Paracha de la semaine

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Séfèr Béréchit

Paracha de Berechit - בְּרֵאשִׁית 

 

1ere Parasha de l’année, « Berechit » (Au commencement) conte la création du monde et de l’homme.

 

 

 

Le 1er Passouk de la Torah (Parasha Berechit) commence par : את השמים ואת הארץ בראשית ברא אלוקים : « Au commencement Hachem créa le ciel est la terre »

 

  • Nous remarquerons qu’il y’a 6  « א ». La lettre « א » s’appelle Aleph  « אלף » en hébreu, qui représente la valeur numérique 1000. Les ‘Hakhamim nous enseignent que l’on retrouve 6 Aleph, donc 6 X 1000 = 6000 qui représentent les 6000 ans  pour lesquels le monde a été créé.

 

 

- Pourquoi est-il écrit dans la Parasha « yom cheni, chélichi… » (2eme jour de la création, 3eme jour…) mais pour le premier jour il est écrit « yom Ehad » (jour Un) et non pas «  yom RICHONE » (1er jour) ?

* Rachi  répond.

 

* « Yom Cheni Chélichi » (2eme jour, 3eme…)

=> Notion de continuité par rapport au premier jour.

   « Yom E’had » (jour Un)

=> Notion de fixe, sans continuité, qui est stoppé

Pirouch : En fait tous les éléments ont été créés le 1er jour mais Hachem ne les a activés qu’au fur et à mesure de l’ordre de la création. La lumière « Or », qui a été créée le 1er jour, était trop forte, elle fut cachée pour être placée Léatid Lavo (dans le monde futur) pour les Tsadikim (sages).

 

 

- Pourquoi yom Hachichi  « השישי » à la place de yom shishi ?

* La lettre « ה » représente le chiffre 5 correspondant aux 5 livres de la Torah qu’a reçu le peuple juif le 6 du mois de Sivan, c'est-à-dire  « שישי » en hébreu.

 

 

-             ברא בראשית :

* Rambam dit que chaque juif doit être en bonne santé.

C’est une béra’ha pour tous les juifs :

            * béné (enfant) : ברא

            * ‘hayé (santé) : ברא – בריאות

* mézoné (parnassa) : בר

* Pourquoi commencer par la lettre ב et non par la lettre א ?

א => Arour                                         => 1 = seul, égoïste, solitaire, orgueil…

ב => Barou’h (inyane bera’ha) => 2 = ensemble, union (A’hdout)…

è Rabbi Akiva dit « véahavta lereakha kamokha » tu aimeras ton prochain comme toi-même, c’est la base de la Torah

Un homme est parti voir Chamaï pour lui demander de lui apprendre toute la Torah le temps qu’il se tenait sur 1 pied. Cet homme s’est fait renvoyer. Ce même homme est parti voir Hillel, et lui a fait la même requête, à savoir lui enseigner toute la Torah, le temps qu’il se tenait sur un pied. Hillel lui a répondu : si tu apprends parfaitement le commandement de « véahavta lereakha kamokha » tu connaîtras  toute la Torah.

 

* Dernier mot de la Torah ישראל   

   Premier mot de la Torah בראשית

ð           לב (cœur) pour nous enseigner que d'un bout à l'autre nous devons étudier la Torah avec le "LEV" (Coeur).

 

 

-             ודברת בם :

* Dans le "shema israël" on dit «  ודברת בם» (Et tu t'en entretiendras)

Mais de quoi t'en entretiendras-tu ?

De la Torah Bien sûr ! Plus exactement de la Torah écrite et de la Torah Orale. En effet, " בם" représente respectivement la lettre de la Torah écrite ("ב" de  … בראשית) et de la Torah Orale, c'est à dire la Guemara Bera'hote ("מ" de ... מאימתי)

 

 

-             בראשית ברא אלוקים :

* Pourquoi le nom אלוקים vient après le mot ברא  ? Ce n’est pas un honneur (Kavod) pour Hachem…

Midrach : במידת בשר ודם מזכיר שמו ואחר כך מזכיר שבחו

On dit toujours Monsieur « untel » a dit ou a fait… Parce que nous savons qui est le sujet. Mais אלוקים n’est un sujet identifiable qu’à travers sa force et sa création…

 

-             ברא בראשית :

* Quel est l’intérêt du mot בראשית ?

‘Hassidout : Chaque matin, au réveil il faut penser que c’est encore בראשית et prendre conscience que l’essentiel est d’accomplir la volonté d’Hachem, tout le reste n’est que futilité.

 

 

בראשית שבת :

Ce shabbat est très important, car « comme ce shabbat sera, ainsi l’année sera ! ».

Chaque instant est un renouvellement. Comme dit le Baal Chem Tov, une table créée par un artisan, une fois crée elle tient selon le modèle qui a été travaillé.

C’est une création à partir d’un existant : יש מי יש

Mais en ce qui concerne la création du monde, c’est une création venant de rien : יש מי אין

C’est grâce aux 10 paroles énoncées par Hachem que le monde tient à chaque instant.

En prenant conscience que tout ne tient que par la parole d’Hachem, chaque instant doit nous amener à avoir le Bita’hone et de pratiquer Torah & Mitsvot quelles qu’en soit les circonstances, sans tristesse, sans désespoir... Car tout ne tient que par la volonté d’Hachem.

De même que le mot ברא est au passé, ce que nous visons à l’instant immédiat T  est du futur proche vécu. Nous devons prendre conscience que rien ne nous appartient et que tout ce qui arrive n’est que la volonté d’Hachem.

 

 

- Comment expliquer que pour la création de l’homme  « Hachem a regretté  ...וינחם » ?

Le Marcha dit que l’homme a été crée avec le risque de dévier du droit chemin.

En effet, dans la Torah il y’a 613 Mitsvot : 248 commandements Positifs & 365 commandements Négatifs. Si l’homme n’avait pas été créé, les 365 commandements Négatifs n’auraient pas été enfreints. Comme 365 > 248, on pourrait croire que c’est plus intéressant. Comme il est dit dans la Guemara les חכמים disent « nous avons compté et nous avons décidé…  ...נימנו וגמרו »

 

Dans la Guemara il est dit aussi :

Si une personne fait une Mitsva sans avoir eu l’intention de la faire, valait mieux qu’il ne soit pas créé ! Comment expliquer aussi cette affirmation ?

En fait, ça s’explique au niveau du calcul suivant :

La pensée (Ma’hchava) de faire une Mitsva est une Mitva en soit => Donc faire une Mitsva compte pour 2 Mitsvots (1 pour la pensée, 1 pour l’action) è 248 x 2 = 496 > 365.

La pensée de faire une mauvaise action (Avera) n’est pas prise en compte, car il existe toujours l’espoir de faire une Techouva jusqu’au dernier moment.

 

Et la וינחם s’explique alors par le fait que Hachem a vu que les Ma’hchavot sont mauvaises. D’où le regret, car la création est fait pour la Ma’hchava Tova.  « הצור תמיד פעולו »

 

Comme dit le Rambam dans son introduction au Michné Torah :  « Az lo evouch béhabiti… »

Avant de faire la Mitsva il faut regarder, et avoir la volonté et la Ma’hchava…

Paracha de Noa’h - נֹחַ

 

 

- Les 2 premières Parachiot (Berechit & noa’h)

 

Dans le Pirké Avote (Chap 4, michna 21)

« Rabbi Elhazar Hakapar disait : l’Envie (קנאה = la jalousie…), la volupté  (תאוה = les plaisirs des sens, plaisir sexuel…),  et l’ambition (כבוד = recherche de l’honneur…) abrègent la vie de l’homme »

 

Les 2 premières Parachiot constituent la préface du Sefer (Livre)  Berechit qui donne cette même leçon de vie à l’homme. En effet :

 

קנאה : L’épisode où Kaïn a tué son frère Abel par jalousie, parce que  Dieu a préféré les offrandes d’Abel…

 

תאוה : Le Dor Hamaboul (Génération du déluge) qui faisait de la débauche et qui se volait l’un  l’autre…

 

כבוד : Le Dor Haplagua (Génération de dispersion, après le déluge) qui a fait la Tour de Babel et que Hachem a dispersé

 

 

- Pourquoi, au début de la Paracha il est dit de Noa’h  איש צדיק תמים (Homme Tsadik et intègre), puis quand Hachem lui demande de rentrer dans l’arche Il l’appelle juste צדיק Tsadik sans תמים (Tamim = intègre) ?

 

  • Rachi répond qu’il est préférable de ne pas trop donner d’honneur et de compliments à une personne en sa présence. Par contre, si on veut rapporter des paroles honorifiques sur une personne, comme au début de la Paracha, ça ne pose pas de problème.

 

  • Marane Bet Yossef apporte une autre explication :

צדיק = (envers son prochain) juste et droit

תמים = (envers Hachem) craignant Hachem et pratiquant la Torah et les Mitsvot

 

Pendant le Dor Hamaboul (Génération du déluge)  les gens faisaient de la débauche et se volaient les uns les autres ó Ils ne se respectaient pas les uns les autres contrairement à Noa’h.

ð     C’est la raison pour laquelle il est צדיק .

 

Pendant le Dor Haplagua (Génération de dispersion, après le déluge) les gens ont fait  la Tour de Babel pour essayer d’atteindre Hachem ó Ils ne respectaient pas Hachem contrairement à Noa’h.

ð     C’est la raison pour laquelle il est תמים.

 

Le début de la Paracha relate l’histoire globale de Noa’h, il est mentionné à la fois צדיק et תמים pour reconnaître toutes ses qualités. Par contre, avant le déluge, quand Hachem dit uniquement צדיק de Noa’h, c’est parce qu’il n’est pas encore dans le Dor Haplagua (la génération après le déluge).

 

Remarques :

- Dans le Dor Hamaboul (Génération du déluge), les gens volaient intelligemment et vicieusement, car ils volaient à plusieurs reprises des objets ou sommes d’argent ayant une valeur de moins d’une פרוטה(Prouta = quelque centimes). *** En effet, d’après la הלכה (Hala’ha = loi juive), voler est une faute. Par contre, celle-ci n’est condamnable que si la valeur de ce qui est volé est d’au moins une פרוטה(Prouta).

- Dans le Dor Hamaboul, les riches volaient les pauvres, même les plus vieux faisaient de l’adultère... Il en était de même pour les animaux… C’est pour cela qu’il est marqué « Vaticha’hete Haarets lifné Haélokim » que la terre s’était corrompue devant Hachem…

 

 

 

- Au début de la Paracha il est dit de Noa’h (Homme Tsadik et intègre de sa génération)  היה בדורותיו איש צדיק תמים , Comment comprendre de « sa génération » ?

            * Rachi donne 2 interprétations :

A - Nos sages disent que : si Noa’h a pu resté Tsadik dans cette génération de fauteurs, à plus forte raison qu’il sera encore Tsadik dans une génération de sages.

B - Certains disent, que Noa’h se distinguait des autres en tant que Tsadik uniquement dans sa génération et qu’il n’aurait pas pu être remarqué dans une génération de sages.

Remarque : A ce propos, nous disons d’un Tsadik que s’il est aimé et reconnu de tout le monde, ce n’est pas un bon Tsadik. Car aucune communauté n’est parfaite, et le Tsadik est forcément amené à dire la vérité et à corriger certaines personnes et à leur faire des remarques parfois déplaisantes  pour remettre de l’ordre…

Donc la preuve que Noa’h était un bon Tsadik est du au fait que « certains » donnent la 2eme interprétation… ;o)

 

*** Voici une explication pour mieux comprendre la 2eme interprétation de Rachi qui parait négative pour Noa’h mais qui en fait, est positive :

(1) D’une part il est dit qu’il faut être humble, que l’on doit se considérer comme la poussière de la terre…

(2) D’autre part, dans la Guemara Avote il est dit qu’il faut se considérer comme étant celui pour lequel toute la création du monde a été créé…

(1) et (2) paraissent contradictoires !

 

=> En fait le cas (1) est le comportement que l’on doit avoir dans un endroit où se trouvent les Sages (Tsadikim). Ne pas se faire remarquer, se comporter normalement voire discrètement, devant les grands de ce monde…

Il en est de même pour le plus grand des Sages parmi d’autres Sages, comme le Tsadik Nistare (le Sage caché, discret)

 

=> Le cas (2) est le sentiment que l’on doit ressentir dans un endroit où se trouvent les Fauteurs (Rechaïm). Se faire remarquer pour accomplir des bonnes actions (Mitsvote), les faire publiquement sans se cacher, donner l’exemple…

 

Nous pouvons alors comprendre la 2eme interprétation de Rachi en disant que Noa’h parmi les sages ne se serait pas fait remarquer, dans le sens où il aurait même pu être un Tsadik Nistar (Sage Caché) pour ne pas se venter…

 

 

 

- Pourquoi dit-on du peuple juif, que nous sommes les fils d’Avraham et non pas de Noa’h ?

 

Car en tant que « Ben Israël » fils d’israël nous devons être uni (אחדות ) et avoir de la bonté (חסד)... Or Noa’h était Tsadik dans sa génération mais n’avait pas prié pour que Hachem pardonne les fautes au peuple pour éviter le maboul…

[C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle nous disons les eaux de Noa’h « Mé Noa’h »…]

Tandis que Avraham et sa femme Sarah prenaient soin de tout leur entourage (ils les nourrissaient, priaient pour eux, leur faisaient découvrir Hachem…)  là est la symbolique du peuple juif…

 

 

 

- Rachi dit : la raison pour laquelle Hachem à fait le Maboul (déluge) est principalement du au גזל (Guezel = vol)…

Comment pouvons-nous comprendre cette remarque, alors que le peuple faisait d’autres fautes terribles ?

 

En fait le גזל (Guezel = vol) est une faute qui casse la אחדות (A’hdout = fraternité, unité du peuple).

Tant qu’il s’agissait d’autres fautes, la miséricorde de Hachem opérait pour ne pas les punir sévèrement. Par contre, une fois que les gens entre eux s’entredéchiraient sans pitié l’un envers l’autre, comment voudrait on que la miséricorde d’Hachem puisse opérer pour laisser vivre le peuple.

 

Remarque : L’unité du peuple fait sa force. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Hachem a mis la confusion sur le Dor Haplagua (Génération de dispersion, après le déluge) lorsqu’ils construisaientla Tour de Babel, afin de pouvoir les punir par la suite. Car ils étaient tous unis pour la même mauvaise action. Si Hachem ne les avait pas séparés,  et n’avait pas semé le trouble entre eux, Il n’aurait pas pu les punir.

 

           

 

- Pourquoi Hachem a-t-il choisi le Maboul (déluge) comme type de punition ?

           

Le déluge a duré 40 jours et a permis de purifier le monde.

ð     40 jours faisant allusion aux 40 Séah d’eau (quantité d’eau) que contient un Mikvé pour le bain rituel.

L’immersion totale d’une personne dans l’eau du Mikvé permet une annulation de soi,  en passant d’un monde viable à un monde non viable (Bitoul = ביתול  = annulation,  venant du mot  Tévila =תבילה = immersion). Après un Mikvé, c’est une sorte de renaissance.

Paracha de Lekh Leka – לֶךְ לְךָ

 

 

 

La Parasha commence par : Hachem dit à Avraham de quitter son pays… et lui donne des bénédictions dont il héritera lui et nous !  ;o)  les ‘béné Israël’(fils d’Israël)

…וְאֶעֶשְׂךָ, לְגוֹי גָּדוֹל, וַאֲבָרֶכְך … וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל אַבְרָם, לֶךְלְךָ מֵאַרְצְךָ וּמִמּוֹלַדְתְּךָ וּמִבֵּית

 

On se demande alors, pourquoi la Parasha commence directement par ces instructions et bénédictions  au lieu de nous présenter d’abord Abraham et d’énumérer ses qualités ?

 

Si la Parasha avait commencé par venter les mérites d’Abraham, certains auraient pu dire : Abraham et ses descendants proches ont mérité la terre d’Israël et les bénédictions, uniquement grâce à leurs qualités et leur niveau spirituel…

Comme  le peuple juif d’aujourd’hui n’a pas ces mêmes qualités, alors ils ne sont pas méritants et les bénédictions ne sont plus valables…

C’est pour ne pas que quelqu’un puisse tenir ces propos que la Parasha commence directement par les bénédictions qu’Hachem donne par amour inconditionnel à Abraham et à tous ses descendants… Pour nous apprendre que quel que soit le niveau spirituel du peuple juif, ce dernier hérite éternellement de la bénédiction de son patriarche abraham.

            (« Israël af al pi shé’hata Israël hou ! » : Israël bien qu’il ait fauté c’est Israël !…)

 

Remarque :

Il est dit dans Pirké Avote (Chap 5 Michna 15) qu’un amour fondé sur l’intérêt (1) cesse avec la cause qui la fait naître mais l’amour désintéressé (2) ne cesse jamais…

=> Tel était l’amour (2) que portait Hachem envers Abraham

 

 

 

Rachi interprète l’ordre de Hachem à Abraham de quitter la terre où il vit (« Lekh lekha » :לֶךְ לְךָ מֵאַרְצְךָ), comme étant un voyage qui lui fera plaisir (« léanaatekha » : להנאתך).

Comment un voyage, en plein désert, pourrait faire plaisir à Abraham ?

           

Abraham était connu pour sa bonté... Il allait chercher dans le désert tous ceux qui passaient près de chez lui pour les rafraîchir, les inviter à manger (« hakhnassat or’him ») et leur faire découvrir Hachem le Dieu unique…

Abraham voyagea à son tour dans le désert, sous l’ordre d’Hachem. C’est en réalisant la difficulté du voyage dans le désert, qu’il a éprouvé un grand  plaisir, en prenant conscience de l’ampleur de la Mitsva de « hakhnassat or’him » qu’il avait fait…

 

 

 

Hachem dit à Abraham d’aller en Israël, terre dont il héritera, qu’il prospérera…

Arrivé la bas, Abraham dû quitter Israël à cause de la famine, et dû descendre en Egypte pour chercher de la nourriture…

 

A la frontière égyptienne Abraham dit à sa femme qu’elle était vraiment belle, et que les égyptiens voudront la prendre à cause de sa beauté…    הִנֵּהנָא יָדַעְתִּי, כִּי אִשָּׁה יְפַתמַרְאֶה אָתְּ

Comment peut-on comprendre cela ? de plus, avant de se marier, on a le devoir de voir la femme que l’on va épouser et donc voir sa beauté ??

 

Le midrash explique qu’Abraham ne s’était pas rendu compte (de sa beauté) jusqu’alors, à cause de leur ‘Tsnioute’ (Pudeur) respective.

 

            * Rachi donne une interprétation en définissant 2 sortes de beauté féminine

            (1) Une femme belle naturellement

(2) Une femme belle non naturellement mais seulement à l’aide de maquillage ou de parures…

[Contrairement à la beauté (2), la beauté (1) reste inchangée quelque soit les circonstances…]

 

=> Lorsqu’à la frontière égyptienne Abraham constata la beauté de sa femme, c’est dans le sens où même, après un long & difficile voyage, la beauté de sa femme Sarah était toujours aussi éclatante donc vraiment naturelle (1).

 

 

* Hagra donne une autre interprétation avec 2 autres définitions

(1’) Une femme belle naturellement

(2’) Une femme belle grâce à son ‘Yr’at Chamaïm’ (la crainte d’Hachem)

[La beauté (1’) est un don naturel, tandis que la beauté (2’) est un don surnaturel d’Hachem. Il permet à la femme en question de paraître repoussante à certain moment de la vie où sa beauté risquerait de la mettre en difficulté (ex : Harcèlement…).  

‘Esther Hamalka’ (la reine Esther à Pourim) avait mérité cette beauté là, comme dit le midrash, vu qu’elle avait 70ans, un teint verdâtre...]

 

=> On comprend alors qu’à la frontière égyptienne Abraham constata que la beauté de sa femme allait poser des problèmes avec les égyptiens… C’est dans le sens où c’était une beauté vraiment naturelle, car elle ne paraissait en aucun cas repoussante…

 

 

 

- Pourquoi lorsque Abraham est descendu en Egypte il est écrit (Mitsraïma : מִצְרָיְמָה) et non pas tout simplement (Mitsraïm : במצרים)?

 

Le midrash vient nous enseigner que celui qui rentrait en Egypte n’en ressortait pas, tant cette terre était une prison du point de vue spirituel.

En effet :

- מצרים au masculin a sa 1ere lettre מ « Mem » ouverte et sa dernière lettre ם « Mem » fermé, comme une porte d’entrée ouverte et une porte de sortie fermée

- מִצְרָיְמָה au féminin a sa 1ere et sa dernière lettre מ « Mem » ouvertes, comme une porte d’entrée et de sortie ouverte pour Abraham

 

 

 

L’une des bénédictions  qu’Hachem a donné à Abraham est : j’agrandirai ton nom (‘vaagadelkha shamekha’ : ...וַאֲגַדְּלָה שְׁמֶךָ).

 

*Rachi dit la chose suivante : C’est pourquoi on dit « elokéi ya’akov » (Dieu de ya’akov) dans la «‘amida ».

(Amida = prière que l’on fait debout 3 fois par jour… où l’on mentionne l’alliance d’Hachem avec les patriarches Abraham, Ysaak et Ya’akov).

 

Qu’elle rapport y’a-t-il entre ‘j’agrandirai ton nom’ et ‘elokei ya’akov’ dans la amida ?

 

Pirouch :

- Les noms Abraham, Ysaak, Ya’akov (אברהם יצחק יעקב) sont composés de  13 lettres  faisant référence aux 13 caractères de miséricordes (Midot Hara’hamim : מדות הרחמים).

- Les noms de leur femme Sarah, Rivka, Rah’el et Léah (לאה רחל רבקה שרה) sont aussi composés de 13 lettres faisant références aux 13 caractères de miséricordes (Midot Hara’hamim : מדות הרחמים).

=> La somme des 2 faisant 26 lettres correspondant à la Guematria du nom de Hachem (le nombre correspondant au nom divin le tétragramme).

 

Remarque :

Dans la Parasha, Hachem a renommé Abram (אברם) en Abraham (אברהם) en lui ajoutant la fameuse lettre sainte « hé » (ה) qui est une lettre très spéciale...

 

Dans la « Amida », si on avait dit Abram (אברם) à la place de Abraham (אברהם) on aurait eu que 12 lettres à la place de 13 pour les 3 noms des patriarches « Abram Ysaak Ya’akov ».

D’autre part, nous savons que Ya’akov (יעקב) s’appelle aussi Israël (ישראל).

Et bien que la combinaison des noms Abram Ysaak Israël (אברם יצחק ישראל) fasse 13 lettres au total, Hachem a promis que le nom de Abraham (avec le « hé ») sera toujours grand.

 

On comprend alors  Rachi lorsqu’il dit : c’est pourquoi on dit « elokéi ya’akov », dans le sens où nous ne dirons pas Israël à la place de Ya’akov dans la « ‘amida » pour que le nom d’Abraham restera à jamais grand avec la lettre sainte « hé ».

 

 

 

- Pourquoi Dans la «’amida» nous prions Hachem en disant « Elokei Abraham Elokei Ysaak Elokei Ya’akov » (Dieu d’Abraham, Dieu D’Ysaak Dieu de Ya’akov) au lieu de dire Dieu de Abraham, Ysaak et Yaakov en une seule fois ?

 

C’est pour nous enseigner que chaque patriarche a rempli sa mission envers Dieu, et qu’ils ont chacun était reconnu par leurs qualités spécifiques.

- Abraham pour la bienfaisance « gmiloute ‘hassadim »…

- Ysaak pour le travail « ‘avoda », dans le sens de ‘prières’…

- Ya’akov pour l’étude de la Torah « Torah »…

=> C’est pour cela qu’il est marqué dans Pirké Avote, que le monde tient sur 3 choses, la Torah, le travail, et la bienfaisance.

 

 

 

- Pourquoi dans la « ‘amida » nous clôturons la prière en mentionnant le seul nom d’Abraham « Maguen Abraham » et pas celui des « Avote » ?   

(« Avote » = les pères = Abraham Ysaak Ya’akov)

 

Le midrash nous enseigne que c’est avec la mention du nom d’Abraham que l’on clôture la prière pour nous enseigner que c’est en prenant modèle sur son action et ses qualités que nous clôturerons la vie en « Galout » (exil).

En effet, les qualités des 2 autres pères, à savoir la prière et l’étude de la Torah ne sont plus à notre époque aussi fortes qu’elles ne l’avaient été auparavant.

 

Donc, de la même façon qu’Abraham s’occupait des autres, les nourrissait, leur faisait faire de bonnes actions, leur faisait découvrir Hachem… nous devons aujourd’hui faire des actions dans ce sens à la veille de la « Guéoula » (libération, époque messianique) en donnant de la Tsédaka et en ramenant un peu de lumière dans ce monde…

Paracha de Vayera - וַיֵּרָא

 

 

Au début de la Parasha Abraham est assis à la porte de sa tente pour voir si des voyageurs passent près de chez lui, afin de faire la Mitsva de « Hakhnassate Or’him » (accueillir chez soi des invités)… Trois anges vont se présenter, il les invite comme il se doit… Un des anges annonce que Sarah (qui était stérile) aura l’an prochain un Garçon, ‘Ysaak’…

Abraham ayant eu déjà avec ‘Agar’ (la servante de sa femme Sarah) un fils qui se prénomme ‘Yshmael’ et qui déviait du droit chemin…

 

- le passouk continue : וְשָׂרָה שֹמַעַת פֶּתַח הָאֹהֶל, וְהוּא אַחֲרָיו   ‘Et Sarah écoutait à l’entrée de la porte, il était derrière lui…’      Que veux dire ici il était derrière lui ?

 

* Rachi nous dit qu’il s’agit de l’ange, qui est derrière la porte, qui annonce la nouvelle…

 

* Le Midrach raconte, que l’ange était rentré discuter avec Sarah dans la tente  et Yshmael est tout de suite rentré derrière lui à cause du « Y’houd »

(Y’houd = isolement interdit d’une femme mariée avec un homme)

 

Les ‘Hakhamim se demandent alors si Yshmael était vraiment aussi ‘Hakham et droit !?

 

Pour répondre à cette question voici une histoire tirée des ‘Néviim’ et 2 remarques.

A l’époque du « Beth Hamikdash »  (Beth Hamikdash = Temple) une femme, ‘Hanna était stérile. Elle priait de tout son cœur pour avoir un enfant.

Remarque 1 : A l’époque du Temple, si un mari suspectait sa femme de l’avoir trompé avec un autre homme. Le Cohen faisait boire une potion à cette femme devant tout le peuple...

- Si elle l’avait trompé, elle mourait en explosant...

- Si elle ne l’avait pas trompé, elle embellissait et devenait féconde…

Un jour, ‘Hanna dit dans sa prière à Hachem que si elle ne devenait pas féconde, elle irait jusqu’à s’humilier devant tout le monde pour faire croire à son mari qu’elle le trompe afin qu’elle en arrive à boire la potion du Cohen et qu’elle devienne féconde automatiquement…

Quand Hachem constata la détermination de cette femme dans le but de faire la Mitsva de procréer, Il l’a rendit féconde et elle enfanta ‘Chmouel Hanavi’…

Remarque 2 : Avant de recevoir la Torah, les ‘Avot’ (les pères Abraham Ysaak Ya’akov) appliquaient déjà tous les commandements de la Torah…

 

En fait, Yshmael n’était pas un sage car son but premier en entrant sous la tente tout de suite derrière l’ange était que Sarah ne puisse pas avoir d’enfant pour qu’il soit le seul héritier des richesses que possédait Abraham… 

D’après l’histoire & les remarques ci-dessus, si jamais Sarah était suspectée d’avoir trompé Abraham, il lui aurait fait boire la fameuse potion qui l’aurait rendu féconde vu que c’est une « Tsadekette » (Tsadekette = une femme sage)...

Ce que Yshmael ne voulait pas bien sûr !

 

 

 

 

 

Au début de la Parasha, Hachem est apparut à Abraham pour rendre visite au malade comme dit Rachi. En effet, Abraham venait de se circoncire et c’était le 3eme jour après sa « Brit Mila ». Puis Hachem envoie 3 anges pour qu’ils passent devant lui…  Abraham court à leur rencontre pour les inviter et faire la Mitsva de « Hakhnassat Or’him ».

 

- On se demande alors, pourquoi à ce moment là, Hachem teste encore Abraham sur la Mitsva de « Hakhnassate Or’him », et lui envoie 3 anges sous l’apparence de 3 nomades ?

 

La Torah voulait nous montrer que même malade, Abraham ne laissait pas une Mitsva lui échapper et alla de tout son cœur accueillir les invités. Ceci pour nous montrer l’exemple, de devoir surmonter nos faiblesses face à l’accomplissement des Mitsvot.

 

- Comment Abraham a pu quitter sa tente pour accueillir les 3 nomades, alors que Hachem était venu le visiter ?

 

* Les ‘Hakhamim nous enseignent ici que la שכינה (« shekhina » : présence divine) ne réside pas chez les gens tristes.

En effet, quand Hachem est apparu à Abraham, ce dernier était à la porte de sa tente pour voir s’il pouvait inviter des voyageurs. Or, au départ Hachem avait fait en sorte qu’il fasse une chaleur terrible, pour ne pas qu’il y’ait de nomades à l’extérieur ce jour là, afin de ne pas déranger Abraham qui était malade.

Mais en voyant qu’Abraham s’attristait de ne pouvoir trouver de nomades afin d’accomplir une Mitsva, la « Shekhina » ne pouvait plus résider là… Donc Hachem a du se retirer avant qu’Abraham se précipite vers les 3 nomades.

En envoyant les 3 anges, Hachem a voulu qu’Abraham retrouve sa joie dans l’accomplissement des Mitsvot…

 

Remarques : Dans une maison où règne le « Shalom » entre la femme et l’homme les ‘Hakhamim disent qu’il y’a la « Shekhina » qui y réside. En effet :

 

                        איש  = « Ich » = Homme ;  אשה = « Icha » = Femme

 

La différence entre les noms « Ich »  et « Icha » est que l’homme a la lettre י « youd » et la femme a la lettre  ה  « hé », et l’union des 2 lettres forme le nom divin.

 

La valeur numérique du mot אהבה (« Ahava » = Amour) est 13. Si l’homme donne son amour et que la femme fait de même, l’amour de l’un et de l’autre font 13+13=26, soit la valeur numérique du tétragramme (nom d’Hachem).

ð     Pour nous dire que la Shekhina ne réside à la maison que s’il y’a le Shalom et l’Amour entre le couple.

 

 

* Une 2eme réponse consisterait à dire que la Mitsva de « Hakhnassat Or’him » est plus importante que la « Shekhina ».

 

- Comment peut on expliquer cela ?

 

Rachi dit qu’en général la femme aime moins que son mari recevoir des invités à la maison, et le fait d’inviter des gens risque de troubler un peu le « Shalom » à la maison.

Alors les ‘Hakhamim ajoutent, que par le geste d’Abraham de se retirer de la « Shekhina » pour accueillir les inviter nous enseigne que la Mitsva de « Hakhnassat or’him » est plus importante que la « Shekhina »… Dans le sens où, même si la femme n’est pas trop d’accord pour accueillir des invités, il faut quand même faire l’effort de le faire.

 

 

 

- Comment dans la Parasha pouvons-nous remarquer que les femmes n’aiment pas autant que leurs maris inviter des gens ?

 

Abraham dit à Sarah de préparer pour les invités 3 mesures de  קֶמַח (« Kema’h » =  farine), de סֹלֶת (« Solette » = fleur de farine) : מַהֲרִי שְׁלֹשׁ סְאִים קֶמַח סֹלֶתלוּשִׁי, וַעֲשִׂי עֻגוֹת

 

Remarque : Dans la Guemara Psa’him, nous avons les definitions suivantes :

- « Kema’h » est une farine simple et sèche. (C’est une farine cacher pour « Pessah »)

- « Solette » est une farine de meilleure qualité, le grain est mouillé avant d’être moulu. (C’est une farine plus dure à faire et qui n’est pas cacher pour « Pessah »)

 

- Pourquoi est il précisé 2 sortes de farines ?  farine « Kema’h », fleur de farine « Solette ». Une seule aurait suffit, sinon quel est l’intérêt ?

 

1) Dans la Guemara Baba Matsia il est dit que Abraham a dit « Solette » et Sarah a dit nan ! « Kema’h » car les femmes en général n’aiment pas les invités comme les hommes.

 

 

2) Dans cette même Guemara, Rachi nous affirme le contraire, et tout le monde pense comme lui.

En vérité Abraham a dit « Kema’h » car il ne voulait pas trop exiger de sa femme vu que les femmes en général n’aiment pas trop les invités, mais  Sarah qui était une « Tsadekette » (sage) a dit nan !« Solette » même si elle est plus dure à faire.

 

Remarque :

Il est écrit dans une Michna de Pirké Avote « que les pauvres soient considérés comme les membres de ta famille, ne multiplie pas les conversations avec les femmes, avec ta femme… »

- Quel rapport y-a-t-il entre ces 2 conseils pour qu’ils soient juxtaposés ?

C’est pour en déduire que, dans l’intérêt du couple, il ne faut pas demander trop à sa femme lorsqu’on invite des pauvres chez soi à manger…

 

 

3) Dans la Guemara il est dit que Rabbi Yo’hanan ne mangeait jamais d’olive mouillée, car tout aliment mouillé est « Mekabel Touma » (réceptif à l’impureté d’un individu).

Lorsque les invités sont arrivés, Sarah était « Nida » (dans son cycle menstruel) donc impure.

Abraham a dit « Kema’h » car c’était une farine sèche et Sarah a dit nan ! « Solette » une farine mouillée de sorte que les invités ne pourront pas en manger comme Rabbi Yo’hanan…

Ce qui est une preuve que les femmes n’aiment pas trop les invités.

Et nous remarquerons effectivement que, dans la Parasha, Abraham a demandé la préparation de gâteaux, de viande et de laitage, mais, qu’à aucun moment il n’a servit les gâteaux car Sarah était « Nida ».

 

 

{4) Comme c’était « Pessa’h »  (Pâques) et que nous n’avons pas le droit de tirer profit du « ‘Hamets » (du levain), Abraham a dit « Kema’h » qui n’était pas ‘Hamets (car son profit est la satisfaction et le plaisir de nourrir ses invités : « Hakhnassate Or’him »)

Mais Sarah a dit nan ! « Solette » qui était ‘Hamets car les femmes n’ont pas ce même plaisir…}

 

 

 

Lorsque l’ange annonce à Abraham que Sarah aura un fils (Ysaak) l’an prochain à la même période, et dit aussi qu’il reviendra vers lui : « Revenir, je reviendrai vers toi à pareille époque, et voici un fils de Sarah ta femme… »  שׁוֹב אָשׁוּב אֵלֶיךָ כָּעֵת חַיָּה, וְהִנֵּהבֵן, לְשָׂרָה אִשְׁתֶּךָ

Quand est il vraiment revenu ?

 

1) À pareille époque, ce même ange est venu le jour où Sarah a accouché Ysaak, pour écarter les dangers naturels...

 

2) À pareille époque, c’est le même ange qui a sauvé Ysaak lors de la « Aquedate Ysaak » (sacrifice d’Ysaak), lorsque Abraham était prêt à le sacrifier pour Hachem...

 

 

 

 

Midrash :

Le Midrash raconte que lorsque Moché Rabenou a atteint un niveau spirituel élevé et qu’il s’est beaucoup rapproché d’Hachem, les anges était jaloux et voulaient le tuer…

Alors Hachem, fit en sorte que la face de Moché Rabenou ressemble à celle de Abraham, et répondit aux anges, comment pouvez vous en vouloir à ce visage qui vous a accueilli avec le sourire sous sa propre tente et vous a préparé du קֶמַח (« Kema’h » =  farine) pour faire des gâteaux…

 

Et c’est un 2eme sens qu’on donne à ce qui est marqué dans une Michna du Pirké Avote :

 

אם אן קמח אן תורה = S’il n’y a pas de farine (sens simple : nourriture pour survivre) il n’y a pas de Torah…

 

Dans le sens où : s’il n’y avait pas eu le קֶמַח (« Kema’h » =  farine) de Abraham Avinou il n’y aurait pas eu la Torah de Moché Rabenou…

Paracha de Hayé Sarah - חַיֵּי שָׂרָה

 

 

La Parasha commence par le Passouk : מֵאָה שָׁנָה וְעֶשְׂרִים שָׁנָה וְשֶׁבַע שָׁנִיםׁ וַיִּהְיוּ חַיֵּי שָׂרָה

« La vie de Sarah fut de 100 ans et 20 ans et 7 ans, les années de vie de Sarah… »

 

- Pourquoi le mot « ans » est-il répété à trois reprises ?

 

* ‘Rachi’ nous enseigne que chaque nombre exige une explication : A 100 ans elle était sans péché comme à 20 ans (D’après la Torah, jusqu’à 20 ans nous ne sommes pas responsables des actes pour lesquels nous pouvons être coupables de retranchement « ‘Hayav Karete »  et notre compteur, de ce type de péché uniquement, est à 0 ; car bien sûr, à partir de la Bar (ou Bat) Mitsva, nous sommes responsables des autres actes)  à 20 ans elle était aussi belle qu’à 7 ans.

 

Ensuite il est dit :  … וַיָּבֹא, אַבְרָהָם, לִסְפֹּד לְשָׂרָה, וְלִבְכֹתָהּ  « Abraham vint pour faire l’éloge funèbre pour Sarah et pour la pleurer… »

 

- On se demande pourquoi pour le verbe « pleurer »  וְלִבְכֹתָה  la lettre כ dans la Torah est écrite en plus petit ?

 

* Le midrash raconte que Abraham et Sarah avaient eu aussi une fille et que cette dernière est morte le même jour que sa mère Sarah. En effet, en supprimant la petite lettre כ  on obtient  וְלִבְתָה « Abraham vint pour faire l’éloge funèbre pour Sarah et pour sa fille… »

 

* Le ‘Baal Hatourim’ donne une autre explication et fait remarquer que Sarah avait 2 qualités :

- Elle était Tsadekete (Sage, intègre)

- Elle était très belle

Et si la lettre כ qui a pour valeur numérique 20 est écrite en petit, c’est pour nous apprendre qu’Abraham a pleuré Sarah pour la sagesse qu’elle a toujours eu, comme à l’age de ses 20 ans où elle n’avait aucun péché...

 

 

 

Ensuite il est dit :  ... וַיָּקָם, אַבְרָהָם, מֵעַל פְּנֵי מֵתו ֹ  « Abraham se leva de sur la face de son mort… pour acheter le terrain de « Mé’arate Hamakhpéla » et enterrer là-bas Sarah… »

 

- Pourquoi est il écrit sur la face, en sous-entendant qu’il a regardé son visage alors qu’il nous est interdit de voir la face d’un mort ?

 

* Le Midrash Rabba précise que « Mé’arate Hamakhpéla » (où étaient déjà enterrés Adam & Eve) est un endroit saint et seuls ceux qui meurent du baiser divin on le droit d’y être enterré.

 

Remarque : La mort du baiser divin est une mort belle et douce, que méritent les Tsadikim… Contrairement à la mort par l’ange de la mort, où ce dernier retire la vie de l’individu et lui jette 3 gouttes dont une interviendra dans la décomposition du corps et une autre déformera un peu le visage de l’individu pour lui faire perdre l’étincelle de la vie…

 

Comme Abraham n’était pas au coté de Sarah le jour de sa mort, il ne savait pas par quelle mort son âme était montée au ciel. C’est la raison pour laquelle il fixa sa face pour constater finalement qu’elle était rayonnante… ce qui prouvait qu’elle n’était pas morte par intervention de l’ange de la mort, elle pouvait doonc être enterrée à « Mé’arate Hamakhpéla ».

 

 

 

Après la mort de Sarah, Abraham charge son serviteur Eliézére de trouver une femme pour son fils Ysaak en lui faisant jurer de ne pas prendre une fille de Kéna’an :

 אֲשֶׁר לֹאתִקַּח אִשָּׁה, לִבְנִי, מִבְּנוֹת הַכְּנַעֲנִי

 

- Pourquoi Abraham ne fait pas directement jurer Ysaak ?

 

* On apprend de là qu’un fils peut refuser l’ordre de son père sur le choix de sa future femme. C’est la raison pour laquelle il passe par son serviteur...

 

- On peut alors se demander pourquoi dans la Parasha de Toldot Ysaak dit à son fils Ya’akov de ne pas prendre une fille de Kéna’an ?

 

* En fait, dans ce contexte, Ysaak conseillait fortement à son fils Ya’akov de respecter cette condition afin d’hériter des bénédictions de Abraham. C’était plus une mise en garde qu’un ordre proprement dit.

 

 

 

Au chapitre 24 de la Parasha il est dit :  וְאַבְרָהָם זָקֵן, בָּא בַּיָּמִים וַיהוָה בֵּרַךְ אֶתאַבְרָהָם, בַּכֹּל  « et Abraham était vieux, avancé en jours,  Hachem bénissait Abraham en tout… »

Puis, il fait jurer son serviteur Eliézére שִׂיםנָא יָדְךָ, תַּחַת יְרֵכִי pour qu’il aille chercher une femme bien pour son fils Ysaak

 

- Quel intérêt de préciser qu’il était vieux alors que d’autres personnes vivaient beaucoup plus longtemps ?

 

* Pirouch sur le mot  זָקֵן (« Zaken » = vieux) :

 

Dans la Guemara il est dit que si quelqu’un a acquis la חכמה (« Hokhma » = l’intelligence, l’érudition) il a tout. Sinon il a rien gagné…

Ici זָקֵן (« Zaken » = vieux) vient du mot (« Zékana » = vieillesse) ce qui fait (« Zé Kana » = il a acquis) pour nous apprendre qu’il a acquis la חכמה (« Hokhma » = l’intelligence, l’érudition) et qu’il a donc tout gagné dans sa vie…

 

- Que veut dire avancé en jours ?

 

* Pirouch sur בָּא בַּיָּמִים (« ba bayamim » = avancé en jours) :

 

- Les ‘Hakhamim nous enseignent qu’à la fin de sa vie, Abraham est venu avec tous ses jours remplis. Dans le sens où il était Tsadik et qu’il avait vraiment rempli sa mission sur terre chaque jour de sa vie.

(Comme pour Ya’akov dans la Parasha Vayé’hi où il est écrit  « les jours de Ya’akov s’approchèrent » dans le sens où pas un seul n’a été perdu)

 

- Pirouch sur בַּכֹּל  « en tout » :

 

Les ‘Hakhamim, nous enseignent que « Hachem a béni Abraham en tout » veut dire qu’Abraham avait eu aussi une fille qui s’appelait בַּכֹּל avec sa femme Sarah.

C’était une bénédiction d’avoir eu aussi une fille, car cela a permis à Abraham et Sarah d’accomplir la ‘Mitsva’ de procréer (« Pérou Ourbou » c'est-à-dire d’avoir au moins une fille et un garçon).

 

- On peut se demander quel est le rapport dans ce chapitre entre le fait que Abraham était vieux et venait de perdre sa femme… et tout de suite après  le fait qu’il fasse jurer à son serviteur de chercher une fille bien pour son fils ?

 

 

* Quand un homme perd sa femme, il a en général le devoir de se remarier rapidement.

Mais là, on apprend que dans le cas où il a accomplis la ‘Mitsva’ de procréer (« Pérou Ourbou » c'est-à-dire d’avoir au moins une fille et un garçon) il doit en priorité s’occuper du mariage de son fils.

 

 

 

Eliézére trouve sur la terre natale d’Abraham une jolie fille Rivka comme future épouse pour son maître Ysaak… Il lui offre des bijoux et demande à rencontrer ses parents … Rivka était la sœur de Lavane et la fille de Bétouel, qui sont tous deux très attirés par l’argent…

Quand Eliézére entre dans la maison de Bétouel, on lui propose une grande « Séouda » (apéritif), mais il refuse de manger quoi que ce soit avant de s’assurer que Rivka sera la femme de son maître Ysaak.

 

- Pourquoi avoir refuser de manger dans un premier temps ?

 

La Guemara dit : si à la suite d’un « Shidoukh » (fréquentation entre un jeune homme et une jeune fille en vue d’un mariage) où il y a eu un échange de bijoux et finalement ça n’a pas marché…

Si l’homme décide de rendre les bijoux, la femme peut ne pas les rendre, dans le cas où elle a déjà offert une « Séouda » (apéritif) en l’honneur de leur rencontre…

Donc c’est pour ne pas risquer de perdre tous les bijoux qu’il avait offert au nom de son maître, qu’Eliézére ne voulait rien manger avant d’être sûr que Rivka allait être la femme de son maître Ysaak.

 

 

 

Bétouel est mort ce même soir, car il avait empoisonné le plat d’Eliézére, mais un ange a échangé leurs 2 plats…

 

- Pourquoi Bétouel voulait tuer Eliézére ?

 

Bétouel voulait lui voler tous ses biens et garder sa fille Rivka.

Plus encore ! La Guemara explique que si un Homme X charge un messager de lui trouver une femme et de la lui « consacrer » religieusement…

Dans le cas où le messager meurt sur la route et qu’on ne sait pas s’il avait consacré une femme pour l’Homme X, ou qu’on ne sait pas qui est cette femme en question !..

ð     Il sera interdit à l’Homme X d’épouser une autre femme de peur qu’il épouse la sœur de  cette femme en question (vu qu’il est interdit d’épouser 2 sœurs d’après la Torah)…

 

Donc en voulant tuer Eliézére, Bétouel qui était le cousin d’Ysaak, voulait que Ysaak (fils unique d’Abraham) ne puisse pas épouser une autre femme et avoir des enfants, afin qu’il soit son unique héritier en tant que cousin.

 

 

 

Quand Abraham discutait avec Eliézére pour qu’il aille chercher une fille bien pour son fils, ELiézére lui objecta : וַיֹּאמֶר אֵלָיו, הָעֶבֶד, אוּלַי לֹאתֹאבֶה הָאִשָּׁה  « peut être qu’elle ne voudra pas me suivre… ». Ce qui était une remarque normale…

Par contre, une fois que Eliézére a trouvé Rivka et s’est retrouvé dans la maison de ses parents pour raconter tout son parcourt et les miracles qu’Hachem faisait à son maître Abraham…

 

- Pourquoi a-t-il aussi mentionné la remarque qu’il avait fait à Abraham :

וָאֹמַר, אֶלאֲדֹנִי אֻלַי לֹאתֵלֵךְ הָאִשָּׁה, אַחֲרָי   « et si jamais elle ne me suis pas ?... »

 

* Les ‘Barukh ‘Haïm’ nous enseigne qu’au fond de lui-même Eliézére ne voulait pas que sa mission aboutisse car il voulait que Ysaak épouse sa fille.

En effet, en mentionnant son objection qu’il avait faite à Abraham, il voulait mettre un doute chez la famille de Rivka. Dans le sens où peut être qu’il pourrait y avoir des raisons pour lesquelles la fille refuserait de le suivre pour épouser Ysaak

 

* On remarquera que l’écriture de motאוּלַי  (« OUlaye » = peut être) n’a plus de lettre  וּ ‘Vav’ quand il raconte son histoire אֻלַי à Bétouel… Ce qui peut se lire « Elaye » (à moi), pour mentionner l’espoir qu’avait Eliézére de vouloir donner sa propre fille à Ysaak.

- Le ‘Gaon de Vilna’ fait remarquer qu’il existe 2 façons de dire « peut être » en Hebreu

אוּלַי « oulaye »  : peut être (dans le sens où l’on espère que ça se réalisera)

 פן   « pène »     : peut être (dans le sens de peur que ça se réalise)

D’où le choix de langage de Eliézére.

 

 

Avant que Eliézére et Rivka arrivent chez Abraham et Ysaak. Il est dit :

וְהִנֵּה גְמַלִּים בָּאִים וַיַּרְא  לִפְנוֹת עָרֶב וַיִּשָּׂא עֵינָי וַיֵּצֵא יִצְחָק לָשׂוּחַ בַּשָּׂדֶה

« Ysaak sortit prier dans le champs, à l’approche du soir. Il leva les yeux, vit, et voici des chameaux venant… »

 

Le Midrash dit :

 

לִפְנוֹת עָרֶב « Lifnote érév » signifie à l’approche du grand Shabbat c'est-à-dire la Guéoula (l’époque messianique).

 

גְמַלִּים « guemalim »  devrait  se lire « Guomlim » c’est à dire « Gmiloute ‘Hassadim » faire du bien, donner de la Tsédaka…

 

ð     C'est-à-dire que Ysaak a vu que c’est grâce à la « gmiloute ‘Hassadim » que Machia’h viendra…

Paracha Toledot - תּוֹלְדֹת

 

 

Au début de la Parasha, il est raconté que רִבְקָה (Rivka), la femme de יִצְחָק (Ysaak) était stérile.

Tous 2 ont prié Hachem pour avoir des enfants… Rivka eut alors des jumeaux, יַעֲקֹב (Yaakov) et עֵשָׂו (‘Essav)…

 

Il est précisé que tous les 2 ont prié Hachem pour avoir des enfants, comme il est dit :

...וַיֶּעְתַּר יִצְחָק לַיהוָה לְנֹכַח אִשְׁתּוֹ, כִּי עֲקָרָה הִוא   « Ysaak supplia Hachem au sujet de sa femme (littéralement : face à sa femme), car elle était stérile… »

‘Rachi’ explique que לְנֹכַח אִשְׁתּוֹ veut dire que : Ysaak se tenait dans un coin face Rivka qui priait aussi dans un autre coin.

 

- Pourquoi ‘Rachi’ précise qu’ils  priaient  dans un « coin »  l’un en face de l’autre ?

 

* Dans la Guemara Baba Batra (Daf 25) il est dit que l’emplacement et l’orientation vers lesquels on se positionne pour faire certaines Téfilot (prières), ont une importance capitale pour qu’elles soient exaucées…

Rachi voulait nous enseigner que lorsque Ysaak et Rivka ont prié, ils se sont positionnés l’un en face de l’autre à des coins diamétralement opposés afin de pouvoir couvrir les 4 coins cardinaux. Ysaak le coté Sud-Est, et Rivka le coté Nord-Ouest, pour donner à leur Téfila (prière), tous les avantages par rapport à leur positionnement et orientation…

 

- « Car elle était stérile »  כִּי עֲקָרָה הִוא

 

* On apprend que Rivka a finalement été stérile pendant 12 ans, ce qui est représenté par la valeur numérique du mot הִוא (5+6+1 = 12).

En effet, elle s’est mariée à 3 ans avec Ysaak qui en avait 40. (Remarque : A l’époque être âgé de 3 ans n’est pas comparable aux 3 ans d’aujourd’hui. Comme nous l’avons vu dans la Parashaprécédente, à  3 ans Rivka donna à boire à Eliézére et à  tous ces chameaux…).

Il est écrit dans cette Parasha que Ysaak avait 60 ans lorsqu’elle enfanta, c'est-à-dire qu’elle conçut à l’age de 23 ans. Et comme la nature de la femme est de pouvoir concevoir au début de la 12éme année, on en déduit les 12 ans de stérilité de Rivka.

 

 

 

Après la prière de Ysaak et sa femme Rivka, il est dit :

וַיֵּעָתֶר לוֹ יְהוָה, וַתַּהַר רִבְקָה אִשְׁתּוֹ  « Hachem l’exauça, Rivka sa femme conçut »

 

- Pourquoi est-il écrit au masculin  וַיֵּעָתֶר לוֹ « l’exauça lui » et pas elle ?

 

1) Rachi enseigne « lui et pas elle » car la prière d’un « juste, fils de juste » ne ressemble pas à un « juste, fils d’impie ». (Abraham le juste, était le père de Ysaak le juste, et Bétouel l’impie, était le père de Rivka la juste)

 

Remarques :

- Dans la Guemara Yébamot il est dit que la raison pour laquelle Hachem fit en sorte que nos matriarches Sarah et Rivka ont été stériles, est dû au fait qu’Hachem voulaient écouter avec amour leurs prières et celles de leur maris (patriarches Abraham et Ysaak).

- Les ‘Hakhamim disent que pas seulement Rivka était stérile mais Ysaak aussi.

 

2) Pirouch sur וַיֵּעָתֶר לוֹ :

Une autre explication consiste à dire que nous sommes tous les « fils d’Abraham ».

Et pour ne pas dire que nous sommes les fils des ancêtres d’Abraham (par exemple de Tera’h son père qui était idolâtre) il a fallu :

àDans un 1er temps couper l’arbre généalogique à partir d’Abraham, par la stérilité naturelle de notre matriarche Sarah.

àDans un 2nd temps redémarrer l’arbre généalogique à partir d’Abraham et sa femme Sarah par le miracle (par des voies surnaturelles & spirituelles) que leur a accordé Hachem grâce à leurs mérites.

 

- On peut alors se demander pourquoi Ysaak et Rivka étaient stériles ? Ça va une fois de plus couper la chaîne généalogique avec Abraham !

 

La réponse se trouve dans les termes וַיֵּעָתֶר לוֹ  « Hachem l’exauça lui… » 

ð     « lui » désigne Abraham, qui grâce à son mérite, les prières de Ysaak son fils et de Rivka ont pu être exaucées.

Etant donné que la continuité de la chaîne généalogique (à partir de Ysaak) est due au mérite d’Abraham, nous sommes bien tous les « fils d’Abraham ».

 

 

3) Pirouch sur וַיֵּעָתֶר לוֹ :

Une autre explication est basée sur ce que dit le Zohar : « Hachem réside chez ceux qui sont brisés… » C’est-à-dire qu’Hachem exauce la prière de ceux qui sont « ‘Anav » (Humbles) et justes.

Les ‘Hakhamim nous enseignent que Ysaak avait des raisons pour être orgueilleux du fait qu’il était le fils du grand « Tsadik » (juste) Abraham. Tandis que Rivka était fille du « Racha’ » (païen) Bétouel et n’avait pas de quoi s’en venter…

ð     « lui » désigne donc Ysaak, pour son humilité.

 

 

 

Rivka souffrait intensément pendant sa grossesse comme il est dit :

 יְהוָה לִדְרֹשׁ אֶת וַתֹּאמֶר אִםכֵּן, לָמָּה זֶּה אָנֹכִי וַתֵּלֶךְ וַיִּתְרֹצְצוּ הַבָּנִים, בְּקִרְבָּהּ « Les fils se heurtaient dans son sein. Elle dit : S’il en est ainsi, pourquoi donc moi ? Elle alla consulter Hachem à la yeshiva de Chem et ‘Ever pour savoir comment ça se terminera… »

 

* Rachi rapporte sur וַיִּתְרֹצְצוּ הַבָּנִים  « Les fils se heurtaient » une interprétation Midrachique : « Quand Rivka passait devant les portes de la Torah de Chem et ‘Ever, Yaakov heurtait pour sortir et quand elle passait devant les portes de l’idolâtrie, c’est ‘Essav qui heurtait pour sortir »

 

Remarque : Dans la Guemara, il est dit qu’un ange enseigne dans un premier temps toute la Torah au bébé se trouvant dans le ventre de sa mère, et dans un second temps lui fait tout oublié juste avant d’en sortir.

 

- Pourquoi Yaakov voulait-il sortir alors qu’un ange lui apprenait toute la Torah ?

 

On apprend de là, qu’il est préférable d’être entouré de « Tsadikim » pour étudier, et éviter d’être entouré de « Réchaïm » comme ‘Essav…

 

* Rachi explique אִםכֵּן, לָמָּה זֶּה אָנֹכִי  « S’il en est ainsi, pourquoi donc moi ? » par « Si les souffrances de la grossesse sont si intenses, pourquoi avoir tant désiré cette grossesse et avoir tant prié pour elle ? »

- Comment comprendre cette interrogation sur sa prière ?

 

à Dans la Guemara Sota (Daf 12) il est expliqué que la femme en général souffre pendant sa grossesse et lors de son accouchement depuis que ‘Hava (Eve) a fauté en mangeant le fuit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, sous l’influence du serpent… Il y est aussi mentionné que les Femmes « Tsadekette » (justes) ne souffrent pas de ces douleurs naturelles.

 

à D’autre part, dans la Guemara Yebamot (Daf 64) il est mentionné que nos matriarches étaient stériles, de sortes qu’elles ont prié Hachem, car Hachem aime la prière des justes…

 

ð     En fait Rivka s’interrogeait sur elle-même, par rapport à sa prière et disait : si ma prière a finalement été exaucée et que je suis enceinte aujourd’hui, c’est parce que je suis « Tsadekette », alors pourquoi devrais-je souffrir de cette grossesse tant désirée ?

 

 

 

Arrivée à la yechiva de ‘Chem et Ever’, par prophétie on lui répond :

מִלְאֹם יֶאֱמָץ, וְרַב יַעֲבֹד צָעִיר שְׁנֵי גֹיִים בְּבִטְנֵךְ, וּשְׁנֵי לְאֻמִּים, מִמֵּעַיִךְ יִפָּרֵדוּ וּלְאֹם  « Deux nations sont dans ton ventre,  deux peuples de tes entrailles se diviseront,  un peuple s’affirmera plus que l’autre etle grand servira le plus jeune »

 

- Pourquoi avoir précisé à Rivaka  de tes entrailles ?

 

Pirouch : Pour nous enseigner que la différence, entre les « Goyim » (autres peuples) représentés par ‘Essav et les « Bné Israël » (les enfants d’Israël) représentés par Yaakov, est établie depuis les entrailles (le ventre). Dans le sens où les « Bné Israël » font attention à ne pas manger Non « Cacher » (des bêtes qui ne sont pas égorgées et nettoyées comme il se doit, des cadavres d’animaux…) contrairement au « Goyim »…

 

- Qu’elle intérêt d’avoir dit à Rivka que le grand servira le plus jeune ?

 

Pirouch : ‘Essav et Yaakov se disputaient entre eux pour sortir en premier. Quand ils ont entendu la prophétie disant que le grand servira le plus jeune, ils se sont calmés et les douleurs de grossesse diminuèrent…

                                                                                                 

 

 

Le premier jumeau né est ‘Essav comme il est dit : וַיֵּצֵא הָרִאשׁוֹן אַדְמוֹנִי, כֻּלּוֹ כְּאַדֶּרֶת שֵׂעָר וַיִּקְרְאוּ שְׁמוֹ עֵשָׂו « Sorti le 1er, roux, tout entier comme une pelisse chevelue. Ils appelèrent son nom ‘Essav »

 

* Rachi précise que :

(1) à L’appellation אַדְמוֹנִי « roux », indique qu’il versera du sang

(2) à L’appellation עֵשָׂו « ‘Essav » (vient de la racine « ‘Assé » = Faire), indique que tout le monde l’a appelé ainsi car il était « Fait », c'est-à-dire qu’il est venu au monde tout velu, comme un homme d’âge mûr.

 

Le second jumeau né est Yaakov : יַעֲקֹב וְאַחֲרֵיכֵן יָצָא אָחִיו, וְיָדוֹ אֹחֶזֶת בַּעֲקֵב עֵשָׂו, וַיִּקְרָא שְׁמוֹ « Après cela sortit son frère, sa main tenait le talon de ‘Essav, il appela son nom Yaakov… »

 

* Rachi précise que l’appellation Yaakov vient de la racine « ‘Ekev » = talon, parce qu’il avait tenu le talon de ‘Essav.

 

Pirouch sur ces appellations :

 

Les ‘Hakhamim font remarquer qu’il est dans les habitudes & caractères des « Réchaïm », représentés par ‘Essav (appellation « Fait »), de dire qu’ils n’ont pas besoin de changer ou d’évoluer car ils se sentent bien comme ils sont, « déjà fait ».

Tandis que les « Tsadikim » représentés par Yaakov (appellation « Talon »), même s’ils évoluent, se considèrent toujours d’un niveau bas et veulent encore évoluer.

 

n      On retrouve aussi cette idée avec le Soleil (référence du calendrier « Goye ») et la lune (référence du calendrier juif).

 

-         La lune se renouvelle tout le temps. Et il est du devoir d’un bon juif d’en faire autant en se remettant en question, en faisant « Téchouva » (se repentir) et ainsi se renouveler en repartant sur de bonnes bases…

D’ailleurs, dans la bénédiction mensuelle de la lune, on retrouve les initiales du prénom יַעֲקֹב (Yaakov) : ברוך יוצריך ברוך עושיך ברוך קוניך ברוך בוראיך

 

-         Le soleil ne se renouvelle jamais, il est fixe. Tout comme les « Réchaïm »…

 

 

 

Dans la suite de la Parasha, nous voyons que ‘Essav vend son droit aînesse à son frère Yaakov en échange d’un plat de lentilles, car il mourait de faim…

Avant de mourir, Ysaak bénit ses 2  fils. Yaakov, sous les conseils de sa mère Rivka, se fait passer pour ‘Essav, afin d’avoir la plus grande bénédiction dont bénéficie le 1er né…

 

Quand Rivka conseilla à Yaakov de ‘voler’ la bénédiction, celui-ci lui répondit que peut-être qu’en faisant cela, une malédiction viendrait sur lui et non une bénédiction !

Elle lui affirma : לִי קַח וַתֹּאמֶר לוֹ אִמּוֹ, עָלַי קִלְלָתְךָ בְּנִי אַךְ שְׁמַע בְּקֹלִי, וְלֵךְ  « Que ta malédiction soit sur moi mon fils ! Écoute ma voix et va les prendre… »

 

* Des termes   עָלַי קִלְלָתְךָ (‘sur moi’ ‘ta malédiction’) qu’emploie Rivka, on en déduit une prophétie sur les 3 dures épreuves qu’aura Yaakov dans sa vie :

 

עָלַי  :  עà  עֵשָׂו(Essav son frère qui voulait le tuer…)   

                ל à לבן (Lavane son oncle qui l’a exploité…)  

    י à  יוסף(Yossef son fils que ses frères avaient fait passer pour mort…)

 

 

Avant de recevoir la bénédiction, il est dit : וַיֹּאמֶר יַעֲקֹב אֶלאָבִיו, אָנֹכִי עֵשָׂו בְּכֹרֶךָ  « Yaakov dit à son père : c’est moi, ‘Essav  ton premier né. J’ai fait comme tu as dit… »

 

- Comment Yaakov a pu tenir de faux propos envers son père « c’est moi, ‘Essav  ton premier né » ?

 

Une des explications que donne les ‘Hakhamim est la suivante :

« C’est moi » = c’est moi Yaakov

« ‘Essav » = je suis adulte aujourd’hui donc poilu comme ‘Essav dés sa naissance (‘Essav = « Fait »)

« Ton 1er né » = car j’ai acheté le droit d’aînesse à ‘Essav

Paracha Vayétsé - וַיֵּצֵא

 

 

Après avoir volé la bénédiction à ‘Essav son frère, sous le conseil de sa mère Rivka, Yaakov quitte Béer Shèva avec des biens, en direction de ‘Haran chez Lavan son oncle, pour épouser une de ses 2 filles (Ra’hel et Léa)…

‘Essav envoie Elifaz son fils, pour poursuivre Yaakov et le tuer. Face à Yaakov, il renonce à son projet meurtrier…  Avec l’accord de Yaakov, Elifaz le dépouille de tous ses biens  afin qu’il remplisse en quelque sorte sa tâche envers son père ‘Essav car, comme il est écrit dans Nédarim (64B)  « le pauvre est considéré comme mort »…

 

Au début de la Parasha, il est dit :   וַיֵּצֵא יַעֲקֹב, מִבְּאֵר שָׁבַע וַיֵּלֶךְ, חָרָנָה   «  Yaakov sortit de Béer Shéva, il alla à ‘Haran » pour se trouver une femme à marier...

Pourtant nous savons, d’après ‘Rachi’, que Yaakov a d’abord étudié 14 ans à la Yeshiva de Chem & ‘Ever avant de se rendre réellement à ‘Haran.

- Alors pourquoi est il écrit qu’il s’est rendu à ‘Haran ?

- De plus, doit-on penser en priorité à se marier ou à étudier ?

 

La Guemara Baba Batra répond :

 

-         Si l’homme est pauvre, il faut en priorité qu’il aille étudier, car se marier causera des soucis pour subvenir aux besoins du couple, et ne laissera pas la place à l’étude…

 

-         Si l’homme est riche, il faut en priorité qu’il se marie, car en ayant les moyens de vivre tranquillement en couple, il pourra se consacrer à l’étude…

 

ð     En quittant Béer Shéva avec des richesses, Yaakov se rendait effectivement à  ‘Haran pour faire un ‘Shidoukh (rencontre religieuse) avec une des filles de Lavan.

Mais, comme Elifaz le dépouilla de tous ses biens, une fois devenu pauvre, il changea son projet et alla en priorité étudier la Torah.

 

 

Pour décrire le départ de Yaakov, la Parasha utilise le terme וַיֵּצֵא  (« Vayétsé » = il est sorti) alors que la Haftara utilise le terme ויברח (« Vayivra’h » = il s’est réfugié, enfui)

 

En fait, ces 2 formulations sont vraies et font références à 2 raisons :

 

à וַיֵּצֵא : Il a quitté Béer Shéva pour accomplir la Mitsva de כיבוד אב ואם (« Kivoud Av Vaém », respecter son père et sa mère) qui l’envoyèrent chercher une femme pour se marier…

 

à ויברח : Il s’est enfui pour échapper à la colère de son frère ‘Essav qui voulait le tuer…

 

Remarque :

 

Dans le Passouk וַיֵּצֵא יַעֲקֹבמִבְּאֵר שָׁבַע וַיֵּלֶךְ, חָרָנָה  Les premières lettres forment le mot וימש, les dernières lettres le mot ערב, ce qui nous apprend que Yaakov s’est enfui la nuit comme le dira plus loin la Parasha

ð     וימש ערב « Vayamech ‘Erev » = la nuit est venue

 

 

Lorsque Elifaz a rattrapé Yaakov, il n’était pas capable de le tuer car il avait tout de même été élevé dans une ambiance de sainteté par son grand père Ysaak et préférait discuter avec Yaakov…

Pourquoi Yaakov a donné tous ses biens à Elifaz au lieu de le raisonner et de le renvoyer chez son père ‘Essav ?

 

Histoire vraie : (Rabbi Salenter 1816-1909)

 

Rabbi Salenter était le Rav de Yerouchalaïm pendant plus de 50 ans. Un jour un homme le visita pour une Question délicate : « Mon fils vit en Europe et je viens de recevoir une somme très importante de sa part. Ce don ferait beaucoup de bien à ma famille et moi mais je ne sais pas si je dois l’accepter car mon fils travaille Shabbat ? »

Rabbi Salenter lui répondit alors avec un mot de Torah sur la Parasha Vayétsé : Yaakov n’a pas dit à Elifaz qu’il était interdit de tuer...  point final ! Car il ne voulait pas qu’il mente à son père ‘Essav. Il avait compris qu’il ne restait à Elifaz que la Mitsva du respect des parents. S’il mentait à son père, il aurait perdu la dernière attache qu’il avait avec Hachem. Yaakov s’est donc dit qu’il valait mieux lui donner tout son argent plutôt que de lui faire perdre la dernière Mitsva qu’il lui restait.

Puis, le Rabbi ajouta : « Il en est de même pour toi. Ton fils est encore attaché à une Mitsva, celle de respecter ses parents. Accepte ce don, et ne le prive pas du seul lien qui lui reste avec le judaïsme ».  ;o)

 

Remarque :

 

Quand Yaakov est arrivé chez Lavan, ce dernier le voyant sans aucune richesse l’embrassa fort pour voir s’il cachait des diamants dans sa bouche…

On remarquera que ce n’est vraiment pas par amour qu’il l’embrassa, vu que plus tard quand Yaakov quittera la maison de Lavan, Lavan embrassera tout le monde mais pas Yaakov…

 

 

Lavan avait 2 filles : Léa était l’aînée et Ra’hel la cadette. Il est écrit : «  les yeux de Léa étaient « ternes »… et «  Ra’hel était très belle »… וְעֵינֵי לֵאָה, רַכּוֹת וְרָחֵל, הָיְתָה, יְפַתתֹּאַר, וִיפַת מַרְאֶה

 

* Rachi nous explique que Léa se croyait destinée à ‘Essav,  elle en pleurait. En effet, tout le monde disait « Rivka à 2 fils et Lavan a 2 filles. L’aînée sera pour l’aîné, la cadette pour le cadet ».

 

* Le Midrash raconte que Léa était aussi une très belle fille, comme le dit le targum Onekoloss (יאין = « Yaayan » = Belle).  Seulement, elle a fait exprès de pleurer plusieurs jours afin de devenir indésirable et d’éviter ainsi de se marier avec ‘Essav le Racha (mauvais)…

Plus tard, Léa fera remarquer avec fierté cette initiative. En effet, elle appellera un de ses fils Chim’on, כִּישָׁמַע יְהוָה כִּישְׂנוּאָה אָנֹכִי « parce que Hachem a entendu qu’elle était haïe ». C'est-à-dire qu’elle a préféré devenir moche et détestable que de se retrouver épouse d‘un Racha.

 

 

Yaakov travaille 7ans chez Lavan afin d’épouser sa 2eme fille Ra’hel. Or la nuit des noces, Lavan dit à Léa de se faire passer pour Ra’hel et de rejoindre Yaakov sous sa tente…

Pour ne pas que Yaakov s’aperçoive de ce changement et que Léa soit humiliée, Ra’hel donne à sa sœur les signes qu’elle avait convenu de faire avec Yaakov pour se retrouver la nuit des noces…

Yaakov travaille encore 7 ans chez Lavan pour épouser finalement Ra’hel 7 jours après son mariage avec Léah.

Il épousera aussi Bilha (servante de Ra'hel) et Zilpa (servante de Lea) pour donner naissance au 12 tribues.

 

Remarques :

 

Au départ, Léa était haïe et humiliée du fait qu’elle se soit faite passer pour sa sœur la nuit des noces, comme Lavan le lui avait demandé…

Hachem l’a soutenue comme il est dit : וַיַּרְא יְהוָה כִּישְׂנוּאָה לֵאָה, וַיִּפְתַּח אֶתרַחְמָהּ וְרָחֵל, עֲקָרָה « Hachem vit que Léa était haïe, il ouvrit sa matrice. Et Ra’hel était stérile… »

 

Yaakov avait au total 4 femmes et devait avoir 12 garçons (les 12 pères des tribues).

Léa, qui n’était pas au départ aimée par Yaakov, eu sa reconnaissance à partir du 3eme enfant. Car pour avoir 12 pères des tribues, il fallait que chacune de ses femmes ait le mérite d’avoir au minimum 3 garçons. Ce qui fut le cas pour Léah quand elle enfanta Lévi, juste après Réouven et Chim’on.

 

Pirouch :

 

Pour les nominations de Réouven et de Chim’on il est écrit וַתִּקְרָא (« Vatikra » = elle le nomma) alors que pour Lévi il est marqué שְׁמוֹ קָרָא (« Kara Shémo» = il le nomma).

On apprend que cette fois-ci, Yaakov eu de la reconnaissance envers Léa et a lui-même nommé son 3eme fils Lévi (Lévi vient du mot « Yillavé » = maintenant mon mari m’accompagnera car j’ai eu 3 fils…).

 

Ra’hel était une femme pieuse « Tsadekette », mais elle envia sa sœur car elle était stérile. Elle dit à Yaakov : וַתֹּאמֶר אֶליַעֲקֹב הָבָהלִּי בָנִים, וְאִםאַיִן מֵתָה אָנֹכִי « Donne moi des fils, et s’il n’y en a pas je suis morte… »   Yaakov se mit en colère contre elle.

 

- Comment une femme Tsadekette peut elle envier sa propre sœur ?

 

* Rachi explique qu’il s’agit d’une bonne jalousie : En effet, elle enviait ses bonnes actions. Elle se disait : « si elle n’était pas plus vertueuse que moi, elle n’aurait pas mérité d’avoir des enfants ! »…

 

* En fait, Ra’hel était une vraie « Tsadekette » Elle voyait qu’Hachem avait exaucé les prières de sa sœur Léa pour avoir des enfants, parce qu’elle elle était détestée de tous, elle jalousa volontairement sa sœur, pour être à son tour détestable aux yeux de son mari et des autres, et implorer Hachem afin d’avoir des enfants…

 

- Comment se fait-il que Yaakov se soit mis en colère ?

 

D’après la Torah il nous est interdit d’épouser 2 sœurs pour cause principale, la jalousie.

Yaakov a épousé 2 sœurs Léa et Ra’hel, car il avait vu dans le futur que jamais la jalousie ne s’installera entre elles tellement elles étaient liée.

(Preuve en est : la nuit de noces, Ra’hel a donné à Léa ses propres signes pour ne pas qu’elle soit humiliée…)

Or, quand Ra’hel se mit à jalouser Léa « volontairement », Yaakov se mit en colère car il pensait avoir mal prédit les conséquences de son mariage avec les 2 soeurs…

 

* D’après le Ramban, l’interdiction de se marier avec 2 sœurs est encore plus grave en Israël. Apres s’être mis en colère, Yaakov s’est tout de suite calmé car il avait vu que Ra’hel allait mourir avant de rentrer en Israël…

 

 

Quand Yaakov quitte Lavan pour rejoindre ses parents, Lavan lui court derrière. Hachem lui est apparu en disant : עִםיַעֲקֹבמִטּוֹב עַדרָע  בַּחֲלֹם הַלָּיְלָה וַיֹּאמֶר לוֹ, הִשָּׁמֶר לְךָ פֶּןתְּדַבֵּר  « Garde toi de parler à Yaakov de bien et de mal »

 

- Pourquoi Hachem lui interdit de dire même du bien ?

 

Remarque :

A Pessa’h on raconte dans la Hagada : Hachem a endurci le cœur de Pharaon pour que les Bné Israël sortent d’Egypte contre sa volonté et parce qu’il n’avait pas le choix…

=> Ainsi, tout le mérite et les louanges reviennent a Hachem et non pas à une quelconque volonté de Pharaon.

 

De la même façon, dans notre Parasha, Hachem interdit à Lavan de dire du bien à Yaakov comme des bénédictions… car aucune bonne chose n’est due grâce à Lavan le Racha.

Tout est la volonté de Hachem, et c’est par sa volonté que Yaakov est devenu très riche…

 

Remarques :

  

* Rachi dit que ce qui est bien chez les impies, est un mal chez les justes.

 

* Parfois, il est même conseillé d’éviter de recevoir une bénédiction d’un Racha pour ne pas qu’on dise qu’elle est attribuée par son mérite.

=> En effet, une des raisons pour lesquelles Rivka était stérile est dûe au fait que son frère Lavan l’avait bénie pour qu’elle ait des enfants avant qu’elle aille se marier avec Yaakov. Ce n’est qu’après avoir prié Hachem qu’elle pu avoir des enfants…

 

 

Quand Yaakov quitta Lavan, Ra’hel vola le הַתְּרָפִים (« Térafim » = objet de culte païen, ‘Avoda Zara) de son père Lavan pour ne plus qu’il l’utilise. Quand Lavan rattrapa Yaakov, il décida de chercher partout son « Térafim » mais Ra’hel l’avait mise sur la selle du chameau et s’était assise dessus, elle dit à son père :  כִּידֶרֶךְ נָשִׁים לִי וַיְחַפֵּשׂ כִּי לוֹא אוּכַל לָקוּם מִפָּנֶיךָ אַליִחַר בְּעֵינֵי אֲדֹנִי « Que ne s’enflamme pas la colère de mon maître car je ne pourrai pas me lever devant toi, parce que j’ai ce qu’ont les femmes… »

 

- Comment Ra’hel a  t-elle pu mentir à son père ?

 

* Dans la Guemara il est dit que le degré d’impureté de « Nida » et égale à celle de « ‘Avoda Zara » donc le fait qu’elle ait dit « j’ai ce qu’ont les femmes » n’est pas un mensonge en parlant de degré d’impureté.

 

* Avant, la sorcellerie était un don particulier chez les femmes, donc le fait qu’elle ait dit « j’ai ce qu’ont les femmes » n’est pas un mensonge  mais juste un jeu de mot pour dire qu’elle pouvait être une sorcières comme les autres femmes…

 

 

A la fin de la Parasha, avant que Yaakov n’entre en Israël il est dit que des anges le rencontrèrent  : הַהוּא, מַחֲנָיִם  אֱלֹהִים זֶה וַיִּקְרָא שֵׁםהַמָּקוֹם וַיֹּאמֶר יַעֲקֹב כַּאֲשֶׁר רָאָם, מַחֲנֵה  « quand il les vit, Yaakov dit : Ceci est le camp de Elokim ! il appela le nom de cet endroit Ma’hanaïm »

 

* Rachi explique le nom מַחֲנָיִם « Ma’hanaïm » par « 2 camps » : les anges de l’extérieur du pays et les anges du pays, qui étaient venus avec lui jusque là et ceux d’Erets Israël qui s’étaient portés à sa rencontre.

 

Remarque :

 

Nous remarquerons aussi qu’il y’a des anges de la semaine et des anges de Shabbat qui nous accompagnent. En effet, nous disons vendredi soir avant le kiddouch :

-         « Shalom ‘Alekhem… » (bienvenue, aux anges du Shabbat...)

-         « Betsetkhem Lechalom… » (au revoir, aux anges du ‘Hol, [de la semaine]…)

Paracha Vayishla’h - וַיִּשְׁלַח

 

 

Yaakov voyage en direction de « Erets Israel » pour retrouver ses parents Ysaak & Rivka.

Sur la route, il envoie vers le pays de Sé’ir via des  messagers plusieurs cadeaux (menus bétails et grands bétails) à son frère ‘Essav en espérant que ça apaisera sa colère dû au fait que 36 ans en arrière il lui avait ‘volé’ la bénédiction que devait lui donner Ysaak…

 

On voit dans la Parasha que dans un premier temps Yaakov a prié pour que ‘Essav ne se venge pas, et dans un second temps il a envoyé des cadeaux et les tentions ont diminué entre eux…

En effet, comme il est enseigné dans la Guemara : En cas de mésentente dangereuse (danger de mort) avec autrui, il faut tenter dans l’ordre les 3 recours suivants pour rétablir la situation :

 

1 - La « Téfila », prier pour la paix…

2 - Les Cadeaux, pour renouer des liens et tenter de calmer la situation…

3 - La guerre, si on a pas le choix.

 

Quand Yaakov prépare les cadeaux pour ‘Essav, il est marqué : וַיִּקַּח מִןהַבָּא בְיָדוֹ, מִנְחָהלְעֵשָׂו אָחִיו  « Il prit de ce qui venait dans sa main, une offrande pour ‘Essav son frère ».

 

* Rachi explique que מִןהַבָּא בְיָדוֹ veut dire : ברשותו (« Birchouto » = en sa possession, avec permission).

 

- Il est évident que Yaakov ne va jamais offrir des biens qui ne lui appartiennent pas ! Alors, quel est le sens de cette interprétation ברשותו ?

 

- Dans la « Guemara Massekhet ‘Avida Zara », il est dit que chez un maître juif, les esclaves non-juifs doivent appliquer les mêmes « Mitsvote » qu’une femme juif (ex : ne mets pas les « téfiline » mais doit faire « shabbat »…)

Et pour ne pas empêcher un jour cet esclave de pratiquer ces « Mitsvote », il est interdit au maître juif de le vendre à un maître non-juif ! surtout s’il est idolâtre !...

- Et dans la « Guemara Massekhet Bérakhot », il est souligné que si le maître juif décide quand bien même de le vendre, il devra payer un « Knass » une amande d’une valeur de 100 « Zouz ».

 

ð     On comprend alors le sens de ברשותו. « En sa possession, avec permission » veut dire qu’il offrira uniquement les bétails à son frère non-juif ‘Essav, et pas les esclaves non-juifs (les messagers) qui les transportaient.

 

- Sachant que ‘Essav était idolâtre, comment Yaakov a pu lui offrir du bétail ? ‘Essav pourrait les utiliser pour son culte idolâtre !

 

* Le Midrash raconte que מִןהַבָּא בְיָדו signifie en fait que Yaakov a pris sans choisir ce qui lui passait sous la main pour constituer le bétail qu’il allait offrir à son frère ‘Essav l’idolâtre.

Il est même mentionné qu’il le faisait à contre cœur !

àEn effet, dans la Parasha précédente nous avions vu que les pierres sur lesquelles Yaakov s’était couché ont fusionné pour ne former qu’une unique pierre car elles voulaient toutes être en contact avec Yaakov le « Tsadik ».

 

On apprend de là que si les minéraux (matières ‘mortes’ comme les pierres) veulent avoir une bonne mission sur terre, à plus forte raison pour les espèces végétales et Animales.

ð     Les animaux de Yaakov se plaignaient d’être destinés à ‘Essav l’idolâtre, et c’est la raison pour laquelle Yaakov a pris « ce qui venait dans sa main » c'est-à-dire sans les choisir vraiment et à contre cœur car il n’avait pas le choix vu que c’était le deuxième recours pour essayer de rétablir la paix avec son frère.

 

 

Un soir, sur la route, Yaakov traverse un torrent et fait passer tous ses animaux et ses biens d’un bout à l’autre…L’essentiel ayant déjà été transporté, il avait oublié de menus ustensiles (comme le précise Rachi) et en retournant les chercher il se retrouva face à un homme avec qui il lutta toute la nuit… Nos maîtres ont expliqué que l’homme en question était l’ange gardien de ‘Essav. Il vit qu’il ne pouvait l’emporter contre Yaakov alors il le toucha au creux de la cuisse, mais Yaakov ne le lâcha pas pour autant jusqu’à obtenir une « Berakha » (bénédiction) de sa part…

 

L’ange bénit Yaakov en disant : אֱלֹהִים עִם וַיֹּאמֶר, לֹא יַעֲקֹב יֵאָמֵר עוֹד שִׁמְךָכִּי, אִםיִשְׂרָאֵל כִּישָׂרִיתָ  « Ton nom ne sera plus dit Yaakov mais Israël, Car tu as lutté... et tu l’as emporté…» 

Le nom « Israël » vient du mot (« Saritha » = tu as lutté), mais vient aussi du mot (« Sar El » le chef ou prince de Hachem)…

 

- On peut se demander pourquoi l’ange gardien de ‘Essav a voulu dans sa bénédiction changer le nom de Yaakov en « Israël » ? Y’a t-il un intérêt particulier à cela ?

 

Le Midrash raconte qu’en voulant changer son nom, il voulait que la « Bérakha » qu’il avait reçu par Ysaak son père en tant que « Yaakov » soit annulée.

à Cependant nos sages nous enseignent que cela fut un échec. Car le nom « Israël » est considéré uniquement comme un deuxième nom et non pas un nouveau nom qui remplace totalement le précédent.(Contrairement au prénoms : « Avram » remplacé par « Avraham » / « Saraï » remplacé par « Sarah » / « Yochoua » remplacé par « Yéochoua »).

Pour ne pas perdre ses « Berakhot », « Israël » est toujours considéré comme un second prénom. En effet, on appelle toujours Yaakov par « Yaakov » et non pas « Israël ».

 

Comme nous le disons tous les jours dans la Téfila du matin כי יעקב בחר לו יה ישראל לסגלתו « Car Hachem a fait choix de Yaakov et d’Israël il a fait son peuple élu… »

 

- Sens de Yaakov et Israël :

 

CHOIX - « Yaakov » à En général, on fait un choix entre 2 ‘choses’ plus ou moins équivalentes. Ici c’est entre les 2 fils de Ysaak que Yaakov a été préféré à son frère ‘Essav.

Nos sages nous font remarquer que même si les descendants de Yaakov se comportent comme les descendants de ‘Essav (idolâtre et païen), et qu’en apparence ils leur ressemblent (et sont donc équivalents), le choix d’Hachem sera toujours penché vers les descendants de Yaakov…

 

ELU - « Israël » à Si les descendants de Yaakov appliquent la Torah et pratiquent les « Mitsvot », ils méritent d’être appelés « Israël », c’est à dire « ‘Am Ségoula » le peuple élu.

 

 

Avant de traverser le torrent, il est marqué : יְלָדָיו וַיִּקַּח אֶתשְׁתֵּי נָשָׁיו וְאֶתשְׁתֵּי שִׁפְחֹתָיו, וְאֶתאַחַד עָשָׂר « Yaakov prit ses 2 femmes et ses 2 servantes et ses 11 enfants… ». Or, nous savons bien que Yaakov avait à cette époque là 11 fils (car Binyamin le 12eme fils n’était pas encore né), et 1 fille qui s’appelait « Dina ».

 

* Rachi pose la question, Où était Dina ? et répond que Yaakov l’avait caché dans une caisse verrouillée pour ne pas que ‘Essav remarque sa beauté et ne la désire…

 

- Pouvons nous supposer simplement que Dina faisait parti des 11 enfants et que peut être un des fils de Yaakov s’était absenté pendant la rencontre avec ‘Essav ?

 

* Midrash : Le Agra, le ‘Hida, et le Gahon de Vilna racontent que plus tard, lorsque que les 12 « Shevatim » (12 Tributs : les descendants des 12 fils de Yaakov) ont partagé « Erets Israël » (la terre d’Israël), on a décidé de construire le « Beth Hamikdash » (Temple) sur le territoire de Binyamin (à Har Hamoria, Yerouchalaïm) car il n’était encore né le jour de la rencontre avec ‘Essav et donc pas présent pour se prosterner devant lui pour le saluer comme l’avaient fait ses frères.

=> Par se Midrash on apprend que ce mérite ne revenait qu’à Binyamin et par evidence que les 11 autres frères étaient bien présents pour saluer ‘Essav.

Donc on en déduit comme Rachi que c’était bien Dina qui manquée au compte des 11 enfants.

 

 

Quand Yaakov vit ‘Essav venant accompagné de 400 hommes, pour sécuriser sa famille, il se mit en 1er  rang et répartit derrière lui ses enfants avec Léa et Ra’hel et avec ses 2 servantes comme il est dit : אַחֲרֹנִים, וְאֶתרָחֵל וְאֶתיוֹסֵף אַחֲרֹנִים וַיָּשֶׂם אֶתהַשְּׁפָחוֹת וְאֶתיַלְדֵיהֶן, רִאשֹׁנָה וְאֶתלֵאָה וִילָדֶיהָ  « Il mit les servantes et leurs enfants en 1er, et Léa et ses enfants derrières, et Ra’hel et Yossef en derniers »

 

* Rachi nous enseigne (« A’harone A’harone ‘Haviv » = Au plus chéri le dernier rang).

- On peut se demander si Yaakov le Tsadik a vraiment pu disposer ses femmes inégalement ?

D’autant plus que d’après la « Halakha » (loi juive) : אין דוחין נפש לפני נפש en cas de danger de mort, on ne livre pas une vie pour en sauver une autre…

 

Dans « Michlé » il est marqué que Hachem protége les personnes qui ont de la peine, qui ne sont aimées, qui sont poursuivies ou persécutées… האלוקים יבקש את הנירדף

 

ð     Comme les servantes ne sont pas considérées comme les autres femmes et ont de la peine…

à D’après la citation du Michlé les servantes sont donc protégées par Hachem

ð     Léa était une femme « Tsanoua » (discrète), mais aussi un peu humiliée du fait qu’elle s’était faite passer pour sa sœur Ra’hel le soir des noces… (voir Parasha Vayétsé)

àD’après la citation du Michlé Léa est donc protégée par Hachem

ð     Ra’hel était la plus aimée des femmes de Yaakov

àD’après la citation du Michlé Ra’hel n’est donc pas protégée par Hachem, et c’est la raison pour laquelle Yaakov le Tsadik a voulu la protéger en la mettant derrière pour équilibrer ses chances par rapports à ses autres femmes…

 

 

Dans notre Parasha, Ra’hel met au monde Binyamim (le 12eme fils de yaakov). Dans la difficulté de son enfante ment, la sage femme lui dit : בְּלִדְתָּהּ וַתֹּאמֶר לָהּ הַמְיַלֶּדֶת אַלתִּירְאִי, כִּיגַםזֶה לָךְ בֵּן  « Ne craint point, car aussi celui-ci te sera un fils »

 

- Pourquoi la Sage femme emploi l’expression « ne craint rien » pour annoncer que c’est un garçon ?

 

Pirouch : En médecine, il est bien connu que l’accouchement d’une fille est en général plus difficile que celui d’un garçon. Comme Ra’hel voyait que ses souffrances étaient plus grandes que lors de son 1er accouchement elle craignait d’avoir une fille et de ne pas mettre au monde le 12eme fils de Yaakov qui formera la 12eme tribut du peuple d’Israël…

ð     C’est la raison pour laquelle la sage femme lui dit « ne craint rien… ».

 

 

La fin de la Parasha présente les descendants de ‘Essav et à un moment il est dit :

 עֲמָלֵק אֶת וְתִמְנַע הָיְתָה פִילֶגֶשׁ, לֶאֱלִיפַז בֶּן עֵשָׂו, וַתֵּלֶד לֶאֱלִיפַז « Et Timna’ était concubine de Elifaz, fils de ‘Essav, elle enfanta à Elifaz : ‘Amaleq … »

 

- Quel est l’intérêt de nous préciser que Timna n’était pas l’une des femmes de Elifaz mais la concubine ?

 

à Dans un passage de la Torah il est marqué לא תתעב אדומי כי אחיך הוא qu’il ne faut pas faire de mal à Edom (les descendants de ‘Essav) car c’est ton frère

à Dans un autre passage (Parasha Ki Tétsé) il est marqué תִּמְחֶה אֶת זֵכֶר עֲמָלֵק qu’il faut anéantir ‘Amaleq et sa descendance (alors que ‘Amaleq est fils Elifaz fils de ‘Essav)

Est-ce une contradiction ?

ð     Comme la Torah a bien précisé que Timna était une concubine nous apprend que ‘Amalek n’est pas un descendant normal de Edom… Donc ce n’est pas une contradiction.

 

* Le Midrash nous raconte que Timna était en fait la mère d’Elifaz et que donc ‘Amalek est issu d’un rapport incestueux.

Paracha Vayechev - וַיֵּשֶׁב

 

 

Après différentes épreuves, Yaakov décide de s’installer dans le pays de Kéna’an… (‘Essav  voulait le tuer, Lavan l’a exploité et a demandé à sa fille aînée, Léa, de se faire passer pour sa sœur cadette, Ra’hel, le soir des noces, sa femme bien aimée Ra’hel meurt pendant l’accouchement de Binyamin, sa fille Dina qui se fait enlever et violer…)

Avec ses 4 femmes (Ra’hel, Léa, Bilha, Zilpa), Yaakov a 12 garçons (les 12 Shévatim) dont Yossef (11e fils, mais 1er fils de Ra’hel, suivi de Binyamin) qui est son préféré, et à qui il offre une « Kétonette Passim » (tunique rayée spéciale)… De plus, Yossef raconte à son père tous les faits et gestes de ses frères. Ces derniers commencent à le jalouser et décident de le vendre comme esclave et de le faire passer pour mort aux yeux de tous…Yaakov est très triste et restera en deuil pendant 22 ans jusqu’au jour où il apprend que celui-ci est en vie…

 

La Parasha commence par le Passouk  וַיֵּשֶׁב יַעֲקֹב, בְּאֶרֶץ מְגוּרֵי אָבִיובְּאֶרֶץ, כְּנָעַן  « Yaakov demeura dans le pays des séjours de son père, dans le pays de Kena’an »

 

Midrach : (Tiré du Sefer Gan Rava)

 

 

En s’installant à Kéna’an, Yaakov espère retrouver la sérénité et profiter des bénédictions que lui avait données son père Ysaak… Mais finalement, on remarque dans cette Parasha que Yaakov a eu les plus difficiles épreuves de sa vie, à cause de Yossef...

 

1 -  Comment Yaakov a pu montrer sa préférence pour son fils Yossef par rapport à ses autres fils alors que c’est un homme juste ?

 

Quand Yaakov s’est marié avec sa 1ere femme Léa, il pensait que c’était sa bien aimée Ra’hel, et dans sa « Ma’hshava » (pensée), il voulait concevoir son 1er fils avec Ra’hel.

 

à Ce qui veut dire que d’après la pensée de Yaakov et non pas les faits réels : Yossef doit être finalement le « Békhor » (l’aîné) ! Car même si finalement c’est son 11e fils, c’est avant tout le 1er fils de Ra’hel, la 1ere femme qu’il voulait vraiment épouser...

D’après la loi, le « Békhor » (l’aîné) hérite de 2 parts par rapport aux autres frères, et a plus de respect, de droit… Alors Yaakov aimait beaucoup plus Yossef car il le considérait comme le « Bekhor » (l’aîné).

 

2 - Que veut dire dans le Midrash « à cause de Yossef » ?

 

Hachem dit : Si Yaakov considère les choses d’après la pensée, alors cela pose un problème avec la bénédiction que lui a donnée Ysaak.

En effet :

à En considérant les choses d’après les faits réels, Ysaak a béni Yaakov en lui mettant les mains sur la tête pour prononcer la bénédiction

à En considérant les choses d’après la pensée, Ysaak pensait que c’était ‘Essav qu’il était en train de bénir

 

ð     On comprend maintenant le Midrash  « à cause de Yossef » veut dire « à cause du fait d’avoir considéré Yossef comme l’aîné » (c’est à dire de tenir compte de la pensée et non pas des faits réels), Hachem lui donna des épreuves pour ne pas remettre en cause l’héritage des bénédictions prononcées par son père Ysaak…

 

 

Dans la Parasha il est dit וַיָּבֵא יוֹסֵף אֶתדִּבָּתָם רָעָה, אֶלאֲבִיהֶם « Yossef rapportait à son père  tout ce qu’il voyait de mal chez ses frères».

 

* Rachi précise qu’il s’agit des actes des fils de Léa et détaille les 3 accusations qu’il avait rapportées à son père :

 

1) Ils mangeaient de la viande arrachée à des animaux vivants.

2) Ils humiliaient les fils des servantes en les traitant de serviteurs.

3) Ils étaient soupçonnés d’actes de débauches.

 

* Les ‘Hakhamim nous précisent qu’en hébreu, l’expression utilisée ici : וַיָּבֵא (דיבה הבא : il rapportait) est utilisée quand on rapporte de faits véridiques, contrairement à l’expression (מוציא דיבה : il rapportait) utilisée pour de faux propos.

 

- Comment pouvons nous expliquer ces accusations ? Car il s’agit tout de même des Shevatim, les fils de Yaakov Hatsadik !

 

Il faut connaître l’histoire du Sefer Yétsira (livre de Kabala contenant les noms divins avec lesquels il est possible de faire de grands miracles)

 

- Nous connaissons par exemple l’histoire sur le Maaral de Prague qui créa avec ces noms divins le Guolem (un être dont il se servi pour plusieurs choses)…

- Un midrash raconte aussi que Abraham, servit en même temps un plat de lait et de viande aux anges qu’il avait invité car c’était des plats générés par les noms divins, donc considérés comme des substituts de lait et de viande… ;o)

 

Quoi qu’il en soit, ces secrets furent connus depuis « Abraham Avinou » et transmis de père en fils à Ysaak (et pas Yshmael) puis Yaakov (et pas ‘Essav) puis aux fils de Léa et Ra’hel (et pas aux fils des servantes Bilha et Zilpa)

 

Le Midrash raconte que les fils de Léa avaient hérité de ces secrets du Sefer Yetsira et que les accusations de Yossef étaient justifiée, mais de la façon suivante :

 

1) Avec le Sefer Yetsira ils créèrent une Vache avec laquelle ils ont appris tous les sujets concernant la « Cacherout ». Comme cette créature n’était pas un vrai animal, ils se sont permis d’arracher des membres pour les étudier…

 

2) Les secrets du Sefer Yetsira ne furent transmis qu’aux enfants de Léa et Ra’hel, il y’avait des conflits avec leurs frères (fils des 2 servantes), car ils ne devaient pas connaître ces secrets…

(D’où la remarque de Rachi : cela ne concernait que les enfants de Léa car ceux de Ra’hel Yossef et Binyamin  étaient encore bébé).

 

3) Avec le Sefer Yetsira ils créèrent une femme avec laquelle ils ont appris tous les sujets et lois de « Nida » (pureté familiale…) c’est pour cette raison qu’ils furent soupçonnés d’actes de débauche…

 

 

Avant, les rêves étaient prémonitoires. Dans notre Parasha Yossef fait 2 rêves :

- Il raconte son 1er rêve à ses 11 frères  « J’ai rêvé que nous attachions des gerbes au milieu du champs…Vos gerbes entourèrent la mienne et se prosternèrent devant la mienne… »

à Les frères  commencèrent à le « haïr » (וַיּוֹסִפוּ עוֹד שְׂנֹא אֹתוֹ) cela voudrait- il dire qu’il les dominerait !?

 

- Il raconte son 2e rêve à ses 11 frères ainsi qu’a leur père « J’ai rêvé que le soleil, la lune et 11 étoiles se prosternèrent devant moi… »

à  Les frères  commencèrent à le « jalouser » ( בוֹ אֶחָיו וַיְקַנְאו)  cela voudrait- il dire que ses parents et ses frères se prosterneront devant lui !? Son père le blâma car il attirait la haine sur lui…

 

Remarque : (Sefer « Méché ‘Hokhma »)

 

-         Au départ, les frères jalousaient Yossef à cause de l’amour que lui portait leur père mais qu’ils comprenaient cela car Yossef était le fils de Ra’hel, et Ra’hel (qui était déjà morte) était la bien aimée de Yaakov. Par contre, quand ils remarquèrent que Yossef racontait à leur père des choses sur eux, mais qu’il préférait également Yossef à son frère Binyamin fils de Ra’hel, ils se mirent à le« haïr »…

 

Il est dit sur les frères de Yossef : וְלֹא יָכְלוּ, דַּבְּרוֹ לְשָׁלֹם « et il ne purent lui parler en paix… ».

 

* Le Midrash dit : lorsque 2 personnes se fâchent, il est préférable qu’elles s’expriment pour ne pas grader en elles la colère et l’amplifier... Ici, la colère des frères était tellement grande qu’ils ne cherchaient même plus à lui parler pour évacuer leur haine et retrouver la paix !

 

Dans la Guemara Berakhot il est dit : celui qui se sépare de son ami dit en général : לך לשלום (va en paix) mais ne dit surtout pas : לך בשלום (va dans Shalom, c.a.d au ciel, meurs) et pour ne pas qu’il y ait d’ambiguïté et effrayer son prochain, on ne doit utiliser aucune de ses expressions.

Du Passouk וְלֹא יָכְלוּ, דַּבְּרוֹ לְשָׁלֹם, on apprend que les frères n’ont même pas voulu dire לך לשלום pour mettre fin à leurs querelles, même avec une ambiguïté…

 

- On peut se demander pourquoi Yossef se permet de raconter son 2e rêve alors que son premier rêve avait déjà créé des problèmes avec ses frères ?

 

Plus tard, dans notre Parasha,  Pharaon fera aussi 2 rêves similaires. Pour en déduire une même interprétation, Yossef lui expliquera que, le fait d’en avoir fait 2 signifie que tout cela va vraiment se réaliser et rapidement…

à De même ici, quand Yossef a fait son 2e rêve, qui était similaire au premier, il s’est permis de le raconter même à son père, car c’était la confirmation de la prédiction du premier rêve.

 

Remarque :

 

-         D’ailleurs, on remarquera, pour le 1er rêve, les frères se mirent à le « haïr » car c’était en quelque sorte un manque de respect envers ses grands frères de s’exprimer ainsi. Alors qu’après le second rêve, ils se mirent seulement à le « jalouser » car le 2e rêve venait prouver que c’était une prédiction réelle…

 

Les frères étaient tellement en colère contre Yossef qu’ils s’apprêtaient même à le tuer. Mais l’aîné Reouven s’interpose et propose de le jeter dans un puit vide… Puis, sous le conseil de Yéhouda, ils finiront par le vendre aux Yshmaélites et le faire passer pour mort aux yeux de tous…

 

- Comment pouvons nous comprendre cette réactions aussi « cruelle » des frères de Yossef ? Surtout qu’il s’agit des Shevatim, des Tsadikim !

 

Nous savons dans l’histoire de nos ancêtres et même encore aujourd’hui dans certains pays monarchiques, que lorsque quelqu’un (même s’il s’agit d’un membre proche de la famille) se soulève contre la royauté, il est exécuté sur le champ, sans même prendre la peine de le juger…

à Ici aussi, en quelque sorte, les 2 rêves de Yossef remettaient en cause l’honneur de Yéhouda de qui descendra les rois d’Israël… On comprend alors la réaction des frères qui ont mal réagi en pensant que Yossef allait venir perturber l’histoire d’Israël qui démarre avec celle des 12 Shevatim… Mais tel était la volonté d’Hachem, car ce fut un mal pour un bien !

 

 

Après avoir été vendu aux Yshmaélites, Yossef fut vendu en Egypte à un officier de Pharaon, Potifar. Potifar avait une très jolie femme qui s’appelait Zolikha, elle qui voulait avoir des rapports avec Yossef, qui était lui aussi très beau… Yossef résiste car il ne veut pas avoir de rapport avec elle, alors elle lui arrache son vêtement pour passer à l’acte mais il s’enfuit comme il est dit : בְּיָדָהּ, וַיָּנָס וַיֵּצֵא הַחוּצָה וַתִּתְפְּשֵׂהוּ בְּבִגְדוֹ לֵאמֹר, שִׁכְבָה עִמִּי וַיַּעֲזֹב בִּגְדוֹ  « Elle le saisit par son vêtement, en disant : Couche avec moi ! Il abandonna son vêtement dans sa main, il s’enfuit, sortit dehors... » Puis, elle l’accuse d’avoir abusé d’elle. Yossef est mis aussitôt en prison…

 

- Comment pouvons-nous montrer  que Yossef n’était vraiment pas coupable ?

- On peut aussi se demander pourquoi après de telles accusations Yossef est seulement mis en prison et pas condamné à mort ?

 

* Le Midrash Psik Hazoutra raconte : Potifar savait très bien que sa femme Zolikha mentait, mais il ne voulait pas que les gens doutent sur l’identité de ses enfants, de peur de ne pas être les héritiers de sa fortune... Car en découvrant la vérité, les gens diront que ses enfants ne sont pas les siens et que sa femme a du  les faire avec un autre homme.

C’est la raison pour laquelle il ne condamna Yossef qu’à la prison.

 

* Un Midrash raconte que lorsque le roi se mit à juger Yossef, l’ange Gabriel est apparu sous l’apparence d’un homme afin de prendre sa défense en disant qu’il serait intéressant de voir si c’est le vêtement de Yossef ou celui de Zolikha qui est déchiré afin de déterminer qui est l’agresseur dans l’histoire…

Il s’avère que contrairement au vêtement de Yossef qui était déchiré, le vêtement de Zolikha était intact. C’est la raison pour laquelle les prêtres du roi condamnèrent Yossef qu’à la prison.

(On fera remarquer dans la Parasha Vayiguash,  lorsque Yossef est ministre il se venge sur ces prêtres qui l’ont condamné, et  pendant les 2 années de famine, il leur interdira  de vendre leurs terrains pour acheter de la nourriture)

 

Quand Yossef est venu pour travailler dans la maison de Potifar il est précisé : וְאֵין אִישׁ מֵאַנְשֵׁי הַבַּיִת « et aucun homme des hommes de la maison n’était là… »  mais quand il  se sauva, il est dit : וַיָּנָס וַיֵּצֵא הַחוּצָה « il s’enfuit, il sortit dehors »

- Apres avoir dit « il s’enfuit », pourquoi est il précisé « il sortit »?

 

 

* Un Midrash nous enseigne :

à Le mot וַיֵּצֵא correspond aux  « Raché Tévot » (premières lettres) de : ויאר צורת אביב (il vit la face de son père)

à Les motsוְאֵין אִיש  correspondent aussi aux  « Raché Tévot » (premières lettres) de :

ודמות אביב יעקב נראה אל יוסף שם « Et la face de son pere lui est apparu la bas »

 

En fait, Zolikha était très belle, c’était pour Yossef une grande épreuve de résister à tel point qu’il faillit succomber, mais au moment où il allait passer à l’acte, la face de son père Yaakov est apparue sur le visage de Zolikha et lui dit : « En faisant cela, est-ce-que tu veux que ton nom ne soit pas avec ceux de tes 11 frères sur le ‘Orim Vétoumim’ !!» 

[« Orim Vétoumim » = Pectoral orné de 12 rubis et des 12 noms des « Shevatim », qu’utilisait le « Cohen Gadol » (grand prêtre) pour prédire précisément l’avenir des 12 tribues, entre autre après une guerre…]

- On se demande alors  quel est le sens de cette remarque pour inciter Yossef à se sauver ?

 

* Le Midrash raconte : Yossef voyait que Zolikha insistait tellement qu’il s’était dit que peut être son destin était de concevoir avec elle... Il alla même consulter les Astrologues Egyptiens qui lui avaient prédit qu’il aurait une descendance avec la famille de Potifar !

En écoutant cela, il allait se laisser tenter, mais son père lui est apparu pour lui dire Attention! Il faut que tu choisisses entre le « Orim Vétoumim » qui prédit l’avenir avec une précision exacte et les astrologues égyptiens qui savent des choses vraies mais floues !

Car en effet, Yossef aura une descendance avec la famille de Potifar, mais avec la fille de Potifar et non pas sa femme…

 

 

En prison, Yossef est apprécié du dirigeant de la prison, et fait la connaissance du הַמַּשְׁקִים שַׂר « Sar Hamashkim » dirigeant des échansons et du הָאֹפִים שַׂר « Sar Haofim » dirigeant des panetiers qui furent punis par Pharaon… Ces 2 dirigeants font un rêve et demande à Yossef de les interpréter en échange de quoi Yossef espère que celui qui sortira bientôt essaiera de le libérer de prison…

 

- Le « Sar Hamashkim » dirigeant des échansons, rêve qu’il pressait 3 pampres de raisins dans la coupe de Pharaon

à  Yossef lui prédit qu’après 3 jours il sera libre et reprendra ses fonctions pour servir le roi…

 

- Le « Sar Haofim » dirigeant des panetiers, rêve que des oiseaux mangent dans un des 3 paniers de nourriture du Pharaon

à  Yossef lui prédit qu’après 3 jours il sera pendu et  les oiseaux mangeront sa chair…

 

Nos ‘Hakhamim disent : « Hachem éveille toujours la colère des maîtres sur leurs serviteurs pour faire ressortir la grandeur des Tsadikim ». Ce qui est le cas dans notre Parasha où il est dit : וַיִּקְצֹף פַּרְעֹה, עַל שְׁנֵי סָרִיסָיו  « Pharaon s’irrita contre ses 2 officiers…»)  tout cela pour que la grandeur de Yossef puisse ressortir avec l’interprétation qu’il donnera à leurs rêves…

 

- On peut se demander pourquoi Hachem a fait en sorte qu’il y ait 2 officiers en prison, que le « Sar Hamashkim »  ait une interprétation heureuse de son rêve et le « Sar Haofim »  une interprétation malheureuse ? Peut-être que l’heureuse interprétation du rêve du « Sar Hamashkim »  aurait suffit !

 

Le ‘Hakhamim nous enseignent : s’il y avait uniquement le « Sar Hamachkim » et donc qu’une interprétation heureuse à donner, Yossef n’aurait prit aucun risque, et l’officier aurait pu croire à un coup de chance.

Par contre, le fait qu’il prédise la mort du « Sar Haofim » donne de la force à son interprétation des rêves, car ce dernier aurait très bien pu le tuer s’il était sorti vivant de prison sans être condamné par la suite…

D’où l’intérêt d’avoir mis en colère Pharaon contre les 2 officiers.

 

- Comment Yossef a su prédire une bonne est mauvaise nouvelle ?

 

* Le Maguide de Douvna ramène un exemple : C’est l’histoire d’un tableau où était parfaitement dessiné un homme qui tenait un morceau de pain dans sa main. Un oiseau s’approcha du tableau est voulu manger le morceau de pain dessiné.

à Ce qui laisse à croire que le dessin est si parfait que l’oiseau fut induit en erreur sur l’existence réelle du morceau de pain. Mais le Maguid de Douvna fait remarquer justement l’inverse, car si le dessin était si parfait l’homme dessiné aurait du effrayer l’oiseau.

 

ð     Nous en déduisons l’interprétation malheureuse que donna Yossef au rêve du « Sar Haofim », car si les oiseaux venaient piquer sur les paniers de nourriture qu’il tenait c’est qu’il ne les effrayait plus et donc qu’il était inanimé, ce qui est synonyme de mort…

Par contre, pour l’interprétation de l’autre rêve, le « Sar Hamachkim » était actif, il pressait les raisins et servait le roi, il était donc animé, ce qui est synonyme de vie.

Paracha Mikets - מִקֵּץ

 

 

Avant, les rêves étaient tous prémonitoires. Notre Parasha commence par nous raconter les 2 rêves que fait Pharaon… Aucune interprétation, donnée par ses astrologues ne le satisfait, mise à part celle donnée par Yossef qui a été recommandé par le « Sar Hamachkim » qui venait à peine de se souvenir de lui, 2ans après l’avoir quitté… (En effet, le dirigeant des échansons avait fait la connaissance de Yossef en prison et devait, à la demande de Yossef,  lui rendre une faveur en le libérant dés sa sortie de prison, mais il l’oublia complètement...)

 

La Parasha commence par le Passouk : וּפַרְעֹה חֹלֵם וַיְהִי מִקֵּץ שְׁנָתַיִם יָמִים « Ce fut à la fin de 2 années et Pharaon rêva… »

 

* Pour nous donner une leçon de vie, le Midrash interprète ce Passouk de la façon suivante :

וַיְהִי מִקֵּץ = קצו של אדם

à A la fin de la vie d’un homme,

שְׁנָתַיִם = שנים הרבה

à Toutes les nombreuses années pendant lesquelles il a vécu

יָמִים = ימים

à Ne sont finalement comptabilisées aux nombres de jours, que les années pendant lesquelles il s’est investi sur l’étude Torah et aux Mitsvot

וּפַרְעֹה = מתגלה (…לשון פרעה אהרן)

à Et tout le reste se révèle

חֹלֵם = אלא חלום

à Comme n’étant que rêve & illusion !

 

* Un Midrash explique : (après 1 année chez Potifar et 10 ans en prison) 2 années se sont écoulées depuis la sortie du « Sar Hamashkim » sur lequel Yossef avait compté, pour être libéré de prison. Ces 2 années sont une sorte de punition pour avoir cru en l’homme et non pas avoir eu  une « Emouna » (foi) totale envers Hachem…

 

Le Midrash Raba dit : Heureux l’homme qui a une « Emouna » totale en Hachem, comme Yossef qui n’a jamais été arrogant et qui a dit au « Sar Hamachkim » וְהִזְכַּרְתַּנִי זְכַרְתַּנִי « souviens toi de moi et tu me rappelleras à Pharaon » pour me faire sortir…

 

- Apparemment ce Midrash parait contradictoire car si Yossef avait eu une « Emouna » totale en Hachem il n’aurait pas demandé au « Sar Hamashkim » de se souvenir de lui ?

 

Le Midrash justifie cela : il est tout à fait normal de demander de l’aide à un homme dans une situation difficile et triste, comme celle de Yossef qui était en prison, cela n’est pas considéré comme une faute…

Mais comme le niveau spirituel de Yossef Hatsadik était élevé et que sa foi en Hachem était énorme, le fait même d’avoir demandé un petit service au  « Sar Hamachkim » a été considéré comme une faute... C’est donc à travers les mots וְהִזְכַּרְתַּנִי זְכַרְתַּנִי que l’on a déduit toute la grandeur de sa « Emouna »...

 

* Le Midrash raconte :

Hachem déclare : Un Tsadik peut le « commander » sur certaines choses… » Et d’autre part nous disons dans la « Téfila » (prière) du matin « qui sur tes actes dans le monde d’en haut et d’en bas, peut oser te suggérer quoi que ce soit !...

à Cette contradiction apparente n’en est pas une. Car il est vrai que par la force de la prière un Tsadik peut faire intervenir Hachem comme il le voudrait ! Mais seulement par une prière « générale » sans exiger d’Hachem le moyen par lequel elle sera exaucée…

 

ð     De même dans la Parsaha, Yossef devait juste prier Hachem pour sortir de prison mais sans exiger que le « Sar Hamashkim » soit la seule issue possible car c’est en quelques sortes limiter la grandeur d’Hachem…

 

 

 

Dans son 1er rêve, Pharaon se tient debout devant le Nil, et voici que montent du fleuve 7 vaches belles et saines, puis 7 vaches maigres et mauvaises arrivent juste derrière elles et les mangent, en restant toujours aussi maigres…

Dans son 2e rêve, 7 mauvais épis de blé engloutissent 7 bons épis de blé...

 

Yossef explique à Pharaon : חֲלוֹם פַּרְעֹה אֶחָד הוּא ces 2 rêves se rejoignent pour donner lieu à une seule interprétation, à savoir : Les 7 bonnes vaches et bons épis correspondent à 7 années d’abondance. Les 7 mauvaises vaches et mauvais épis correspondent à 7 années de famine. Le fait, que les 7 mauvais engloutissent les 7 bons révèle que les 7 années de famine seront si sévères qu’elles feront oublier toute l’abondance des 7 années d’abondance !...

 

-On peut se demander pourquoi l’interprétation de Yossef a satisfait Pharaon plus que celles des Astrologue ?

 

* Le Midrash raconte que Yossef  a d’abord cité toutes les interprétations possibles qui pouvaient découler de ce rêve mais qui ne sont pas les bonnes (ce sont celles qui avaient été faites pas les Astrologues) puis a finalement donné sa propre interprétation au nom d’Hachem…

 

- Pourquoi Pharaon a-t-il fait 2 rêves similaires qui donnent lieu à la même interprétation ?

 

Dans la Parasha, Yossef lui explique que rêver 2 fois la même prophétie signifie que Hachem a décidé de la réaliser et se hâte de l’appliquer... הָאֱלֹהִים, וּמְמַהֵר הָאֱלֹהִים לַעֲשֹׂתוֹ וְעַל הִשָּׁנוֹת הַחֲלוֹם אֶלפַּרְעֹה, פַּעֲמָיִםכִּינָכוֹן הַדָּבָר מֵעִם

 

- On pourrait alors se demander pourquoi les 2 rêves que Yossef avait fait quand il était jeune (Que ses parents et ses frères se prosterneront devant lui comme devant un roi… voir Parasha Vayeshev) ne se sont pas réalisés rapidement ?

 

* Rav ‘Obadia Yossef rapporte (au nom Rabbi Yaakov Shoudri et d’après le livre de Vayomere Yehouda) qu’effectivement les rêves de Pharaon se sont réalisés rapidement mais qu’il en est de même pour ceux de Yossef ! A la différence que ceux des Guoyim (comme Pharaon), se réalisent tout d’abord par une étape positive (7 années d’abondance) pour finir par une étape négative (7 années de famine)alors que pour les Bné Israël (comme Yossef), ils se réalisent tout d’abord par une étape négative (vente de Yossef, prison…) pour finir par une étape positive (il se retrouve vice roi d’Egypte).

 

Pour distinguer les étapes négatives et positives :

 

- Yossef fit d’abord un rêve sur des gerbes de blé (Etape Négative : représentant le labeur…) puis sur les astres (Etape positive : représentant le pouvoir et la royauté…).

- Pharaon fit un rêve sur les bonnes vaches et épis (Etape positive : abondance…) puis sur les mauvaises vaches et mauvais épis de blé (Etape Négative : famine…)

 

- Le Rav ‘Obadia fait également allusion à cela : Le jour signifie la joie contrairement à la nuit qui signifie la tristesse... Ainsi, une journée chez les « Guoyim » commence par  le matin et finit le soir alors que chez les « Bné Israël » une journée commence le soir et se termine en fin de journée.

Paracha Vayigash - וַיִּגַּשׁ

 

 

Dans la Parasha Mikets de la semaine dernière nous voyons que la famine sévit en Erets Kénaan et en Egypte…Les 10 fils de Yaakov descendent une première fois en Egypte pour acheter du blé chez le vice Roi (Yossef, leur propre frère, qu’ils avaient vendu et qu’ils ne reconnaissent pas)…Yossef les reconnaît, ne se dévoile pas à eux, et les accusent d’espionnage, puis exige d’eux d’emmener leur petit frère Binyamin (le fils bien aimé de Yaakov)…Yehouda se porte garant auprès de Yaakov pour emmener Binyamin en Egypte, et les 11 frères descendent à nouveau en Egypte pour acheter du blé…Sur le chemin du retour Binyamin est accusé d’avoir volé la coupe d’argent de Yossef… Ce dernier avait secrètement donné l’ordre à son serviteur de la cacher dans les bagages de Binyamin…

 

La Parasha commence par le Passouk :    וַיִּגַּשׁ אֵלָיו יְהוּדָה « Yehouda s’avança vers Yossef… » et s’adressa directement à lui pour  prendre la défense de Binyamin…

A la fin de la Parasha Mikets, nous voyons que pour réparer l’accusation de vol portée contre Binyamin, Yehouda propose que ses frères et lui-même deviennent  les serviteurs du vice roi d’Egypte… Mais ce dernier ne veut que Binyamin comme serviteur…

Puis, Yehouda s’adresse à Yossef sur un ton un peu plus fort et lui reproche de les avoir anormalement questionné sur des questions personnelles dès leur première arrivée en Egypte…

 

- Comment peut on comprendre ce changement soudain de ton ? Alors que juste avant il était prêt à devenir esclave avec ses frères…

 

* Le Midrash explique qu’au début, Yehouda pensait que l’accusation portée contre Binyamin était une « Guézéra » pour le bien (un décret d’Hachem pour expier la faute des 10 frères d’avoir vendu leur frère Yossef)… Et c’est la raison pour laquelle il s’était même proposé d’être esclave…

Par contre, une fois que Yossef a refusé sa proposition et ne voulait que Binyamin comme esclave, il s’est dit que le vice roi d’Egypte n’est qu’un simple adversaire qu’il faut remettre en place… Car comme Binyamin n’était pas présent le jour de la vente de Yossef, la décision du vice roi n’est plus une « Guézéra » d’Hachem pour expier leur faute…

 

* Un Midrash explique : Yehouda savait que le peuple juif allait être esclave en Egypte et pensait qu’était arrivé le moment du début de cet exil… C’est la raison pour laquelle il s’était proposé de devenir esclave avec ses frères dès à présent… Mais après la réponse de Yossef  il a compris que ce n’était pas le moment et il s’exprima sur un ton plus ferme…

 

* Un autre Midrash compare Yéhouda à un lion. Et qu’après avoir désespéré, il retrouve ses forces, se ressaisit et rebondit aussitôt…

 

 

Quand Yehouda s’est proposé d’être esclave à la place de son frère Binyamin, Yossef ne put se retenir pour se dévoiler à ses frères comme il est dit : …וְלֹאיָכֹל יוֹסֵף לְהִתְאַפֵּק « Et Yossef ne put se contenir devant tous ceux qui se tenaient près de lui… »

 

- En quoi cette proposition de la part Yehouda a-t-elle pu déclencher chez Yossef l’envie de se dévoiler à ce moment-là ? Pourquoi ne pouvait-il plus se retenir ?...

 

Le Midrash explique cela en disant que Yossef s’est retrouvé vice roi d’Egypte comme l’avaient prédit ses 2 rêves dans sa jeunesse et qui avaient suscité la jalousie de ses frères qui avaient à l’époque répondu : אֹתוֹ הֲמָלֹךְ תִּמְלֹךְ עָלֵינוּ, אִםמָשׁוֹל תִּמְשֹׁל בָּנוּ וַיּוֹסִפוּ עוֹד שְׂנֹא  « Régner tu régneras sur nous ! Avec domination tu nous domineras ?… »

 

1) Yossef en tant que roi n’avait pas le droit de se révéler avant que ses frères n’acceptent son autorité !... Car il fallait que les prédictions de ses rêves soient réalisées et acceptées par ses frères…

 

2) La vente de Yossef était un mal pour un bien, mais avant tout une faute commise par jalousie entre frères… Et le fait de voir Yehouda (le plus fort des enfants de Yaakov) et ses frères souffrir de cette situation et de se soumettre en se proposant d’être esclave, montrait qu’ils avaient fait « Techouva » (se repentir et regretter leur acte) et marquait la réalisation complète des rêves de Yossef, qui décida alors que le bon moment était arrivé pour se dévoiler…

 

3) Un Midrash explique que Yossef faisait volontairement souffrir ses frères pour qu’ils fassent « Techouva » afin d’effacer une grande partie de leur faute, d’avoir vendu leur jeune frère… Mais voyant que Yehouda perdait patience et qu’il allait détruire toute l’Egypte, il ne tarda pas à se dévoiler…

 

- On peut se demander si vraiment cette faute nécessitait autant d’épreuves !? et si Yossef a atteint son but !

 

Le Midrash nous raconte que la Guerre de Gog et Magog est l’une des conséquences dues à la vente de Yossef… (Ainsi que l’histoire des 10 Martyrs juifs que l’on récite le jour de Kippour). D’où la gravité de la faute des « Shévatim » d’avoir haï et vendu leur propre frère et la bonne intention de Yossef de les faire souffrir pour effacer une grande partie de celle-ci…

 

 

Quand Yehouda s’adresse à Yossef, nous remarquons qu’il répète presque le même discours que celui prononcé dans la Parasha précédente…

 

- Pourquoi cette répétitions ? Quelle est la nouveauté ?

 

1) Voyant que tout allait de travers dès départ, quand ils sont accusés d’espions… Il pensa que le « Melits » (l’interprète) interprétait mal leurs paroles et préféra s’adresser directement à Yossef en reprenant son discours depuis le début…

 

2) Il existe 2 façons d’exprimer une demande :

 

à « Béderekh Michpat » : Dans la situation où l’on est en droit de réclamer quelque chose en le justifiant… (Cela demande de forts arguments et des preuves pour essayer de faire pencher de son coté la décision de juges…)

ð            Son 1er discours est sous cette forme car nous voyons qu’il est plus argumenté…

 

 

à «  Béderekh shel ‘Hessed » : Dans la situation, où l’on demande une faveur… (Cela nécessite tout simplement la grâce d’une personnalité tel qu’un roi ou vice roi…)

ð            Son 2e discours va dans ce sens vu que Yehouda lui dit :

- יְדַבֶּרנָא עַבְדְּךָ דָבָר : je ne demande qu’une seule chose…

- וְאַליִחַר אַפְּךָ בְּעַבְדֶּךָ כִּי כָמוֹךָ, כְּפַרְעֹה : et que ta colère ne s’enflamme pas contre ton serviteur car tu es comme Pharaon… (Commentaire de Rachi : « car je te considère comme le roi… Pharaon décide et ne respecte pas ses propres décisions…. » C’est-à-dire qu’il est en mesure de mettre en place des lois et de pouvoir les contourner)

 

 

Nous voyons au début de la Parasha que seul Yehouda prend la parole pour défendre Binyamin car il s’était porté garant envers son père Yaakov et dit à un moment :

וְהָיָה, כִּרְאוֹתוֹ כִּיאֵין הַנַּעַרוָמֵת : Ce sera quand il verra que le garçon  (Binyamin) n’est pas là, il mourra…

כִּיאֵיךְ אֶעֱלֶה אֶלאָבִי, וְהַנַּעַר אֵינֶנּוּ אִתִּי : Car comment monterai-je vers mon père si le garçon n’est pas avec moi ?…

 

* Le Midrash nous raconte que Yossef proposa à Yehouda de faire « Hatarat Nédarim » (Annuler ses vœux ou engagements envers son père), mais lui répondit comment pourrais-je me présenter devant mon père ?

 

Remarque :

Il est possible d’après la Torah d’annuler un vœu :

-         Un engagement personnel sur soi même est simple à annuler…

-         Un engagement envers quelqu’un nécessite l’accord de celui-ci pour procéder à l’annulation du vœu…

 

è Ici, comme Yehouda s’est engagé envers son père, il faut qu’il se présente à lui pour faire un « Hatarat Nédarim » et tenter de lui expliquer que Binyamin est emprisonné car il a volé… Mais c’est une chose impossible car Yaakov risque de mourir juste en remarquant l’absence de son fils Binyamin !...

 

Après que Yehoudaait  parlé de la fragilité de son vieux père yaakov, Yossef demande une seconde fois : הַעוֹד אָבִי חָי וַיֹּאמֶר יוֹסֵף אֶלאֶחָיו אֲנִי יוֹסֵף « Yossef dit à ses frères, je suis Yossef ! Mon père vit il encore ?... »

De plus tout de suite après il est dit : וְלֹאיָכְלוּ אֶחָיו לַעֲנוֹת אֹתוֹ « Et ses frères ne purent lui répondre… »

 

- Comment comprendre cette question de Yossef qui laissa sans voix ses frères ?

 

* Le Midrash dit « Ouye !  Pour le jour du jugement, Ouye ! Pour la honte » : En effet, Yossef se dévoila à ses frères et ils eurent honte… puis, il fit remarquer à Yehouda : Pourquoi ne t’es-tu pas soucié de la fragilité et de la vie de notre père quand vous aviez décider de me vendre ? Et cette remarque (ce jugement) les laissa sans voix...

 

 

Yossef a choisi comme objet sa coupe d’argent, pour la dissimuler dans les bagages de Binyamin et l’accuser ainsi de vol… La Torah nous explique que Yossef faisait croire que sa coupe était magique et qu’il arrivait à prédire pas mal de choses… (Exemple : c’est en utilisant la coupe qu’il appela chacun de ses frères par leur nom du plus grand au plus petit…) Et un tel objet avec autant de valeur pouvait mettre en grande difficulté celui qui la volerait…

 

* Le Midrash Raconte que Yehouda, défendit son frère Binyamin en supposant que cette coupe n’avait rien d’exceptionnel ou de magique pour qualifier ce vol de grave, car si cet objet était vraiment magique pour prédire l’avenir, pourquoi Yossef a-t-il demandé si leur père était encore en vie, et s’ils avaient un autre frère !…

 

 

Yaakov apprend que son fils Yossef est en vie puis descend avec toute sa famille en Egypte pour résider à Guoshen et Yossef vient à sa rencontre comme il est dit : וַיַּעַל לִקְרַאתיִשְׂרָאֵל אָבִיו גֹּשְׁנָה וַיֵּרָא אֵלָיו « il monta à la rencontre de d’Israël son père, il lui apparut… »

 

* Le Midrash explique que l’expression וַיֵּרָא אֵלָיו « il lui apparut… » nous enseigne que Yossef est venu à sa rencontre non pas pour son propre intérêt de le voir après 12 années de séparation… Mais pour se montrer à son père (להיראות) afin d’accomplir la Mitsva d’honorer son père כיבוד אב

Paracha Vay’hi - וַיְחִי

 

 

La Parasha Vayé’hi nous expose les bénédictions que Yaakov donne avant sa mort à ses enfants et ses petits enfants (les 2 enfants de Yossef : Ménaché et Efraïm)… Yaakov fait jurer à Yossef de ne pas l’enterrer en Egypte mais seulement à «’Hevron » à « Méarate Hamakhpéla » ,le  lopin de terre qu’avait acheté Abraham et où sont enterrés Adam et Hava, Avraham et Sarah, Ysaak et Rivka………(et par la suite Yaakov et Léa)

 

La Parasha commence par le Passouk שְׁבַע עֶשְׂרֵה שָׁנָה וַיְחִי יַעֲקֹב בְּאֶרֶץ מִצְרַיִם « Yaakov vécu dans le pays d’Egypte 17 ans… »

 

‘Hidouch : (d’après le « Harim »)

 

Yaakov est connu pour avoir comme 1ere qualité le אמת  (« EMET » : vrai &  honnête) comme il est dit : תתן אמת ליעקב (« Titene Emet Léyaakov » : Qui a donné le Emet à Yaakov, la bonté à Abraham…) et le ‘Hidouch nous enseigne qu’une telle qualité permet de surmonter tous les moments difficiles et affligeants de la vie comme ceux vécus par Yaakov (Lavan qui l’avait exploité, Son frère Essav qui voulait le tuer, Vente de Yossef qui était présumé mort…).

 

à Cet enseignement est déduit du mot מִצְרַיִם qui vient de la racine מצר (« Métsar » : affligé, étroit…) faisant allusion aux épreuves qu’a vécues Yaakov…

 

A – Pourquoi la Parasha Vayé’hi est elle « fermée » ? c.a.d pourquoi elle n’est pas séparée du paragraphe de la Parasha précédente par un alinéa comme toutes les autres Parashiot ?

 

* Rachi nous enseigne : « c’est parce que la Parasha contient le récit de la mort de Yaakov, laquelle a marqué le début de la souffrance de l’esclavage, et donc de la « fermeture » des yeux et des cœurs d’Israël… »

 

* Les ‘Hakhamim nous enseignent que l’alinéa entre 2 Parashiot sert à espacer 2 récits pour prendre le temps d’intégrer clairement les enseignements du 1er récit et de commencer à réfléchir sur ceux de la Parasha suivante.

 

à Or, Rachi précise que dans la Parasha Vayé’hi, le récit de la mort de Yaakov a « fermé les yeux et les cœurs d’Israël » ne laissant plus la place à une réflexion claire, c’est pour cela qu’il n’y a pas d’alinéa, pour ne pas faire une pause qui risquerait de perturber notre réflexion…

 

 

Question 1 sur Rachi - Comment Rachi peut-il affirmer cela alors que tant que l’un des « Shévatim » (les tribues, fils de Yaakov) était encore en vie, la souffrance en Egypte n’avait pas commencé ?

 

Dans le livre « Sefat Emet », un Midrash nous enseigne, qu’effectivement la souffrance physique n’avait pas encore commencé, mais qu’il n’en était pas de même pour la ‘souffrance spirituelle’, car la recherche de la vérité profonde (אמת הפנימי : « Emet Hapénimi ») commençait à se perdre et c’est ce qui marque le début de l’exil « La Gualoute »…

 

à En effet, Yaakov savait qu’il fallait se méfier de l’influence de la culture égyptienne et c’est pour cela que lorsqu’il descendit en Egypte il est dit : ויגר שם (« Vayaguer Sham » : il y résida) venant de la racine גר (« guer » : étranger) dans le sens où il y résida provisoirement. Alors que pour les Shévatim qui sont descendus en Egypte il est dit : וַיֵּאָחֲזוּ בָהּ (« Vayéa’hazou bah » : ils s’y fixèrent) dans le sens où ils s’implantèrent en Egypte sans se méfier de sa culture.

 

ð     C’est ce qu’exprime Rachi par : « La « fermeture » des yeux et des cœurs d’Israël », dans le sens où après la mort de Yaakov, les Shévatim sont devenus de moins en moins méfiant de l’influence de la culture égyptienne, qui accordait de l’importance surtout à l’aspect extérieur et aux artifices qui camouflent la réalité des choses…

 

Question 2 sur Rachi  - Peut-être que la Parasha précédente (Vayigash) et notre Parasha (Vayé’hi) ne font finalement qu’une Parasha ? D’où sait-on que ce sont 2 Parashiot distinctes, sachant qu’il n’y a pas de séparation entre elles ?

 

A la fin de la Parasha précédente Vayigash il est écrit : וַיִּפְרוּ וַיִּרְבּוּ מְאֹד « les Béné Israël se fructifièrent, se multiplièrent prodigieusement » or le Midrash raconte qu’ils ne se sont multipliés qu’après avoir été esclaves en Egypte, et donc bien après la mort de Yaakov qui est relatée dans notre Parasha Vayé’hi.

 

à Dans la Guemara Péssa’him, les ‘Hakhamim nous enseignent un « Klal » (enseignement général) : « Eine Moukdam Ein Mou’har Batorah »  il n’y a pas d’ordre dans les événements mentionnés dans la Tora ; Ceci n’est vrai que pour des événements cités dans des Parashiote différentes et non pas pour des événements cités dans une même Parasha.

 

ð     On en déduit alors que Yayigash et Vayé’hi sont bien 2 Parasiote distinctes.

 

 

Lorsqu’un messager annonce à Yossef que son père est malade, il prend avec lui ses 2 fils et va pour lui rendre visite comme il est dit : אֶפְרָיִם וַיִּקַּח אֶתשְׁנֵי בָנָיו, עִמּוֹאֶתמְנַשֶּׁה, וְאֶת וַיֹּאמֶר לְיוֹסֵף, הִנֵּהאָבִיךָ חֹלֶה « on dit à Yossef : Voici ton père est malade ! Il prit avec lui ses 2 fils… ».

A leur approche, il est dit : יִשְׂרָאֵל, וַיֵּשֶׁב, עַלהַמִּטָּה וַיַּגֵּד לְיַעֲקֹבוַיֹּאמֶר, הִנֵּה בִּנְךָ יוֹסֵף בָּא אֵלֶיךָ וַיִּתְחַזֵּק « On raconta à Yaakov : Voici ton fils Yossef vient vers toi ! Israël rassembla ses forces, il s’assit sur le lit… »

 

* Les ’Hakhamim nous enseignent : dans la Torah, le mot הִנֵּה (Voici) est toujours utilisé pour annoncer une surprise. Concernant le premier הִנֵּה au sujet de la maladie de Yaakov, on comprend que l’annonce surprenne Yossef, mais la question se pose pour le 2nd הִנֵּה.

(On remarquera par exemple que le mot הִנֵּה est aussi utilisé dans la Parasha Vayétsé lorsque Yaakov constate avec surprise que sa femme était Léa et non pas Ra’hel…)

 

- En quoi la venue de Yossef a surpris Yaakov ?

 

* Tout d’abord Rachi (d’après le Midrash Tan’houma) nous fait remarquer : Yaakov rassemble ses forces pour honorer son fils Yossef en tant que vice roi d’Egypte, on en déduit l’enseignement de toujours honorer la royauté.

Histoire vraie :

Le Rav de Rabenou Acher qui s’appelait le Mahara de Rotenberg avait l’habitude de visiter de temps en temps son père qui était un homme simple...

Le jour où le Mahara de Rotenberg est devenu Roch Yeshiva (Grand Rabbin responsable d’une Yeshiva) et que tout le monde le respectait et l’honorait, il décida par respect, de ne plus se déplacer chez son vieux père, pour éviter de le déranger et de recevoir des honneurs de sa part… Quand le père venait de temps en temps rendre visite à son fils, ce dernier l’accueillait les bras grands ouverts et avec les plus grands honneurs pour faire la Mitsva de « Kivoud Av va Em » (honorer son père et sa mère)…

 

ð     C’est pareil pour Yossef, qui en tant que roi ne voulait jamais venir déranger son père qui devait normalement lui faire un accueil royal… C’est ce qui explique la surprise de son père de voir Yossef arriver à la maison car cela n’était pas dans ses habitudes.

 

 

Quand Yaakov bénit ses petits fils Efraïm et Manaché, il annonce à Yossef leur père, qu’ils hériteront chacun d’une part de la Terre d’Israël, car il les considère comme Réouven et Shim’on ses propres fils : מִצְרַיְמָהלִיהֵם וְעַתָּה שְׁנֵיבָנֶיךָ הַנּוֹלָדִים לְךָ בְּאֶרֶץ מִצְרַיִם, עַדבֹּאִי אֵלֶיךָ אֶפְרַיִם, וּמְנַשֶּׁהכִּרְאוּבֵן וְשִׁמְעוֹן, יִהְיוּלִי

Puis tout de suite après il explique à Yossef qu’il n’avait pas pris la peine d’enterrer sa mère Ra’hel à « Méarat Hamakhpéla » mais seulement au lieu de sa mort prés de Kénaan, que c’était un ordre divin, afin que Ra’hel vienne au secours de ses descendants lorsque Nevouzaradan les enverra en exil et qu’il passeront prêt de son tombeau…

 

1 - Pourquoi Yaakov parle à Yossef de Ra’hel après avoir donné les bénédictions à Efraïm et Ménaché ? Pourquoi ne le fait-il pas lorsqu’il demande à Yossef de l’enterrer à « Méarat Hamakhpéla » ?

 

Le Midrash raconte que Yossef avait admis l’idée qu’il n’y avait pas de place à « Méarat Hamakhpélé » pour les 4 femmes de son père, et que la seule place devait être logiquement destinée à Léah, la femme principale, sa 1ere femme avec qui il eu pour fils aîné Réouven.

 

à Or lorsque Yaakov a béni les enfants de Yossef en donnant à chacun une part d’Erets Israël cela voulait dire que Yossef héritait de 2 parts par l’intermédiaire de ses fils. Comme d’après la loi l’aîné reçoit 2 parts en héritage par rapport à ses autres frères, Yossef a indirectement été considéré comme l’aîné, et par conséquent sa mère Ra’hel devait être considérée aussi comme la femme principale de son père.

 

ð     C’est la raison pour laquelle Yaakov est intervenu au sujet de Ra’hel, juste à ce moment là, pour que Yossef ne conserve pas intérieurement ces reproches...

 

2- Pourquoi l’ordre divin a-t-il désigné Ra’hel et pas une autre Matriarche par exemple…?

 

En fait, Ra’hel était la personne la plus apte à prier pour ses descendants qui allaient être exterminés par Hachem, à cause de la faute d’idolâtrie…

 

à En effet, dans la Parasha Vayétsé nous avons vu que la nuit des noces de Yaakov, Lavan dit à Léa de se faire passer pour Ra’hel, et de rejoindre Yaakov sous sa tente… Pour ne pas que Yaakov s’aperçoive de ce changement et que Léa soit humiliée, Ra’hel donne à sa sœur les signes qu’elle avait convenu de faire avec Yaakov pour se retrouver la nuit des noces…

 

ð     Plus tard dans sa prière, son argument sera le suivant : Hachem, moi qui ai réussi à vaincre toute jalousie envers ma sœur, jusqu’à l’avoir aidée le soir de mes noces, afin qu’elle ne soit pas humiliée… Comment peux-tu être jaloux des dieux d’idolâtres ?...

 

 

Quand Yaakov s’adresse à Yossef pour qu’il l’enterre à « Méarate Hamakhpéla », il le fait jurer et dit : וְעָשִׂיתָ עִמָּדִי חֶסֶד וֶאֱמֶת וַיֹּאמֶר לוֹ אִםנָא מָצָאתִי חֵן בְּעֵינֶיךָ, שִׂיםנָא יָדְךָ תַּחַת יְרֵכִי « Si donc j’ai trouvé grâce à tes yeux, mets je te prie ta main sous ma cuisse. Tu feras envers moi grâce et vérité… »

 

* Rachi explique « grâce et vérité » en disant : La grâce que l’on témoigne aux morts est une «  grâce de vérité » car on n’attend rien en retour.

 

Or dans la Guemara il est mentionné qu’à la sortie d’Egypte (à la fin de l’esclavage), Moché Rabenou a récupéré le cercueil de Yossef pour l’emmener en Erets Israël, en récompense du fait qu’il a enterré son père Yaakov à « Méarate Hamakhpéla ».

 

- Alors Comment Rachi peut parler de «  grâce de vérité », vu qu’il y’a eu une récompense ?

 

Le Midrash nous enseigne que Yossef a enterré son père à « Méarate Hamakhpéla » immédiatement après sa mort sans l’avoir laissé quelques temps en Egypte, et c’est la « grâce de vérité », dans le sens où il n’a pas attendu en retour d’avoir ce même privilège, car Yossef fut d’abord enterré en Egypte puis seulement après la sortie d’Egypte, en Erets Israël.

Dans la Guemara il est précisé : la nécessité que Yossef ait été enterré en Egypte car comme il est dit : « Hayam Raa Vayanoss… » Lorsque la mer rouge a vu le tombeau de Yossef, c’est par son mérite qu’elle s’est ouverte en 2 pour laisser passer tout le peuple d’Israël…