Les prophètes

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Prophètes et Prophétesses 

Ère hébraïque
Ère vulgaire
Les 48 Prophètes
1948
2048
2108
2365
2368
2406
2516?
2831
2831
2832
2854
2884
2884
2912
2924?
2964
2985
2986
3021
3027?
3027?
3027?
3027?
3034
3042
3043
3090
3110
3115
3160
3165?
3167
3200
3228
3228
3285
3285
3298
3332
3333
 3338
3338
3338
3338
3390
3407
3408
3412
 
1813
1712
1652
1395
1392
1354
1244
929
929
928
906
876
876
848
836
796
775
774
739
733
733
733
733
726
718
717
670
650
645
600
595
593
560
532
532
475
475
462
428
427
422
422
422
422
370
351
352
348
 
Abraham (Abraham)
Yitshaq(Isaac)
Yaâqov (Jacob)
Aharone (Aaron)
Mochè (Moïse)
Yéhochouâ (Josué)
Pinhas (Pinhas)
Èlqana (Elkana)
Êli (Héli)
Chémouèl (Samuel)
David
Gad
Natane (Nathan)
Chélomo (Salomon)
Îdo (Ido)
Ahiya ha-Chiloni (Ahiya de Silo)
Hanani
Yéhou bèn Hanani
Ôbadya (Obadia)
Ôdèd
Âzariah bèn Ôdèd (Azaria)
Hazièl (ha-Léwi)
Èliêzèr bèn Dodo
Èliyahou (Elie)
Mikhyakou (Mikhayou)
Èlichâ bèn Chafat (Élisée)
Hochèâ bèn Béèri (Osée)
Âmos (Amos)
Yona bèn Amitaï (Jonas)
Mikha ha-Moracheti (Michée)
Amots
Yéchâyahou bèn Amots (Isaïe)
Yoèl bèn Pétouèl (Joël)
Nahoum ha-Alqachi (Nahum)
Habaqouq (Habacuc)
Tséfanya bèn Kouchi (Sophonie)
Ouria
Yirmiyahou (Jérémie)
hèzqèl (Ezéchiel)
Chémâya Iche ha-Élohim ou Daniel
Mahsèya
Nèriya
Séraya
Baroukh bèn Nèriya
Mordékhaï (Mardochée)
Haggaï (Aggée)
Zékharya (Zacharie)
Mal'akhi (Malachie)
ère hébraïque
ère vulgaire
Les 7 Prophétesses
1958
2363
2636
2831
2880
3303
3390
1802
1397
1124
929
880
457
370
 
Sara
Miryam
Débora
Hana 
Avigayil (Abigaèl)
Houlda
Esther ha-Malka


                                     D'abord, qu'est-ce qu'un prophète ? 



1. C'était une activité qui s'est achevée 1000 ans après le don de la Torah. Il n'y a plus eu de prophètes depuis, aucun.

2. C'est, alors, quelqu'un qui voit (roé) et qui est, partiellement, en contact avec la vérité et la communique au peuple selon les besoins précis dans une période donnée.
3.C'est donc un service public d'annonce, de transmission, d'interpellation, de contestation. Cela fait que, le plus souvent, les pouvoirs en place révèrent le prophète, mais aussi le contestent et le menacent car il affirme que le pouvoir civil n'est pas la norme suffisante de la morale.
4. La vie des prophètes est, souvent, pour ce motif, une longue souffrance qui se termine souvent tragiquement.

Critères très importants pour distinguer le vrai du fréquent "faux prophète"

1. C'est quelqu'un qui a reçu l'enseignement intégral de la tradition (presque toujours par une étude assidue et avec la reconnaissance des maîtres) et qui, de plus, a une expérience personnelle de la vie divine selon la Torah. Il est mû par cette force.
2. Il y a un apprentissage de la prophétie auprès des prophètes eux-mêmes.
3. Il y a des écoles de prophètes, des vrais et des faux maîtres avec leurs faux prophètes.
4. Le critère absolu est que le prophète
- ne parle qu'à l'intérieur de la Torah transmise à Moché,
- la met en évidence, la communique, la fait comprendre.

5. Donc,
- il n'a aucun message nouveau à transmettre,
- il n'est pas un renouvellement de la Torah,
- il n'est pas un prolongement de la Torah,
- il n'est pas un niveau plus spirituel que la Torah,
- il n'est pas celui qu'aurait annoncé la Torah,
- il n'a aucun sens nouveau et caché à dévoiler par rapport à la Torah car ces sens ont été explicitement transmis ;
- il ne peut pas changer un seul mot, ni un seul rite de la Torah,
-  il ne peut pas dire que la moindre parcelle de la Torah est abolie, dépassée, ni même que toute la Torah est inabolie mais que lui en est la fleur,
- il ne peut pas se prétendre égal à Moché, ni supérieur, ni l'étape suivante de Moché ou de la création,
- il ne peut pas se prétendre être lui-même la Torah, la parole de Dieu, ni différents des autres hommes, ni le prolongement du peuple de la Torah.
La certitude de cela est suffisante et sans appel pour celui qui accorde foi en la parole même de D.ieu car il est écrit :(Dévarim ch 13) :
"Tout  ce que je vous prescris, observez-le exactement, 
sans rien y ajouter, sans en retrancher rien.
S'il s'élève au milieu de toi
un prophète ou un voyant,
t'offrant pour caution un signe ou un miracle,
quand bien même s'accomplirait le signe ou le miracle qu'il t'a annoncé, en disant
allons vers des dieux étrangers que tu ne connais pas et servons-les,
tu n'écouteras pas les paroles de ce prophète ou de ce visionnaire,
car  Hachém votre D.ieu vous met à l'épreuve, pour constater si vous l'aimez réellement de tout votre coeur et de toute votre âme".

5. Conclusions
Celui qui tenterait d'agir par l'une de ces erreurs montrerait ipso facto qu'il est un falsificateur, un menteur, un sacrilège, quels que soient les miracles qu'il apporterait pour soutenir sa thèse. Car le miracle ne prouve rien et les magiciens ou les diverses religions réalisent des miracles. Cela est appelé divinité étrangère et la conduite à tenir en ce cas est précisée (Dévarim 18, 20-22). La même rigueur est dite par la Torah envers le peuple d'Israël quand il dévie de son rôle de prophète et de lumière des nations (lire le chapitre 28 à 31 de Dévarim).
La période de la prophétie est aujourd'hui terminée. Tout nouveau prophète qui se dit le dernier prophète et qui dit terminer le cycle de la prophtie est un falsificateur.
L'aspiration à la parole de la Torah
Chacun comprendra ce qui est à comprendre et que l'histoire démontre, hélas.
Inversement,
- même les fausses tentatives de manipulation de la Torah dans le monde, et cela est sans fin,
- même les fausses tentatives de nouveaux prophètes dans le peuple, et cela est constant également,
tout cela indique combien le monde aspire à la Torah mais ne veut pas l'accueillir dans son intégrité.
Il faut un courage immense aussi, pour ceux qui aspirent à la Torah, et ont vécu dans la vie la plus droite de façon exemplaire, pour réaliser la tromperie qui s'était exercée contre eux, en toute bonne foi. Ces histoires sont innombrables également. C'est l'histoire d'Avraham, de Ruth, et de milliers qui changent encore leur vie de nos jours après des décades d'insertion dans d'autres fidélités, d'autres amitiés ou amours. Tout cela est parfois tragique, toujours invisible et délicat, émouvant car la présence de Hachém est alors tellement discrète mais persévérante dans ces vies .
Cela prouve aussi combien est juste la Torah qui avait annoncé toutes ces manipulations tragiques.
Le peuple juif, aujourd'hui, hors d'Israël, est exactement en butte à ces mots de ces chapitres de Dévarim.
De plus, les missionnaires sont très actifs en Israël (contrairement aux déclarations officielles des dites religions) pour détourner les juifs fragiles de leur héritage, travaillant à une shoa continue. Cette semaine encore, à la gare centrale des autobus à Jérusalem, je suis intervenu pour éclairer des jeunes juifs éthiopiens ignants de l'histoires qui étaient  soumis à l'argumentation d'un missionnaire textes hébraïques en mains et qui ne se présentati pas comme non-juif ni comme missionnaire. Devant cette activité très dynamique entrée dans les différents centres de la vie israélienne, une association Yad laahim (main tendue aux frères) fait un travail important d'information et d'éducation.

Les 7 Prophetesses

 

Andrea Mantegna, Deux figures (Le Prêtre Helqia et la prophétesse Hulda)

Andrea Mantegna (Isola di Carturo, vers 1431 - Mantoue, 1506)
Deux figures (Le Prêtre Helqia et la prophétesse Hulda)




La tradition juive mentionne sept prophétesses : Sarah, Miryam, Devorah, Hanna, Avigaïl, ‘Houlda et Esther ( Meguila 14b).
 

Avigaïl : Présentée par le Midrach comme l’une des plus belles femmes de l’histoire, Avigaïl est devenue la veuve de Nabal le Carmélite, un individu particulièrement antipathique, dans des circonstances que relate avec force détails le chapitre 25 du premier livre de Samuel. Elle a par la suite épousé David, alors qu’il était encore pourchassé par Saül. Elle a été traversée par l’esprit saint, rapporte le Midrach Eikha rabba 21, 1), lorsqu’elle tint à celui qui allait devenir son deuxième mari ces propos prémonitoires : 
“Si l’on s’avisait de t’attaquer et d’en vouloir à ta vie, l’existence de mon seigneur restera liée au faisceau des vivants que protège Hachem , ton Dieu. Quant aux âmes de tes ennemis, Il les atteindra comme par le creux d’une fronde” (I Samuel 25, 29). 
 


Déborah : En plus d’être prophétesse, elle était aussi, fait insigne, juge, chef des armées et poétesse ; un cantique lui est en partie attribué (Juges 5). "Et Déborah, une prophétesse, femme de Lapidot, était juge sur Israël à cette époque. Elle siégeait au pied du Palmier de Déborah […] dans la montagne d’Efraïm" (Juges 4 : 4-5). Femme de Lapidot peut aussi se lire, femme de lumières, car elle fabriquait des mèches pour les candélabres du Temple et plus symboliquement parce qu’elle dispensait la lumière au travers de ses prophéties. Mais le Talmud est ambivalent à son sujet, raillant un peu son nom qui signifie "abeille", la traitant d’arrogante ou s’offusquant qu’une femme puisse assumer tant de fonctions d’autorité. Même si la littérature talmudique minimise parfois la dimension de juge de Déborah en avançant l’hypothèse qu’elle ne faisait "qu’enseigner des lois" – ce qui est déjà exceptionnel pour une femme dans le corpus rabbinique –, des commentaires talmudiques nous donnent en quelque sorte le mode d’emploi de sa singularité édifiante. Elle ne pouvait juger que "grâce à l’inspiration divine" mais surtout "parce que le peuple l’avait acceptée" (Commentaire des Baalé Tossafoth sur Baba Kama 15, a et Guittin 88, b). Cet enseignement de l’école de Rachi peut servir d’exemple pour celles et ceux qui auraient encore des réticences à accepter de voir des femmes assumer légitimement des fonctions de leadership ou de décideurs de la loi juive.


Esther : L’accession d’Esther au rang de prophétesse se déduit du verset : “Ce fut le troisième jour, Esther revêtit la royauté” ( Esther 5, 1), à propos duquel laGuemara Meguila 14b) fait observer qu’il aurait dû être écrit : “Esther revêtit ‘des habits’ de royauté”, et non simplement “la royauté”. Cela signifie, enseigne-t-elle, que c’est l’esprit saint ( roua‘h haqodech ) qui l’a habillée. 
Un autre indice des certitudes prophétiques d’Esther est fourni par le Séder ‘olam , cité par rabbi Baroukh Epstein ( Tora Temima sous Esther 5, 1). Il est écrit : “Esther, la reine, fille de Avi‘hayil écrivit…” ( Esther 9, 29). Or, ce qu’elle a écrit, c’est le livre qui porte son nom et qui a été enregistré dans le canon biblique. Il faut par conséquent qu’elle ait été investie de l’esprit saint, puisque seuls des auteurs porteurs de cette inspiration prophétique ont eul’honneur de figurer dans ce canon.




Hanna :‘Hanna présente la particularité unique d’avoir été à la fois femme et mère de prophètes. Son mari, Elqana, était en effet lui-même prophète ( Rachi ad ‘Erouvin18b, s.v. Elqana ) et c’est lui qui, en tant qu’“homme de Hachem ” (I Samuel 2, 27) est venu annoncer au Grand prêtre ‘Eli la destitution de sa famille de ses fonctions sacerdotales ( Radaq ad loc. ). Quant à son fils Samuel, il fait partie des quarante-huit prophètes répertoriés par la tradition ( Rachi ad Meguila 14a). La prophétie de ‘Hanna s’exprime, avec une émotion touchante, dans la prière qu’elle a adressée à Hachem après la naissance de son fils tant désiré (I Samuel 2, 1 à 10 – voir aussiBerakhoth 31b et suivants).




‘Houlda : Epouse de Challoum ben Tiqwa, « gardien des vêtements » du roi Josias, elle est la seule prophétesse de l’époque de la monarchie davidique (II Rois 22, 14 à 20). Consultée par le monarque au sujet du rouleau de la Tora découvert lors de la restauration du Temple, elle annonce les malheurs qui s’abattront sur le Royaume de Juda et sur ses habitants, précisant toutefois que l’exécution de ce jugement sera ajournée jusqu’à la mort de Josias compte tenu de son repentir.

Si le souverain a ainsi consulté ‘Houlda et non Jérémie, explique la Guemara Meguila (14a), c’est parce qu’il pressentait qu’une femme se montrerait plus compatissante et plus disposée à intercéder auprès de Hachem . Et comme Jérémie était apparenté à la prophétesse, étant tous deux des descendants de Josué et de Ra‘hav (Meguila 14b ; Ruth rabba 2), il ne redoutait pas qu’il pût s’en froisser. Lorsque Jérémie a admonesté les hommes et les a incités à la repentance, elle a fait de même auprès des femmes ( Pessiqta rabbathi 26, 129).

C’est en récompense des éminentes qualités de son mari, qui se rendait chaque jour hors des murailles de Jérusalem pour offrir aux voyageurs de quoi se désaltérer, que ‘Houlda a accédé à la prophétie. Elle tiendrait toutefois son nom peu élégant ( ‘houlda signifie en hébreu : « belette ») du dédain avec lequel elle a traité le roi, en l’appelant, dans sa réponse (II Rois 22, 15), « l’homme » et non : « Sa Majesté ».




Miryam : Le titre de “prophétesse” conféré à Miryam résulte du texte même de la Tora ( Chemoth 15, 20) : “Miryam, “la prophétesse”, sœur de Aaron, prit en main un tambourin…” En quoi a consisté son don prophétique ? se demande-t-on dans Meguila 14a. En ce qu’elle avait prédit la naissance d’un frère qui sauverait Israël. D’où sa désignation comme “sœur de Aaron”, et non comme “sœur de Moïse” : Lorsqu’elle a prophétisé, elle n’avait qu’un frère, Aaron. 
La Guemara ajoute : Miryam, qui était une prophétesse, a annoncé : “Ma mère donnera le jour à un fils qui sera le sauveur d’Israël !” A la naissance de Moïse, toute la maison s’est emplie de lumière. Son père lui a alors dit : “Ma fille, ta prédiction s’est réalisée !” Mais lorsque Moïse a été jeté dans le fleuve, il lui a demandé : “Ma fille, qu’est devenue ta prophétie ?” C’est ce que signifient les mots : “Sa sœur se tint à distance, pour savoir ce qui s’accomplirait” ( Chemoth 2, 4) – pour savoir si sa prophétie allait se réaliser ( Sota 13a). 





Sarah Lorsque, après la naissance d’Isaac, Sara constata qu’Ismaël se moquait de son enfant, elle demanda à Abraham de le renvoyer avec sa mère. Pour vaincre les hésitations de celui-ci, qui répugnait à un geste aussi impitoyable, Hachem lui dit : “Tout ce que te dira Sara, écoute sa voix !” ( Berèchith 21, 12).

Pourquoi “sa voix” ? se demandent les commentateurs. N’aurait-il pas suffi de dire, tout simplement : “Ecoute-la !” ? C’est que, répondent-ils, le mot “voix” ( qol en hébreu) comporte une connotation de prophétie comme étant synonyme de roua‘h haqodech (« esprit saint ») (Voir Rachi sous Berèchith 21, 12). Sara était donc une prophétesse. Et qu’a-t-elle prophétisé ? Elle a deviné, mieux que l’aurait fait son mari, tout le mal que pourrait causer Ismaël à Isaac si les deux frères devaient grandir ensemble.

Si nous nous interrogeons sur la nature du message prophétique transmis par Sara, force est de constater qu’il ne s’agit ni d’une prédiction, ni d’une remontrance, et encore moins d’un miracle. La vision prophétique que Sara a transmise était constituée, en réalité, d’une clairvoyance poussée à l’extrême. Comme mère de l’enfant dont elle pressentait qu’il deviendrait l’objet de la promesse de Hachem à Abraham, elle a exprimé, en le dissimulant sous les apparences superficielles d’une jalousie maternelle, l’intuition du destin exceptionnel auquel allait accéder Isaac. 

A noter également le titre de “prophétesse” ( nevia ) conféré par Isaïe à son épouse (Isaïe 8, 3). Faut-il le prendre au pied de la lettre, ou n’était-ce qu’un terme d’affection dans la bouche de son mari ? Les commentateurs sont en désaccord à ce sujet ( Rachi ad Isaïe 7, 14 ; en sens contraire : Radaq ad 8, 3).


Source :  Jacques Kohn 


Nombre des prophètes
Il y a eu des prophètes des nations et des prophètes d'Israël.
Il y a eu 600000 prophètes et 600000 prophétesses en Israël pendant les 1000 ans précis de prophétie qui ont succédé au don de la Torah (Cantique des Cantiques, Chir haChirim Rabba 4, 2, 1). Il faut situer ces 1000 ans dans l'ensemble de l'histoire juive.
Ce middrache et le Traité Avodâ Zara disent que seuls ont été retenus 48 prophètes et 7 prophétesses pour nous en transmettre leurs noms car eux seuls sont utiles à connaître pour les diverses générations.
Pour bien comprendre le caractère catégorique de la transmission, le Traité du Talmud Baba Batra page 121b, spécialement avec le commentaire du Rachbam, montre que 7 prophètes se sont connus dans leur vie et, à eux seuls, ils couvrent toute la période de transmission  jusqu'à la fin de la prophétie :


Adam

1-930

Mathusalem (Matouchélah)

687-1656

Chém

1558-2158

Yaâqov

2108-2255

Amram

2250-2387

A'hiya haChiloni

2380-2960

Eliyahou haNavi

2960...


L'ensemble du peuple suif est un prophète dans le monde.
Son espace, son pays de vie, Israël sont le dispositif de cette manifestation de la prophétie pour le bien du monde. Cela est démontré dans le désert par la disposition du camp des hébreux.

Les 7 Prophetesses

 La tradition juive mentionne sept prophétesses : Sarah, Miryam, Devorah, Hanna, Avigaïl, ‘Houlda et Esther ( Meguila 14b) 

Avigaïl : Présentée par le Midrach comme l’une des plus belles femmes de l’histoire, Avigaïl est devenue la veuve de Nabal le Carmélite, un individu particulièrement antipathique, dans des circonstances que relate avec force détails le chapitre 25 du premier livre de Samuel. Elle a par la suite épousé David, alors qu’il était encore pourchassé par Saül. Elle a été traversée par l’esprit saint, rapporte le Midrach ( Eikha rabba 21, 1), lorsqu’elle tint à celui qui allait devenir son deuxième mari ces propos prémonitoires : 
“Si l’on s’avisait de t’attaquer et d’en vouloir à ta vie, l’existence de mon seigneur restera liée au faisceau des vivants que protège Hachem , ton Dieu. Quant aux âmes de tes ennemis, Il les atteindra comme par le creux d’une fronde” (I Samuel 25, 29). 
 


Déborah : En plus d’être prophétesse, elle était aussi, fait insigne, juge, chef des armées et poétesse ; un cantique lui est en partie attribué (Juges 5). "Et Déborah, une prophétesse, femme de Lapidot, était juge sur Israël à cette époque. Elle siégeait au pied du Palmier de Déborah […] dans la montagne d’Efraïm" (Juges 4 : 4-5). Femme de Lapidot peut aussi se lire, femme de lumières, car elle fabriquait des mèches pour les candélabres du Temple et plus symboliquement parce qu’elle dispensait la lumière au travers de ses prophéties. Mais le Talmud est ambivalent à son sujet, raillant un peu son nom qui signifie "abeille", la traitant d’arrogante ou s’offusquant qu’une femme puisse assumer tant de fonctions d’autorité. Même si la littérature talmudique minimise parfois la dimension de juge de Déborah en avançant l’hypothèse qu’elle ne faisait "qu’enseigner des lois" – ce qui est déjà exceptionnel pour une femme dans le corpus rabbinique –, des commentaires talmudiques nous donnent en quelque sorte le mode d’emploi de sa singularité édifiante. Elle ne pouvait juger que "grâce à l’inspiration divine" mais surtout "parce que le peuple l’avait acceptée" (Commentaire des Baalé Tossafoth sur Baba Kama 15, a et Guittin 88, b). Cet enseignement de l’école de Rachi peut servir d’exemple pour celles et ceux qui auraient encore des réticences à accepter de voir des femmes assumer légitimement des fonctions de leadership ou de décideurs de la loi juive.


Esther : L’accession d’Esther au rang de prophétesse se déduit du verset : “Ce fut le troisième jour, Esther revêtit la royauté” ( Esther 5, 1), à propos duquel laGuemara ( Meguila 14b) fait observer qu’il aurait dû être écrit : “Esther revêtit ‘des habits’ de royauté”, et non simplement “la royauté”. Cela signifie, enseigne-t-elle, que c’est l’esprit saint ( roua‘h haqodech ) qui l’a habillée. 
Un autre indice des certitudes prophétiques d’Esther est fourni par le Séder ‘olam , cité par rabbi Baroukh Epstein ( Tora Temima sous Esther 5, 1). Il est écrit : “Esther, la reine, fille de Avi‘hayil écrivit…” ( Esther 9, 29). Or, ce qu’elle a écrit, c’est le livre qui porte son nom et qui a été enregistré dans le canon biblique. Il faut par conséquent qu’elle ait été investie de l’esprit saint, puisque seuls des auteurs porteurs de cette inspiration prophétique ont eul’honneur de figurer dans ce canon.




Hanna :‘Hanna présente la particularité unique d’avoir été à la fois femme et mère de prophètes. Son mari, Elqana, était en effet lui-même prophète ( Rachi ad ‘Erouvin18b, s.v. Elqana ) et c’est lui qui, en tant qu’“homme de Hachem ” (I Samuel 2, 27) est venu annoncer au Grand prêtre ‘Eli la destitution de sa famille de ses fonctions sacerdotales ( Radaq ad loc. ). Quant à son fils Samuel, il fait partie des quarante-huit prophètes répertoriés par la tradition ( Rachi ad Meguila 14a). La prophétie de ‘Hanna s’exprime, avec une émotion touchante, dans la prière qu’elle a adressée à Hachem après la naissance de son fils tant désiré (I Samuel 2, 1 à 10 – voir aussiBerakhoth 31b et suivants).




‘Houlda : Epouse de Challoum ben Tiqwa, « gardien des vêtements » du roi Josias, elle est la seule prophétesse de l’époque de la monarchie davidique (II Rois 22, 14 à 20). Consultée par le monarque au sujet du rouleau de la Tora découvert lors de la restauration du Temple, elle annonce les malheurs qui s’abattront sur le Royaume de Juda et sur ses habitants, précisant toutefois que l’exécution de ce jugement sera ajournée jusqu’à la mort de Josias compte tenu de son repentir.

Si le souverain a ainsi consulté ‘Houlda et non Jérémie, explique la Guemara Meguila (14a), c’est parce qu’il pressentait qu’une femme se montrerait plus compatissante et plus disposée à intercéder auprès de Hachem . Et comme Jérémie était apparenté à la prophétesse, étant tous deux des descendants de Josué et de Ra‘hav (Meguila 14b ; Ruth rabba 2), il ne redoutait pas qu’il pût s’en froisser. Lorsque Jérémie a admonesté les hommes et les a incités à la repentance, elle a fait de même auprès des femmes ( Pessiqta rabbathi 26, 129).

C’est en récompense des éminentes qualités de son mari, qui se rendait chaque jour hors des murailles de Jérusalem pour offrir aux voyageurs de quoi se désaltérer, que ‘Houlda a accédé à la prophétie. Elle tiendrait toutefois son nom peu élégant ( ‘houlda signifie en hébreu : « belette ») du dédain avec lequel elle a traité le roi, en l’appelant, dans sa réponse (II Rois 22, 15), « l’homme » et non : « Sa Majesté ».




Miryam : Le titre de “prophétesse” conféré à Miryam résulte du texte même de la Tora ( Chemoth 15, 20) : “Miryam, “la prophétesse”, sœur de Aaron, prit en main un tambourin…” En quoi a consisté son don prophétique ? se demande-t-on dans Meguila 14a. En ce qu’elle avait prédit la naissance d’un frère qui sauverait Israël. D’où sa désignation comme “sœur de Aaron”, et non comme “sœur de Moïse” : Lorsqu’elle a prophétisé, elle n’avait qu’un frère, Aaron. 
La Guemara ajoute : Miryam, qui était une prophétesse, a annoncé : “Ma mère donnera le jour à un fils qui sera le sauveur d’Israël !” A la naissance de Moïse, toute la maison s’est emplie de lumière. Son père lui a alors dit : “Ma fille, ta prédiction s’est réalisée !” Mais lorsque Moïse a été jeté dans le fleuve, il lui a demandé : “Ma fille, qu’est devenue ta prophétie ?” C’est ce que signifient les mots : “Sa sœur se tint à distance, pour savoir ce qui s’accomplirait” ( Chemoth 2, 4) – pour savoir si sa prophétie allait se réaliser ( Sota 13a). 





Sarah : Lorsque, après la naissance d’Isaac, Sara constata qu’Ismaël se moquait de son enfant, elle demanda à Abraham de le renvoyer avec sa mère. Pour vaincre les hésitations de celui-ci, qui répugnait à un geste aussi impitoyable, Hachem lui dit : “Tout ce que te dira Sara, écoute sa voix !” ( Berèchith 21, 12).

Pourquoi “sa voix” ? se demandent les commentateurs. N’aurait-il pas suffi de dire, tout simplement : “Ecoute-la !” ? C’est que, répondent-ils, le mot “voix” ( qol en hébreu) comporte une connotation de prophétie comme étant synonyme de roua‘h haqodech (« esprit saint ») (Voir Rachi sous Berèchith 21, 12). Sara était donc une prophétesse. Et qu’a-t-elle prophétisé ? Elle a deviné, mieux que l’aurait fait son mari, tout le mal que pourrait causer Ismaël à Isaac si les deux frères devaient grandir ensemble.

Si nous nous interrogeons sur la nature du message prophétique transmis par Sara, force est de constater qu’il ne s’agit ni d’une prédiction, ni d’une remontrance, et encore moins d’un miracle. La vision prophétique que Sara a transmise était constituée, en réalité, d’une clairvoyance poussée à l’extrême. Comme mère de l’enfant dont elle pressentait qu’il deviendrait l’objet de la promesse de Hachem à Abraham, elle a exprimé, en le dissimulant sous les apparences superficielles d’une jalousie maternelle, l’intuition du destin exceptionnel auquel allait accéder Isaac. 

A noter également le titre de “prophétesse” ( nevia ) conféré par Isaïe à son épouse (Isaïe 8, 3). Faut-il le prendre au pied de la lettre, ou n’était-ce qu’un terme d’affection dans la bouche de son mari ? Les commentateurs sont en désaccord à ce sujet ( Rachi ad Isaïe 7, 14 ; en sens contraire : Radaq ad 8, 3).


Source :  Jacques Kohn 
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