce cas, on ne mettra pas les deux paires ensemble, mais plutôt l’une après l’autre.

4. Si on met les deux paires de Téfilines ensemble, on doit enfiler sur le bras tout d’abord la paire deRachi, puis par-dessus celle de Rabbénou Tam. Par contre lorsqu’on enroule les lanières autour du bras, c’est la lanière du Téfilines de Rachi qui recouvrira celle du Téfilines de Rabbénou Tam.

5. En ce qui concerne le Téfilines de la tête, la lanière du Téfilines de Rabbénou Tam sera d’un périmètre inférieur à celle du Téfilines de Rachi. Pour les poser, on tient les deux Téfilines en même temps, et on les enfile de telle sorte que celui de Rachi soit à l’extérieur et celui de Rabbénou Tam à l’intérieur ; puis on ajuste la lanière du Téfilines de Rachi, et ensuite celle de Rabbénou Tam. Le boîtier du Téfilines de Rachi se trouve ainsi juste au-dessus du front, sous celui de Rabbénou Tam et le nœud arrière (en forme de “dalète”) de Rachi également, sous celui de Rabbénou Tam.

6. On prendra garde à ce que les boîtiers des deux Téfilines ne reposent pas l’une sur l’autre. On veillera de même pour les noeuds des lanières, à l’arrière.

7. Comme on l’a dit, la lanière du Téfilines doit être bien serrée autour de la tête. Il arrive lorsque l’on porte deux paires de Téfilines à la fois, que celui de Rabbénou Tam soit un peu lâche, en raison du fait que le périmètre de la lanière est petit. On devra alors élargir un peu la lanière, même si lorsqu’on l’ajuste elle pénètre alors sous celle de Rachi. Cette dernière ne sera pas considérée comme un obstacle entre la tête et la lanière de Rabbénou Tam, puisque toutes les deux sont une seule et même catégorie d’objet. On devra néanmoins s’assurer dans ce cas que le Téfilines de Rabbénou Tamsoit bien ajusté et saisisse la tête de lui-même, et ne soit pas maintenu grâce au Téfilines de Rachi. Par conséquent, il est recommandé d’avoir des boîtiers petits autant que possibles, ce qui permet d’une part de le poser à l’endroit convenable, et d’autre part de bien les ajuster autour de la tête.

8. Celui qui ne met pas les Téfilines de Rachi et Rabbénou Tam en même temps, mais l’un après l’autre, doit tout d’abord se parer de ceux de Rachi en récitant la bénédiction, et les conserver pour la lecture du Chéma’et la ‘Amida. Après la prière seulement il mettra les Téfilines de Rabbénou Tam, sans bénédiction, et lira de nouveau les deux premiers paragraphes du Chéma’ (Chéma’ et” Véhaya ime chamoa’”). Certains décisionnaires pensent qu’il convient également de réciter à nouveau les passages de “Qaddèche li” et de “Véhaya ki yéviakha”. Celui qui le fait est digne de bénédiction.

9. Il est également interdit de s’interrompre entre la pose du Téfilines du bras et de celui de la tête de Rabbénou Tam. Bien que le problème d’avoir à refaire la bénédiction ne s’applique pas (comme c’est le cas pour les Téfilines de Rachi, tel que nous l’avons vu au chapitre cinq, paragraphe 24), puisqu’on ne récite aucune bénédiction sur les Téfilines de Rabbénou Tam, il est malgré tout interdit de s’interrompre, puisque le verset énonce: "Il sera en signe sur ton bras, et en ornement entre tes yeux". Le singulier a été ici employé, pour signifier que les deux Téfilines, du bras et de la tête, doivent être posés dans un seul mouvement, sans interruption ni distraction. Cette exigence est également valable pour les Téfilines de Rabbénou Tam.

10. Il est interdit de s’interrompre entre les Téfilines du bras et ceux de la tête de Rabbénou Tam, même pour dire des paroles de Torah ou répondre “Baroukh hou ouvaroukh chémo”. Il est toutefois autorisé de répondre à un” qaddiche”, à une kedoucha, et Amen aux bénédictions. De même, celui qui a posé le Téfilines de Rabbénou Tam du bras et entend subitement le tonnerre, pourra réciter la bénédiction (“Chéko’ho ougvourato”), car sinon il manquera la mitsva. Il mettra ensuite seulement leTéfilines de la tête. La meilleure façon de procéder pour celui qui, après avoir posé le Téfilines du bras, a dû s’interrompre pour répondre Amen ou autre, est de réajuster son Téfilines du bras, puis poser ensuite celui de la tête immédiatement. Il ne sera cependant pas nécessaire d’enlever entièrement les Téfilines du bras pour les remettre.

11. Ceux qui ont pris l’habitude de mettre les Téfilines de Rabbénou Tam pendant la répétition de la‘Amida n’agissent pas convenablement. En effet, bien qu’il soit autorisé de répondre Amen aux bénédictions tandis que l’on pose les Téfilines de Rabbénou Tam, il est tout de même préférable de ne pas se mettre dans une telle situation. En outre, il faut être concentré sur la répétition de la‘Amida, et il est interdit de s’occuper de toute autre chose. Certains posent leurs Téfilines deRabbénou Tam avant la kedoucha de “Ouva létsione”, afin de réciter une kedoucha parés de cesTéfilines, et c’est ainsi qu’il convient d’agir.

Règles relatives à la synagogue

> Crainte des lieux saints

1. La Torah nous a ordonnés :  "Vous révérez Mon sanctuaire" (Lévitique 19,30), c’est-à-dire que l’on doit être empli de crainte et d’appréhension devant le Sanctuaire. De nos jours, la synagogue fait office pour nous de "petit sanctuaire" ; par conséquent, il convient de veiller à s’y tenir avec crainte et respetc. A propos de ceux qui se comportent avec légèreté à la synagogue, le texte s’exclame”: “Vous qui venez vous présenter devant Moi, qui vous a demandé de fouler Mes parvis?" (Isaïe 1,12). Quant au fait de parler à la synagogue, la gRavité de cette faute est amplement connue, et le Zohar insiste sur la pénalisation qui s’ensuit en ces termes: “Celui qui parle à la synagogue (des paroles futiles) affaiblit sa foi […] et n’a pas de part dans le Dieu d’Israël", Dieu nous en préserve.

>> La récompense est proportionnelle à l’effort

« Je vous conjure, mes frères! Prenez soin à l’honneur de votre créateur ainsi qu’au salut de vos âmes, et écoutez les paroles de nos Sages (qui ont averti de ne pas parler à la synagogue). Votre âme se délectera alors dans l’opulence. Si la chose vous est difficile, mettez en balance le manque causé par le non-respect de la mitsva par-rapport au salaire que vous percevrez, et sachez que la récompense est proportionnelle à l’effort. »

(Extrait du Pélé Yoets)

2. Le respect des lieux saints consiste aussi à ne pas y élever la voix comme on le ferait dans la rue (même pour parler d’une chose en rapport avec la synagogue ou la prière). Si on remarque une personne en train de commettre une faute et que l’on veuille l’arrêter, malgré cela, on ne poussera pas de hauts cris, mais on lui en fera la remarque posément. Il faut garder conscience que l’on se trouve devant le Roi, dans Sa demeure, et on sera rempli de crainte.

> Se rendre à la synagogue

13. En sortant de chez soi, il est bon de poser la main droite sur la Mézouza et de dire: "Que Dieu préserve mes allées et venues, en vie et en paix, désormais et à tout jamais ; que le Seigneur me bénisse et m’accorde Sa grâce".

14. C’est une mitsva de courir pour aller à la synagogue, comme chaque fois que l’on va accomplir unemitsva. Même le chabbat, où il est normalement interdit de courir, ce sera permis – et même méritoire – de courir pour se rendre à la synagogue, ou pour toute autre mitsva. Par contre, en sortant de la synagogue, il est interdit de courir, sauf si l’on en sort pour y retourner aussitôt, ou pour se rendre à la maison d’étude y étudier la Torah. On doit être rempli de joie sur le chemin de la synagogue, comme si on allait gagner tout l’or du monde!

15. On ne doit pas passer près de l’entrée d’une synagogue alors que l’on se dirige vers une autre, en vertu du principe "On ne laisse pas passer les mitsvot. Il est donc préférable de rentrer dans la première synagogue que l’on trouve, même si la récompense accordée pour le chemin parcourue en est réduite d’autant, sauf si on a une raison particulière de se rendre dans un autre lieu de prière. Tel est le cas si dans la première synagogue, ce n’est pas encore l’horaire de la prière, ou si à l’inverse la prière a déjà commencé (et que l’on ne veuille pas rattraper une prière en cours) ; de même, si la première synagogue suit un rite différent du nôtre, ou si l’on se rend dans un office qui prie au lever du soleil, ou encore si un cours de Torah y est dispensé. L’interdiction de passer devant une synagogue sans y entrer ne s’applique pas si l’on fait un détour sans passer devant la porte. S’il y a déjà unminyane à la synagogue, et que des endeuillés font appel à nous pour compléter leur propre minyane, on pourra se joindre à eux, puisque l’on accomplira également la mitsva de compassion envers son prochain.

> L’entrée à la synagogue

16. A l’entrée de la synagogue, on doit marquer une pause et s’imprégner de crainte et d’appréhension avant de pénétrer dans la demeure du Roi de l’univers. Cette conduite contribue beaucoup à la perfection de l’âme, et c’est le sens profond du verset: "Vous craindrez Mon sanctuaire". Le Talmud rapporte que c’est l’enseignement que A’hitofel a transmis au roi David: "Rendons-nous à la maison de Dieu avec une foule bruyante” (Psaumes 55,15). Le mot hébreu pour dire "foule bruyante" (“béraguèche”) peut vouloir également dire "avec émotion", pour signifier que l’on doit ressentir de l’émotion et des frissons lorsqu’on pénètre dans la maison de Dieu, qui est la synagogue”.

>> Ce qui a préservé les communautés sépharades de la terrible Choa

On raconte que l’Admour de Gour zatsal (l’auteur du Imré Emète) a déclaré après la Choa que ce qui a préservé les communautés sépharades était leur respect pour la sainteté de la synagogue, notamment le fait qu’ils ne parlaient pas pendant la prière. Il a rapporté à ce propos le verset: "Dieu combattra pour vous, et vous vous tiendrez silencieux" (Exode 14,14): Dieu combattra pour vous à la condition que vous vous tiendrez silencieux au moment de la prière.

17. Avant de pénétrer dans la synagogue, on se tient debout à l’entrée et on récite le verset: “Vaani bérov ’hasdékha etc.” (Mais moi, grâce à ton immense bonté, j’entre dans ta maison ; je me prosterne dans Ton saint Temple, pénétré de Ta crainte). On s’incline légèrement en disant le mot “echta’havé” (je me prosterne). Durant la semaine, on ne récite ce verset que si l’on est enveloppé du Talit et paré des Téfilines. Le chabbat et les jours de fêtes, où l’on ne met pas les Téfilines, on pourra réciter ce verset même si on n’est pas enveloppé du Talit, à condition toutefois de porter sur soi un Talit katan.

18. En pénétrant dans la synagogue, il est bon de réciter les versets”: A-donaï tsévaot ’imanou […] A-donaï tsévaot achré […] A-donaï hochi’a […]”. On ajoutera également “Bévèt Elohim néhalèkh béraguèche”. S’il est possible de réciter ces versets en se tenant à l’entrée de la synagogue, c’est encore mieux.

> La prière à la synagogue

19. On doit s’efforcer de prier à la synagogue avec la communauté. En cas de force majeure, comme par exemple un malade qui ne peut pas se rendre à la synagogue, on priera chez soi à la même heure que la communauté. Par ailleurs, si on a été empêché de prier avec la communauté, on se rendra quand même à la synagogue pour y prier seul, car une prière récitée à la synagogue est acceptée plus facilement. Nos Sages disent: Si la ville possède une synagogue et qu’un homme ne s’y rend jamais pour prier, on le qualifie de mauvais voisin, et il cause son exil et celui de ses enfants.

10. C’est une mitsva de se rendre en avance à la synagogue, afin de mériter de compter parmi les dix premiers arrivés ; même si cent personnes viennent par la suite, ceux-là recevront une récompense équivalente à celle de tous les autres réunis. La mitsva est encore plus grande lorsqu’on sort de chez soi déjà enveloppé du Talit et paré des Téfilines, et que l’on récite à l’entrée de la synagogue le verset “Vaani bérov ’hasdékha etc”. Si on ne peut accomplir les deux à la fois, c’est-à-dire qu’en mettant les Téfilines à la maison, on n’arrivera pas parmi les dix premiers à la synagogue, on choisira de mettre les Téfilines chez soi, car cette mitsva  prévaut sur celle de compter parmi les dix premiers.

>> Israël, toi par qui Je suis glorifié!

Rabbi Chimone dit: "Lorsqu’un homme se lève à la mi-nuit, étudie la Torah jusqu’à l’aube, et au matin met les Téfilines sur la tête et le bras, s’enveloppe de son Talit et sort de chez lui, il se trouve face à la Mézouza, inscription du Saint Nom de Dieu, à la porte de sa maison. Quatre anges saints se joignent alors à lui et l’escortent du pas de sa maison jusqu’à la synagogue, en proclamant: "Honorez celui qui est à l’image du Roi! Rendez gloire au fils du Roi, au portrait du Roi!". Un esprit de sainteté repose alors sur lui, qui déclare: "Israël, toi par qui Je suis glorifié!"

11. On doit se fixer un endroit déterminé où l’on priera régulièrement, que l’on ne doit pas changer sans nécessité. Il ne suffit pas de se rendre toujours dans la même synagogue, mais il faut aussi y avoir une place fixe. "Tout celui qui se fixe un endroit pour prier, le Dieu d’Avraham lui vient en aide", disent nos Sages. De même, si l’on doit prier chez soi (lorsqu’il est impossible de se rendre à la synagogue), il faut fixer un endroit déterminé pour y prier. L’essentiel est d’avoir un endroit fixe pour la récitation de la ‘Amida. Il est toutefois évident qu’on ne doit pas déclencher une querelle si quelqu’un d’autre occupe sa place. En effet, si fixer un endroit pour la prière est un commandement de nos Sages, l’amour du prochain, lui, est un commandement de la Torah!

Préparation à la prière et Début de la prière

> Préparation à la prière

1. Il est interdit de prier en état de tristesse, puisqu’une âme en peine ne peut recevoir l’émanation divine qui inonde la personne au moment de la prière. On doit au contraire prier avec joie, car "quel peuple est assez grand pour avoir Dieu proche de lui, comme l’est Hachem notre Dieu, chaque fois que nous L’invoquons?" Combien serait-on heureux si l’on avait une opportunité de s’entretenir avec un roi de chair et de sang. A plus forte raison doit-on se réjouir, nous qui avons le mérite de prier devant le Maître du monde, le Roi des rois! L’on se dira aussi que certains n’ont pas cette chance, soit qu’ils en sont empêchés à cause d’une maladie, soit qu’ils n’ont pas eu le mérite de goûter à la lumière de laTorah. Heureux sommes-nous qui avons cette chance! (Lors de la récitation du “vidouï” uniquement, on devra s’attrister sur nos fautes.)

2. Avant d’entamer la prière, on doit prendre sur soi d’accomplir le commandement "tu aimeras ton prochain comme toi-même". On éée, à l’égard d’autrui. Si l’on connaît un Juif qui est dans la détresse (même si on n’a pas d’affinité particulière envers lui), on doit le mentionner dans ses prières tous les jours. Ainsi, la prière sera incluse dans l’ensemble des prières du peuple d’Israël et elle portera ses fruits.

> Le début de la prière (la « Peti’ha » )

3. Lorsqu’on récite dans la Peti’ha les passages relatant de la ligature d’Isaac (‘Aquéda) et ceux relatifs aux sacrifices (apportés au Temple), on doit penser à ligoter son mauvais penchant et àèés vers le Ciel, comme une offrande parfaite. On méditera sur l’épreuve redoutable à laquelle notre père Avraham a dû faire face, et sur le zèle et l’amour dont il a fait preuve pour la surmonter. On en puisera force et courage pour surmonter toutes les épreuves que nous pouvons rencontrer, qui nous paraîtront alors beaucoup moins difficiles en comparaison.

4. Il est bon de veiller à lire le Chéma’ de la Peti’ha paré du Talit et des Téfilines. Le mieux est de mettre le Talit et les Téfilines avant même le passage de la ‘Aquéda, au début de la Peti’ha, comme le Ari zal avait coutume de le faire. Cependant, si pour une raison quelconque on ne peut revêtir lesTéfilines pour le moment, ou si l’horaire de la mise du Talit et des Téfilines n’est pas encore arrivé, on pourra lire toute la Peti’ha sans Téfilines. Bien qu’en règle générale on ne récite pas le Chéma’sansTéfilines, on peut ici se montrer plus souple puisque l’on n’en récite que le premier verset.

5. On doit prendre soin de lire les versets de “Chéma’ Yisraèl “et de “Barou’h chem” de la Peti’ha en fermant les yeux et avec la même concentration que la lecture du Chéma’dans le “Yotsère”. Si on voit que l’horaire du Chéma’va bientôt se terminer, on lira alors le Chéma’dans son intégralité, et cette fois-ci en veillant à mettre impérativement les Téfilines avant cette lecture (sauf si durant le temps nécessaire à la mise les Téfilines, l’heure limite serait dépassée). Il convient alors de poser la condition suivante :  si l’heure du Chéma’sera dépassée lorsque j’arriverai au Chéma’du “Yotsère”, que je sois acquitté par la lecture que je fais maintenant ; sinon, que ma lecture présente soit considérée comme une simple lecture de versets de la Torah. Par contre, s’il est certain que le second horaire du Chéma’ (du Gaon de Vilna) sera dépassé, il est inutile de poser une telle condition, et l’on sera acquitté par la lecture du Chéma’de la Peti’ha.

>> Lecture des sacrifices et de l’encens

- Rabbi Krouspédaï disait: "Si quelqu’un lit de vive voix et avec ferveur les passages traitant des sacrifices et autres offrandes, à la synagogue et dans les maisons d’études – c’est une alliance scellée, les anges qui voulaient porter des accusations contre lui seront incapables de lui causer le moindre tort, mais seulement du bien.- Rabbi Chim’one disait: "Si seulement les gens savaient combien le service de la Ketoret est chère aux yeux de Dieu, ils prendraient chaque mot du texte et en feraient un diadème sur leur tête, telle une couronne en or.- L’auteur du Ségoulot Israël énumère plusieurs vertus attribuées à la lecture de la Ketoret:

- Elle annule les fléaux et maladies pernicieuses.

- Elle sauve de l’asservissement des nations.

- Elle fait résider la bénédiction dans toutes les entreprises.

- Elle préserve du jugement de l’enfer.- Elle annule tous les obstacles spirituels et les forces du mal.

- Elle neutralise la sorcellerie.

- Elle élimine les mauvaises pensées.

- Elle fait hériter des deux mondes, ce monde-ci et le monde futur.

- Elle détourne la rigueur divine.

- Elle fait trouver grâce aux yeux de tous.

- Elle favorise la richesse.Ainsi, celui qui désire la vie et le bonheur prendra soin de lire le passage de la Ketoret, trois fois par jour (deux lors de la prière du matin, et une pendant celle de Min’ha), en tâchant de comprendre le sens des mots ; par ce mérite, il ne connaîtra jamais d’heures difficiles.

6. De nombreux secrets mystiques, particulièrement élevés, sont contenus dans la prière de “Anna békhoa’h”. Notre maître le Ari zal veillait à la réciter sur un ton mélodieux.

7. Après le texte du sacrifice journalier, nos Sages ont institué la lecture du chapitre de “Ezéhou Méqomane” ainsi que de la “Béraïta” de Rabbi Yichma’ël, afin d’étudier chaque jour un passage de la Bible, un de la Michna, et un du Talmud (la “béraïta” de Rabbi Yichma’ël – qui est un “Midrache” – étant considérée comme un passage du Talmud). Cette lecture est comptée comme une étude à condition que l’on comprenne ce qu’on lit ; il faut donc auparavant étudier ces passages afin d’en saisir la signification. Dans le “siddour Ich Matsliah”, nous les avons assortis d’une explication simple et détaillée, accompagnée d’illustrations et d’exemples. Après avoir étudié les commentaires à une ou deux reprises, le sens sera clair lorsqu’on parcourra le texte. Celui pour qui cela est trop complexe, devra au minimum comprendre la traduction littérale des mots, même s’il ne saisit pas forcément la signification du sujet traité.

8. Le chapitre de “Ezéou mékomane” comprend les règles principales de tous les sacrifices ; c’est la raison pour laquelle c’est ce passage de la Michna qui a été choisi pour faire partie de la prière, afin qu’il soit récité quotidiennement. En effet, nos Sages commentent les versets :  "Ceci est la loi du sacrifice expiatoire" et "Ceci est la loi du sacrifice de délit", de cette manière: tout celui qui étudie les lois relatives à un sacrifice est considéré comme ayant apporté ce même sacrifice. Le Talmud rapporte à ce propos que notre patriarche Avraham s’adressa à Dieu en disant: "Maître du monde! Si le peuple d’Israël venait à fauter, peut-être les puniras-Tu comme la génération du déluge ou celle de la tour de Babel”? Dieu répondit par la négative. Avraham insista :  "Maître du monde! Comment puis-je en être assuré?” Dieu répondit alors: “ "Prends pour Moi trois génisses", pour lui signifier que les sacrifices expieront les fautes du peuple d’Israël. Avraham poursuivit: "Maître du monde! Cela est certes valable pour l’époque où le Temple existera. Mais qu’adviendra-t-il de mes enfants lorsqu’il n’y aura plus le Temple”? Dieu répondit: "J’ai institué pour cela le passage sur le déroulement des sacrifices. Chaque fois qu’ils le liront, Je considèrerai leur lecture comme une offrande, et Je pardonnerai toutes leurs fautes".

>>Surmonter le mauvais penchant

- Yéhouda ben Téma disait: "Sois audacieux comme la panthère, léger comme l’aigle, agile comme le cerf, et fort comme le lion, pour faire la volonté de ton Père qui est aux cieux. Audacieux comme la panthère: cela signifie qu’on ne doit pas ressentir de honte ou de gêne devant les moqueurs qui dénigrent notre service de Dieu. Léger comme l’aigle: pour maitriser notre vision, c’est-à-dire être prompt à fermer nos yeux devant un spectacle interdit. Agile comme le cerf: cela concerne nos jambes qui doivent courir pour faire le bien. Fort comme le lion: cela concerne le cœur et dominer notre mauvais penchant jusqu’à le vaincre, tel un champion qui prend le dessus sur son ennemi et le terrasse.

> Celui qui arrive en retard à la prière

9. Le Kaf Ha’hayyime écrit: De nombreux secrets sont contenus dans l’organisation des paragraphes de la prière établie par nos Sages, comme l’a écrit le Ari zal dans le “Cha’ar Hakavanot”. Par conséquent, il convient de veiller à réciter toute la prière dans l’ordre qui a été fixé, sans n’omettre aucune partie. Le” Maguid” (l’ange) a averti en ce sens notre maître Rabbi Yossef Qaro, d’arriver tôt à la synagogue afin de pouvoir réciter l’intégralité de la prière dans l’ordre, sous peine bouleverser les conduits de l’abondance. D’un autre côté, la perte est beaucoup plus grande si l’on ne prie pas en même temps que le minyane. Par conséquent, une personne arrivée en retard devra préalablement s’efforcer de trouver un autre office, afin de pouvoir prier comme il se doit. Si cela n’est pas possible, il omettra certains paragraphes selon les règles évoquées ci-après.

10. Celui qui arrive en retard et n’a pas la possibilité de lire toute la Peti’ha avant la prière, commencera (après avoir récité les bénédictions du matin et de la Torah) par “Ana’hnou ’hayyavime léhodote” (qui se trouve à la fin du paragraphe “Lé’olam yéhé adame”) jusqu’aux versets “Chéma’ Yisraèl” et “Baroukh chem”. Ensuite, il récitera le “Yéhi ratsone […] chéttéra’hème ’alénou etc.”, le passage du sacrifice journalier, la “Ketoret” depuis “Atta hou Hachem élohénou” jusqu’à” "Rabbi Natane habavli omer af kipate hayardène kol-chéhi”, puis le “Anna békhoa’h” et “Yéhi ratsone […] chéyéhé sia’h siftoténou zé etc.”. Après cela, il entamera “Hodou” jusqu’au verset “ouvin-viaï al taré’ou”, puis le premier verset du passage “El néqamote Hachem”, ainsi que les versets “Hachem tsévaot ’imanou […] Hachem tsévaot achré […] Hachem hochi’a”. Enfin, il dira “Hachem mélekh”, “Lamnatséa’h”, “Baroukh chéamar” puis tout le reste dans l’ordre. Après la prière, il complètera ce qu’il a omis. Ce faisant, il reprendra le paragraphe de “Hodou” depuis le début, même s’il en a déjà lu les premiers versets auparavant. De cette manière, la prière du matin lui sera comptée comme ayant été récitée dans l’ordre selon la Kabbalah.

11. Celui qui est très en retard, et qui manquera la prière avec la communauté même en suivant l’ordre décrit au paragraphe précédent, devra prier avec un office plus tardif et ne fera pas d’omission dans sa prière. S’il n’y a aucun autre office, il récitera tout d’abord la bénédiction de “Elohaï néchama” seulement, puis passera directement aux bénédictions de la Torah. Après cela, il récitera “Baroukh chéamar”, puis les passages de “Achré”, “Halélouyah halélou èt Hachem “et “Halélouyah halélou èl béqodcho”, et enfin “Yichtabba’h”. Si même pour cela le temps lui manque, il omettra les deux psaumes de “Halélouyah” et passera directement de “Achré” à “Yichtabba’h”. Tous ces ajustements ont été instaurés afin de lui permettre de prier à tout prix avec la communauté. Si l’on récite sa ‘Amida silencieusement en même temps que la répétition de l’officiant, cela aussi est considéré comme si on avait prié avec la communauté.

> Porter un sous-vêtement par-dessus ses habits!?

Il faudra s’efforcer de lire la Peti’ha avant la prière, car elle se rattache au monde spirituel de la ’Assia (l’action), et la lire après la prière provoquerait un bouleversement de l’ordre des mondes supérieurs. On trouve une allusion à cela dans la dernière bénédiction de la ‘Amida: "Hamévarekh èt ’amo Yisraèl bachalome. Amen". Les initiales des quatre derniers mots forment, dans l’ordre, les initiales des mondes supérieurs, à savoir ’Assia (l’action), Yétsira (la formation), Béria (la création) et Atsiloute (l’émanation), pour indiquer que tel est l’ordre qu’il faut suivre. Celui qui complète la Peti’ha après sa prière ressemble en quelque sorte à quelqu’un qui revêtirait un sous-vêtement par-dessus ses habits…

 
 

La récitation du qaddiche

>> Le "tsadik", fondement du monde, doit prendre soin de répondre chaque jour quatre-vingts dix Amen, quatre fois à une kedoucha, dix fois au qaddiche et réciter cent bénédictions. Les lettres représentant ces nombres en valeur numérique forment le mot "tsadik" (juste) qui est le fondement du monde.

> La récitation du qaddiche

1. Selon quel principe nos Sages ont-ils placé chaque qaddiche dans la prière? La prière elle-même a été instituée pour la réparation et l’élévation des mondes. Le début de la prière jusqu’à “Baroukh chéamar” correspond au monde de la “’Assia” (l’action), puis jusqu’au “Yotsère” on se trouve dans le monde de la “Yétsira” (formation), puis jusqu’à la ‘Amida dans le monde de la “Beria” (création) et enfin la ‘Amida elle-même correspond au monde de la “’Atsiloute” (émanation), qui est le monde spirituel le plus élevé. Ensuite, on redescend progressivement, puisque, pendant les jours de la semaine, on ne peut se maintenir que provisoirement à un tel niveau. Ainsi, de “Achré” à “Téfila lédavid”, on redescend dans le monde de la “Béria”, puis jusqu’à “Ene qadoche kachem” (“Qavé”) au monde de la “Yétsira”, et enfin jusqu’à “’Alénou léchabbéa’h” au monde de la “’Assia”. Le qaddiche a été institué à chaque passage d’un monde à un autre. En effet, cette prière comporte un nombre précis de mots et de lettres ayant une signification kabbalistique spécifique, qui permet que l’ascension des mondes s’opère parfaitement et entièrement.

C’est la raison pour laquelle le qaddiche est rédigé en araméen, afin que les forces impures ne s’élèvent pas elles aussi lors de l’ascension des mondes, en s’y accrochant pour y puiser de la vitalité. Ces forces comprennent l’araméen, et lorsqu’elles entendent les saintes et redoutables louanges contenues dans le qaddiche, elles se soumettent et ne peuvent s’élever. De plus, grâce â la ferveur avec laquelle nous récitons le qaddiche, les étincelles de sainteté qui sont la source de vitalité de ces forces impures se détachent d’elles et s’élèvent pour se lier avec la Sainteté, ce qui provoque un affaiblissement de ces forces et leur dispersion. C’est pourquoi le Zohar qualifie le qaddiche comme "brisant des chaînes de fer".

2. Selon les propos de notre maître le Ari zal, lors de la prière du matin, six qaddiche sont nécessaires pour la réparation des mondes, et il convient donc qu’ils soient récités par une personne ayant atteint la majorité religieuse. Il s’agit des qaddiches avant “Hodou”, avant le “Yotsère”, après la ‘Amida(avant “Achré”), avant “Téfila lédavid”, avant la “Ketoret” et enfin avant “’Alénou léchabbéa’h”. Par conséquent, s’il n’y a pas d’orphelin majeur qui récite les qaddiche d’avant “Hodou”, d’avant la “Ketoret” et d’avant “’Alénou léchabbéa’h”, l’officiant les récitera lui-même ; s’il y a un orphelin qui ne prononce pas les mots et les lettres correctement, ou qui profane le chabbat en public, il faudra que l’officiant (ou un autre fidèle) récite ces qaddiches en même temps que l’orphelin.

3. On ne récite pas de qaddiche s’il n’y a pas au moins dix hommes au-dessus de l’âge de la “bar-mitsva”. Si on a commencé à le réciter en présence d’un minyane de dix hommes, mais qu’une partie de l’assistance soit sortie au milieu, on terminera malgré tout le qaddiche s’il reste au minimum la majorité du minyane, soit six personnes. Quant à ceux qui sont sortis pendant la récitation du qaddicheen laissant moins de dix hommes, il est dit à leur propos (Isaïe 1,28): "ceux qui abandonnent l’Eternel périront".

4. Lorsqu’on désire compter les fidèles présents à la synagogue pour vérifier si le nombre nécessaire est atteint, il faut prendre garde à ne pas le faire en comptant les personnes numériquement car il est interdit de compter des juifs, même pour les besoins d’une mitsva, même en utilisant des lettres au lieu des nombres (comme “alef”, “bet”...). On pourra seulement les compter mentalement. Il est aussi possible de compter l’assistance en récitant un verset qui contient dix mots, par exemple: Hochi’a èt ’ammékha, ouvarekh èt na’halatékha, our’ème vénasséème ’ad ha’olame” (Psaumes 28,9).

5. Le sens littéral de la phrase “Yitgaddal véyitqaddach chéméh rabba” récitée dans le qaddiche est "que Son grand Nom soit glorifié et sanctifié". De même, “yéhé chéméh rabba mévarakh” veut dire "que Son grand Nom soit béni". D’autres commentent ainsi les termes “Chéméh rabba”: que “Chéméh”, que l’on peut lire “chème Yah”, c’est-à-dire le nom de Dieu composé des deux lettres Y­H, soit “rabba”, grand et complet, c’est-à-dire composé des quatre lettres Y­H­V­H (le Tétragramme). Nous retrouvons cette idée dans le commentaire de Rachi: le Saint béni soit-Il a juré que son Nom et Son trône ne seront pas complets tant que le souvenir de ‘Amaleq n’aura pas été effacé ; seulement alors le nom de Dieu et Son trône seront complets. On explique de la même manière la phrase “yéhé chéméh rabba mévara’h” – que le nom de Dieu (Y­H) soit entier et béni. Il convient de s’efforcer d’avoir les deux interprétations à l’esprit lorsqu’on prononce ces phrases.

> Des milliers de chameaux chargés de colère et de fureur

Il faut veiller particulièrement à ne pas parler pendant le qaddiche ou la kedoucha. Le traité de Dérekh érèç rapporte que Rabbi Hama croisa un jour le prophète Elie conduisant plusieurs milliers de chameaux chargés de colère et de fureur, destinés à ceux qui parlent pendant le qaddiche ou la kedoucha.

> Règles concernant celui qui récite le qaddiche

6. Celui qui récite le qaddiche doit se prosterner en tout à cinq reprises :  en disant “yitgaddal”, “yéhé chéméh rabba”, “yitbarakh”, “bérikh hou” et enfin en concluant “véimrou Amen”. (Pour s’en souvenir facilement, on peut retenir qu’il faut se prosterner au premier et dernier mot du demi”-qaddiche”, et au début, au milieu et à la fin de la phrase “yéhé chéméh rabba”. Ces mots-là sont signalés en gras dans le “siddour Ich maslia’h”). Se prosterner dans le qaddiche est une obligation instituée par les “Guéonim”, il convient donc de le faire en ployant tout le corps, et non pas en inclinant simplement la tête.

7. Celui qui récite le qaddiche ne doit pas entamer une nouvelle phrase avant que la majorité de l’assemblée n’ait répondu Amen à la phrase précédente. Par exemple, lorsqu’il termine “yitgaddal véyitqaddach chéméh rabba”, il ne doit pas immédiatement enchaîner “bé’alma di véra”, mais patienter le temps que la majorité des fidèles aient répondu Amen, et seulement après cela poursuivre. Il en est de même chaque fois où il faut répondre Amen. De plus, il prendra soin de prononcer lentement la phrase de “yéhé chéméh rabba”, afin que l’assemblée puisse avoir le temps de réciter elle aussi “yéhé chéméh rabba etc.”, jusqu’à “daamirane bé’alma”, et répondre ensuite Amenlorsqu’il dira “bérikh hou”.

8. On doit veiller à bien prononcer chaque mot de la prière comme il se doit, et prendre garde à ne pas omettre des lettres. Cela est d’autant plus vrai pour le qaddiche dont le nombre de mots et de lettres a une profonde signification kabbalistique. Ainsi, celui qui récite le qaddiche doit respecter un temps d’arrêt entre les mots “véyitqaddach” et “chéméh” afin de ne pas avaler un des deux “chine”. De même, il veillera à accentuer le “hé” à la fin de “chéméh” afin que cela signifie bien "Son Nom" (du Saint béni soit-Il) et non pas "le nom" sans que l’on sache de qui il s’agit, ni en venir à prononcer “chémi” qui signifie "mon nom". La même règle s’applique pour les mots “kir’outéh”, “malkhoutéh”, etc., dans lesquels la lettre “hé” est accentuée.

9. Quand on dit “viqarèv méchi’héh”, on doit prononcer la lettre “qouf” comme il se doit, selon la coutume de nos communautés sépharades de tous temps, et non pas la prononcer comme la lettre “kaf”. La phrase perdrait alors son sens et signifierait "Il labourera” Son messie"!

10. Quand on dit “véyit’alé”, il faut prendre garde de bien prononcer la lettre “’ayine”, sinon le mot prend le sens de pendaison, à Dieu ne plaise ; il en est de même pour la lettre “hé” de “véyithallal”.

11. Les mots “bé’alma”, “lé’almé”, et “’almayya” doivent être prononcés avec l’accent tonique sur la dernière syllabe (oxyton), tout en s’attardant légèrement sur la lettre “’ayine”. Quant au “lamed”, il est ponctué d’un “chéva” muet. Le terme “avouna” (dans le “qaddiche titqabbal”) est à prononcer avec l’accent tonique sur l’avant-dernière syllabe (paroxyton).

12. Il est fortement recommandé à tout celui qui doit réciter le qaddiche de se rendre chez une personne instruite pour qu’elle lui apprenne la prononciation correcte des mots. En effet, la plupart des gens ne sont pas accoutumés à lire l’araméen et font par conséquent beaucoup d’erreurs en récitant le qaddiche. Il apprendra également la traduction des mots. Comment réciter une louange aussi élevée et puissante devant le Roi de l’univers sans comprendre ce que l’on est en train de dire”?” (A la fin des “sidourim Ich maslia’h “et “Echet ’hayil” se trouve la traduction en hébreu du qaddichepour le mettre à la portée du public).

13. Lorsque plusieurs personnes récitent le qaddiche ensemble, elles doivent veiller à le faire de manière synchronisée, et non que l’un aille plus vite et l’autre plus lentement. Le mieux est qu’une seule personne récite le qaddiche à haute voix, et que les autres personnes qui récitent le qaddichel’accompagnent à voix basse.

> Règles concernant celui qui entend le qaddiche

>> La récompense de celui qui répond Amen

- Rèch Laqiche dit: "Tout celui qui répond Amen de toutes ses forces se voit ouvrir les portes du paradis".- A partir de quand un enfant hérite-t-il du paradis? On enseigne au nom de Rabbi Méir: dès qu’il commence à répondre - Amen.

14. Il faut courir pour pouvoir écouter un “qaddiche ;” et en l’écoutant, il faut être concentré et penser à ce que l’on répond. On s’efforcera de répondre à voix haute car cela éveille la ferveur. En outre, le fait de répondre au qaddiche à voix haute annule les mauvais décrets qui pèsent sur le peuple d’Israël. (On ne doit toutefois pas exagérer, pour ne pas donner prise à la moquerie).

15. Il faut prendre garde à ne pas répondre Amen brièvement et rapidement, comme une chose dont on veut se débarrasser, mais le faire posément (en prolongeant le mot Amen le temps qu’il faut pour dire brièvement les mots “èl mélekh néémane”). On pensera à la signification du Amen du qaddiche, qui est: Ainsi soit-il, que s’accomplisse ce que l’officiant a dit.

16. Si l’officiant a poursuivi le qaddiche avant qu’on ait pu répondre Amen, on ne pourra plus répondre. Par exemple, si un officiant récite le qaddiche à telle vitesse qu’aussitôt après “chéméh rabba” il enchaîne déjà “bé’alma di véra”, le public ne répondra pas Amen du tout, et la faute en incombera à l’officiant.

17. Il convient de marquer une légère pause entre Amen et “yéhé chéméh rabba etc.”. En effet, leAmen est la réponse à ce que l’officiant a dit, tandis que “yéhé chéméh rabba” est le début d’une nouvelle louange.

>> « Déchirer » les mauvais décrets 

"Lorsque le peuple d’Israël répond "Amen, yéhé chéméh rabba", le Saint béni soit-Il Se désole, pour ainsi dire, en ces termes: "Heureux est le Roi que l’on couronne ainsi dans Son palais. Pourquoi le Père a-t-il donc exilé Ses enfants? Malheur aux enfants qui ont été chassés de la table de leur Père". Nos Sages affirment que tout celui qui répond "Amen yéhé chéméh rabba" de toutes ses forces, mérite qu’on lui déchire ses mauvais décrets.

18. La coutume des communautés sépharades est que l’assemblée réponde “yéhé chéméh rabba” jusqu’aux mots “daamirane bé’alma” (selon l’opinion du Ari zal). Si avant d’avoir terminé cette phrase, on entend l’officiant dire “bérikh hou”, on ne s’interrompt pas pour répondre Amen. Cependant, si l’officiant arrive à “véimrou Amen”, on s’arrête pour répondre Amen, puis on poursuit jusqu’à “daamirane bé’alma”.

19. Lorsqu’on répond Amen dans le qaddiche, on pensera qu’il signifie: "qu’il en soit ainsi" (cf. le paragraphe 15 ci-dessus).

> « Hodou » et « Hachem mélekh »

20. Quand on récite le verset “El néqamote Hachem”, on demande à Dieu de venger la mort des dix martyrs. Notre saint maître Rabbi Maslia’h Mazouz avait l’habitude de réciter ce verset à dix reprises.

21. Il faut bisser le verset de “Hachem mélekh”, de la même manière que le peuple d’Israël, au temps du prophète Elie, avait répondu “Hachem hou haélohime” à deux reprises. La raison de cette répétition est que l’on fait régner Hachem à la fois sur notre corps et sur notre âme. On récite ce verset debout, ainsi que celui de “véhaya Hachem lémélekh ect”.

22. Lorsque l’assemblée récite “Hachem mélekh”, toutes les personnes présentes doivent se lever, même celles qui se trouvent à un autre passage de la prière. Cependant, ces dernières n’auront pas besoin de s’interrompre pour réciter ce verset avec l’assemblée, même lorsqu’il leur est permis de le faire. Par contre, si l’on n’est pas en train de prier, que l’on soit oisif ou même en train d’étudier, il est préférable de répondre avec l’assemblée. 

Baroukh chéamar et Péssouqé dézimra.

1. Nos Sages enseignent: "On doit toujours introduire sa prière par la louange du Saint béni soit-Il". C’est pourquoi ils ont institué de réciter les “Péssouqé dézimra” (littéralement "versets de louange" ; ce sont les psaumes que l’on récite dans la prière du matin, à partir de “Mizmor létoda”) avant de prier. Ils ont également institué les bénédictions de “Baroukh chéamar” et de “Yichtabba’h”, en introduction et en conclusion de ces “Péssouqé dézimra.”

2. La louange de “Baroukh chéamar” a été instituée par les membres de la Grande Assemblée, selon une note rédigée qui est tombée du ciel. Il comporte quatre-vingt-sept mots. On peut y trouver une allusion dans le verset “rocho kétèm paz” (Sa tête est comme l’or pur), le terme “paz” ayant pour valeur numérique quatre-vingt-sept, en référence à la bénédiction de Baroukh chéamar” qui comporte quatre-vingt-sept mots et qui introduit les “Péssouqé dézimra”. Il faut la réciter debout, d’un air mélodieux.

3. Celui qui n’a pas dit les “Péssouqé dézimra” avant la prière devra les compléter ensuite, mais sans les bénédictions de “Baroukh chéamar” ni de “Yichtabba’h“, qui ont été instituées pour être récitées avant la prière uniquement. (Il pourra toutefois les réciter sans prononcer le nom de Dieu).

4. Bien que l’horaire de la prière du matin prenne fin avec la quatrième heure du jour, on peut toutefois prier à postériori jusqu’à la mi-journée. On pourra donc réciter les bénédictions de “Baroukh chéamar” et de “Yichtabba’h” également jusqu’à cet horaire.

5. Il est interdit de s’interrompre à partir de “Baroukh chéamar” jusqu’à la fin de la ‘Amida.

>> Se sensibiliser à la crainte de Dieu

Le Zohar écrit que lorsqu’on récite les Péssouqé dézimra, on doit ééamar, qui est une louange puissante et élevée et qui contient un sens mystique profond.

6. Lorsqu’on récite le paragraphe de “Baroukh chéamar”, on ne répond pas Amen aux bénédictions que l’on entend, ni à fortiori “Baroukh hou ouvaroukh chémo”. On doit toutefois répondre de la même manière que lorsqu’on se trouve dans la lecture du Chéma’et de ses bénédictions, en l’occurrence :  à la kedoucha de la répétition de la ‘Amida (uniquement “qadoch” et “baroukh” ; certains pensent que l’on doit aussi répondre “yimlokh”, ils ont sur qui s’appuyer), “Baroukh Hachem hammévorakh lé’olame vaèd”, les cinq premiers Amen du qaddiche et le “yéhé chéméh rabba”. Lorsque l’assemblée récite le “Modime dérabanane” (lors de la répétition de la ‘Amida), on dira les trois premiers mots seulement: “Modime ana’hnou lakh”.

7. Tout cela est valable uniquement si on a commencé la bénédiction qui se situe au milieu de “Baroukh chéamar”, c’est-à-dire “Baroukh atta Hachem élohénou mélékh ha’olam haèl etc.”. Par contre, le début de “Baroukh chéamar” est une louange qui n’inclue pas de mention du nom de Dieu, et celui qui s’y trouve doit alors répondre Amen aux bénédictions (ainsi qu’à “yimlokh”, selon tous les avis.)

8. Si on a terminé de réciter “Baroukh chéamar” avant l’officiant, on répondra Amen après ce dernier, même si on n’a pas encore débuté “Mizmor létoda”. (Il est néanmoins préférable de se hâter de commencer “Mizmor létoda” avant de répondre Amen). Cependant, dans le cas où on termine la bénédiction en même temps que l’officiant, on ne répond pas Amen, car on donnerait alors l’impression de répondre Amen à sa propre bénédiction, ce qui est indigne.

9. Après avoir terminé de réciter “Baroukh chéamar”, on se rassoit pour dire “Mizmor létoda”. Il faut le réciter sur un ton mélodieux, car [lors de la Rédemption] tous les cantiques seront annulés, à l’exception de “mizmor létoda”.

10. On doit réciter les psaumes posément et non à la hâte. Le tribunal rabbinique peut même excommunier une personne qui bâcle la récitation des “Péssouqé dézimra”, sans prendre le soin de prononcer les mots distinctement.

11. Il faut prononcer convenablement chaque lettre et marquer un temps d’arrêt entre deux lettres similaires, comme pour la lecture du Chéma’. Ainsi, celui qui craint Dieu récitera les “Péssouqé dézimra” en élevant légèrement la voix, afin de pouvoir prononcer correctement chaque mot.

12. Le Ari zal avait coutume de lire tous les “Péssouqé dézimra” dans son siddour et non par cœur, posément et avec soumission, en accompagnant les versets de leurs” Té’amime”. Le chabbat, il les récitait d’une voix un peu plus haute et mélodieuse que durant la semaine, en l’honneur du saint jour.

13. Nos Sages enseignent: tout celui qui récite le psaume de “Téhila lédavid”(“Achré”) trois fois par jour, est assuré d’avoir part au monde futur. C’est la raison pour laquelle nous le lisons une première fois dans les “Péssouqé dézimra”, une seconde fois après la ‘Amida, et enfin une troisième fois avant la ‘Amida de Min’ha.

14. Cette assurance de nos Sages (concernant le monde futur) est valable uniquement pour celui qui récite ce psaume avec ferveur. Il faut donc s’efforcer de comprendre au minimum le sens simple de ce qu’on prononce, en particulier pour le verset “potéa’h èt yadékha”. Le sens simple de ce verset est que la subsistance provient de Dieu, et qu’Il nourrit et rassasie chaque être vivant selon ses besoins. Si on a lu ce verset machinalement sans penser à ce qu’on prononce, on doit le reprendre ; même si on a poursuivi sa lecture, on reprendra depuis ce verset. Si toutefois on a déjà commencé le psaume suivant, on intercalera ce verset entre deux psaumes. Si on s’en rend compte uniquement après “Yichtabba’h”, on devra attendre la fin de la ‘Amida pour reprendre depuis le verset “somèkh Hachem etc.” jusqu’à “lékhol ’hay ratsone”.

15. Le Zohar insiste beaucoup sur l’importance du Cantique de la mer (“Az yachir moché”), et la nécessité de le lire après les “Péssouqé dézimra”. Ce cantique procure en effet beaucoup d’élévation et de satisfaction à la “Chékhina” (Présence divine), si l’on peut s’exprimer ainsi. Il convient donc de le réciter avec beaucoup de joie et sur un ton mélodieux. En le lisant, on s’imaginera se tenant à pieds secs au milieu de la Mer des Joncs, sain et sauf, alors que les Egyptiens sont en train de se noyer. Cela est également propice au pardon de ses fautes.

16. La bénédiction de “Yichtabba’h” est une prière grandiose et redoutable. Elle contient treize attributs de louanges, en parallèle aux treize Attributs de miséricorde. On les récitera sur un ton posé et mélodieux, comme lorsqu’on loue le Roi, en les comptant sur les doigts. On doit veiller à ne pas être amené à s’interrompre pour répondre au qaddiche ou à la kedoucha au milieu de ces treize qualificatifs. S’il arrive que l’on doive le faire, on reprendra ensuite depuis “ki lékha naé etc.”, afin de réciter d’un seul trait les treize louanges, sans aucune interruption.

17. On ne peut dire la bénédiction de “Yichtabba’h” que si on a récité auparavant “Baroukh chéamar” et au minimum une partie des “Péssouqé dézimra”.

Le Chéma’ et ses bénédictions.

>> Ne crains rien, Yaacov, Mon serviteur

Lorsqu’on unifie le nom de Dieu en récitant le Chéma’ Yisraèl, le Saint béni soit-Il proclame: Heureux est le Père qui a une telle descendance, et heureux sont ces enfants qui couronnent ainsi leur Père. Au même moment, toutes les armées célestes s’exclament: "Béni est le Nom de Son règne glorieux à tout jamais". Le Saint béni soit-Il ne permet alors pas à l’attribut de rigueur d’avoir emprise sur eux, et les nations du monde ne peuvent les détruire. C’est à ce propos que le verset dit: "Ne crains rien, Ya’aqov, Mon serviteur".

> L’horaire de la lecture du «Chéma’»

1. La manière idéale d’accomplir la mitsva du Chéma’ du matin consiste le à réciter avec les “vatiqine” (hommes humbles, qui chérissent les mitsvot), c’est-à-dire terminer la lecture du Chéma’et de ses bénédictions juste avant le lever du soleil, pour commencer la ‘Amida immédiatement au lever du soleil. Celui qui peut agir ainsi mérite un très grand salaire, et il est assuré de ne subir aucun dommage durant la journée (sauf s’il se met lui-même dans une situation dangereuse). Celui qui n’est pas parvenu à réciter le Chéma’au lever du soleil a tout de même la mitsva de le réciter le plus tôt possible.

2. En tout état de cause, il est possible d’accomplir la mitsva de la lecture du Chéma’ jusqu’à la fin de la troisième heure saisonnière de la journée, soit durant le premier quart de la journée. Il faudra avoir terminé de réciter le Chéma’ dans son intégralité avant cet horaire. Celui qui le récite après cela n’a pas accompli la mitsva de la lecture du Chéma’.

3. Les décisionnaires sont partagés sur le calcul des heures saisonnières: l’opinion du “Magène Avraham” est qu’il faut les compter depuis l’aube, alors que d’après le Gaon de Vilna il convient de commencer le compte au lever du jour, ce qui retarde l’horaire de plus de cinquante minutes (jusqu’à une heure vingt en été). C’est ce dernier avis qui est retenu, étant celui adopté par le Rambam. Il est toutefois recommandé de se montrer strict en se conformant à l’opinion du “Magène Avraham”, puisque la lecture du Chéma’est un commandement de la Torah. (Les calendriers affichent souvent les deux horaires).

4. Si quelqu’un prie dans une synagogue où l’office commence tard, de telle façon que le Chéma’sera lu après l’horaire du Gaon de Vilna, il est tenu de lire le Chéma’dans son intégralité avant la prière (paré du Talit et des Téfilines) tout en ayant l’intention de s’acquitter de la mitsva du Chéma’ par cette lecture. (Il est bon d’agir ainsi même lorsque l’heure du Chéma’va passer d’après l’opinion du “Magène Avraham”). Ensuite, il récitera à nouveau le Chéma’dans la prière avec l’assemblée. Les bénédictions du Chéma’pourront, quant à elles, être récitées jusqu’à la fin de l’horaire de la prière (comme nous le verrons plus loin).

5. Celui qui s’est réveillé tard le matin, et qui risque de manquer l’heure du Chéma’s’il prend le temps de mettre le Talit et les Téfilines, devra sans attendre réciter le Chéma’, et seulement après cela mettre le Talit et les Téfilines. (Bien qu’en règle générale on ne récite pas le Chéma’ sans Téfilines, cela sera permis dans ce cas, à cause de la justesse de l’horaire).

> Les bénédictions du « Chéma’ »

6. Comme nous l’avons mentionné précédemment, même si l’horaire du Chéma’est dépassé, il est encore possible de réciter les bénédictions du Chéma’, c’est-à-dire les bénédictions qui précèdent et suivent la lecture du Chéma’. En effet, ces bénédictions n’ont pas été instituées spécifiquement sur lamitsva de réciter le Chéma’, mais elles consistent en une louange à Dieu sur la création des luminaires, sur Son amour envers Son peuple, et sur la délivrance qu’Il lui apporte. Pour cette raison, ces bénédictions n’ont pas la formulation classique des bénédictions récitées avant l’accomplissement d’une mitsva, qui est “achère qiddéchanou bémitsvotav etc.” (qui nous as sanctifiés par Ses commandements et nous as ordonnés etc.).

7. Malgré cela, si l’heure est tellement tardive que l’horaire limite de la prière du matin (qui est la quatrième heure saisonnière de la journée) a aussi été dépassée, il sera interdit de réciter les bénédictions du Chéma’avec mention du Nom de Dieu. On dira donc”: Baroukh Yotsère or […] baroukh Yotsère haméorot”, “baroukh habo’her bé’amo Yisraèl béaava”, “baroukh gaal Yisraèl”. (On pensera toutefois mentalement au nom de Dieu. Il est même préférable de dire “baroukh atta Hachem élohénou mélekh ha’olam Yotsère or” […] “baroukh etc.”). Celui qui lit les bénédictions avec le Nom de Dieu alors que l’heure limite de la prière du matin est passée a récité ces bénédictions en vain, selon la majorité des décisionnaires et” Marane” l’auteur du Choul’hane ’Aroukh. (Pour connaître les horaires limites de la lecture du Chéma’et de la prière, on consultera régulièrement le calendrier). Pour ce qui est de la ‘Amida elle-même, il sera possible de la réciter à postériori même après cet horaire, comme nous le verrons par la suite.

8. Celui qui, en arrivant à la synagogue, voit que l’assemblée tarde dans la prière (par ignorance de lahalakha), de telle sorte qu’en priant avec eux il dépassera l’horaire de la prière, devra prier seul pour réciter le Chéma’et ses bénédictions dans les temps. Sa récompense lui sera préservée, car il a agi convenablement selon la volonté de Dieu.

9. Il convient d’être assis pendant la kedoucha du “Yotsère”. La coutume chez les kabbalistes de laYéchiva Bet-El est que l’officiant s’asseye également, mais la coutume répandue est que l’officiant reste debout.

10. A priori, il convient que l’assemblée réà voix haute à la kedoucha du “Yotsère”. Celui qui n’a pas pu la dire avec l’assemblée, ou qui a prié seul, pourra néanmoins la réciter. En effet, cette kedouchan’est pas en soi notre propre sanctification du Nom de Dieu, mais plutôt une relation de la façon dont les anges et créatures célestes Le sanctifient ; c’est pourquoi sa récitation n’est pas conditionnée par la présence d’un minyane. Toutefois, à priori, celui qui la récite seul lira les versets de “qadoch” et “baroukh” avec les Té’amime, comme s’il lisait des versets de la Torah.

> La bénédiction de « Ahavat ’olame »

11. En récitant cette belle bénédiction, on peut accomplir mentalement quatre commandements de laTorah. Comment?

a. En disant: “Ouvanou ba’harta etc.” (et Tu nous as choisis parmi les autres peuples et nations, et Tu nous as rapprochés, ô notre Roi), on accomplit le commandement de se souvenir du don de la Torah au mont Sinaï par lequel Dieu nous a rapprochés de Son grand Nom et nous a choisis d’entre tous les peuples.

b. En disant: “léchimkha haggadol” (de Ton grand Nom), on se souvient de l’action de ‘Amaleq par la faute duquel le nom de Dieu n’est pas entier et élevé, tel qu’il devrait l’être. On doit aspirer à voir prochainement le souvenir de ‘Amaleq effacé, et prier pour que le Nom du Saint Béni soit-Il soit de nouveau entier.c. En disant: “léhodote lékha” (pour Te remercier), on réfléchit au fait que le Saint Béni soit-Il a doté l’homme d’une bouche pour qu’il Le loue et non pour qu’il dise des propos médisants. On se souvient alors de ce qu’il advint à la prophétesse Miriam qui a, une fois seulement, utilisé sa parole pour médire, et fut aussitôt punie et frappée de la lèpre.d. En disant: “oulya’hèdkha” (et T’unifier), on se souvient de la faute du veau d’or, lorsque les enfants d’Israël ont voulu associer un autre élément à Dieu, et n’ont pas unifié Son Nom.

> L’intention à avoir pendant la lecture du « Chéma’ »

12. Il faut lire le Chéma’ avec crainte et respetc. On doit se concentrer pendant la lecture en comprenant les mots que l’on prononce. A priori, il faut se concentrer pendant toute la lecture duChéma’ ; on le fera au minimum pendant la récitation du premier verset, qui contient l’essentiel de l’acceptation du joug et de l’unité de Dieu. Si on a récité le premier verset sans se concentrer, on n’est pas acquitté et on devra le répéter.

13. Celui qui veut lire le Chéma’ tout en marchant, est tenu de s’arrêter pendant le premier verset (“Baroukh chèm” compris) afin de pouvoir se concentrer. Certains exigent l’arrêt jusqu’à “’al lévavékha”.

14. On a l’habitude de réciter le premier verset à voix haute afin d’éveiller la ferveur. On place aussi la main sur les yeux pour ne pas être distrait par autre chose. (Il y a également une raison ésotérique à cela).

15. Il faut réciter le verset “Baroukh chèm etc.” à voix basse, tout en restant audible pour soi-même.

>> Ordonnance nouvelle

« Que Je t’ordonne aujourd’hui »: c’est-à-dire qu’on doit considérer chaque jour ces paroles comme étant nouvelles et non comme une personne qui les a déjà entendues et en est lasse. Le Ba’al Hatourim a écrit au nom de Rav ’Amram Gaon qu’un homme doit considérer chaque lecture du Chéma’ comme la lecture d’une nouvelle ordonnance du Roi. Si un roi de chair et de sang proclame une nouvelle ordonnance au public, il est certain que tous la liront avec crainte et respect ; à plus forte raison concernant le Chéma’ qui est une ordonnance du Roi des rois! Chacun doit donc s’efforcer de lire le Chéma’ avec crainte et respect, sans hâte ni désordre, et prononcer chaque mot posément. On tâchera de comprendre chacun des commandements et des pénalisations qui y sont énoncés, car c’est l’ordre de notre éminent Roi, le Saint Béni soit-Il.

16. L’intention de base à avoir en récitant le verset “Chéma’ Israël” est double: d’une part, l’acceptation de la Royauté divine lorsqu’on dit Hachem est notre Dieu" ; et, d’autre part, la foi en l’unité de Dieu, lorsqu’on dit “ Hachem” est Un". (C’est la raison pour laquelle on mentionne deux fois le nom de Dieu). Le terme Chéma’, en hébreu, a lui-même une double signification: accepter et comprendre. Ainsi, l’explication du verset “Chéma’ Israël” est, en premier lieu, d’accepter queHachem est notre Dieu ; on reçoit par-là Sa royauté sur soi, et on s’oblige à accomplir tous Ses commandements et préceptes. En second lieu, on croit en l’unité de Dieu, et au fait que Lui seul a créé tous les mondes, sans aucune force associée.

17. Il ne faut pas s’attarder sur la lettre “Aleph” du mot “E’had”, afin que cela ne s’entende pas “É-’had” (en deux mots, qui signifie: "où est l’Unique?", à Dieu ne plaise). Par contre, la prononciation de la lettre “’Hèt” doit être légèrement prolongée, le temps de penser que Dieu est Roi dans les Cieux et sur la Terre (les sept compartiments du ciel et la terre font huit, soit la valeur numérique de la lettre “’Hèt”). Il faut aussi s’attarder sur la lettre “Dalète” du mot, en pensant que Dieu est seul Maître dans les quatre directions du Monde (quatre, comme la valeur numérique de la lettre “Dalète”). L’intention principale reste toutefois celle d’accepter la royauté de Dieu sur soi-même, de manière entière et complète.

18. Dans la mesure du possible, en disant le lettre “Dalète” on doit aussi penser être prêt à donner sa vie pour la sanctification du nom de Dieu, en subissant les quatre modes d’exécutions (c’est-à-dire s’imaginer qu’on nous contraigne de pratiquer l’idolâtrie sous peine de lapidation, et qu’on préfère plutôt subir la peine de mort ; idem pour la peine du bûcher, de la décapitation et de la strangulation). Le fait d’avoir cette intention est souhaitable et nous fait mériter un renouveau interne. Il ne faudra toutefois pas prolonger outre mesure la prononciation du “Dalète”.

19. Il faut veiller à dire le mot “E’had “avec un “Dalète réfouya”, dont la prononciation oscille entre le "d" et le "z", faute de quoi cela s’entendra “E’hadeu”. Celui qui ne sait pas prononcer le “Dalète réfouya”, prononcera un “Dalète dégoucha” ("d") mais sans le prolonger, et pensera aux intentions exposées ci-dessus juste après avoir terminé le mot “E’had”.

20. On ne doit pas s’interrompre lorsqu’on récite le verset “Chéma’ Israël” et “Baroukh chèm”, pas même pour répondre au qaddiche ou à la kedoucha.

21. Il faut marquer une pause entre “Baroukh chèm kévod malkhouto lé’olame va’èd” et le paragraphe de “Véahavta”, pour distinguer l’acceptation de la royauté de Dieu des autres commandements.

22. Pendant la lecture du Chéma’, il est interdit de faire la moindre allusion et à plus forte raison se livrer à une activité, même pour les besoins d’une mitsva. Pendant le deuxième paragraphe, on pourra être néanmoins moins strict pour une mitsva.

>> La climatisation est présente même en enfer!

Rabbi ’Hama a dit au nom de Rabbi ’Hanina: "Tout celui qui est pointilleux dans la prononciation du Chéma’ mérite qu’on lui refroidisse l’enfer, comme il est dit: "Quand le Tout-Puissant dispersa (Béfarès, en hébreu) les rois, le Çalmone était couvert de neige". Ne lis pas "Béfarès" mais "Béfarèch", soit: celui qui explique et prononce correctement. Ne lis pas "le Çalmone" mais "Çalmavèt", soit: l’enfer. Le verset est donc ainsi commenté: "Celui qui explique et prononce correctement le texte relatif à l’acceptation de la royauté du Tout-puissant, aura droit à un refroidissement en enfer".

>> Remarques relatives à la lecture du Chéma’

Il convient de lire le Chéma’ avec les Té’amime, tels qu’ils apparaissent dans la Torah. Il faut prononcer correctement les lettres, n’en avaler aucune, ne pas prononcer faiblement une lettre renforcée (ponctuée d’un “daguèche”) ni accentuer une lettre lâche (dépourvue de “daguèche”), ne pas lire un "e" à la place d’un "é" (“chéva na’h” à la place d’un “chéva na’”) et inversement. Il faut également réciter le Chéma’ d’une voix audible pour soi-même. Dans tous les cas, si on n’a pas été strict, on est tout de même acquitté à posteriori.

24. Il faut prendre garde à bien prononcer la lettre “Youd” du mot “Yisraèl” afin de ne pas coller ce mot au précédent (et dire “Chémaisraël” au lieu de “Chéma’ Yisraèl”) ni le prononcer comme un “Aleph” (et dire “Israël”).

25. Il faut marquer une pause entre deux mots dans le cas où la première lettre d’un mot est identique à la dernière du mot précèdent. Par exemple: “békhol lévavekha” – il faut séparer les deux sons "l", ou encore “’al lévavekha”, “’al lévavekhème”, “’éssèv béssadekha”, “va’avadtèm méhéra”, “ hakanaf pétil”, “étkhèm mé-éreç” etc. ; si on ne prend garde à les séparer convenablement, on peut sauter une lettre, les deux mots n’en formant plus qu’un seul.

26. Il faut également marquer une pause entre un mot qui se termine par une consonne ponctuée et le mot suivant s’il commence par la lettre “Aleph”, par exemple: “A-donaï élohénou, A-donaï é’had”, de crainte de prononcer “A-donaï élohénou A-donaï é’had”. Il faut redoubler d’attention pour les mots se terminant par la lettre “Mèm”, comme: “vélimmadtèm otam” ou “ouqchartèm otam” ou “véssamtèm ète”, car la contraction des deux mots nous fait prononcer “motam” ou “mète” (qui signifient la mort!). Il faut de même veiller à prononcer correctement chaque lettre et ne pas dire “véahafta” au lieu de “véahvta", et ainsi de suite. En prononçant correctement chaque lettre on mérite de réparer chacun de nos 248 membres.

27. Il faut prendre garde à ne pas intervertir le futur et le passé. Ainsi, il faut lire “véahavta”, “véakhalta” etc., “en oxyton (c’est-à-dire avec l’accent tonique sur la dernière syllabe). Le “Vav” en début du mot est un “Vav” inversif du passé en impératif ou futur, et cela donne: "et tu aimeras" (ou: aime!), "et tu mangeras" etc. Par contre, si on lit ces termes en paroxyton (avec l’accent tonique sur l’avant-dernière syllabe), le “Vav “est un “Vav” de coordination, et le verbe est alors au passé: "tu as aimé, etc."! Dans ce cas, on n’est pas acquitté du commandement de réciter le Chéma’. Il faut que les maîtres et professeurs enseignent cela aux élèves dès les petites classes. Sinon, on ne pourra corriger ces déformations que difficilement. "Éduque le jeune à ses prémisses, même avancé en âge, il ne s’en écartera point" (Proverbes 22,6).

> L’intention d’accomplir les commandements divins

28. Lorsqu’on accomplit un commandement de la Torah, il faut penser explicitement à être acquitté de ce commandement. C’est pourquoi, avant de commencer la lecture du Chéma’, il faut penser à être acquitté du commandement positif de la Torah qui nous ordonne de réciter le Chéma’ matin et soir (comme mentionné dans le texte même du Chéma’: "à ton coucher et à ton lever").

29. En sus de ce commandement, on peut accomplir plusieurs autres mitsvot en récitant le Chéma’:

a. Lorsque l’on dit dans le premier verset “A-donaï élohénou” (Hachem est notre Dieu) avec concentration, on accomplit le premier des dix Commandements, ordonnant la croyance en l’existence de Dieu, Seigneur Tout-puissant, qui détient tous les pouvoirs, qui veille sur nous et pourvoit à nos besoins particuliers. C’est exactement cette intention même à avoir en disant les mots: “A-donaï élohénou”. (Il n’est pas nécessaire d’énoncer mentalement tous ces attributs à chaque lecture duChéma’ ; il suffit d’en retenir l’idée générale.)

b. Lorsqu’on dit “A-donaï é’had” (Hachem est Un) avec concentration, on accomplit le commandement relatif à l’unité de Dieu. On croit que Dieu est Un, sans associé et sans second et qu’aucun dieu n’existe à part Lui.

C’est pourquoi, avant de débuter la lecture du Chéma’, il faut prendre conscience que l’on s’apprête à accomplir trois commandements: la lecture du Chéma’ proprement dite, l’acceptation du joug divin, et l’affirmation de l’unité de Dieu.c. En prononçant “Véahavta ète Hachem élohékha” (et tu aimerasHachem ton Dieu), on doit penser à accomplir effectivement ce que l’on dit, c’est-àâme et tous ses moyens. Ainsi, on accomplit ainsi le commandement d’aimer Dieu.d. Lorsqu’on dit: “Vélo tatourou a’haré lévavkhèm véa’haré ’énékhèm” (Ne vous éàérésie et les doctrines contraires à la Torah, et ne pas être entrainé par ses yeux vers la débauche. On aura respecté par-là ce commandement négatif.(Ces quatre commandements font partie des six ordonnances perpétuelles qui s’appliquent à chaque instant de la vie d’un homme. Chaque fois que l’on y pense, on accomplit des commandements dont le mérite est infini. Ils constituent aussi les piliers de la Foi.)

e. En récitant: “Ani A-donaï élohékhèm achèr hotséti etkhèm mé-éreç miçraïm” (Je suis Hachem votre Dieu qui vous ai fait sortir d’Egypte), il faut penser à accomplir le commandement de se souvenir de la sortie d’Egypte.(Dans le “siddour Ich Maslia’h” nous avons inclus des rappels concernant les intentions à avoir).

30. En disant: “our-itèm oto” (et vous le regarderez), on doit observer à deux reprises les tsitsiot(franges rituelles) que l’on saisit, tout en les passant sur les yeux et les embrasser. En les observant, on doit penser que le mot “’ayin” correspond à la valeur numérique 130, soit celle du Nom de Dieu (26) multipliée par cinq. Ensuite, en disant: “A’haré ’énékhème” (et suivant vos yeux) on passe à nouveau les tsitsiot sur les yeux et on les embrasse. Il y a une raison à la chose d’après la Kabbalah. Les Sages ont écrit que tout celui qui fait passer ses tsitsiot sur ses yeux lorsqu’il lit le troisième paragraphe duChéma’, est assuré de n’être jamais frappé de cécité.

> Conclusion de la lecture du « Chéma’»

31. Il faut marquer une légère pause entre le mot “Ani” et le mot “A-donaï élohékhème”, car le mot “Ani” est marqué d’un signe de cantillation qui marque un arrêt. Le verset doit se comprendre comme suit: “Ani” – Je suis, Moi-seul ; “A-donaï élohékhème” – Hachem votre Dieu.

> Un remède pour le corps et l’âme

Rabbi Yéhouda disait, en citant le verset "Elle sera un remède pour ta chair, une sève pour tes os" (Proverbes 3,8): la Torah est un remède pour le corps et les os dans ce monde et dans le monde futur. Rabbi Néhoraï rapportait au nom de Rabbi Né’hémia: le Chéma’ comporte 248 mots, correspondants aux 248 membres du corps humain. Lorsqu’on récite le Chéma’ comme il se doit, chaque membre se lie à un mot qui lui donne la santé.

32. Il y a en réalité 245 mots dans le Chéma’. Pour atteindre le nombre de 248, l’officiant reprend à voix haute ces trois mots: “A-donaï élohékhème émèt”, avec l’intention d’en acquitter les fidèles, ces derniers devant aussi penser à être acquittés. À priori, les fidèles doivent terminer avec l’officiant: “Ani A-donaï élohékhème“, puis prononcer à voix haute: “Émèt”. Ensuite, l’officiant reprend: “A-donaï élohékhème émèt".

33. Si on prie seul, ou qu’on ne parvient pas à achever la lecture du Chéma’ avec l’officiant, on doit reprendre soi-même: “A-donaï élohékhème émèt”. Si l’officiant est ignorant de la nécessité d’acquitter les fidèles de ces trois mots, ou qu’il ne les prononce pas correctement, chaque fidèle devra dire “A-donaï élohékhème émèt” en même temps que l’officiant.

34. On doit faire attention aux 15 lettres “Vav” de liaison du “Émèt véyatsiv, “à les prononcer posément et avec concentration, sans les avaler ni s’interrompre jusqu’au mot “haddavar”, car il y a à cela une raison mystique. C’est pourquoi, celui qui a dû s’interrompre dans cette phrase pour répondre au qaddiche ou à la kedoucha doit recommencer depuis le début de “véyatsiv”.

35. Certains officiants ont pris l’habitude lors de la prière du matin de conclure la bénédiction de “Gaal Yisraèl” à voix basse. Ceci est une erreur et il convient de la dire entièrement à haute voix.

La ‘Amida

> La prière de la ‘Amida 

1. C’est un commandement positif de la Torah de prier chaque jour, comme il est dit: "Et vous servirez Hachem votre Dieu", le service dont il question étant la prière. Chaque homme doit prier et supplier Dieu chaque jour de la manière suivante: on commence par louer Dieu, puis on demande ce dont on a besoin, pour finir par remercier Dieu pour les bontés dont Il nous a gratifiés. Il faut veiller à ne pas faire de sa prière une récitation routinière, mais au contraire prier avec la conscience d’accomplir un commandement divin.

2. Les femmes sont également soumises à l’obligation de prier. Il leur suffira toutefois de prier une fois par jour.

> Horaire de la ‘Amida

3. L’horaire de la prière du matin, c’est-à-dire de la ‘Amida, débute avec le lever du soleil, comme dit le verset: "Ils te craindront avec le soleil" (Psaumes 72,5), et se prolonge jusqu’à la quatrième heure solaire, soit le tiers de la journée (à consulter dans le calendrier).

4. En cas d’oubli ou de force majeure, on a le droit de prier jusqu’à la mi-journée (Haçot) ; à défaut de bénéficier du mérite d’une prière récitée dans les temps, on conserve néanmoins le mérite de la prière elle-même. Si le retard est volontaire, il y a une controverse entre les décisionnaires quant à la possibilité de réciter la prière du matin après la quatrième heure. Il conviendra alors de prier "sous condition", en stipulant oralement avant sa prière que s’il lui est interdit de réciter la prière du matin, sa ‘Amida sera considérée comme une offrande volontaire (à l’image de l’offrande volontaire approchée dans le Temple). Par contre, le chabbat et les jours de fêtes, il est interdit d’offrir un tel sacrifice ; par conséquent, on ne pourra plus réciter la prière du matin après la quatrième heure en cas d’oubli volontaire.

5. Celui qui a prié la ‘Amida avant le lever du soleil, est acquitté seulement à posteriori. Il est interdit de le faire à priori, sauf en cas de grande nécessité comme des ouvriers qui ont des horaires de travail matinaux.

6. Si on doit compléter un minyane de dix hommes priant avant le lever du soleil, on se joindra à eux pour répondre au qaddiche et la kedoucha, sans toutefois prier avec eux. Si le seul minyane disponible se tient avant le lever du soleil, il est préférable de prier seul à l’horaire imparti que de prier avec leminyane avant l’heure. Cependant, on devra quand même se joindre au minyane pour répondre auqaddiche et à la kedoucha, et aussi pour ne pas perdre l’habitude de prier avec un minyane.

7. Certains décisionnaires pensent qu’il est préférable de prier la ‘Amida seul précisément au lever du soleil, plutôt que de prier avec un minyane plus tardif. Cependant, il est préférable de prier avec leminyane plus tard, car la prière récitée en public n’est jamais dédaignée par l’Eternel. Il convient néanmoins de réciter le premier verset du Chéma’ juste avant le lever du soleil.

8. Si on prie avec un minyane de dix hommes qui débutent la ‘Amida aux environs du lever du soleil mais sans prendre garde à l’horaire exact, on pourra devancer ou retarder sa ‘Amida d’une minute ou deux, afin de pouvoir la commencer précisément au lever du soleil. Ceci n’est pas considéré comme prier seul ou devancer le minyane, car les prières vont se rejoindre. Dans ce cas, on peut même se dispenser d’attendre que l’officiant dise “A-donaï élohékhème émèt” à la fin du” Chéma’”, et les prononcer soi-même.

9. L’heure du lever du soleil correspond au moment où le soleil apparait àés de montagnes du côté de l’Est, on attendra qu’on puisse voir le soleil poindre au sommet des montagnes. (Il ne suffit pas de voir les rayons, mais bien le disque solaire lui-même). Ceux qui devancent l’horaire et prennent en considération l’heure à laquelle le soleil aurait dû apparaitre en faisant abstraction des montagnes, ne sont acquittés qu’à posteriori, tels ceux qui prient avant le lever du soleil. Il vaut mieux prier après le lever du soleil que prier avec eux. Cependant, s’il ne s’agit pas de relief naturel, mais seulement d’obstacles comme des gratte-ciels qui cachent le soleil à son lever, on ne les prend pas en considération pour déterminer l’horaire du lever du soleil.

10. Les décisionnaires ont des avis controversés si le début de la ‘Amida doit coïncider avec le début de l’apparition du disque solaire, ou avec le moment où ce dernier est entièrement visible. Il y a un écart de deux ou trois minutes entre les deux temps. L’habitude la plus répandue est de considérer le début de l’apparition du soleil, ce qui est justifié, mais il est cependant préférable de prier à la fin de l’apparition du soleil, afin de se conformer à tous les avis (les quatre minutes qui suivent le lever du soleil sont de toutes les façons assimilées à l’instant même du lever). Si, au contraire on suit la première opinion, on aura prié avant le lever du soleil selon le second avis, ce qui n’est valable qu’à posteriori. Tel est l’avis de notre maître Rabbi Maslia’h Mazouz et c’est l’horaire adopté dans les calendriers de la Yéchiva. Si on peut terminer le Chéma’avant le lever du soleil et prolonger la bénédiction de “Émèt véyatsiv” durant deux minutes et demi jusqu’à la fin du lever du soleil, on est digne de louanges et de bénédictions.

> Comment se tenir durant la ‘Amida

11. Lorsqu’on s’apprête à prier, si on se trouve en dehors d’Israël, on doit se tenir debout en en direction du pays d’Israël, en pensant que sa prière passe par Israël, Jérusalem, le Mont du Temple et enfin l’emplacement du Saint des Saints. Si on est en Terre sainte, on doit se diriger vers Jérusalem, en pensant que notre prière passe par Jérusalem, le Mont du Temple et l’emplacement du Saint des Saints. Si on se trouve à Jérusalem, on doit tourner sa face vers le Mont du Temple, en pensant que notre prière passe par le Temple et l’emplacement du Saint des Saints, porte du Ciel par laquelle toutes les prières transitent.

12. On ne doit pas commencer à prier dans un état de légèreté d’esprit, occupé par des frivolités et futilités, ni en état d’énervement. Il convient de se préparer à la ‘Amida avec crainte et soumission au Maître du monde, animé d’une joie authentique.

13. On doit se tenir debout, les pieds joints ître, en inclinant légèrement la tête. Il convient de suivre l’habitude de notre maître le Ari zal qui récitait sa ‘Amida les yeux fermés. Cependant, si on sait que l’on prie avec plus de ferveur en lisant les mots du siddour, c’est ce qu’on fera en prenant soin de ne pas détacher ses yeux du siddour.

14. Quand on prononce les mots “A-donaï séfataï tifta’h”, on pense à demander à Dieu la permission de s’exprimer devant Lui. On doit se figurer la suprématie de Dieu qui domine les êtres célestes, séraphins, anges, et l’univers entier, et qui, malgré Sa grandeur tend une oreille attentive aux infimes créatures qui prient devant Lui.

15. Il faut articuler les mots de la prière avec ses lèvres, à voix basse mais en restant audible pour soi-même seulement. S’il nous est difficile de se concentrer en priant en silence, on pourra élever la voix si on prie seul, mais pas si on prie en communauté.

> Se concentrer dans la ‘Amida

16. Celui qui prie la ‘Amida doit penser à la signification des mots qu’il prononce. Il doit prendre conscience de la Présence Divine, et éloigner toutes les pensées qui occupent son esprit afin de le laisser épuré en vue de la prière. On doit réfléchir au fait que si l’on s’adressait à un roi de chair et de sang, on tiendrait un discours préparé, répété, et récité du mieux que l’on peut. À plus forte raison, doit-on le faire lorsqu’on prie devant Dieu qui sonde les pensées de chacun. Les hommes pieux d’antan avaient coutume de s’isoler en vue de se préparer à la prière, jusqu’à se détacher du matériel et renforcer l’intellect à un tel degré qu’ils atteignaient un état quasi-prophétique.

17. On veillera particulièrement à réciter la première bénédiction (des Patriarches) avec ferveur, celle-ci constitue la partie essentielle de la ‘Amida. On fera de même attention à réciter la conclusion de chaque bénédiction avec concentration. À posteriori, si on ne s’est concentré dans aucun passage, on est acquitté. Celui qui a l’habitude de se concentrer dans la bénédiction des Patriarches et ne l’a pas fait, peut toutefois recommencer sa ‘Amida. Il est préférable cependant qu’il le fasse "sous condition", de manière à ce que cette prière soit considérée comme une "offrande volontaire" s’il ne devait pas la refaire (cf. infra paragraphe 4).

18. Il ne faut pas donner l’impression d’être fatigué pendant la prière, comme montrer de la difficulté à rester debout pour la ‘Amida. Qu’il soit couvert de honte, celui qui est plein d’entrain pour ses activités personnelles, mais paresseux pour le service divin!

> Prier la ‘Amida en même temps que la répétition de l’officiant

19. Une personne qui récite la ‘Amida en même temps que la répétition de l’officiant est considéré comme ayant prié avec un minyane de dix personnes. On doit cependant éviter de le faire car on perd l’occasion de répondre Amen durant la répétition.

> Se prosterner pendant la ‘Amida

20. En disant: “Baroukh”, on doit incliner son corps en fléchissant les genoux uniquement, et en disant “Atta", on doit incliner sa tête en fléchissant le buste jusqu’à ce que toutes nos vertèbres soient courbées, mais sans descendre plus bas que la taille. En disant: “A-donaï”, on redresse le corps, puis la tête. Dans le passage de “Modime”, on procède comme suit: en disant “Modime ana’hnou lakh”, on fléchit les genoux, et en disant “chaata hou”, on incline la tête. Ensuite, on redresse le corps puis la tête en prononçant “A-donaï".

21. On doit se prosterner rapidement, mais se redresser plus lentement, afin que la chose ne paraisse pas comme un fardeau dont on veut se débarrasser.

22. Une personne âgée ou malade qui ne parvint pas à se prosterner jusqu’à ce que toutes ses vertèbres soient courbées, se suffira d’incliner la tête, la difficulté qu’il éprouve à se prosterner entièrement étant évidente.

23. En disant “’Ossé chalome”, on doit aussi se prosterner entièrement jusqu’à ce que toutes nos vertèbres soient courbées, comme nous le verrons plus loin, avec l’aide de Dieu.

> La bénédiction de « Choméa’ téfila »

24. Il est bon de prier et implorer Dieu pour sa subsistance dans la bénédiction de “Choméa’ téfila”. Même une personne riche devra le faire, afin de montrer qu’il place sa confiance en Dieu et non en sa richesse. Il est aussi recommandé de se confesser brièvement dans la bénédiction de “Choméa’ téfila”. Nous avons imprimé dans notre siddour le texte institué par notre maître le “’Hida”, qui inclue la confession et la prière pour la subsistance.

> Les lois de « "Elohaï nétsor léchoni" » et fin de la ‘Amida 

25. Après le premier verset de “yihyou lératsone “qui précède “Elohaï nétsor léchoni”, il est bon de réciter le psaume 121: “Chir lamma’alot éssa ’énaï” avec concentration. Certains récitent plutôt le psaume de “Lamnatséa’h” disposé en forme de candélabre ; chacun suivra sa coutume. Après le second “yihyou lératsone”, on peut rajouter des requêtes personnelles. Certains récitent la prière de Rav, ce qui est une bonne habitude. Il est bon que chaque personne prie chaque jour pour ses besoins personnels, pour sa subsistance, pour que la Torah ne s’écarte pas de ses descendants et que ces derniers soient de vrais serviteurs de Dieu. Il est tout de même préférable de mentionner ses besoins personnels après le “yihyou lératsone “plutôt que dans le passage de “Choméa’ téfila”, afin de ne pas manquer de répondre au qaddiche ou à la kedoucha. On conclut toutes ces prières par un troisième “yihyou lératsone”.

26. Celui qui entend un qaddiche ou une kedoucha au milieu de “Elohaï nétsor léchoni” comme celui qui se trouve au milieu du Chéma’, ne répond qu’aux cinq premiers Amen du qaddiche, à “Yéhé chéméh rabba etc.”, à “baroukh A-donaï hamévorakh lé’olame vaèd” ; pour la kedoucha, il répond “Qadoche” et “Baroukh” (Certains pensent qu’il faut aussi répondre “Yimlokh” ; cet avis est fondé). Si l’assemblée dit “Modime”, on doit répondre simplement les mots: “Modime ana’hnou lakh”. Par contre, après avoir terminé de réciter le dernier “yihyou lératsone”, même si on n’a pas encore reculé, on pourra répondre à toute la kedoucha, et même “baroukh hou baroukh chémo”.

27. Avant le dernier “yihyou lératsone”, il est bon de réciter un verset de la Bible, qui commence par la première lettre de son prénom et se termine par la dernière lettre de son prénom, ou alors un verset dans lequel son prénom apparait. Ceci est une “ségoula “pour ne pas oublier son prénom au jour du Jugement dernier.

28. Apres avoir récité le dernier “yihyou lératsone”, on se prosterne et on recule de trois pas tout en demeurant incliné. Il ne suffit pas de se prosterner légèrement, mais il faut le faire de manière à ce que toutes les vertèbres soient courbées.

29. Il faut reculer au minimum de manière à ce que l’extrémité d’un pied touche le talon de l’autre pied (donc effectuer des pas de la mesure du pied). Reculer à petits pas n’est pas valable, sauf s’il est impossible de faire autrement. Il convient donc avant de commencer la ‘Amida de vérifier que l’on dispose d’assez de place derrière soi pour pouvoir reculer comme il se doit. Marane dans leChoul’hane ’Aroukh autorise aussi de reculer en effectuant de grands pas, mais cela n’est pas valable selon le Ari zal.

30. Il faut commencer à reculer par le pied gauche, en plaçant l’extrémité du pied gauche contre le talon droit, puis le bout du pied droit contre le talon gauche, pour enfin poser le pied gauche à côté du droit.

31. Après avoir terminé de reculer, toujours en position inclinée, on doit se pencher vers la gauche en disant: “’Ossé chalome bimromav”, puis vers la droite en disant: “hou véra’hamav ya’assé chalome ’alénou”, et ensuite revenir au centre et dire “vé’al kol ’amo Israël”, tel un serviteur qui prend congé de son Maître ; enfin, on se redresse. Tel est l’avis de Marane dans le Choul’hane ’Aroukh. Cependant, selon le Zohar, il convient de se redresser avant de se prosterner à droite en disant: “hou véra’hamav ya’assé chalome ’alénou”, se redresser à nouveau pour se prosterner au centre en terminant: “vé’al kol ’amo Israël”. Il faut prendre garde de ne pas commencer “’Ossé chalome bimromav” tant qu’on n’a pas fini de reculer.

32. Si une personne se trouve derrière nous et qu’en reculant on entre dans les quatre coudées (deux mètres) devant elle, on doit attendre qu’elle termine sa propre ‘Amida avant de reculer. Cependant, si on se trouve déjà dans les quatre coudées de cette personne, on peut se montrer moins strict et faire les trois pas en arrière, et tel est aussi l’usage répandu. Toutefois, il faut veiller à ne pas déranger cette personne dans sa prière.

33. Apres avoir reculé, on reste à sa place jusqu’à ce que l’officiant débute la kedoucha, ou tout au moins jusqu’à ce qu’il débute la répétition de la ‘Amida. L’officiant lui-même doit attendre le temps de parcourir quatre coudées (trois secondes) avant de regagner sa place et entamer la répétition. Dans le cas où on prie seul ou que l’on termine de prier après que l’officiant ait récité la kedoucha, on doit attendre trois secondes puis revenir à sa place.

34. Celui qui a terminé sa ‘Amida avant l’officiant n’a pas le droit de se retourner et de faire face aux fidèles se trouvant derrière lui, tant que l’officiant n’a pas achevé sa propre prière.

Lois relatives à moride haguéchème, Barekh ’alénou et Ya’alé véyavo.

> Mention de la rosée et de la pluie dans la bénédiction de « mé’hayé hammétime »

1. En été, la pluie est malsaine pour le monde ; c’est un signe de malédiction. C’est pourquoi, si on se trompe et qu’on dit “moride haguéchème” en été, on doit se reprendre et corriger son erreur.

Comment se reprend-on?

2. Tant qu’on n’a pas conclu la bénédiction de “mé’hayé hammétime”, on reprend la bénédiction à son début (“Atta guibor”). Si on a déjà mentionné “Baroukh atta A-donaï” sans avoir conclu “mé’hayé hammétime”, on dira “lammédéni ’houkékha” (afin de ne pas prononcer une bénédiction en vain) et on reprend depuis “Atta guibor”.

3. Si on se rend compte de son erreur après avoir conclu “mé’hayé hammétime”, on doit reprendre toute la ‘Amida depuis le début, même si on n’a pas encore commencé “Atta Qadoche”, puisque les trois premières bénédictions sont considérées comme une seule entité. Il ne sera toutefois pas nécessaire de dire à nouveau le verset: “A-donaï séfataï tifta’h".

4. Celui qui n’est pas sûr d’avoir mentionné “moride hattal” doit recommencer la ‘Amida s’il se trouve dans les trente jours qui suivent le premier jour de Péssa’h, puisqu’on présume qu’il a dit “moride haguéchème” par habitude. Mais, passé ce délai de trente jours, on estime que la personne s’est déjà habituée à réciter “moride hattal” et l’a certainement dit à présent. De même, si le premier jour dePéssa’h (ou un autre jour), on prend le soin de répéter 90 fois “mé’hayé métime atta, Rav léhochiya’, moride hattal” (comme le nombre de fois que l’on mentionne “moride hattal” durant trente jours de prières journalières), on considère que l’habitude est déjà prise et on ne recommence pas en cas de doute. C’est pourquoi, cette récitation de 90 fois est vivement conseillée.

5. La rosée est une bénédiction pour le monde quelle que soit la saison. C’est pourquoi, celui qui, par erreur, a dit “moride hattal “au lieu de dire “moride haguéchème” après “Chémini Atséret”, ne doit pas recommencer. En effet, la mention de la rosée étant une louange, on ne déroge pas à l’institution de nos sages de louer Dieu. Cependant, si on n’a pas encore conclu la bénédiction en disant “baroukh atta A-donaï”, on intercalera “moride haguéchème “là où l’on se trouve. [Nous verrons plus loin que la règle diffère pour “Barekh ’alénou” ; celui qui a dit “Barkhénou” au lieu de “Barekh ’alénou” devra recommencer, car nos Sages ont institué ce passage en tant que demande et non louange à Dieu.]

> Demander la rosée dans la bénédiction des années

6. La neuvième bénédiction de la ‘Amida est une supplique pour que l’année soit porteuse de bénédictions dans nos affaires et notre subsistance. Le principal facteur de l’abondance matérielle étant la pluie, nos Sages ont décrété que si on oublie de demander la pluie dans la prière, on n’est pas acquitté et doit recommencer sa ‘Amida. Ce n’est valable qu’en hiver où la terre a besoin de pluie. En été, au contraire, la pluie détériore les récoltes et représente un signe de malédiction pour le monde: dans ce cas, on devra aussi recommencer sa ‘Amida en cas d’erreur.

Dans les paragraphes qui suivent, nous allons détailler les règles relatives à celui qui demande la pluie en été par erreur, ou qui oublie de le faire en hiver.

Il est à noter que l’usage des Ashkénazes est de commencer en toutes saisons ce passage par “Barekh ’alénou”, et d’ajouter en hiver les mots: “vétèn tal oumatar livrakha”. Par contre, l’habitude des Séfarades est de réciter “Barkhénou” en été, et “Barekh ’alénou” en hiver, passage qui contient la prière pour la pluie. Cette coutume a ses sources dans la Kabbalah. Les lois qui suivent sont énoncées selon la version séfarade.

7. On a déjà mentionné que celui qui a dit “Barekh ’alénou” par erreur en été doit se reprendre. Ainsi, tant qu’on n’a pas achevé la ‘Amida, on doit reprendre depuis la bénédiction ou l’on s’est trompé, en l’occurrence, depuis “Barkhénou”. Si on a achevé la ‘Amida, on doit la reprendre intégralement. Nous allons voir cette règle plus en détails dans le paragraphe suivant.

8. a. Si on a commencé “Barekh ’alénou A-donaï élohénou èt hachanna hazote” et qu’on remarque là son erreur, on enchaine “ou varkhénou békhol ma’assé yadénou etc."

(sans reprendre “Barkhénou A-donaï élohénou”, afin de ne pas mentionner le nom de Dieu une seconde fois sans nécessité).

b. Si on ne réalise son erreur que plus loin, mais avant d’avoir conclu la bénédiction de “Barekh ’alénou”, on reprend “Barkhénou ect”. Il est cependant recommandé de marquer une légère pause (de deux secondes et demi) avant de commencer “Barkhénou”, afin que le passage que l’on reprend soit distinct de celui récité par erreur.c. Si on a déjà dit “Baroukh atta A-donaï” mais pas encore conclu “mévarekh hachanime”, on dit “lamdéni ’houkékha” afin de réciter un verset et ne pas mentionner le nom de Dieu en vain. Puis, on reprend la bénédiction de “Barkhénou”.

d. Si on se rend compte de l’oubli après avoir conclu “mévarekh hachanime” ou dans les bénédictions qui suivent (tant qu’on n’a pas achevé la ‘Amida), on reprend depuis “Barkhénou” et on poursuit les autres bénédictions dans l’ordre (on devra ajouter dans la confession de ce jour-là, la faute d’avoir prononcé le nom de Dieu en vain).

e. Cependant, si on a achevé le dernier “yihyou lératsone” (et qu’on n’a pas l’habitude d’ajouter des supplications) même si on n’a pas encore reculé, on considère qu’on a achevé sa ‘Amida et on devra la reprendre depuis le début, c’est-à-dire depuis “A-donaï séfataï tifta’h”. Si, toutefois, on a l’habitude de rajouter des supplications après le dernier “yihyou lératsone”, on considère que la ‘Amidan’est pas terminée tant qu’on n’aura pas conclu ses supplications personnelles par le verset “yihyou lératsone” et on reprendra depuis “Barkhénou”.

9. Celui qui ne se rappelle plus s’il a dit “Barkhénou” ou “Barekh ’alénou” doit reprendre sa ‘Amidaintégralement, si on est dans les trente jours qui suivent le début de la récitation de “Barkhénou”, car on présume qu’il a dit machinalement “Barekh ’alénou”. Après ces trente jours, on ne doit pas se reprendre, car l’habitude est censée avoir été acquise. Les personnes avisées prendront soin de répéter 90 fois: “Rofé ’holé ’amo Yisraël. Barkhénou”, pour s’habituer à réciter ce passage correctement et ne pas avoir à recommencer sa ‘Amida en cas de doute.

10. Celui qui par erreur a récité “Barekh ’alénou” au lieu de “Barkhénou” entre “Chémini ’Atséret” et le 7 ‘Hechvane ne recommence pas car c’est déjà le temps des pluies, qui ne représentent plus un mauvais signe. [La même règle s’applique en dehors Israël pour la période entre “Chémini ’Atséret” et le 5-6 décembre: si on dit “Barekh ’alénou” par erreur, on ne doit pas se reprendre]. Si toutefois on veut se montrer plus strict, on peut recommencer la ‘Amidasous condition en postulant: "Si je suis tenu de prier à nouveau, que je sois acquitté par cette nouvelle prière. Sinon, que cette prière soit considérée comme une offrande volontaire".

11. En Israël, on commence à dire “Barekh ’alénou” pour demander la pluie à partir de la veille du 7‘Hechvane et jusqu’au premier jour de Péssa’h. Bien qu’on commence à dire “machiv haroua’h oumoride haguéchème” dès la prière de Moussaf de “Chémini ’Atséret”, nos Sages ont institué de ne commencer à réclamer la pluie que quinze jours après la fête, afin de permettre aux pèlerins de rentrer chez eux dans des conditions climatiques favorables. Ces quinze jours sont le délai qui était nécessaire au pèlerin quittant Jérusalem (considérant les moyens matériels de l’époque) pour atteindre la communauté juive la plus lointaine, située au bord de l’Euphrate à la frontière babylonienne. L’usage de monter en pèlerinage perdura même après la destruction du Temple, c’est pourquoi l’usage d’attendre quinze jours avant de commencer à prier pour la pluie fut maintenu.

12. La date du 7 ‘Hechvane est valable pour la Terre d’Israël qui est un pays dont les besoins en eau sont importants. (C’est aussi valable pour les lieux dont le climat est proche de celui d’Israël, comme certaines régions limitrophes, ou encore l’île de Djerba). En dehors d’Israël, comme en Babylonie, en Egypte ou autres pays qui n’ont pas besoin d’autant de pluies, on ne récite le “Barekh ’alénou” que plus tard, à partir du soixantième jour après la tékoufa de Tichri (cf. supra chapitre 47 pour la définition de la tékoufa), autrement dit la nuit du 4 au 5 décembre. Lorsque l’année qui suit est bissextile, on commence à réciter “Barekh ’alénou” la nuit du 5 au 6 décembre.

13. Celui qui, par erreur, a dit “Barkhénou” au lieu de “Barekh ’alénou”, doit se reprendre. Cependant, la règle à suivre n’est pas identique à celui qui a dit “Barekh ’alénou” en été, car il s’agit ici non pas de corriger une erreur, mais de mentionner la demande de pluie qu’il a omise. Ainsi, on pourra intercaler cette demande dans d’autres passages de la ‘Amida, comme nous allons le voir:

a. Si on a juste dit les mots “Barkhénou A-donaï élohénou” et qu’on se rende compte de son erreur, on enchaine: “ouvarekh ’alénou èt hachanna hazote” (et non “Barekh ’alénou A-donaï élohénou”) afin d’en faire une seule phrase et éviter ainsi de répéter le Nom de Dieu une seconde fois.

b. Si on se rend compte de son erreur au milieu de la bénédiction, on reprend “Barekh ’alénou”. Si on a commencé à conclure la bénédiction par “baroukh atta A-donaï”, on dira: “lammédéni ’houqèkha”, avant de reprendre “Barekh ’alénou”.

c. Si on a déjà conclu la bénédiction (mais pas encore entamé le passage suivant), on ne se reprend pas, mais on intercalera: “vétèn tal oumatar livrakha”. Ensuite, on poursuit la ‘Amida normalement.

d. Si on a déjà commencé le passage suivant, on continue jusqu’à “Chéma’ qolénou”, et après les mots “’honnénou va’anénou ouchma’ téfillaténou”, on ajoutera: “vétèn tal oumatar livrakha”. Puis, on poursuit “ki atta choméa’ etc.”.

e. Si on a prononcé “baroukh atta A-donaï” du “Chéma’ qolénou”, on dit là aussi: “lammédéni ’houqèkha”, avant de dire “vétèn tal oumatar livrakha”, puis, on reprend “ki atta choméa’ etc.”.

f. Si on a déjà conclu la bénédiction de “Chéma’ qolénou”, on dira “vétèn tal oumatar livrakha” avant de commencer “Rétsé”.g. Si on a déjà commencé “Rétsé”, on doit reprendre toutes les bénédictions depuis “Barekh ’alénou”.

h. Si on a déjà conclu le dernier “yihyou lératsone” (et qu’on n’a pas l’habitude de réciter des supplications), bien que n’ayant pas encore reculé, on est considéré avoir achevé sa prière, et on doit reprendre la ‘Amida à son début, depuis “A-donaï séfataï tifta’h”. Si par contre on a l’habitude de dire des supplications après “yihyou lératsone”, on est considéré comme étant au milieu de sa prière. Ce ne sera qu’après avoir conclu les supplications par un autre “yihyou lératsone”, qu’on devra reprendre la ‘Amida depuis le début.

14. L’officiant qui s’est trompé dans sa ‘Amida à voix basse, et qui est déjà arrivé à “Rétsé” ne se reprend pas s’il craint de retarder les fidèles. Il sera acquitté par la répétition de la ‘Amida qu’il fera à voix haute. Cependant, selon notre maître le” Richone létsiyone Rav ‘Ovadia Yossef, ce ne sera que dans le cas où il a terminé entièrement sa ‘Amida qu’il ne devra pas se reprendre.

15. Celui qui ne sait plus s’il a dit “Barkhénou” ou “Barekh ’alénou” et qui est dans les trente jours qui suivent le début de la récitation de “Barekh ’alénou”, doit recommencer, car il est présumé avoir dit “Barkhénou” par habitude. Ces trente jours passés, on ne se reprend plus, car il y a présomption d’avoir dit au contraire “Barekh ’alénou”. Toute personne avisée prendra soin de répéter 90 fois: “Rofé ’holé ’amo Yisraèl. Barekh ’alénou”, pour s’habituer à réciter ce passage correctement et ne pas avoir à recommencer sa ‘Amida en cas de doute.

> Un habitant d’Israël qui voyage en diaspora après le 7 ’Hechvane” ou le contraire.

16. Un habitant d’Israël qui a voyagé en diaspora avant le 7 ‘Hechvane et qui a l’intention de rentrer en Israël dans le courant de l’année, ou encore si sa femme et ses enfants sont restés en Israël, doit, selon certains, réciter “Barekh ’alénou” dès le 7 ‘Hechvane comme les Israéliens. D’autres pensent qu’il doit suivre l’habitude du lieu où il se trouve et ne demander la pluie qu’au soixantième jour après la tékoufa de Tichri, comme les habitants de la diaspora. En pratique, il convient de réciter “Barkhénou” comme les habitants de la diaspora, mais ajouter “vétèn tal oumatar livrakha” dans la bénédiction de “Choméa’ téfila”.

17. Cependant, s’il se trouve encore en Israël le 7 ‘Hechvane et qu’il a donc commencé à mentionner “Barekh ’alénou”, il continuera à le réciter même en dehors d’Israël dans le cas où il a l’intention de rentrer dans l’année, bien que les habitants de la diaspora ne le disent pas encore. S’il est appelé à être officiant durant ce séjour, il doit réciter “Barekh ’alénou” dans sa ‘Amida dite à voix basse, mais dira “Barkhénou” lors de la répétition à voix haute. S’il déménage avec sa famille en dehors d’Israël pour une période prolongée, il est considéré comme résidant de la diaspora à part entière et cessera de dire “Barekh ’alénou” dès qu’il atteint sa destination.

18. Un touriste qui vient pour un séjour temporaire en Israël doit dire “Barekh ’alénou” dès le 7‘Hechvane tout le temps de son séjour, comme la coutume le veut en Israël. [Une fois retourné en diaspora, il récitera de nouveau “Barkhénou” jusqu’au 4-5 décembre. Cependant, il est bon de mentionner “vétèn tal oumatar livrakha” dans la bénédiction de “Choméa’ téfila”.]

> Les lois de « Ya’alé véyavo »

19. Les sages ont institué de réciter “Ya’alé véyavo” dans la bénédiction de “Rétsé”, les jours de “’Hol hammoèd” et de Roch ’Hodèche. Celui qui a omis de le mentionner n’est pas quitte et doit reprendre la prière (excepté pour ‘Arvit de Roch ’Hodèche, comme nous allons le voir).

Comment se reprendre?

20. Le principe général est le suivant: si on se rend compte de son erreur avant de commencer la bénédiction de “Modime”, on doit juste intercaler là-bas “Ya’alé véyavo”. Par contre, si on a commencé la bénédiction de “Modime”, on doit reprendre depuis le début de “Rétsé”. Si on a déjà terminé la ‘Amida, on doit la recommencer entièrement. Nous allons à présent entrer dans le détail des lois.

21. a. Celui qui a oublié de dire “Ya’alé véyavo” et se rend compte de son oubli après avoir dit “baroukh atta A-donaï” (mais avant d’avoir conclu “hamma’hazir chékhinato létsiyone”), doit dire “lammédéni ’houqèkha” afin de réciter un verset (et ne pas avoir prononcé inutilement le nom de Dieu). Puis, il reprendra ensuite “Élohénou vélohé avoténou ya’alé véyavo etc.”.

b. Si on a déjà conclu “hamma’hazir chékhinato létsiyone” et qu’on se rend compte de son erreur avant de commencer “Modime”, on est considéré comme n’ayant pas terminé la bénédiction de “Rétsé” et on peut donc intercaler “Ya’alé véyavo” entre les deux bénédictions. On veillera à ne pas répéter à la suite “véata béra’hamékha harabbime” mais on poursuivra directement “Modime”.

c. Si on a déjà entamé la bénédiction de “Modime”, même en prononçant seulement ce mot, on doit reprendre depuis le début de “Rétsé”. De même, si on se rend compte de son erreur dans “Sime chalome “ou “Élohaï nétsor”, on reprend à “Rétsé”.

d. Si on a déjà achevé le dernier “yihyou lératsone” (et qu’on n’a pas l’habitude d’ajouter des supplications), même si on n’a pas encore reculé, on est considéré comme ayant terminé sa prière et on doit recommencer depuis le début de la ‘Amida, à partir de “A-donaï séfataï tifta’h”. Si on a l’habitude de dire des supplications après “yihyou lératsone”, on reprend à “Rétsé “tant qu’on n’a pas achevé les supplications par un dernier “yihyou lératsone”. Après cela, on doit reprendre au début de la ‘Amida, même si on n’a pas encore reculé.

22. En cas de doute quant à la récitation de “Ya’alé véyavo”, on doit également se reprendre, selon les règles que l’on vient d’exposer. Même si on a déjà achevé la ‘Amida, on doit la recommencer depuis le début. (Il sera préférable dans ce cas de le faire sous condition, cf. infra paragraphe 10).

23. Toutes les règles de “Ya’alé véyavo” s’appliquent de la même manière aux hommes comme aux femmes. Une femme qui a mentionné “Ya’alé véyavo” dans la prière du matin mais a oublié de le dire à Min’ha, devra recommencer sa prière. Bien que d’après la loi stricte une femme n’est tenue de prier qu’une seule fois par jour et qu’elle s’en est déjà exemptée le matin, comme elle a décidé de prierMin’ha toutes les règles relatives à cette prière s’appliquent. (Il sera préférable dans ce cas de le faire sous condition, cf. infra paragraphe 10).

24. Un officiant qui a oublié de dire “Ya’alé véyavo” dans sa ‘Amida personnelle ne doit pas se reprendre si cela risque de retarder les fidèles ; il continuera sa ‘Amida normalement et sera acquitté par la répétition qu’il fera à voix haute. Notre maître le” Richone létsiyone Rav ‘Ovadia Yossef pense toutefois que l’officiant ne pourra s’appuyer sur la répétition que s’il se rend compte de son oubli à la fin de sa ‘Amida. Si l’officiant n’a pas oublié de dire “Ya’alé véyavo” dans sa ‘Amida personnelle mais l’oublie lors de la répétition, tant qu’il n’a pas achevé la répétition, il doit reprendre à “Rétsé”. S’il a achevé la répétition, il ne recommence pas.

25. Si on a omis de réciter “Ya’alé véyavo” lors de ‘Arvit de Roch ’Hodèche, on ne recommence pas. La raison est la suivante: lorsqu’on fixait Roch ’Hodèche d’après la déposition des témoins, la cérémonie de la sanctification n’avait lieu que le jour. Au moment de la prière de ‘Arvit, le mois n’était donc pas encore sanctifié. C’est pourquoi, celui qui a oublié de réciter “Ya’alé véyavo” dans la prière de ‘Arvit et a prononcé “baroukh atta A-donaï” (de “hamma’hazir chékhinato létsiyone”) ne se reprend pas, ayant déjà prononcé le nom de Dieu. On n’intercalera pas non plus le “Ya’alé véyavo” entre les deux bénédictions. (Il n’y a aucune différence à ce niveau entre le premier et le deuxième soir dans le cas où il y a deux jours de Roch ’Hodèche).

Répétition de la ‘Amida / Répondre Amen/ Répondre à la kedoucha

> Répétition de la ‘Amida

1. Il est interdit de parler entre la fin de la ‘Amida et le début de la répétition. Il est toutefois autorisé (excepté pour l’officiant) d’étudier, de réciter des versets, et à fortiori des prières ou des psaumes. Cependant, certains interdisent même de prononcer des paroles de Torah entre la ‘Amida et la répétition. C’est pourquoi, il convient de lire seulement avec les yeux sans prononcer les mots. (L’officiant aussi peut lire avec les yeux des paroles de Torah. Cependant, il est préférable qu’il s’apprête à la répétition de la prière en méditant sur la grandeur de Dieu et la petitesse de l’homme, ainsi que toute autre pensée éveillant la ferveur).

2. Durant la répétition de l’officiant, les fidèles doivent faire le silence et être attentifs aux bénédictions prononcées par l’officiant pour y répondre Amen. S’il n’y a pas neuf personnes qui suivent et répondent aux bénédictions, on pourrait presque dire qu’elles sont récitées en vain! C’est pourquoi, chacun doit considérer que sans sa participation, le compte n’y est pas, et répondre avec application.

3. Il est interdit de parler ou d’étudier pendant la répétition de la ‘Amida, même si on prête attention à la conclusion de chaque bénédiction. On doit écouter avec concentration toute la prière de l’officiant.

4. Comme on l’a mentionné ci-dessus, il faut au minimum neuf personnes qui répondent aux bénédictions de l’officiant. Celui qui est au milieu de la ‘Amida n’est pas associé au nombre, même s’il la récite mot à mot avec l’officiant, ou même s’il reste silencieux et écoute attentivement la conclusion de chaque bénédiction. Certains permettent de le compter comme la neuvième personne (tout en concédant qu’il vaut mieux à priori éviter de le faire) ; on peut s’appuyer sur cet avis en cas de force majeure à condition que cette personne prie mot à mot avec l’officiant. Il est recommandé que l’officiant pense alors que si sa répétition n’est pas valable, elle sera considérée comme une "offrande volontaire".

5. Celui qui discute de choses profanes pendant la répétition est un fauteur que l’on doit réprimander. Sa faute est lourde de conséquences.

> Répondre « Amen »

6. À chaque fois que l’officiant dit: “Baroukh atta A-donaï”, les fidèles doivent répondre: “Baroukh Hou ouvaroukh chémo” ; et à la fin de chaque bénédiction, les fidèles répondent Amen avec force, à haute voix et avec l’intention adéquate, comme détaillée au paragraphe suivant.7. Le terme Amenque l’on répond pendant la répétition, a pour signification: "véridique est la bénédiction que vient de réciter l’officiant, à laqvelle je me joins. Qu’il en soit ainsi". Par exemple, dans la bénédiction de “Atta ’honène”, l’officiant demande "Gratifie-nous du don de la connaissance […] Béni Tu es Hachem, dispensateur de la raison". Ce à quoi, on répond Amen: il est véridique que Dieu gratifie du don de la connaissance ; veuille Dieu nous dispenser la sagesse, la raison et la connaissance". Ces intentions ne sont applicables qu’aux bénédictions qui comportent à la fois une louange à Dieu et une demande. Dans les bénédictions exprimant une louange à Dieu uniquement, il faut seulement penser que la chose est vraie. C’est le cas pour la bénédiction de ”Atta qadoche”. Certains pensent que ceci s’applique aussi aux bénédictions de “Maguène Avraham” et de “Mé’hayé hammétime”. D’autres cependant affirment que là aussi le Amen a un double sens: effectivement, Dieu est le bouclier de Avraham, et que Sa volonté soit qu’Il veuille nous délivrer et nous protéger dans le futur. De même, il faudrait penser qu’il est vrai que Dieu ressuscite les morts et qu’Il veuille le faire dans un avenir proche. Le Roch YéchivaRav Méir Mazouz est de ce dernier avis.

8. Lorsqu’on répond Amen à une bénédiction récitée avant une “mitsva ("Achèr qiddéchanou etc.”), à une bénédiction de louange à Dieu (comme les bénédictions du matin ou du Chéma’) ou à une bénédiction sur les aliments, il faut veiller à avoir comme seule intention au Amen prononcé: véridique est la chose. Souhaiter que la chose se réalise serait dans ce cas une marque d’impiété.

9. A l’inverse, lorsqu’on répond Amen au qaddiche, aux versets de la bénédiction des” Kohannime” ou à toute autre requête (comme les “Hara’hamane “du Birkat hamazone), il faut penser uniquement: ainsi soit-il.

10. En conclusion, nous devons réaliser combien il est important d’écouter chaque bénédiction avec attention et d’y répondre Amen avec toute la ferveur requise. À ce propos, nos Sages ont dit: "Tout celui qui répond Amen de toutes ses forces (ce qui signifie avec toute sa concentration) mérite qu’on lui ouvre les portes du paradis" (traité de chabbat, 119b).

>> "Attention! On glorifie le Roi"

Nos maîtres enseignent: "On ne répondra pas de Amen estropié, ni de Amen tronqué, ni de Amen solitaire. De même, on ne prononcera pas de bénédiction à la hâte. Ben ’Azaï dit: Celui qui répond un Amen solitaire aura ses enfants solitaires [orphelins] ; celui qui répond un Amen estropié, aura sa vie estropiée ; celui qui répond un Amen tronqué, aura sa vie tronquée. Mais celui qui prend le temps de bien répondre Amen, verra sa vie rallongée".

> Lois relatives au Amen

11. Il faut veiller à ne pas répondre de Amen estropié, c’est-à-dire à prononcer hâtivement le “Aleph” de départ (comme s’il était vocalisé par un “’hataf pata’h”) mais l’articuler correctement (avec la vocalisation de “qamaç’ ra’hav”). De même, on ne dira pas un Amen tronqué, c’est-à-dire le prononcer tel que le “Noun” final soit inaudible (comme s’il disait “Amé”), mais bien l’articuler (de telle sorte qu’on entende “Amène”).

12. On ne répond pas un Amen solitaire. Cela concerne celui qui désire être acquitté d’une bénédiction récitée par l’officiant ou par un tiers (comme le Quiddouche, la Havdala, la bénédiction sur le “Chofar”, la “Méguila” ou autre) ; il n’aura pas le droit de répondre Amen s’il n’a pas entendu la bénédiction dans son intégralité. À plus forte raison, est-il interdit de répondre Amen dans le cas où on n’a rien entendu de la bénédiction elle-même, mais seulement l’assistance répondre Amen.

13. Par contre, si on ne désire pas être acquitté par la bénédiction récitée, on pourra y répondreAmen même si on ne l’a pas entendue. Certains pensent qu’on doit au moins savoir de quelle bénédiction il s’agit avant de répondre Amen. Sinon, le Amen répondu sera considéré comme solitaire. Il convient de suivre cette opinion étant donné la gRavité de répondre un Amen inapproprié.

14. Il est interdit de répondre Amen à une bénédiction tant qu’elle n’est pas entièrement achevée. Certains pensent que le faire reviendrait à répondre un Amen estropié, qui est sévèrement sanctionné par nos Sages.

15. Toute personne qui prononce une bénédiction ou récite un qaddiche doit veiller à ne pas s’attarder sur le dernier mot de la bénédiction (ou du qaddiche): l’auditoire pourrait répondre Amenavant même qu’il n’ait achevé sa phrase.

16. Il faut répondre Amen dès la conclusion de la bénédiction. Si le temps de dire “Chalome ’alékha rabbi” (environ deux secondes) s’est écoulé, on ne pourra plus répondre Amen. Certains pensent que le faire consisterait à répondre un Amen solitaire, qui est sévèrement sanctionné par nos Sages.

17. On ne doit pas répondre trop brièvement le Amen mais s’étendre quelque peu, sans cependant exagérer.

18. Une personne qui doit répondre à deux bénédictions différentes prononcées simultanément, répondra “Amen vé-amen".

>> Pour quelle raison notre maître Rabbi Iç’hak Avohav a-t’il excommunié Rabbi Mordékhaï Yaffé?

- Afin de prendre conscience de l’importance du 'Amen', voici une histoire qui a eu lieu il y a près de 400 ans:

Rabbi Mordékhaï Yaffé (auteur du Lévouche) était le juge suprême du tribunal rabbinique d’une petite communauté. Sa renommée s’était étendue, au point où la communauté de Pozen lui proposa de remplir cette fonction en leur sein ainsi que celle de Roch Yéchiva, tant ce Rav était une sommité en Torah comme en Kabbalah, comme on peut le voir dans ses précieux ouvrages. Le Rav leur répondit: "J’accepte volontiers votre proposition mais je dois avant tout étudier les lois de fixation du calendrier hébraïque, qui sont totalement ignorées dans nos contrées. Pour cela, je me rendrai à Venise, en Italie, auprès des rabbins séfarades qui maitrisent cette science". Ainsi fut fait. Rabbi Mordékhaï Yaffé se rendit auprès de Rabbi Iç’hak Avohav auprès duquel il étudia les lois du calendrier hébraïque pendant trois mois. Il développa lui-même ces lois dans son livre "Lévouch éder hayqar", dans le chapitre consacré à la néoménie.Au terme de cette période, il advint que le fils de Rabbi Iç’hak Avohav, encore enfant, récita la bénédiction sur un fruit à voix haute. Tous les membres de la maison répondirent "Amen" à la bénédiction, excepté Rabbi Mordékhaï Yaffé qui, par inadvertance, manqua d’y répondre. Voyant cela, son maître se mit en colère contre lui, le blâma sévèrement et alla jusqu’à l’excommunier. Rabbi Mordékhaï Yaffé patienta alors 30 jours, comme la loi le stipule dans ce cas, puis retourna voir son maître pour présenter ses excuses, mais Rabbi Iç’hak Avohav se montra inflexible. Rabbi Mordékhaï Yaffé surpris, lui demanda: "Rabbi, qu’ai-je je donc fait de si gRave pour mériter votre courroux?".Son maître lui répondit qu’il l’aimait plus qu’un fils, mais qu’il devait savoir qu’il avait encouru un gRave danger de mort quand il n’avait pas répondu Amen à la bénédiction du jeune enfant. C’est pourquoi, il ne lui pardonnerait qu’à la condition qu’il prenne sur lui de discourir dans chaque communauté qu’il tRaversera, sur la gRavité de la faute de celui qui ne répond pas Amen à chaque bénédiction récitée par un juif. Il lui conta alors l’histoire suivante, en lui recommandant de la transmettre à ses descendants.

L’histoire se passe en Espagne, avant l’expulsion des Juifs, dans une des villes qui comptait une grande communauté juive. Le roi de l’époque voulut chasser les juifs à plusieurs reprises. Un des membres du tribunal rabbinique, homme pieux, humble et très riche, bénéficiait des grâces du roi et parvenait chaque fois à détourner la colère du roi contre les juifs.Un jour, le roi voulut de nouveau chasser les juifs de sa contrée. Ces derniers se rendirent chez notre rabbin afin qu’il intercède pour eux devant le roi. Avant de prendre la route, ce dernier voulut réciter la prière de Min’ha, conformément au verset: "La crainte de Dieu est le début de toute sagesse". Les juifs qui l’accompagnaient s’y opposèrent, faisant valoir l’importance et l’urgence de sa mission, qui consistait à sauver le peuple juif. Le Juste accéda à leur demande et se rendit avec eux à la cour du roi. Lorsque le roi le vit, il s’empressa d’aller à sa rencontre et le salua chaleureusement. En voyant cela, le Juste, sûr du dénouement favorable de sa mission, commença à s’entretenir avec le roi de divers sujets. Sur ces entrefaites, un prêtre fut introduit auprès du roi, et, se jetant à ses pieds, commença à louer le roi en latin, langue inconnue du Juste. Ce dernier s’apercevant que l’horaire de la prière de Min’ha arrivait à son terme, se mit à l’écart et pria, pensant terminer avant les longues louanges du prêtre. Soudain, le prêtre se leva et enjoint à tous les assistants de répondre Amen aux pieux souhaits qu’il venait d’émettre. Tous s’empressèrent de répondre "Amen". Le juste ne comprenant pas la langue du prêtre s’abstint de répondre, d’autant qu’il était au milieu de sa prière. Le prêtre interrogea l’assistance afin de savoir si tous avaient bien répondu "Amen". L’assistance répondit par l’affirmative. Le prêtre insista: le Juif avait-il lui aussi répondu Amen? La réponse fut négative. Le prêtre commença alors à se lamenter haut et fort, en affirmant que toutes les bénédictions qu’il avait prononcées ne se réaliseraient pas, à cause du Juif qui n’avait pas dit Amen.Le roi, entendant cela, se mit en colère contre le Juste et ordonna à ses gardes de le tuer et de le couper en morceaux. Ainsi fut fait. Le Juste mourut dans d’horribles souffrances et les morceaux de son corps furent renvoyés à sa famille. Puis, le roi chassa tous les Juifs. Un des amis du Juste, connaissant la sainteté du défunt, s’interrogeait sur la sanction tragique qu’il avait subi. Il en conclut que le Juste avait dû pécher en secret pour mériter un tel sort, et décida de pleurer et jeûner jusqu’à ce que le Ciel lui révèle la faute en question. Le Juste vint alors en rêve à son ami, qui le questionna sur la cause de sa mort si horrible. Le Juste lui répondit qu’il n’avait aucune faute réelle à son passif, mais que Dieu avait été strict avec lui, comme Il l’est avec les hommes pieux. Il rapporta qu’un jour, il n’avait pas répondu Amen à la bénédiction d’un jeune enfant. Dieu dans Sa miséricorde, ne voulut pas le punir directement pour lui laisser la possibilité de s’amender. Lorsqu’il advint qu’il attisa la colère du roi en ignorant les bénédictions du prêtre, le tribunal céleste rappela sa faute passée et la sentence de mort tomba. Le Juste demanda alors à son ami de perpétuer son histoire afin que tous prennent garde de ne pas négliger de répondre Amen, puis il disparut. Telle est l’histoire que Rabbi Iç’hak Avohav rapporta à Rabbi Mordékhaï Yaffé en lui disant que les réprimandes et les blâmes qu’il avait encourus avaient eu pour but d’expier sa faute, et qu’il ne lui pardonnerait qu’à condition de transmettre cette histoire et sa morale.Toute personne « craignant le Ciel » s’attachera à lire cette histoire une fois par mois et avertira sa famille de la pénalisation encourue lorsqu’on ne répond pas Amen, même à la bénédiction d’un jeune enfant! À plus fort raison devra-t-on prendre garde aux Amen lors de la répétition de la ‘Amida faite par l’officiant à la synagogue! En particulier, il faut être vigilant lorsque l’officiant dit "Hamma’hazir chékhinato létsiyone", et que l’assemble s’empresse de réciter Modime en oubliant de répondre "Amen" ; de même pour le Amen sur la bénédiction de Hachkivénou du vendredi soir, lorsque l’officiant termine "’Alénou […] vé’al Yérouchalaïme", l’assemblée s’empresse de dire "Véchamerou" en omettant de répondre "Amen".

> Les lois de la kedoucha

>> Je n’ai pas de plaisir de ce monde comparable à ce moment!

[Le Midrache rapporte: ] "Que vous soyez bénis [dit Dieu], ô cieux et émissaires célestes, si vous révélez à mes enfants ce que Je fais lorsqu’ils Me sanctifient et disent: "Qadoche! Qadoche! Qadoche!" (Saint! Saint! Saint!), et apprenez-leur à lever les yeux vers le ciel en direction du Temple et à s’élever vers le haut! Je n’ai pas de plaisir en ce monde comme celui que J’éprouve lorsque leurs yeux sont élevés vers Moi, et Mon regard dirigé vers eux."

19. Quand l’officiant va commencer la “quédoucha” (“Naqdichakh”), on doit avancer de trois pas pour rejoindre l’endroit où l’on se tenait durant la ‘Amida, et demeurer pieds joints. Il est bon de fermer ses yeux en les dirigeant vers le haut, et penser que l’on sanctifie Dieu, ainsi qu’il est écrit dans laTorah: " Et Je serai sanctifié parmi les enfants d’Israël".

20. D’après l’avis de notre maître le Ari zal, les fidèles doivent prononcer avec l’officiant toute lakedoucha, de “Naqdichakh véna’ariçakh” jusqu’à la fin. Toutefois, seuls les mots “Naqdichakh véna’ariçakh” doivent être dits à voix haute, le reste étant récité à voix basse par l’assistance, excepté pour répondre “Qadoche", "Baroukh" “et “Yimlokh”. Certaines communautés ont l’habitude, lechabbat et les jours de fêtes, de chanter toute la kedoucha avec l’officiant. Cette pratique est autorisée, mais il convient tout de même que l’officiant élève un peu plus la voix que les fidèles, afin qu’elle soit reconnaissable.

21. Quand on dit “Véqara zé èl zé”, on doit incliner légèrement la tête vers la droite puis vers la gauche ; on répond “Qadoche! Qadoche! Qadoche!”, à voix haute, les yeux fermés, en haussant les talons à trois reprises pour s’identifier aux anges. Quand on répond “Baroukh” et “Yimlokh”, on hausse les talons une seule fois.

22. Si on se trouve au milieu de la ‘Amida (avant le premier “yihyou lératsone”), on ne doit pas répondre à la kedoucha, ni même hausser les talons. On se tiendra immobile et silencieux, en pensant à être acquitté par l’officiant. L’officiant de son côté doit dire “Qadoche! etc.” d’une voix plus forte que l’assemblée, afin que ceux qui n’ont pas fini la ‘Amida l’entendent, et il doit penser à les acquitter.

La bénédiction des Cohanim

>> La valeur de la bénédiction des Cohanim

Rabbi Yéhochoua ben Lévi disait: "D’où sait-on que Dieu désire la bénédiction des Cohanim? Parce qu’il est dit: "Ils imposeront Mon Nom sur les enfants d’Israël et Moi, Je les bénirai". Il disait aussi: Tout Cohen qui bénit l’assemblée, est béni ; mais celui qui ne bénit pas, n’est pas béni, ainsi qu’il est dit: "Et Je bénirai ceux qui te bénissent". Il disait encore: tout Cohen qui ne monte pas sur l’estrade pour bénir le peuple transgresse trois commandements: "Ainsi vous bénirez", "Dis-leur", et "ils imposeront Mon nom".

1. Lorsque l’officiant commence la bénédiction de “Rétsé”, tout Cohen présent à la synagogue doit se déplacer en direction de l’estrade (là où les Cohanim bénissent), même s’il n’atteindra cet endroit qu’après la conclusion de la bénédiction. Il est bon que le Cohen en quittant sa place récite le passage “Léchème yi’houd”.

2. Si un Cohen n’a pas quitté sa place avant le début de “Modime”, il ne peut plus réciter la bénédiction, même s’il en a été empêché malgré lui. Il devra quitter la synagogue tout le temps de la bénédiction.

3. Bien que les Cohanim se soient déjà lavés les mains le matin, ils doivent le faire à nouveau avant de monter sur l’estrade. Pour cela, ils se verseront de l’eau jusqu’au poignet à l’aide d’un ustensile, et non du jet même du robinet. Il n’est pas nécessaire de verser de l’eau à trois reprises, une seule fois suffira. Le jour de Kippour et du 9 Av, les Cohanim se lavent les mains de la manière habituelle, et non pas jusqu’aux phalanges seulement.

4. Le lavage des mains doit se faire avant que l’officiant n’arrive à “Rétsé”, afin que le Cohen soit prêt à quitter sa place dès “Rétsé”. À posteriori, si le Cohen s’est lavé les mains après “Rétsé”, il pourra monter sur l’estrade.

5. Il est bon que ce soit un Lévi qui verse l’eau sur les mains des Cohanim, le Lévi devant auparavant verser de l’eau sur ses propres mains. S’il n’y a pas de Lévi, ce sera un aîné qui versera l’eau sur les mains des Cohanim. (Celui qui n’est ni Lévi ni aîné ne pourra pas le faire.) Il est cependant interdit à un Lévi ou un aîné érudits de verser l’eau sur les mains d’un Cohen ignorant.

6. En cas de force majeure, comme dans le cas où il n’y a pas d’eau, les Cohanim peuvent s’appuyer sur l’ablution des mains effectuée le matin, à condition qu’ils aient veillé à garder leurs mains propres.

7. Après avoir répondu le “Modime dérabbanane”, le Cohen récite la prière suivante: “Yéhi ratsone etc.” (Que ce soit Ta volonté, Hachem notre Dieu et Dieu de nos ancêtres, que cette bénédiction dont Tu nous as ordonné de bénir Ton peuple Israël, soit une bénédiction parfaite. Que ne s’y trouvent ni entRave, ni faute, maintenant et à jamais), comme cela est écrit dans les siddourim. Le Cohen doit rallonger cette bénédiction pour terminer au moment où l’officiant conclut “oulkha naé léhodote”, afin que le Amen des fidèles porte sur les deux bénédictions.

8. Après avoir dit le mot “béahava”, les Cohanim se tournent vers la droite pour faire face à l’assemblée en étendant leurs bras à la hauteur des épaules, tout en surélevant un peu la main droite par rapport à la gauche. Ils écartent leurs doigts de manière à laisser cinq espaces: entre le majeur et l’annulaire de chaque main, entre l’index et le pouce et entre les deux mains. Leurs mains seront paume face au sol.

9. Certains kabbalistes ont l’habitude de laisser un espace entre chacun des doigts de la main ainsi qu’entre les mains, les doigts étant tendus vers le haut et les mains élevées au niveau de la tête. LeRav Ben-Tsion Abba Chaoul a opté pour un avis médian: laisser de grands espaces entre le majeur et l’annulaire et entre le pouce et l’index, et de petits espaces entre les autres doigts.

10. Lorsque les Cohanim disent: “Yévarékhékha”, “Véyichmérékha”, “Élékha”, “Vi’hounéka”, “Élékha”, “Lékha” et “Chalome”, ils doivent se tourner vers la gauche et vers la droite, montrant par-là que leur bénédiction s’étend aussi sur les fidèles se tenant sur les côtés. Les mots concernés sont ceux se terminant par le son “kha” ainsi que “Chalome”. De son côté, l’officiant ne fera pas ces mouvements en épelant les mots aux Cohanim, car la bénédiction ne vient pas de lui mais desCohanim. (En l’absence de “Cohanim, “lorsque l’officiant récite lui-même la bénédiction pontificale, il inclinera la tête à droite en disant “Yévarékhekha”, et à gauche en disant “Véyichmérékha”).

11. En présence de deux Cohanim ou plus (ayant atteint la majorité religieuse), l’officiant doit appeler: Cohanim!", et les fidèles répondent: “’Am quédochékha” (Peuple saint). Puis, les Cohanimrécitent la bénédiction: “Baroukh […] vétsivanou lévarekh èt ’amo Yisraèl béahava” (Qui nous as sanctifiés par la sainteté de Aharon, et nous as ordonnés de bénir Son peuple avec amour). S’il n’y a qu’un seul Cohen, il commence de lui-même à réciter la bénédiction, sans être appelé par l’officiant.

12. L’officiant doit attendre que les fidèles aient répondu Amen à la bénédiction préalable récitée par les Cohanim avant de leur épeler mot-à-mot la bénédiction pontificale. Dans certaines communautés, s’il y a au moins deux Cohanim, ils commencent d’eux-mêmes le premier mot “Yévarékhekha” de la bénédiction pontificale, puis l’officiant leur épèle les mots suivants. Cette habitude peut être conservée, mais les Cohanim doivent faire attention à ne commencer leur bénédiction qu’après leAmen des fidèles.

13. À chaque fois que les Cohanim prononcent le nom de Dieu, les fidèles répondent: “Baroukh hou ouvaroukh chémo”, et à la fin de chaque verset, ils répondent Amen. L’officiant doit attendre que les fidèles aient terminé de répondre avant de poursuivre la lecture.

14. L’officiant lui-même n’a pas le droit de répondre Amen ni “Baroukh hou ouvaroukh chémo” lors de la bénédiction des Cohanim.

15. Lorsque l’officiant débute “Sime chalome”, les Cohanim se retournent vers l’Arche Sainte par la droite et disent: “Ribbono chèl ’olame etc.” (Maître du monde! Nous avons accompli ce que Tu nous as ordonné, accorde-nous ce que Tu nous as promis. Jette un regard bienveillant depuis Ta sainte demeure, du haut des cieux, et bénis Ton peuple Israël" (Deutéronome 26,15)). Les Cohanim doivent prolonger ce passage jusqu’à ce que l’officiant conclue “hammévarekh èt ’amo Israël bachalome” et que les fidèles répondent Amen.

16. Un Cohen qui transgresse délibérément le chabbat en public ne montera pas sur l’estrade pour réciter la bénédiction. S’il est monté malgré tout, on ne l’en fera pas descendre, car il est important de préserver la paix.

17. Si l’officiant est Cohen mais qu’un autre Cohen est présent parmi l’assemblée, l’officiant ne bénira pas les fidèles, même s’il est certain qu’il saura poursuivre la répétition sans se tromper, et même de nos jours où les prières sont récitées avec un siddour. Cependant, si l’officiant est le seulCohen présent, et qu’il est sûr de pouvoir continuer la répétition là où il l’avait interrompue sans se troubler, il récitera la bénédiction des Cohanim. Il procèdera alors comme suit: il se déplace légèrement à “Rétsé”, poursuit la répétition jusqu’à “Oulkha naé léhodote”, puis monte sur l’estrade pour réciter la bénédiction, qu’un tiers lui dictera. S’il est difficile à l’officiant de monter sur l’estrade, il pourra réciter la bénédiction des Cohanim depuis sa place, devant le pupitre.

18. Celui qui a fait un rêve et ne sait pas s’il est bon ou mauvais, ou ne s’en rappelle plus, se tient face aux Cohanim lors de la bénédiction pontificale et dit: “Ribbono chèl ’olame etc.” (Maître du monde! Je suis à Toi et mes rêves t’appartiennent. J’ai fait un songe et j’en ignore la nature etc." ; cette prière se trouve dans le siddour), en s’efforçant de terminer ce passage au moment où lesCohanim concluent leur bénédiction par “Chalome”, afin que le Amen des fidèles couvre aussi sa supplique. S’il termine avant les Cohanim, il ajoute: “Addir bammarome etc.” (Majestueusement élevé et résidant avec puissance, Tu es la paix et Paix est Ton nom. Veuille donc faire résider la paix parmi nous).

Il est normalement interdit de lire des versets ou quoi que ce soit lors de la bénédiction pontificale, car "il ne convient pas qu’un serviteur ne soit pas attentif tandis que son Maître le bénit", selon l’expression de nos Sages. Cependant, dans ce cas, ce sera autorisé car en disant "Maître du monde! etc." on exprime l’espoir de voir son rêve se réaliser pour le bien, en vertu précisément de la bénédiction des Cohanim.

>> Bénir avec concentration

Dieu a dit aux Cohanim: "Ce n’est pas parce que Je vous ai demandé de bénir Mon peuple que vous allez le faire à la hâte et avec confusion! Faites-le plutôt avec concentration, afin que la bénédiction règne parmi eux".

Le Vidouï et la Néfilat appayime (Ta’hanoune)

> Le ta’hanoune.

1. Immédiatement après la répétition de la ‘Amida, on récite le Vidouï (confession des fautes) puis les treize Attributs de miséricorde de Dieu, suivis de la “Néfilat appayime” (en récitant “Lédavid élékha”). Cet ordre a un sens particulier selon la Kabbalah. Tous ces passages sont considérés comme le prolongement de la répétition de la ‘Amida, c’est pourquoi il est interdit de parler et même de prononcer des paroles de Torah, jusqu’à la fin de la “Néfilat appayime”.

2. Néanmoins, on doit s’interrompre afin de répondre avec les fidèles à “Barékhou”, au qaddiche ou à la kedoucha, même au milieu de la “Néfilat appayime”. Quant à répondre Amen sur une bénédiction, selon certains avis, on répondra Amen entre la répétition et la “Néfilat appayime”, mais pas au milieu de la “Néfilat appayime”. C’est l’avis du Roch Yéchiva Rav Méir Mazouz. D’autres soutiennent qu’on peut s’interrompre pour cela même au milieu de la “Néfilat appayime”, comme le pense le” Richone létsiyone” Rav ’Ovadia Yossef. D’après toutes les opinions, on peut répondre à tout à partir du passage “Avinou malkénou” et jusqu’à la fin de la prière.

3. Avant de se confesser, on doit prendre conscience que l’on va accomplir un précepte de la Torahcomme il est dit: "Ils confesseront les fautes qu’ils auront commises" (Nombres 5,7). Il faut se confesser en étant debout. De même, toutes les supplications que l’on ajoute le lundi et le jeudi doivent être récitées debout. On ne doit pas prendre appui sur quelque chose (de manière à perdre l’équilibre si l’objet était retiré), sauf pour une personne âgée ou malade.

4. On doit veiller à réciter les treize Attributs de miséricorde posément et avec ferveur. Celui qui prie seul n’a pas le droit de les réciter en tant que prière ou demande de miséricorde, car ces Attributs font partie des prières nécessitant un minyane pour être récitées, comme le qaddiche. Il les lira toutefois avec les Té’amime des versets de la Torah. (Celui qui ne sait pas les lire avec lesTé’amime les lira de la façon dont il récite des versets, et non avec l’intonation propre à la prière). Quant aux treize Attributs récités durant les supplications des lundis et jeudis, il se contentera de les penser uniquement.

5. Quand on dit “Vaya’avor”, on doit se prosterner quelque peu, puis on se redresse en disant “A-donaï, Adonaï”. Il est bon de réciter “A-donaï, A-donaï” à haute voix mais sans exagérer, pour ne pas donner prise à la moquerie.

6. Il faut veiller à marquer une pause entre les deux “A-donaï”. Cela a un sens profond d’après laKabbalah.

7. Il faut s’asseoir pour réciter “Lédavid élékha” (après avoir dit “Ra’houme vé’hanoune” en position debout). Si aucune place assise n’est disponible, on doit s’appuyer sur un mur ou un objet (de manière à ne pouvoir rester debout si le support était retiré). La majorité des communautés séfarades n’ont pas l’habitude de s’incliner pendant la “Néfilat appayime”. Celui qui veut prendre cette habitude, inclinera la tête au-dessus du bras gauche, mais sans l’enfouir entièrement.

8. Certains ont coutume de réciter le psaume 121: “Chir lamma’alot” après la “Néfilat appayime”. Les lundis et jeudis, ils le réciteront à la fin des supplications.

9. Voici la liste des jours pendant lesquels on ne dit pas Ta’hanoune: les jours de Roch ’Hodèche, tout le mois de Nissane, le 14 “Iyar (« Péssa’h chéni), “Lag ba’omer”, du 1er au 12 Sivane inclus, le 9 Av, le 15 Av, la veille de Roch Hachanna, la veille de Kippour, depuis la fin de Kippour jusqu’à la fin du mois de Tichri, les jours de ‘Hanouka, le 15 “Chevat (Tou bichvat”), le jour de “Pourime” et de “Pourime Chouchane” (les années embolismiques, les 14 et 15 du mois de “Adar I”). La coutume à Tunis est de ne pas réciter de Ta’hanoune le jeudi précédant la lecture à la Torah de la section de “Ytro”.

10. On ne se confesse pas non plus durant la prière de Min’ha qui précède un de jours mentionnés ci-dessus, excepté les veilles de Roch Hachanna et de Kippour.

11. Lorsqu’on organise un repas en l’honneur d’un “siyoum massékhète” (conclusion de l’étude d’un traité du Talmud), on ne fait pas de “Vidouï “ni de “Néfilat appayime” dans la prière récitée juste avant ou après le “siyoum”, même si un seul membre de l’assemblée a effectivement étudié, car tout le monde participe à sa joie. Ceci est valable en particulier si, à cette occasion, le qaddiche et lakedoucha sont chantés comme un jour de fête.

12. On ne récite pas Ta’hanoune dans la synagogue où a lieu une circoncision. De même, si à l’office participent le père de l’enfant, le Sandaq ou le Mohel, ou encore un marié dans ses sept jours de noces, on ne récite pas Ta’hanoune. On a aussi l’habitude de ne pas le réciter en présence d’un enfant qui fête sa “bar-mitsva”.

13. Les règles énoncées ci-dessus sont valables pour un jour de semaine régulier. Cependant lorsque c’est un jour de jeûne public, on récite le Vidouï, les treize Attributs, “Lédavid élékha”, ainsi que les supplications spécifiques aux jours de jeûne, en omettant juste le passage de “Véhou ra’houme". Le marié ou les acteurs de la circoncision eux-mêmes ne récitent rien.

14. Ceux qui prient dans une maison d’endeuillés ne récitent pas le Vidouï ni la “Néfilat appayime” durant les sept jours de deuil. Même si les endeuillés ne sont pas présents, il est d’usage de ne pas les réciter dans la demeure du défunt. Cependant, si l’endeuillé se rend à la synagogue, on doit réciter leTa’hanoune comme de coutume. Une exception est faite concernant la veille du septième jour de deuil, lorsque les endeuillés se rendent à la synagogue pour prier Min’ha et ‘Arvit, et que de nombreuses personnes se rassemblent afin d’entendre des paroles de Torah ainsi que l’oraison funèbre du défunt et lui rendre hommage ; dans ce cas, on ne récite pas le Ta’hanoune.

> Lecture de la Torah les lundis et jeudis

15. Moché notre maître a institué la lecture de la Torah le chabbat, les lundis et les jeudis à l’office du matin, afin de ne pas rester trois jours consécutifs sans entendre des versets de la Torah. Ezra le Scribe a rajouté qu’il y ait trois personnes qui montent à la Torah le lundi et le jeudi, et qu’un minimum de dix versets soit lu.

>> Les lois relatives à l’ouverture de l’arche sainte et à la lecture de la Torah seront détaillées au chapitre 31.

>> Origine de la supplication "Véhou ra’houme" que l’on récite les lundis et jeudis

Une histoire est rapportée concernant un bateau d’exilés juifs en provenance de Jérusalem qui accosta dans un royaume étranger. Interrogés par le roi sur leur origine, ils répondirent qu’ils arrivaient de la Terre sainte. Le roi voulut alors les mettre à l’épreuve, comme le furent ’Hanania, Michaël et ’Azaria qui furent jetés dans une fournaise. Les juifs lui demandèrent un délai de trente jours, que le roi leur accorda. Ils décidèrent de jeûner pendant ces trente jours et de se raconter les rêves qu’ils feraient durant cette période. A la fin des trente jours, une personne âgée craignant le Ciel rapporta son rêve: "J’ai vu que l’on me citait un verset de la Torah comprenant deux fois le mot « lorsque » - en hébreu, et trois fois le mot « pas »

Une personne érudite qui se trouvait lui répondit alors: "Il s’agit certainement de ce verset des Prophètes (Isaïe 43,2):

"Lorsque - tu passeras par les eaux – Je serai avec toi ; par les fleuves – tu ne te noieras pas, lorsque - tu tRaverseras le feu – tu ne seras pas - brulé ; dans les flammes – tu ne t’enflammeras pas"

Ainsi, conclut l’érudit: tu mériteras sans aucun doute d’être sauvé de tout péril.

À la fin des trente jours, le roi ordonna de préparer une grande fournaise sur la place publique, et la personne âgée ayant fait le rêve pénétra dans les flammes. Il y eut alors un miracle: les flammes se divisèrent en trois et trois âmes de Justes vinrent à la rencontre de la personne âgée, et louèrent Dieu en récitant la supplication: "Véhou ra’houme etc.…" Le premier des Justes a récité ce passage jusqu’à: "Anna mélèkh ra’houme", le second jusqu’à "ène kamokha", et le troisième jusqu’à la fin. C’est pourquoi nos Sages ont institué de réciter ce passage les lundis et jeudis qui sont des jours de justice divine.

Ouva létsiyone et fin de la prière.

> Ouva létsiyone et fin de la prière.

1. Avant de commencer “Achré yochevé vétékha”, il est bon de palper ses Téfilines du bras et de la tête, et de les embrasser.

2. Rabbi Yéhochoua témoigna: depuis que la destruction du Temple, chaque jour apporte sa malédiction. Et Rava d’ajouter: chaque jour amène une malédiction plus grande que le précèdent, comme il est dit: "Le matin tu diras: Qui pourra ramener la nuit dernière ; et la nuit tu diras: Qui pourra ramener le matin" (Deutéronome 28,67). Sur quoi le monde tient-il donc? Sur la “kedoucha déssidra”, et sur le “Amen, yéhé chéméh rabba “récité après une étude publique. La “kedoucha déssidra” est la kedoucha que l’on dit dans la section de “Ouva létsiyone. C’est pourquoi il faut veiller à la réciter avec ferveur.

3. Il est interdit de quitter la synagogue avant d’avoir répondu à la “kedoucha déssidra”.

4. Les fidèles doivent s’asseoir durant la “kedoucha déssidra”. A priori, il faut répondre cette “kedoucha “avec le reste de l’assemblée. Cependant, si on n’y parvient pas, on peut la réciter seul, comme une simple lecture des versets des prophètes avec leur traduction araméenne. Il sera préférable dans ce cas, de lire les versets avec leurs Té’amime.

5. En introduisant le cantique du jour par la phrase: “Hayyome yome etc.” (Aujourd’hui, [nous sommes] tel jour de la semaine), on pense à s’acquitter du précepte de la Torah de se souvenir du jour de chabbat, qui consiste selon nos Sages à compter les jours de la semaine à partir du chabbat.

6. Les qaddiches précédant “Qavé” et “’Alénou léchabbéa’h” font partie intégrante de la prière, ils doivent donc être récités par des hommes majeurs. C’est pourquoi, s’il n’y a pas d’endeuillé majeur, ou si l’endeuillé ne sait pas réciter correctement le qaddiche, ou encore s’il s’agit d’une personne qui transgresse le chabbat en public, l’officiant ou un autre homme adulte devra réciter le qaddiche avec lui afin d’acquitter l’assemblée.7. “Ène kélohénou” est une merveilleuse louange à Dieu qui renferme un sens ésotérique profond. Ce passage doit être récité posément et avec concentration. À sa suite, on lit avec ferveur le “Pitoume haketoret” en tachant d’en comprendre le sens. L’importance de ce passage est notoire.

8. Il est bon d’exposer deux courtes “halakhot” avant la lecture du “Tana dévé éliyahou”, car cette étude permet de mériter le monde futur. Il faut cependant veiller à ne pas peser sur les fidèles, et les amener à quitter la synagogue avant la fin de l’office. Certains ont l’habitude d’exposer les “halakhot” après “’Alénou léchabbéa’h” et de conclure par le “qaddiche ’al Yisraèl”. Dans tous les cas, on agira avec perspicacité, afin de donner des mérites à la communauté de manière agréable.

9. Le qaddiche qui précède “’Alénou léchabbéa’h” est appelé qaddiche de l’endeuillé". Toute personne qui a perdu son père ou sa mère est tenue de le dire, durant l’année suivant le décès de ses parents, ainsi qu’à la date d’anniversaire de leur décès les années suivantes. L’habitude est de commencer la récitation de ce qaddiche depuis la veille du chabbat précédant cette date. Ce “qaddiche “est bénéfique pour le défunt, car il le sauve de l’enfer et le fait pénétrer au paradis ou il pourra s’élever de niveau en niveau.

10. Tout endeuillé peut poursuivre la récitation de ce qaddiche même après que douze mois se soient écoulés depuis le décès. En effet, même si le défunt se trouve au paradis, il mérite d’accéder à des niveaux plus élevés. Cependant, dans le cas où il y a déjà d’autres endeuillés qui récitent ce qaddiche, il convient de s’en abstenir, afin de ne pas troubler l’assemblée par un grand nombre de personnes récitant le qaddiche. Par contre, s’il n’y a pas d’autre endeuillé, c’est un mérite de le réciter et d’en faire bénéficier la communauté. Dans le cas où il n’y a pas d’endeuillé ou que le seul endeuillé présent n’est pas “bar-mitsva”, c’est l’officiant qui dira ce qaddiche.

>> L’importance du qaddiche

On rapporte l’histoire de Rabbi ’Aqiva qui, étant isolé dans un désert afin de réviser son étude, rencontra un homme dénudé et noir comme du charbon, courant comme un coursier, et portant une charge de bois sur son épaule. Rabbi ’Aqiva le somma de s’arrêter, et l’autre s’exécuta. L’homme lui dit alors: "Je suis déjà mort. Les anges malfaisants qui sont responsables de moi m’obligent chaque jour à couper du bois, puis me brûlent avec, pour me punir d’avoir transgressé tous les commandements de la Torah". Rabbi ’Aqiva lui demanda s’il existait un remède à ses maux. L’homme lui répondit que si son fils récitait le qaddiche et Barékhou, il serait épargné de ce supplice. Rabbi ’Aqiva s’enquit de son nom et de sa ville natale et partit à la recherche du fils, lequel était encore incirconcis. Rabbi ’Aqiva circoncît le fils et commença à lui apprendre la Torah, mais ce dernier ne parvenait pas à suivre. Rabbi ’Aqiva jeûna alors durant quarante jours en implorant l’aide du Ciel et une voix céleste lui fit savoir que sa demande avait été acceptée. Rabbi ’Aqiva enseigna de nouveau au fils la Torah, le Chéma, la prière, le Birkat hamazone, et le fils put alors réciter le qaddiche devant une assemblée. Au même instant, le père défunt fut sauvé des affres de l’enfer. Ce dernier vint en rêve à Rabbi ’Aqiva et lui dit: "Mon maître! Que ton âme repose au paradis comme la mienne s’y trouve, puisque tu m’as sauvé de l’enfer". Et Rabbi ’Haïm Vital ajoute dans le "cha’ar hakavanote" au nom du Ari zal , que le qaddiche est récité non seulement pour être sauvé de l’enfer, mais aussi pour progresser de niveau au paradis.

11. Lorsque plusieurs personnes récitent le qaddiche ensemble, elles doivent veiller à le prononcer à l’unisson. Il est recommandé que seul l’une d’entre elles récite le qaddiche à haute voix et que les autres l’accompagnent à voix basse.

12. On doit réciter le passage de “’Alénou léchabbéa’h” debout et avec une grande ferveur puisqu’il s’agit d’une louange merveilleuse et sublime, qui contribue à l’acceptation de la prière. Il faut le lire avec crainte et enthousiasme puisque le Saint Béni soit-Il, Sa cour et tous les êtres célestes proclament en l’entendant: "Heureux le peuple qui jouit d’un tel sort! Heureux le peuple qui reconnaît Hachemcomme son Dieu!" C’est Yéhochoua’ qui a composé cette glorification lorsqu’il conquit la ville de Jéricho. Les deux paragraphes de “’Alénou léchabbéa’h” et de “’Al kène néqavé lékha” débutent par la lettre “’Ayin” et se terminent par la lettre “Dalète”, formant le mot “’èd” (témoin): ces passages sont les deux témoins de notre prière. Notre maître le Ari zal a fortement recommandé de ne pas retirer les Téfilines avant la fin de “’Alénou léchabbéa’h”.

13. Après “’Alénou léchabbéa’h”, il est bon de dire le verset (Exode 15,26): “Vayomère im chamoa’ etc.” (Il dit: Si tu écoutes avec attention la voix de Hachem ton Dieu etc.). De même, il est recommandé de réciter les treize articles de foi afin de renforcer sa croyance en Dieu. On mentionnera aussi chaque jour les dix évènements dont on est tenu de se rappeler, car par cela, on accomplit plusieurs commandements positifs de la Torah. Il faudra lire ce texte avec concentration.

14. Il ne faut pas sortir de la synagogue en tournant le dos à l’Arche sainte. Il convient de se tenir devant la porte de sortie, face à l’Arche, et dire: "Éternel! Dirige-moi dans Ta justice à cause de mes adversaires, rends Ton chemin uni devant moi" (Psaumes 5,9). Puis, on se prosterne et on sort à reculons.

Déroulement de la journée

Perçois-Le dans toutes tes voies (Proverbes 3,6)

> Déroulement de la journée

1. Après la prière, on s’efforcera de lire la section quotidienne du “’Hoq lé-Israël”. C’est une compilation riche et parfaite instituée par notre maître le Ari zal. Par cela, on mérite en peu de temps (une dizaine de minutes) de lire des versets de la Torah, des Prophètes et des Hagiographes, d’étudier des textes de la Michna, de la Guémara et du Zohar, de la morale et des lois pratiques. Toute personne qui craint Dieu fera de cette lecture une obligation à laquelle il ne dérogera pas, car elle est d’un grand bénéfice pour l’âme. Concernant les versets de la Torah, il faut lire deux fois chaque verset et une fois sa traduction araméenne. Pour les Prophètes et des Hagiographes, ce sera une fois chaque verset avec sa traduction araméenne.

2. Après avoir achevé sa prière, on doit se fixer un moment pour étudier la Torah. Il faut que ce temps d’étude soit constant et on ne doit pas y renoncer, même si l’on pense pouvoir faire d’importants bénéfices à ce moment. Si on ne sait pas étudier, on se rendra dans une maison d’étude et consacrera du temps à apprendre des lois pratiques ou à lire des textes de morale, ou encore on suivra un cours de Torah. Quoi qu’il en soit, il faut au minimum prendre soin de lire le “’Hoq lé-Israël” immédiatement après la prière.

3. Avant de débuter l’étude, il convient de prendre une pause pour le petit-déjeuner. Il est recommandé de s’habituer à consommer du pain chaque matin, c’est-à-dire de manger juste après la prière un cabbétsa de pain (54 cm3) et de boire de l’eau ou une autre boisson (naturelle et bonne pour la santé), de préférence une boisson chaude. Nos sages ont dit dans le Talmud: "Quatre-vingt-trois maladies sont liées à la bile, et toutes sont éliminées par la consommation de pain et d’un broc d’eau le matin". Il est bon de prendre de bonnes habitudes pour la santé, afin d’être sain et vigoureux pour le service de Dieu.

4. Nos Sages ont encore dit: "Consommer du pain le matin a treize vertus: cela épargne l’homme des chaleurs, du froid, des vents, des êtres malfaisants, l’assagit, lui fait gagner ses procès, lui fait mériter d’étudier la Torah et de l’enseigner, ses propos seront considérés, son étude sera maintenue, sa chair ne s’échauffera point […] les vers de ses entrailles seront tués". Certains ajoutent que cela repousse la jalousie et favorise l’amour.

5. Après l’étude, on s’occupera de son gagne-pain car "toute étude sans travail est amenée à être abandonnée et entraine la faute" (“Maximes des Pères” 2,2), et la pauvreté mène à la malhonnêteté. Ainsi, nos Sages ont dit dans le Talmud: "Rabbi Pin’has bar ’Hama enseignait: La pauvreté à l’intérieur d’un foyer est plus pénible que cinquante plaies". Ils ont aussi enseigné: Le souci d’un homme au sujet de sa subsistance lui pèse tant, qu’elle lui fait oublier toute autre pensée, y compris les pensées deTorah, comme il est dit: "Il fait échouer les projets des Sages, leurs mains n’exécutent pas avec sagesse" (Job 5,12). Cependant, il faut veiller à ce que le travail ne prédomine pas l’étude, mais le contraire, et on verra la réussite dans les deux domaines.

6. Il convient de faire son travail honnêtement, sans vol ni ruse ou escroquerie. Il faut prendre garde à ne pas mentionner le nom de Dieu en vain, car cela amène la mort! (à Dieu ne plaise). Il faut éviter de prononcer tout serment, même véridique. Nos Sages ont dit: "Le roi “Yanaï” possédait mille villes, et toutes furent anéanties car leurs habitants avaient coutume de jurer, bien qu’ils accomplissaient ensuite leur serment".

7. On doit penser que notre travail nous aide à nourrir notre femme et nos enfants, ce qui est un précepte de la Torah. On doit aussi penser que notre travail nous aide à étudier la Torah sans souci, à soutenir ceux qui se dévouent entièrement à la Torah, et à accomplir la bienfaisance et la charité.

8. On ne doit pas profiter de ce monde pour sa jouissance personnelle, mais on doit le faire pour servir Dieu, comme dit le verset: "Perçoit-Le dans toutes tes voies", et nos Sages de commenter: toutes nos actions doivent être “Léchème chamayime” (pour le Nom de Dieu). Même des actes anodins comme manger, boire, marcher, s’asseoir, se lever, converser, et tous les autres besoins corporels, doivent être effectués pour servir Dieu, ou en tant que moyens pour atteindre ce but. Si une personne ayant faim ou soif, mange et boit pour assouvir son envie, ce n’est pas louable ; il convient de le faire dans le but de vivre et de servir Dieu. De même, pour dormir: il est évident qu’il ne faille pas paresser au lit au détriment du service de Dieu ; mais même étant fatigué, il convient de dormir non pas pour donner du plaisir à son corps, mais pour se ressourcer afin de garder la force, la concentration et la tranquillité d’esprit nécessaires à l’étude de la Torah et à l’accomplissement des mitsvot. Pareillement, pour ce qui est de la conversation: même en s’entretenant de propos de sagesse, il faut garder à l’esprit que l’on parle pour le service de Dieu. Telle doit être la démarche pour toute jouissance matérielle: il ne faut pas en profiter de manière brute, mais les considérer comme un moyen pour avoir la sérénité et la tranquillité d’esprit nécessaires pour servir Dieu. Tout homme doit donc examiner ses actes et soupeser ses actions afin d’accomplir tout ce qui le rapproche du service de Dieu, et s’abstenir dans le cas contraire. En suivant cette règle, on sert notre Créateur en permanence, de sorte que même le fait de manger, boire, ou dormir, sera considéré comme l’équivalent d’une mitsva!

Lois du langage, Chmirat halachon

> Abrégé des lois du langage.

1. La Torah nous interdit de dire de la rékhiloute (colportage) ou du lachon hara’ sur son prochain. C’est une faute très grave, au point que nos Sages l’ont comparée à l’idolâtrie, la débauche et le meurtre.

2. Celui qui rapporte à son prochain qu’un tiers a dit du mal de lui ou lui a causé du tort, transgresse la faute de rékhiloute, même si toutes les informations sont véridiques. Il n’y a aucune différence si ce tiers est présent ou non.

3. Celui qui expose les tares de son prochain, en disant par exemple: "Réouven est avare", transgresse la faute de lachon hara’, même si cela est vrai.

4. Il n’y a aucune différence concernant la nature des propos péjoratifs tenus ; qu’ils concernent les traits de caractères d’une personne (Réouven est avare), ses qualités (Réouven est bête), ses actes (Réouven fraude le fisc), ses fautes envers le prochain (Réouven ne tient pas compte des règles du langage), ou ses fautes envers Dieu (Réouven ne respecte pas bien le chabbat convenablement), ils consistent en du lachon hara’. Le fait que la personne soit présente ou non ne modifie en rien l’interdiction.

5. Celui qui rapporte de la rékhiloute ou du lachon hara’ sur son prochain en ajoutant des détails mensongers, transgresse une faute encore plus gRave et il est qualifié de “Motsi chème ra’” (diffamateur).

6. Tout comme la Torah nous interdit de dire du lachon hara’, elle nous interdit d’en écouter. C’est pourquoi, si on entend quelqu’un dire du lachon hara’ ou de la rékhiloute, on a l’obligation de l’interrompre, et si cela est impossible, de quitter les lieux afin de ne pas l’écouter.

7. Celui qui, par erreur, a entendu du lachon hara’, n’a pas le droit de croire ce qu’il a entendu, ce qui serait un interdit de la Torah. Il y a donc en tout trois interdits:

- l’interdit de dire du lachon hara’ ou de la rékhiloute.- l’interdit d’écouter” du lachon hara’ ou de larékhiloute.- l’interdit d’accepter et de croire” du lachon hara’ ou de la rékhiloute.

8. Dans certains cas, dire du mal de quelqu’un peut être constructif: on a alors le droit (et parfois même l’obligation) de dire ou d’écouter des informations péjoratives. Par exemple, si notre objectif est de venir en aide à la personne concernée ou de protéger son entourage de préjudices qu’elle peut causer, les propos tenus, bien que péjoratifs ne sont pas considérés comme du lachon hara’ car ils permettent d’atteindre un but constructif. (Malgré cela, celui qui écoute ces propos ne doit pas les considérer comme certains, mais seulement supposer leur véracité. On ne peut se fier entièrement à une information qu’en cas de déposition faite par deux témoins devant un tribunal rabbinique).

9. Il y a quatre cas de figures qui justifient la tenue de propos péjoratifs:

a. Permettre aux auditeurs de se protéger d’un préjudice.b. Agir pour le bien de la personne en question, en rapportant par exemple des faits à son père ou à son maître afin qu’ils puissent le corriger.c. Mettre fin à une querelle.d. Aider d’autres personnes à tirer leçon des erreurs commises par la personne en question.

10. Après avoir vérifié que l’intention est constructive, il faut encore remplir ces sept conditions:

a. Avoir personnellement vu ou entendu ce que l’on rapporte. (Dans certains cas, il suffira de préciser clairement que les informations ne sont pas de première main ; on interrogera un Rav au préalable.)

b. L’action rapportée est indubitablement négative, sans aucune possibilité d’être interprétée positivement.c. Au préalable, on doit essayer de réprimander avec douceur le fauteur afin qu’il cesse ses mauvaises actions. C’est seulement si la réprimande n’a pas eu d’effet qu’on peut alors en parler à d’autres. (On est néanmoins dispensé de lui en faire la remontrance si on sait que le fauteur ne reçoit pas les réprimandes. Dans ce cas, on ne pourra rapporter les faits que devant trois personnes, sauf si on craint des représailles de la part du fauteur, auquel cas, on pourra les raconter devant une seule personne).d. Il n’y a pas d’autre moyen d’arriver au résultat constructif.e. Les propos qu’on tient ne lui causent pas de préjudice supérieur à ce que la Torah le condamne.f. L’intention de celui qui raconte doit être désintéressée et dans un seul but constructif.g. Il est interdit d’"enrichir" le récit, comme exagérer les faits ou les commenter ; il faut rapporter les choses telles qu’on les a observées.Après avoir vérifié que toutes les conditions ci-dessus sont remplies, on a le devoir de rapporter ce qu’on a vu ou entendu. Si l’une des conditions fait défaut, il faudra poser la question à un Rav.

11. Si on a dit du lachon hara’ ou de la rékhiloute sur son prochain et que l’on désire se repentir, on doit agir comme suit:

a. Si nos propos n’ont eu aucune conséquence et ceux qui les ont écoutés n’ont pas cru les informations rapportées, il faut se repentir uniquement devant Dieu. Cela comprend trois étapes: la confession, le regret et la décision de ne plus récidiver. On doit se confesser en disant: "J’ai péché, j’ai fauté, j’ai transgressé et dit du lachon hara’. On doit regretter sincèrement ses actes, et décider de ne plus dire de lachon hara’ dans le futur.b. Si ceux qui écoutent ont cru les propos rapportés, même si aucun dommage n’a encore été causé à la personne sur laquelle on a parlé, on doit agir auprès des auditeurs dans le but d’inverser le processus et empêcher tout préjudice à cette personne. Puis, on doit se repentir en suivant les trois étapes mentionnées au paragraphe précédent.c. Si ceux qui ont écouté les propos les ont crus, ont déjà causé des préjudices à la personne, mais que cette dernière ne sait pas qui en est la cause, on doit lui révéler qu’on est l’auteur du tort causé et lui demander pardon. D’après certains avis, si cet aveu risque de causer de la peine à la personne, il est préférable de ne rien lui avouer, mais seulement se repentir selon les trois étapes susmentionnées.d. Si ceux qui ont écouté les propos les ont crus, et que cela a déjà porté préjudice à la personne et que cette dernière sait qui en est la cause, on doit lui demander pardon et l’obtenir, sous peine de garder cette faute. Il ne faut pas hésiter par gêne de son prochain, mais au contraire, s’empresser de lui présenter nos excuses, car il est préférable d’avoir honte dans ce monde ci que dans le monde futur. Après avoir obtenu le pardon de notre prochain, on doit se repentir devant Dieu.Il faut savoir que le mauvais penchant est très fort dans le domaine du lachon hara’, et on peut facilement y trébucher si on n’est pas suffisamment vigilant. Souvent, le mauvais penchant nous persuade qu’il est permis (voire louable) de tenir certains propos ou de parler du lachon hara’ sur une certaine personne. En réalité, avec un peu de sincérité et en mettant de côté tout intérêt personnel, on constate que ces arguments sont faux. Il est fortement conseillé d’étudier et de réviser les lois du langage (du livre ’Hafets ’Haïm ou autre) jusqu’à ce que préserver notre langue du mal devienne chez nous une seconde nature. C’est le moyen le plus sûr pour ne pas trébucher, et l’envie même de fauter dans ce domaine ne nous viendra plus.Si on a un doute dans ce domaine, il convient d’aller poser la question à un Rav “versé dans la matière. Un doute quant aux lois du lachon hara’ n’est pas moins gRave qu’un doute concernant un aliment interdit. Au contraire, nos Sages ont dit que celui qui dit du lachon hara’ attire sur lui et sur tout le peuple juif plus de malheurs que celui qui mange des aliments interdits. Ainsi a dit le plus sage d’entre les hommes [le roi Salomon]: "Celui qui garde sa langue et ses propos, se préserve de bien de maux (Proverbes 21,23).

Prière de Min’ha & Engagement à un jeûne

> Prière de Min’ha

Nos maîtres ont dit: Tout homme doit faire très attention à la prière de Min’ha, car ce n’est que lors de cette prière que fut exaucé le prophète Elie.

1. On peut commencer à prier Min’ha à partir de trente minutes après la mi-journée (‘Haçote) ; c’est ce qu’on appelle la “Min’ha guédola”. A priori, il convient de ne pas prier à cet horaire mais attendre que s’écoulent neuf heures et demi saisonnières depuis le début de la journée (ce qui correspond à deux heures et demi saisonnières avant le coucher du soleil) ; c’est ce qu’on appelle la “Min’ha qétanna”. Celui qui prie à “Min’ha guédola “est néanmoins acquitté à posteriori. Il existe cependant certaines occasions dans lesquelles on a le droit de prier “Min’ha guédola” à priori, comme nous allons le voir dans les paragraphes suivants (les horaires de “Min’ha guédola” et de “Min’ha qétanna” sont inscrits dans les calendriers).

2. Celui qui, l’après-midi, désire manger du pain ou du gâteau d’une quantité supérieure à cabbétsa(50 cm3), ou bien déjeuner d’un plat à base des cinq céréales comme des pâtes ou du couscous, doit auparavant prier Min’ha s’il n’a pas d’heure invariable à laquelle il fait cette prière et que personne ne pourra lui rappeler de prier. Ceci est valable même si n’est pas encore venu l’horaire de “Min’ha qétanna” ; on priera alors “Min’ha guédola”. Si toutefois on a l’habitude de prier Min’ha à une heure fixe, ou alors que l’on demande à une personne d’être notre "gardien" et de nous rappeler de prierMin’ha, il est permis de manger avant de prier, mais il reste quand même préférable de prier auparavant “Min’ha guédola”, selon le Richone létsiyone Rav ‘Ovadia Yossef. Le “Roch YéchivaRavMéïr Mazouz pense quant à lui que l’on peut prendre d’abord notre repas sans problème, pour prier ensuite “Min’ha qétanna”, tant que la prière est effectuée à un horaire fixe, et que telle a d’ailleurs toujours été la coutume dans les communautés séfarades, de prier “Min’ha qétanna” exclusivement.

3. En conséquence, d’après notre maître le Rav ‘Ovadia Yossef, un “kollel” ou une Yéchiva qui ont des horaires fixes respectivement pour le déjeuner et pour la prière de Min’ha, devront choisir de prier en premier lieu “Min’ha guédola”. D’après le deuxième avis, il leur faudra au contraire prier “Min’ha qétanna”. Cependant, si cela engendre une perte de temps pour l’étude de la Torah, comme en hiver où les journées sont courtes et que les étudiants seraient obligés d’interrompre leur étude pour prier “Min’ha qétanna”, il convient selon tous les avis de prier “Min’ha guédola” au début de la pause du midi.

4. Tout ce qui a été vu s’applique dans le cas d’un repas ordinaire. Cependant, si on s’apprête à s’attabler pour un repas considérable, comme lors d’une réception, on doit auparavant prier “Min’ha guédola”. On ne pourra pas compter sur un tiers qui nous rappellerait de prier.

5. Il est permis à priori de prier “Min’ha guédola” en cas de besoin, par exemple si on se trouve dans un lieu où un minyane est présent pour “Min’ha guédola” mais ne le sera pas pour “Min’ha qétanna”, ce qui nous obligerait à prier ailleurs. Pour la même raison, celui qui doit voyager et craint de prendre du retard en route, ou de ne pas trouver un minyane à destination, ou encore de ne pas pouvoir prier tranquillement à son arrivée vu la justesse de l’horaire, pourra prier “Min’ha guédola” à priori.

6. A priori, il faut achever de prier Min’ha avant le coucher du soleil. A posteriori, on pourra prier jusqu’à la sortie des étoiles, à la condition de pouvoir achever la ‘Amida du moins en majorité avant cet horaire. Dans le cas contraire, on n’est pas autorisé à prier Min’ha.

7. La sortie des étoiles survient selon nos Sages après le laps de temps nécessaire pour parcourir la distance de trois quart de” mile” à partir du coucher du soleil. Selon certains avis, ce délai est de dix-sept minutes après le coucher du soleil, le “mile” se parcourant entre vingt-deux minutes et demie et vingt-quatre minutes , Gaon de Vilna). Telle est aussi l’opinion du Roch Yéchiva Rav Méir Mazouz. D’autres sont d’avis que ce temps débute treize minutes et demie après le coucher du soleil. Le Richone létsiyone Rav ‘Ovadia Yossef partage cet avis, mais permet malgré tout de commencer sa‘Amida même si on ne pourra pas l’achever avant cet horaire, à condition toutefois que la majorité de la ‘Amida soit achevée dans les dix-huit minutes du coucher du soleil. (Cette permission concerne la‘Amida que l’on récite à voix basse mais pas la répétition – cf. paragraphe suivant).

8. Dans le cas d’une communauté qui est en retard pour la prière de Min’ha et qui ne pourra conclure la répétition de la ‘Amida avant la sortie des étoiles, on doit procéder comme suit: l’officiant lit à voix haute le passage de “A-donaï séfataï tifta’h” jusqu’à “Haèl hakadoche” en intercalant la kedouchacomme il se doit, et les fidèles l’accompagneront mot à mot à voix basse. Ensuite, chacun poursuivra sa ‘Amida à voix basse, de manière à terminer la prière avant la sortie des étoiles.

9. On peut réciter le Vidouï et les treize attributs de Miséricorde de la prière de Min’ha après le coucher du soleil, mais la coutume est de ne pas dire la “Néfilat appayime” (i.e. “Lédavid élekha etc.”). Cependant, le Richone létsiyone Rav ‘Ovadia Yossef est d’avis que puisqu’on ne récite plus ce psaume en position inclinée dans nos communautés, il est permis de le dire après le coucher du soleil.

10. Tout ce qui a été dit précédemment suit l’avis de l’ensemble des Sages de la Michna pour lesquelsMin’ha peut être récitée jusqu’au soir, et ‘Arvit à partir de la soirée. Cependant, selon le “Tana” Rabbi Yéhouda, la prière de Min’ha peut être récitée jusqu’au “Pélag hammin’ha”, c’est-à-dire la mi-temps de “Min’ha qétanna” (une heure et quart avant le coucher du soleil). Après cet horaire, c’est le moment de prier ‘Arvit. Le Talmud statue que l’on peut suivre l’un ou l’autre avis, à condition, précise le Choul’hane ’Aroukh, de s’en ternir au même avis de manière constante. Ainsi, si on a l’habitude de prier Min’ha jusqu’au coucher du soleil, on ne peut jamais prier ‘Arvit dès le “Pélag hammin’ha”. À l’inverse, si on a l’habitude de prier ‘Arvit à partir du “Pélag hammin’ha”, on ne peut plus prier Min’ha à cet horaire. De nos jours, puisqu’on a pris l’habitude de prier Min’ha jusqu’au coucher du soleil, on ne pourra pas prier ‘Arvit auparavant.

11. En cas de nécessité (ou bien le vendredi où il convient d’avancer l’heure de l’entrée du chabbat), même celui qui a l’habitude de prier Min’ha jusqu’au coucher du soleil pourra avancer la prière de‘Arvit avant le coucher du soleil, à condition d’avoir prié Min’ha ce jour-là avant le “Pélag hammin’ha”, car sinon il serait paradoxal de prier Min’ha et ‘Arvit dans la même tranche d’horaire. Dans un cas extrême, on pourra même permettre ce dernier cas afin de préserver la prière avecminyane, s’il y a lieu de craindre que l’attente entre les deux prières ne disperse les fidèles et qu’il soit impossible de constituer un nouveau minyane, ou toute autre raison semblable. Néanmoins, à priori, on doit dans ce cas prier Min’ha avant le “Pélag hammin’ha”.

12. Il y a une controverse quant au calcul du “Pélag hammin’ha”. Certains pensent que cet horaire tombe une heure et quart saisonnière avant le coucher du soleil ; pour d’autres, une heure et quart saisonnière avant la sortie des étoiles. L’avis retenu est de prendre en compte le coucher du soleil. C’est pourquoi, si on désire prier ‘Arvit avant le coucher du soleil, on doit faire attention de terminer la prière de Min’ha une heure et quart saisonnière avant le coucher du soleil. On pourra ensuite prier‘Arvit. L’horaire du “Pélag hammin’ha “indiqué dans les calendriers correspond généralement à cet avis.

13. Il faut se laver les mains (sans bénédiction) avant toute prière, même si celles-ci sont propres. Cependant, si on vient de le faire pour une autre raison, comme par exemple après avoir été aux toilettes, et qu’on a veillé à conserver ses mains propres de toute impureté, il ne sera pas nécessaire de le faire à nouveau. De même, celui qui s’est lavé les mains avant une session d’étude de Torahprécédant la prière, est dispensé de les laver à nouveau, car on fait attention à garder ses mains propres quand on étudie.

14. C’est une grande mitsva de faire partie des dix premiers arrivés à la synagogue, même pour la prière de Min’ha.

15. Notre maître le Ari zal avait l’habitude de mettre de l’argent à la “tsédaka” avant la prière de “Min’ha “également. Il donnait trois pièces, comme pour le matin à “Vayévarekh David”. Il est recommandé de le faire quand on récite dans le “Achré” les mots “oumassbi’a lékhol ’haï ratsone”.

> Les lois sur l’engagement à un jeûne

16. Une personne désirant accomplir un jeûne à titre privé, par exemple pour le jour d’anniversaire de décès d’un parent, ou à certaines dates particulières du calendrier, ou encore un jeûne décrété par la communauté pour conjurer un malheur, devra impérativement prononcer un engagement à jeûner la veille de ce jour, avant le coucher du soleil. S’il ne l’a pas fait, son jeûne ne sera pas considéré comme tel, et il ne pourra pas réciter le passage de “’Anénou” dans la ‘Amida.

17. Cet engagement à jeûner se récite donc la veille, dans la prière de” Min’ha”, soit dans la bénédiction de “Chéma’ qolénou” soit juste avant de faire les trois pas en arrière. On doit dire alors "Demain, je jeûnerai à titre privé. Puisse ma prière formulée lors de ce jeûne être acceptée". Il est bon de réciter la version plus détaillée, figurant dans les livres de prières avant “’Ossé chalome”.

18. Le Ben Ich Haï a institué un texte d’engagement au jeûne particulier pour ceux qui jeûnent le jour du décès de leurs parents, comme nous l’avons imprimé dans nos siddourim.

19. Celui qui fait un jeûne privé ne mentionne pas “’Anénou” dans la prière du matin, mais seulement dans la prière de Min’ha, dans la bénédiction de “Chéma’ qolénou”. En cas d’oubli, il pourra dire “’Anénou” après le dernier “yihyou lératsone” de la ‘Amida. S’il a complètement omis de le réciter, il ne recommence pas la ‘Amida.

20. A la fin de tout jeûne privé, il est conseillé de réciter la prière de “Ribbone ha’olamime” (rapportée dans le Talmud et dans le Choul’hane ’Aroukh) après le passage de “Élohaï nétsor” de la‘Amida de Min’ha (comme nous l’avons imprimé dans nos siddourim). 

Prière de ’Arvit & Prière de la lune

> Prière de 'Arvit

1. A priori, il convient de prier ‘Arvit après la sortie des étoiles. Cependant, en cas de besoin, on peut être moins strict et commencer la prière de ‘Arvit dès le coucher du soleil, en prenant soin de réciter à nouveau le “Chéma’ Israël” après la sortie des étoiles.

2. On a l’habitude de lire le psaume “Barékhi nafchi” avant la prière de ‘Arvit de Roch ’Hodèche. Le “Ba’al hatourime” explique le lien entre ce psaume et le début du mois (lunaire) par la présence du verset “’Assa yaréa’h lémo’adime” (Il a créé la lune pour marquer les temps). Une autre explication est donnée par le Zohar: les justes au paradis récitent ce psaume à chaque Roch ’Hodèche. Il y aussi une allusion supplémentaire à la néoménie dans ce psaume puisque les termes “’Assa yaréa’h lémo’adime” ont pour valeur numérique 793, qui est le nombre de fractions (“’halaqime) de la lunaison (la Lune faisant le tour de la Terre en 29 jours 12 heures et 793 “’halaqime”).

3. À la sortie du chabbat, on a l’habitude de réciter avant la prière de ‘Arvit le psaume “Lédavid baroukh A-donaï çouri” sur une mélodie particulière. Le Rav Israël Moché ’Hazan a fait remarquer que tous les juifs du monde, qu’ils soient d’Asie, d’Afrique ou d’Europe, séfarades, ashkénazes ou italiens, chantent tous ce psaume sur la même mélodie à quelques variations près. C’est pourquoi il pense que cet air provient d’une époque ancestrale, et il semblerait avoir été le refrain de guerre des soldats du roi David. Certains ont l’habitude de réciter aussi avant ‘Arvit d’autres versets et paumes, qui figurent dans les livres de prière.

4. Si on n’a pu prononcer les versets “A-donaï tsévaot ’imanou” ou “Véhou ra’houme” avant de répondre au “Barékhou”, on ne peut pas les dire entre “Barékhou” et le début de la prière, mais on les récitera après la prière.

5. Si on achève la bénédiction de “Hachkivénou” par “chomère èt ’amo Yisraèl la’ad” avant l’officiant ou le reste des fidèles, on doit répondre Amen à leur bénédiction, ainsi qu’à toute autre bénédiction.

6. Si on a prié avec tout juste dix hommes et que six d’entre eux ont terminé leur prière, on peut déjà réciter le qaddiche.

7. On doit s’efforcer de réciter avec ferveur le psaume 121 “Chir lamma’alot éssa énaï”, ce qui est une ségoula pour la réussite.

8. On avait coutume à Djerba de réciter “Kol Israël yéch lahèm ’hélèq la’olame habba etc.” (Tout Israël a une part au monde futur) après ‘Arvit (en Lybie, l’usage était d’ajouter aussi: “Amar Rabbi Chim’one ben Laqiche etc.”, soit: Rabbi Chim’one ben Laqiche disait: tout celui qui étudie la Torahde nuit, Dieu étend sur lui un fil de bonté le jour, comme il est écrit: "Puisse l’Eternel mettre Sa grâèvres, ma prière au Dieu vivant"). On conclut par “Rabbi ’Hanania ben ’Aqachia omère” et on récite le “qaddiche ’al Yisraèl”.

> Prière de la lune

>> Recevoir … la Présence Divine!

Rabbi A’ha bar ’Hanina rapportant les paroles de Rabbi Assé au nom de Rabbi Yo’hanane: Tout celui qui bénit le mois en son temps est considéré comme ayant reçu la Présence divine. Par ailleurs, nos Sages ont dit: reçois tout homme avec joie. Combien doit-on bénir sur la lune avec joie, puisqu’il s’agit de recevoir la Présence divine!

9. Celui qui voit la lune à son renouveau, en début de chaque mois, doit réciter la prière de la lune, afin de remercier Dieu de renouveler la lune, après qu’elle ait été soustraite à notre vue depuis la fin du mois précédent.10. La prière de la lune se récite de nuit, lorsque la lune brille et que l’on profite de son éclat. Pour cela, on attend que sa lumière éclaire, soit au minimum sept jours depuis la nouvelle lune (“molad”) ; elle nous apparait alors comme un demi-cercle et illumine radieusement la Terre. (Il y aussi une raison ésotérique à ce délai). Par exemple, si la nouvelle lune commence le lundi soir 1er Nissane à 20 heures, on peut faire la prière de la lune à partir du lundi soir de la semaine suivante, le 8 “Nissane “à partir de 20 heures. [Si durant la saison hivernale le ciel est constamment nuageux, comme en France, on risque de manquer totalement la prière de la lune en attendant systématiquement le huitième jour. On pourra dans ce cas permettre de la réciter à partir du quatrième jour, si l’occasion se présente.]

11. On peut réciter cette prière jusqu’au quinzième jour inclus à partir de la nouvelle lune (dans notre exemple, jusqu’au mardi soir 16 Nissane inclus). Le dernier soir, il peut arriver que l’on ait dépassé l’instant de la mi-lunaison (soit 14 jours 18 heures et 22 minutes après le “molad” ; dans notre exemple mercredi soir à 2h22 du matin), la lune étant entrée dans sa phase de déclin. Il y a alors une controverse: certains pensent que l’on peut quand même réciter la bénédiction, d’autres sont d’avis qu’on la dira sans mentionner le nom de Dieu.

12. On ne peut faire la prière de la lune si des nuages la recouvrent, même s’il s’agit de légers nuages, mais on attendra que la lune soit entièrement visible. Cependant, si cela risque de nous faire manquer la bénédiction, on peut bénir sur une lune même légèrement voilée, tant que sa lumière est apparente au travers du nuage.

13. Il est bien de faire la prière de la lune à la sortie de chabbat, puisqu’alors on est encore parfumé et dignement vêtu. Cependant, en hiver, lorsque le temps est généralement nuageux, il convient réciter la prière de la lune dès que possible.

14. La mitsva est embellie lorsque la prière de la lune est récitée avec un minyane. En l’absence deminyane, on veillera à former un groupe d’au moins trois personnes. Néanmoins, cette prière peut être récitée même par un particulier. Si le moment de faire la prière est arrivé, il convient de la faire seul plutôt que de l’ajourner pour bénir avec dix hommes, car il est plus important de faire preuve de zèle et de se montrer empressé d’accomplir les préceptes de Dieu que de veiller à réunir dix hommes.

15. A priori, il convient de se tenir debout à ciel découvert pour faire la prière de la lune. En effet, on accueille par-là la Présence Divine, et ce n’est pas de chez soi que l’on accueille un roi, mais on sort au dehors pour l’accueillir. Toutefois, en cas de nécessité, comme dans le cas d’un malade ou pour une personne âgée qui ont des difficultés à sortir, on peut permettre de faire cette prière depuis sa maison ou la synagogue, en observant la lune par la fenêtre. La bénédiction doit néanmoins être récitée debout, comme il sied à l’accueil d’un roi.

16. Avant la prière de la lune, on doit joindre les pieds comme pour la ‘Amida. En disant: “Ki èr-é chamékha etc.”, on doit observer la lune puis commencer de suite la bénédiction. Celui qui a l’habitude de dire le “Léchème yi’houd” après le verset “Ki èr-é chamékha etc.”, doit regarder à nouveau la lune avant la bénédiction, puis immédiatement, baisser ses yeux et commencer à bénir. On ne devra pas fixer la lune au moment même où on récite la bénédiction.

17. Après la bénédiction, on dit face à la lune: "Puisse-tu être un bon signe pour nous et pour tout Israël", c’est-à-dire qu’on pense que le renouveau de la lune soit un bon signe pour nous, le peuple d’Israël, qui, à son image allons avoir un renouveau et retrouver notre grandeur passée. C’est pourquoi, la version exacte est “simmane tov” (un bon signe) et non “bésimmane tov” (avec un bon signe) ; de même il faut dire “tihyi” (à la deuxième personne), comme pour dire: toi la lune, tu seras un bon signe pour nous".

18. Après la prière de la lune, on a l’habitude de dire “Chalome ’alékhème” trois fois. L’habitude à Djerba et dans certaines communautés est de dire aussi le nom “Yiç’haq” trois fois.

19. Après la bénédiction de la lune, on a coutume de secouer les coins de ses vêtements. Notre maître le Ari zal avait coutume de secouer les franges de son petit Talit.

20. Les décisionnaires ont des avis controversés pour le cas d’un aveugle. Certains pensent qu’il doit réciter la prière de la lune, d’autres non ; c’est pourquoi, il ne la récitera pas. Il est bon, toutefois, qu’il pense à s’acquitter en écoutant la bénédiction récitée par l’officiant, après lui avoir préalablement demandé de penser à l’acquitter.

21. Un endeuillé doit attendre, si possible, la fin des sept jours de deuil avant de faire la prière de la lune, car il n’est pas en état de joie. Cependant, si l’attente risque de lui faire perdre la possibilité de faire cette prière, il la récitera pendant les sept jours de deuil.

>> De manière claire

On doit veiller à prononcer chaque mot de la prière de la lune, de manière claire et posée, puisqu’on reçoit par-là la Présence divine. Comment le faire en jetant des mots à la hâte et en avalant des lettres et syllabes!?

Lois de la nuit & La prière du coucher

> Lois de la nuit

1. Si on a dormi le soir allongé sur son lit, même quelques minutes ou même habillé, on doit se laver les mains trois fois avec un ustensile (sans réciter la bénédiction de “’al nétilat yadayim”). De plus, si on désire prononcer ou écouter des paroles de Torah, on doit auparavant faire les bénédictions sur laTorah (et si on retourne dormir pendant la nuit, on devra réciter à nouveau les bénédictions sur laTorah au lever). Par contre, celui qui dort en position assise, lors d’un trajet par exemple, ne doit pas procéder à l’ablution des mains à son réveil, ni réciter les bénédictions sur la Torah.

2. Le Rambam écrit: Bien que la mitsva d’étudier la Torah soit en vigueur de jour comme de nuit, on n’acquiert l’essentiel de sa sagesse que par l’étude nocturne. C’est pourquoi, celui qui désire obtenir la couronne de la Torah prendra garde à ne pas gaspiller une seule de ses nuits à dormir, manger, boire, discuter ou leur pareil, mais les consacrera à étudier les paroles de Torah et de sagesse. Nos Sages ont dit: "Le chant de Torah ne se fait entendre que la nuit", comme il est écrit: "Lève-toi et chante pendant la nuit" (“Lamentations” 2,19). Celui qui s’adonne à la Torah de nuit, reçoit la bonté divine le jour, comme il est écrit: "Le jour, Dieu m’accordera Sa grâce, car la nuit le chant (de laTorah) me tient compagnie, ma prière à Dieu qui garde ma vie" (Psaumes 42,9). Mais, le feu consumera toute maison où ne retentissent pas les paroles de la Torah durant la nuit, comme il est écrit: "Tous les nuits sont vides des trésors de la Torah (qu’on n’y étudie pas), un feu que personne n’a attisé le consume" (Job 20,26). "Car il a méprisé la parole de Dieu" (Nombres 15,31) – ce verset sanctionne celui qui ne prend pas garde aux paroles de la Torah. Celui qui a la possibilité d’étudier laTorah et ne le fait point ; ou celui qui, après avoir appris, abandonne l’étude et la délaisse pour les vanités mondaines, font aussi partie de ceux qui méprisent la parole de Dieu. Fin de citation. C’est pourquoi chacun a le devoir de se rendre à un cours d’étude chaque soir. De nos jours, des cours sont organisés quotidiennement dans chaque communauté, à la disposition de tous, grâce à Dieu.

3. Marane l’auteur du Choul’hane ’Aroukh écrit: "Lorsqu’on est fatigué et qu’on a besoin de repos, il n’est pas louable de le faire uniquement pour se détendre et soulager son corps. Il faut se reposer dans le but de rester en bonne santé, afin d’avoir la force et la concentration nécessaires pour d’étudier laTorah et accomplir les préceptes de Dieu."

4. Notre maître le Ben Ich ’Haï ajoute que le sommeil de nuit est profitable aussi d’un point de vue spirituel, puisqu’il a un grand impact sur le plan mystique. Toute personne aura donc l’intention de servir Dieu, même lorsqu’il dort, suivant le précepte: "Perçois-Le dans toutes tes voies" (Proverbes 3,6). Chacun aura soin de penser à cela avant son sommeil, afin de le sanctifier, et être récompensé comme s’il accomplissait une mitsva.

5. On doit prendre l’habitude de dormir sur le côté uniquement, et il est strictement interdit de dormir sur le dos ou sur le ventre. Il est recommandé (tant selon la médecine que selon la Kabbalah) de commencer la nuit sur le côté gauche, puis après la mi-nuit, on peut se retourner sur la droite, si on le désire.

6. On doit faire attention à ne pas ôter son petit Talit mais le garder durant son sommeil ; cela contribue à annihiler les forces de l’impureté. On doit aussi faire attention à ne pas porter du fer sur soi lorsque l’on dort.

7. On doit veiller à ne pas dormir juste après le repas, mais seulement après un intervalle de trois ou quatre heures ; on tâchera donc de dîner le plus tôt possible. En tout état de cause, il ne faut pas dormir le ventre plein, car cela est nuisible au corps et à l’âme.

8. Il est bon d’étudier un peu avant de s’endormir. Il est conseillé de lire un passage du Zohar, car cela purifie l’âme. Dans le livre “Ségoulot Israël”, on rapporte qu’étudier un passage du “Tana dévé Éliyahou” et répéter 72 fois “Éliyahou Hannavi” avant de dormir, contribue à protéger de toute impureté durant la nuit. 9. Tout celui qui s’emplit de paroles de Torah, n’entendra pas de mauvaises nouvelles, comme il est dit: "Il dormira rassasié – sans être visité par le malheur" (Proverbes 19,23).

> La prière du coucher

9. On doit faire très attention à la prière du coucher, qui comprend une des quatre lectures du Chéma’journalières. L’ordre de cette lecture et des versets qui l’accompagnent, tels qu’ils sont imprimés dans nos siddourim, suit l’enseignement de notre maître le Ari zal, selon la Kabbalah. Il arrive fréquemment que l’on soit fatigué à ce moment, et en vienne à mal prononcer les mots ; il faut donc s’efforcer particulièrement de lire cette prière correctement. Notre maître Rabbi Khalfon Moché Hacohen avait pris le pli de la réciter debout, afin de ne pas s’endormir. C’est une bonne habitude à suivre.

10. En récitant la prière du coucher, il faut avoir l’intention de réparer la faute d’émission vaine de matière séminale, involontaire ou non, afin que les êtres impurs issus des forces du Mal nées de ces émissions soient anéantis, et que les âmes captives de ces forces impures soient délivrées et puissent descendre sur terre, comme toutes les autres âmes.

11. Celui qui dort avant la mi-nuit (soit douze heures après la mi-journée inscrite dans les calendriers), doit faire la bénédiction de “Hammapil “avec mention du Nom de Dieu. On doit alors veiller à ne pas parler entre cette bénédiction et le sommeil, mise à part la lecture du Chéma’ et autres versets. S’il se trouve qu’on s’est interrompu avant de dormir, on n’est pas considéré comme avoir récité une bénédiction en vain. Après la mi-nuit, on ne peut plus réciter la bénédiction de “Hammapil” avec le nom de Dieu. Néanmoins, il est bon de la réciter en tant que supplique, sans mentionner le nom de Dieu verbalement, mais seulement en pensée.

12. Lorsqu’on dit “Out-hé mittati chéléma léfanékha” (Que ma couche soit parfaite à Tes yeux) dans la bénédiction de “Hammapil”, on doit penser à prier pour nos enfants, qu’ils soient épargnés de toute tare. Il faut bien prononcer la lettre “Tèt” du mot “mittati”, et ne pas la prononcer comme la lettre “Tav”, car le mot prendrait alors la signification de "mort" au lieu de "couche". Bien qu’il faille faire attention de bien prononcer la lettre “Tèt” en général dans nos prières et lectures de la Torah, il faut ici redoubler d’attention, pour éviter toute interprétation négative.

13. Les femmes doivent aussi faire attention à réciter la prière du coucher avec ferveur. En cas de nécessité, elles peuvent se suffire de la lecture du premier paragraphe du Chéma’ (jusqu’à “ouvich’arékha”). Chaque personne doit éduquer ses enfants à lire le Chéma’ depuis leur plus jeune âge: jusqu’à l’âge de six ou sept ans, ils récitent le premier passage du Chéma’ (jusqu’à “ouvich’arékha”), pour ajouter progressivement des versets jusqu’à réciter toute la prière.

14. Les femmes peuvent réciter la bénédiction de “Hammapil” avec le Nom de Dieu, puisque cettemitsva n’est pas considérée comme liée au temps. Cependant, dans les communautés en diaspora, les femmes ont pris l’habitude de ne pas réciter la bénédiction de “Hammapil”.

15. Après les versets “Yochèv béssétère ’èlyone”, on doit se tenir debout et se confesser. Si on a commis une faute quelconque durant la journéécidiver. Les jours où on ne dit pas Ta’hanoune dans la prière, on ne se confessera pas non plus la veille avant le coucher, ni le soir de ces jours-là jusqu’à la mi-nuit.

16. Après la confession, on récite “Anna békhoa’h” en entier chaque nuit. Puis, après avoir achevé le verset de “chav’aténou qabèl”, on répète le verset relatif à la nuit présente à trois reprises. Ensuite, on conclut: “Baroukh chème kévod malkhouto lé’olame vaèd” (Béni est à jamais le Nom de Son règne glorieux). Enfin, on récite le verset “Torah tsiva lanou Moché etc.” et le répète jusqu’à ce que le sommeil nous gagne.

17. On ne doit ni boire ni manger ni parler après la prière du coucher, comme il est dit éférence auChéma’ dans lequel il est écrit “’al lévavékha” “sélah”!" (Celui qui récite la bénédiction de “Hammapil” avec le Nom de Dieu doit y veiller encore plus.) Si après avoir fait la prière du coucher, on ne parvient pas à s’endormir, on pensera à des paroles de Torah afin de s’endormir avec la Torahet s’emplir de Torah qui est source de vie. De toutes les façons, si on est très assoiffé ou qu’on ait besoin de dire quelque chose d’urgent, on a le droit de boire ou de parler, mais on devra ensuite répéter le premier paragraphe du Chéma’avant de dormir”.

18. Selon la Kabbalah, le Chéma’ doit être lu avant la mi-nuit. C’est pourquoi, il est bon que même celui qui prévoit de dormir après cet horaire récite le Chéma’ en entier avec les versets qui le suivent avant la mi-nuit. Puis, juste avant de dormir, il récitera le “Léchème yi’houd”, “Ribbono chèl ’olame”, “Hachkivénou”, la bénédiction de “Hammapil” (sans le Nom de Dieu), puis reprendra le premier paragraphe du Chéma’, afin de s’endormir sur des paroles de Torah. Certains ont l’habitude de réciter le Chéma’ seulement avant la mi-nuit et de reprendre le Chéma’avec les versets qui l’accompagnent juste avant de dormir. Telle était l’habitude de notre maître Rabbi Maslia’h Mazouz.

>> Il ne se couchera pas avant d’avoir dévoré la proie

"Voici, le peuple se lèvera tel un lionceau et se dressera comme un lion ; il ne se couchera pas avant d’avoir dévoré la proie et bu le sang des victimes" (Nombres 23,24). Rachi commente: "il ne se couchera pas" – la nuit, sur son lit jusqu’à ce qu’il mange ou dévore tout celui qui cherche à lui nuire. Comment? En récitant le Chéma’ dans la prière du coucher et en remettant son âme à Dieu. Même si une légion ou une armée entière s’apprête à nuire au peuple d’Israël, Dieu veille sur eux, livre combat et abat leurs ennemis.

Bénédictions sur les aliments

> Bénédictions initiales et finales récitées sur les aliments

>> Atteindre l’Esprit de sainteté

Rabbi ’Haïm Vittal écrit: "Mon maître (le Ari zal ) m’a révélé que l’Esprit de sainteté qui repose sur l’homme dépend de la ferveur et du soin qu’il met dans la récitation des bénédictions sur les aliments. En effet, les aliments, comme toute matière, sont pollués par les forces du Mal qui y sont liées, et qui vont ensuite s’attacher à la personne qui les consomme. C’est en récitant la bénédiction avec soin que l’homme neutralise l’emprise de ces forces et purifie le matériel avant de le consommer. Mon maître insistait beaucoup sur ce point."

1. On a l’obligation de réciter la bénédiction adéquate sur tout aliment ou toute boisson avant de les consommer. Même si on n’en consomme qu’une infime quantité, on se doit de faire la bénédiction. Nos Sages ont dit: "Tout celui qui tire profit de ce monde sans bénédiction le profane, et est considéré comme avoir volé Dieu ainsi que le peuple d’Israël (puisque "à Hachem appartient la terre et ce qu’elle contient" (Psaumes 24,1), et cette personne en profite sans Sa permission. De plus, elle entraine par son acte une restriction de l’abondance et des bénédictions qui sont destinées au peuple d’Israël: elle prive ainsi tout le peuple).

2. De la même manière qu’il faut faire une bénédiction avant de manger, il faut aussi faire une bénédiction après la consommation. Cependant, cette dernière ne sera récitée que si on a consommé la quantité d’un kazaïte (26 cm3) ou plus, dans un laps de temps de “akhilate pérass” (sept minutes) pour un aliment solide ; et pour une boisson, si on a bu un révi’ite (81 ml) d’un seul trait.

3. Les quantités de kazaïte et de révi’ite mentionnées ci-dessus se mesurent en volume (centimètres cubes) et non en poids (grammes). C’est pourquoi, un aliment qui occupe le volume d’un cube de trois centimètres de côté (en tout 27 cm3) excède déjà la mesure d’un kazaïte, et on doit faire la bénédiction finale après l’avoir consommé, même s’il ne pèse pas 26 grammes. A contrario, on ne récite pas de bénédiction finale sur un aliment qui n’a pas ce volume, même s’il pèse plus de 26 grammes.

4. Ainsi, par exemple, celui qui consomme le tiers d’une maça faite à la machine, a déjà consommé unkazaïte et doit réciter la bénédiction finale, bien que ce morceau ne pèse que 11 grammes, sa masse volumique étant faible. À l’inverse, celui qui mange 26 grammes de fruits secs ou de chocolat, ne doit pas réciter de bénédiction finale puisque leur masse volumique est élevée et que cette quantité n’occupe pas le volume de 26 cm3.

> Lois des bénédictions initiales

5. Celui qui consomme du gâteau, des biscuits, des feuilletés, croissants ou toute autre pâtisserie [à base des cinq céréales] cuite au four, ou même de la maça en dehors de la fête de Péssa’h, doit faire la bénédiction: “Baroukh […] boré miné mézonote” (Béni Tu es Hachem […] qui crées divers genres de nourriture). Et ce, dans le cas où on ne base pas son repas sur ces aliments. Cependant, si on désire consommer des pâtisseries en guise de repas (c’est-à-dire en consommer 216 cm3 ou plus) ou du pain azyme (plus de deux “Matsot” machine), on doit se laver les mains en bénissant “’Al Nétilat yadayim”, et réciter sur la pâtisserie ou la maça la bénédiction de “hamotsi lé’hème mine ha’arèç” (qui fais obtenir le pain de la terre). À la fin de ce repas, on fera le Birkat hamazone.

6. Sur des aliments mézonote frits, bouillis ou cuits à la vapeur, comme du couscous, des pâtes, un “malava’h” frit (sorte de pâte feuilletée), un beignet, etc., on récite toujours “boré miné mézonote” (et à la fin “’al hammi’hiya” – cf. supra), quelle que soit la quantité consommée.

7. Sur les fruits de l’arbre (qu’ils fassent partie des sept espèces d’Israël ou non), tels que le raisin, les dattes, les pommes, les figues de barbarie, etc., on récite “boré péri ha’èç” (qui crées le fruit de l’arbre).

8. Sur des aliments qui poussent sur la terre, comme des tomates, des concombres, de la laitue, des grains de blé soufflés etc., on récite la bénédiction “boré péri haadama” (qui crées le fruit de la terre). Signalons que certains fruits comme l’ananas, la banane, la papaye, bien que poussant sur une plante qui ressemble à un arbre, ont pour bénédiction initiale “boré péri haadama”.

9. Sur des galettes de riz, on récite “boré péri haadama”. Par contre, sur du riz cuit ou des grains de riz soufflés, on fait la bénédiction de “boré miné mézonote”, car cela nourrit et rassasie. Dans tous les cas, on récite en bénédiction finale “boré néfachote” et non “’al hammi’hiya”, cette dernière étant réservée aux cinq céréales. Rappel mnémotechnique: le mot Amen forme en hébreu l’acrostiche des mots “orèz” (riz), mézonote et “néfachote”.

10. Si des grains des cinq céréales ont été grillés ou soufflés, comme des galettes de blé soufflé, des flocons d’avoine, des céréales "Smacks", on ne récite pas “boré miné mézonote” mais “boré péri haadama”, et la bénédiction finale sera “boré néfachote”. Certains sont toutefois d’avis que “’al hammi’hiya” doit être récité en bénédiction finale. C’est pourquoi, il convient de consommer en même temps un autre aliment dont la bénédiction finale est “boré néfachote”, et dont la récitation acquittera aussi la consommation des céréales.

11. des champignons, ou celui qui mange des citrons acides même légèrement, ou encore celui qui boit de l’eau ou autres boissons (excepté le vin), doit réciter la bénédiction initiale de “chéhakol nihya vidvaro” (dont tout a été créé par Ta parole).

12. On ne récite aucune bénédiction sur des légumes, de la viande ou du poisson, lorsqu’ils sont consommés dans un repas à base de pain ou de couscous, car ils sont acquittés par la bénédiction faite sur le pain ou le couscous.

13. Lorsqu’on récite la bénédiction initiale, on doit saisir l’aliment ou la boisson de la main droite. A posteriori, même si on n’a pas tenu l’aliment ou qu’il était dans la main d’un tiers, on est acquitté.

> Lois des bénédictions finales

14. Comme nous l’avons déjà vu, celui qui consomme un kazaïte (26 cm3) d’un aliment solide dans un laps de temps de “akhilate pérass” (sept minutes), ou boit un révi’ite (81 ml) de liquide d’un trait, doit réciter la bénédiction finale. Il y a trois types de bénédictions finales:

 1. Birkat hamazone.

 2. “Mé’ène chaloche”.

 3. “Boré néfachote”.

15. Celui qui a consommé un kazaïte (26 cm3) de pain sous toutes ses variétés (baguette, pita, ‘Halla, pain complet, bagel américain, etc.) fait à base des cinq céréales, doit réciter le Birkat hamazoneaprès sa consommation. Par contre, certains aliments appelés “pat habbaa békhissanine” se rapprochent du pain sans en remplir la fonction: il s’agit d’une pâte cuite au four comme des crackers, gâteaux, biscuits, feuilletés, etc., qui se consomment en dessert ou en goûter, mais non en tant que repas. En règle générale, on récite sur ces derniers la bénédiction de “boré miné mézonote” au début et celle de “’al hammi’hiya” à la fin. Cependant, si on compte en consommer une grande quantité comme celle d’un pérass (cette notion sera définie dans le paragraphe suivant), on devra faire laNétilat yadayim, réciter la bénédiction de Hamotsi au début, et le Birkat hamazone à la fin: puisqu’on en consomme une quantité sur laquelle on base habituellement un repas, ces aliments remplissent alors fonction de pain.

16. Nos Sages ont des avis controversés quant à la mesure du pérass. D’après le Rambam est constitué par le volume de trois œufs (162 cm³); c’est l’avis adopté par Marane l’auteur du Choul’hane ’Aroukh.

Mais selon Rachi, le pérass correspond au volume de quatre œufs (216 cm³). Or, la règle en matière de bénédiction dicte de s’abstenir en cas de doute. Ainsi, celui qui mangera le volume de trois œufs de "pat habbaa békhissanine” ne doit pas réciter le Birkat hamazone, mais seulement “’al hammi’hiya”. Toutefois, celui qui craint les cieux s’abstiendra de consommer le volume de plus trois œufs(162 cm³) afin de ne pas se retrouver dans cette controverse, à moins, bien évidemment, qu’il ait à l’esprit de poursuivre sa consommation pour un volume de plus de quatre œufs auquel cas il pourra réciter leBirkat hamazone selon tous les avis.

17. La quantité du pérass énoncée précédemment se mesure sur la pâte uniquement et ne comprend pas la farce. Ainsi, le chocolat contenu dans les brioches n’est pas pris en compte, ni la pomme de terre à l’intérieur d’un feuilleté.

18. Pour évaluer facilement la quantitééférence un verre en plastique jetable de taille standard (18 cl): si l’aliment remplit un verre et un cinquième, il a le volume requis.

>> Les lois du Birkat hamazone seront traitées au chapitre 26.

19. Celui qui consomme un kazaïte (26 cm3) d’un aliment fait à base de farine des cinq céréales (qu’il soit cuit au four, bouilli ou frit) comme un gâteau, des pâtes, du couscous etc., ou qui consomme unkazaïte d’un fruit des sept espèces d’Israël (raisins, figues, grenades, olives, dattes), ou encore celui qui boit un révi’ite de vin (ou de jus de raisin) d’un trait, doivent réciter le “mé’ène chaloche” en bénédiction finale.

20. Dans cette bénédiction, nous mentionnons l’objet de la bénédiction en introduction et en conclusion. Ainsi, si on a consommé des mets mézonote, on dit: “’al hammi’hiya vé’al hakkalkala” ; si on a mangé des sept fruits d’Israël, on dit: “’al ha’èç vé’al péri ha’èç” ; si on a bu du vin, on récite: “’al haguéfène vé’al péri haguéfène”. Si on a consommé deux catégories d’aliments, par exemple unkazaïte de gâteau et un kazaïte d’un fruit des sept espèces d’Israël, on englobera les deux dans la même bénédiction et

on dira: “’al hammi’hiya vé’al hakkalkala vé’al ha’èç vé’al péri ha’èç ect”.

21. Suivant l’opinion du Richone létsiyone Rav ‘Ovadia Yossef, après la consommation d’alimentsmézonote, la bénédiction finale se conclut par “’al haarèç vé’al hammi’hiya” (sans ajouter “vé’al hakkalkala”). Selon le Rav Moché Lévi, ceux qui ont coutume de conclure “’al haarèç vé’al hammi’hiya vé’al hakkalkala” pourront suivre leur habitude, et tel est aussi l’avis du Roch Yéchiva Rav Méir Mazouz.

22. Celui qui consomme un kazaïte (dans une durée de sept minutes) de tout aliment ne faisant pas partie des cinq céréales ou des sept espèces d’Israël, ou celui qui boit un révi’ite d’un trait de toute boisson (autre que le vin ou le jus de raisin), doit réciter comme bénédiction finale: “Baroukh […] boré néfachote rabbote vé’hessronane ’al kol ma chébbarata leha’hayote bahème néfèche kol ’haï, baroukh ’hé ha’olamime”.

23. Le sens de cette bénédiction est le suivant: Dieu crée de nombreux êtres (“boré néfachote rabbote”) dont les besoins (“vé’hessronane”) sont remplis par les différents aliments que Dieu a créés afin d’entretenir l’âme de tout vivant (“’al kol ma chébbarata leha’hayote bahème néfèche kol ’haï”). Par conséquent, il convient de marquer une pause entre “boré néfachote rabbote” et “vé’hessronane ’al kol ma chébbarata etc.”. D’autres expliquent la bénédiction différemment: “boré néfachote rabbote vé’hessronane” – Dieu crée de nombreux êtres et de quoi combler leurs besoins vitaux, comme le pain et l’eau ; “’al kol ma chébbarata leha’hayote bahème néfèche kol ’haï” – en plus des choses secondaires dont le monde aurait pu se passer. Selon cette explication il faut marquer la pause après le mot “vé’hessronane”. Tel est l’avis de notre maître le Richone létsiyone Rav ‘Ovadia Yossef.

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